Ninja.

Tout en continuant ma promenade, j'ai vite fait d'avoir rempli ma besace afin de me constituer un joli pécule pour la journée. Sachant que je suis probablement l'homme le plus riche du village, il est vrai que je n'ai plus besoin de faire ça. Est-ce par amour de l'argent que je continue d'agir de la sorte ? Je ne sais pas mais quitte à être le villageois le plus riche du secteur, autant l'être réellement. De plus, j'adore lorsque mes voisins m'abordent parce qu'ils sont un peu sec ce mois-ci et qu'ils ont besoin de se faire un peu d'argent en me vendant l'une de leur babiole.

Lorsque j'arrive devant la boutique de Nook, mes yeux se posent sur un toit que je distingue au loin, bien au-delà de la maison de Damia, celle qui se trouve au bord de la rivière. Dans ma mémoire, je cherche à qui peut appartenir ce toit lorsque je me rends compte que c'est la première fois que je le remarque. Se pourrait-il que le village compte un nouvel habitant, en remplacement d'Angus ? Pour être sûr de ne pas être victime d'une seconde hallucination, je m'éloigne de l'entrée du magasin et m'approche du bord de la rivière. Oui, c'est bien un nouveau voisin qui vient d'arriver ou alors, une nouvelle voisine.

Que dois-je faire ? M'y rendre au risque de ne plus pouvoir rien ramasser sur mon chemin ou dois-je vendre mon stock à Nook et poursuivre ma promenade juste après ? Je dois reconnaître que sur le moment, j'ignore quelle décision prendre et puis bon, l'arrivée d'un habitant est toujours une petite fête dans ma tête. Remarque, on se fait tellement chier dans le secteur qu'un tel bouleversement annonce toujours que de bonnes choses. Allez, c'est décidé, je vais rendre visite à cette personne et j'espère que notre rencontre sera le début d'une belle amitié.

Quelques minutes plus tard, je me tiens devant la clôture de la maison et rapidement, mon regard caresse un petit panneau sur lequel est inscrit un prénom : Bebel. Maintenant que je sais comment se nomme le locataire des lieux, il est temps pour moi d'entrer chez lui et de lui dire bonjour. Après avoir frappé à la porte, j'entre dans la petite maison et une fois à l'intérieur, je ferme l'issue derrière mon dos. Ensuite, je me retourne et là, je fais face à un hippopotame dont la couleur de peau est proche du vert.

« Bonjour, lançais-je.

- Je vous ai dit cent fois que je ne vous prendrais rien ! »

Choqué d'être enguirlandé lors de notre première rencontre, je n'ose émettre le moindre bruit et je regrette de suite mon initiative. Au moment où l'animal me regarde, il se calme aussitôt et devient un peu plus amical.

« Excuse-moi, je pensais que c'était encore ce maudit vendeur d'aspirateur. Tu as beau leur dire non mais ils hésitent comme des mouches collés à une merde de vache.

- Pas de soucis, je sais ce que c'est. »

Non, je ne sais pas ce que cela fait car jusqu'à maintenant, aucun vendeur d'aspirateur s'est risqué jusqu'à chez moi et tant mieux pour lui.