Refuser.
Je suis dans mon petit salon et je suis assis dans mon fauteuil doré qui fait face à mon poste de télévision. Ce dernier est éteint et je suis occupé à réfléchir tandis que mes pieds s'amusent avec le sable qui recouvre le sol. Teddy n'a pas beaucoup aimé la plaisanterie d'Olivia et il est vraiment décidé à lui jouer un sale coup. Bien sûr, l'ours pourra compter sur mon aide et c'est pour cette raison que je me tiens chez moi. Soudain, on frappe contre la porte d'entrée de la pièce.
« Qui est-ce ?
- Mélanie. »
Ma sœur ? Cela me fait penser que cela fait un petit moment qu'on ne sait vu et pourtant, nous habitons sous le même toit.
« Entre. »
La porte s'ouvre sur ma frangine et cette dernière reste sur le seuil du salon. Pour me montrer poli, je quitte mon fauteuil et me déplace dans la pièce afin de lui faire face. En agissant de cette façon, je passe devant le sapin de Noël que je n'ai toujours pas retiré. Il va vraiment falloir que je fasse un effort de ce côté.
« Que veux-tu ? Lui demandai-je.
- Rien, je suis juste inquiète.
- A quel sujet ?
- Ce n'est pas dans tes habitudes de rentrer aussi vite à la maison. Il s'est passé quelque chose de grave ?
- Pas vraiment. Olivia a joué un sale tour à Teddy et nous sommes bien décidés à lui faire payer. Veux-tu te joindre à nous ?
- Je préfère refuser car je m'entends bien avec elle.
- Etonnant. »
Oui, je suis très étonné par ce que je viens d'entendre. Ma sœur est une fille simple tandis que Olivia est plutôt du genre hautaine. Je me demande bien ce qu'elle peut lui trouver mais bon, les goûts et les couleurs de chacun ne se discutent pas.
« Sincèrement, si j'avais le pouvoir de choisir ceux et celles qui méritent de vivre dans ce village, j'aurais refusé Olivia au profit de Bill.
- Oui mais ton ami n'est plus parmi nous.
- Et c'est regrettable car il était vraiment gentil.
- Je sais. »
Il faut croire que certains départs me rendent plus sensible que d'autres. Soudain, une question me traverse l'esprit.
« Au fait, tu ne t'es pas trop ennuyée suite à mon voyage ?
- Non et puis j'avais la maison pour moi toute seule. J'ignore si tu l'as remarqué mais ma chambre est plus belle que la tienne.
- Qu'as-tu fait ?
- J'ai décidé de la décorer selon un thème précis. Si jamais tu as froid, tu peux monter te réchauffer dans ma chambre. »
Quand elle prononce cette dernière phrase, je dois la regarder bizarrement pour que la conversation se prolonge.
« J'ai fait mettre une cheminée dans le fond.
- D'accord, je comprends mieux et merci beaucoup. »
Au pire, si je meurs de froid un soir ou une journée, je me ferais des boissons chaudes et je sortirais des couvertures pour me glisser en-dessous.
