Hey hey heeeey !

Désoléééée pour le retard, je sais que j'avais dis que je posterais ce chapitre dimanche dernier (ou samedi dernier? je sais plus) bref. J'ai pas pu parce qu'on était trop crevées après la Japan Expo et que poster de chez moi est impossible. Donc je profite du CDI du lycée aujourd'hui.

Merci beaucoup pour vos reviews, elles me font toujours vraiment plaisir !

Sur ce, bonne lecture !~


CHAPITRE 4 : "Pathos"(souffrance liée à la passion en grec)

"Tooru ! Pour la troisième fois, c'est l'heure de te lever !"

Le garçon grogna en entendant pour la troisième fois la voix de sa mère depuis le couloir lui ordonner de sortir de son lit, et pour la troisième fois, il se garda d'obéir, remontant sa couverture au dessus de sa tête et se recroquevillant un peu plus. Il ne voulait pas se lever. Il n'avait pas envie d'affronter cette nouvelle journée qui commençait. Il n'avait pas beaucoup dormi cette nuit, sans doute pas plus d'une heure ou deux, et son sommeil avait été ponctué de nombreux cauchemars et sans doute d'autant de pensées noires.

Au fond de lui, une petite voix lui disait qu'il ne devrait pas se laisser aller comme ça. Il se disait qu'il devrait se lever, ne serait-ce que pour l'entraînement de volley. Après tout, en tant que capitaine de l'équipe, il avait des responsabilités auxquelles il ne devrait pas se dérober. Sans oublier qu'il manquait déjà Iwaizumi, alors si lui s'absentait aussi... Enfin, ils pourraient bien se passer de lui aussi juste un jour. Ce n'était pas comme s'ils avaient des matchs de prévu aujourd'hui.

"Tooru !"

Il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir à la volée, et les pas de sa mère qui s'approchait.

"Debout !", Ordonna-t-elle d'une voix ferme. Sa mère était gentille et compréhensive, mais il ne fallait pas se leurrer, elle pouvait aussi se montrer stricte lorsqu'il le fallait.

L'adolescent sortit la tête de ses draps et il la regarda. Sans doute qu'il devait avoir l'air un peu malade. Sans doute que ses yeux devaient être cernés, peut-être aussi rougis par des larmes qui avaient cessé de couler. Toujours est-il que l'expression de la femme changea. Elle s'adoucit, prenant un air un peu inquiet.

"Tooru, tu ne te sens pas bien ?", Demanda-t-elle en se penchant pour poser avec douceur une main sur le front de son fils.

"Hm, je crois que j'ai attrapé un rhume", Mentit le garçon.

Sa mère se redressa, les sourcils légèrement froncés d'un air un peu contrarié. Elle soupira et fit demi-tour pour ressortir de la pièce, "Je vois. Reste au lit et repose-toi aujourd'hui, d'accord ?"

"Oui..."

L'avait-elle vraiment cru ? Il n'en était pas vraiment certain, mais ça n'avait pas d'importance. Au moins, elle le laissait rester à la maison. Il saisit son portable pour envoyer un mail à Matsukawa, le prévenir qu'il ne viendrait pas aujourd'hui parce qu'il était malade.

Ça le soulageait. Vraiment. Il se sentait exténué, aussi bien sur le plan physique que mental. Il avait passé la nuit à se repasser les événements des derniers jours, et plus particulièrement ce qui était arrivé la veille au soir. Il ne s'était pas remis des paroles que le père de son ami d'enfance lui avait adressées. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il ait pu frapper son fils comme ça. Il ne parvenait pas à accepter que les choses aient évoluées de la sorte.

C'était horrible. Pire encore que dans le pire de ses cauchemars. Et il ne savait pas quoi faire. Vraiment pas. Il se sentait comme si leur vie, à Hajime et à lui, leur échappait totalement et qu'ils ne pouvaient rien faire pour en reprendre le contrôle.

Quand son équipier répondit à son mail quelques minutes plus tard pour lui souhaiter de se rétablir vite, l'écran de son téléphone s'alluma et il eut le loisir d'observer son image de verrouillage, une photo d'Iwa-chan et lui prise quelques semaines auparavant. Ils souriaient tous les deux. Ils étaient encore sincèrement heureux, à ce moment.

"Dis... est-ce que ça va, Iwa-chan.. ? ", Murmura-t-il en fermant les yeux.

Deux journées supplémentaires s'écoulèrent. Deux journées d'angoisse en plus, deux journées qu'Oikawa passa enfermé dans sa chambre, à tourner en rond et à se faire un sang d'encre. Il avait du mal à supporter la situation. De plus en plus de mal, et cela commençait à sérieusement inquiéter ses parents qui n'étaient pas dupes de son état.

Ils savaient, ou du moins se doutaient bien, qu'il n'était pas simplement malade, mais il finirait par l'être vraiment s'il continuait à manger et à dormir si peu. Cependant, qu'y pouvait-il ? Dès qu'il essayait d'ingurgiter quelque chose, son estomac se tordait et il avait la nausée, et le sommeil le fuyait comme la peste, lui interdisant le repos de quelques heures d'oubli.

Sa mère avait essayé de lui parler, son père aussi. Mais ni l'un ni l'autre n'avait rien obtenu de l'adolescent qui gardait un silence obstiné, chose d'autant plus inquiétante qu'il était rare que le châtain reste silencieux très longtemps, sauf lorsqu'il se concentrait vraiment au volley, ou que quelque chose n'allait vraiment pas.

Cela faisait une semaine maintenant depuis que tout avait commencé. Une semaine qui avait été désespérément longue tant elle avait été difficile à vivre. Durant ces sept jours, il n'avait dû voir Hajime que deux fois, alors qu'il avait l'habitude de passer toutes ses journées en sa compagnie. Il lui manquait atrocement. Et les choses n'iraient pas en s'améliorant.

Ce soir-là, Tooru était assis à son bureau, perdant son temps sur un jeu idiot sur PC dans une tentative de se sortir pendant quelques instants ses inquiétudes de l'esprit, quand il entendit vaguement sonner à la porte. Il n'y fit pas réellement attention, mais soudain, il entendit une chose qui capta immédiatement son intérêt.

"Iwaizumi-san, je ne m'attendais pas à te voir à une heure pareille ! Qu'est-ce que vous faites là ?"

Iwaizumi-san ? Le passeur se redressa d'un coup. Il se leva précipitamment de sa chaise et ouvrit la porte de sa chambre sans pour autant sortir dans le couloir. Il ne voulait pas se faire voir, juste écouter. D'ici, il voyait bien la porte d'entrée devant laquelle se faisaient face sa mère et les parents de son petit ami. Il fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'ils venaient faire là ?

"Nous sommes venus vous dire au revoir à ton mari et toi", Expliqua la mère d'Hajime.

"Nous... dire au revoir ? ", Répéta sa propre mère sans comprendre.

"Oui, nous déménageons. "

Bam. Ce fut comme un coup en plein cœur pour Tooru qui resta pétrifié en prenant conscience que sa plus grande peur se réalisait en ce moment-même devant ses yeux.

"C'est un peu soudain, mais nous pensons que prendre un nouveau départ serait le mieux pour le bien d'Hajime après... tout ce qui est arrivé récemment", Continuait le père de l'As.

"O-oh, je vois", Répliqua Madame Oikawa, l'air clairement troublée par cette annonce.

"Nous avons pensé que partir sans rien dire serait impoli, alors nous avons préféré passer vous saluer. Nous partons pour Kyoto juste après", Termina l'autre femme avec un sourire que Tooru voyait comme plein d'hypocrisie.

N'y tenant plus, l'adolescent déboula dans le hall d'entrée comme une furie, s'attirant tous les regards. Il se planta à coté de sa mère, et il affronta sans flancher les regards des deux adultes face à lui en serrant les poings, les sourcils froncés, une lueur de détermination brûlante dans les yeux, et les épaules tremblantes de colère.

"Vous n'avez pas le droit ! ", S'écria-t-il

Les parents de son ami d'enfance échangèrent un regard avant de se retourner vers le châtain, "Excuse-nous, Oikawa-kun, mais nous ne pensons pas avoir besoin de ton accord pour quitter la ville", répondit avec une diplomatie mal placée le père d'Hajime.

"C'est vrai Tooru, ils font ce qu'ils veulent", Ajouta sa mère en posant une main apaisante sur son épaule, "Allez, présente tes excuses. "

"Des excuses ?! ", Rugit l'adolescent en repoussant la main de sa génitrice, "Je ne leur doit aucune excuse ! Ce qu'ils font est stupide ! Tout ce qu'ils veulent, c'est séquestrer Iwa-chan et l'emmener loin de moi pour nous faire souffrir ! Quel genre de parent ferait ça ? Vous êtes horribles ! Absolument horribles ! "

Silence de mort. Les quatre adultes -car son père les avaient rejoins aussi- observaient le capitaine de l'équipe de volley, plus ou moins surpris de la tirade qu'il venait de déballer avec tellement de rage, comme s'il avait laissé exploser une colère refoulée depuis trop longtemps.

Le garçon avait le souffle court. Sa colère finalement exprimée laissait sa place à la tristesse et au désespoir, effaçant son audace et le forçant à baisser la tête vers le sol. Il desserra les poings, défronça les sourcils. Il se sentait tout à coup comme vidé de toutes ses forces et ses jambes ne supportant plus son poids, il tomba à genoux comme une poupée de chiffon. Il posa les mains à plat sur le parquet et se pencha jusqu'à ce que son front touche le sol, s'inclinant au plus bas devant les parents de celui qu'il aimait plus que tout au monde.

"Je vous en prie... Je... je renoncerai à Iwa-chan ! J'arrêterai de l'aimer, j'oublierai tous mes sentiments pour lui... alors... s'il vous plait... Ne l'emmenez pas loin de moi..."

Il avait laissé de coté toute sa fierté et toute son arrogance pour supplier à genoux, tant il désespérait de savoir qu'on voulait le séparer de l'être qui lui était le plus cher. Il entendit vaguement sa mère lui demander de se relever et s'excuser avec un ton embarrassé, mais il ne bougea pas, priant pour qu'on accepte enfin de l'écouter.

"Nous avons déjà fait notre choix", Asséna soudain comme un coup de massue le père du Wing Spiker, "De plus, c'est pour éloigner Hajime de toi que nous partons, alors ce ne sont certainement pas tes suppliques qui nous feront changer d'avis. "

Les larmes montèrent aux yeux du passeur qui se redressa doucement. Il avait tellement mal d'encaisser de telles paroles sans pouvoir rien faire. Il ne voulait pas échouer, il ne voulait pas qu'Iwa-chan soit emmené loin de lui.

"A-attendez ! " Intervint alors sa mère à lui, "S'il vous plait, vous devriez prendre le temps d'y réfléchir encore un peu ! C'est vrai que votre décision est un peu précipitée, et puis ce serait un tel bouleversement pour Hajime-kun. Pensez un peu à son bien. Avec tout le respect que je vous dois, s'il est heureux avec Tooru, qui êtes-vous pour vouloir briser ce bonheur ? "

"Pardon mais nous ne pensons pas avoir de conseils à recevoir d'une personne ayant élevé son fils pour faire de lui un homo", Reprit la seconde femme avec dédain, "Pour notre part, nous tenons à offrir une éducation saine à Hajime. "

Les trois membres de la famille Oikawa qui étaient présents restèrent abasourdis d'entendre une telle chose.

"Vous... vous pensez vraiment que cela a à voir avec l'éducation... ? " Se risqua à demander la femme de la maison, "Mais enfin ce genre de chose ne se décide pas ! Et en vous comportant ainsi, vous faites du mal à Hajime-kun ! "

"C'est vrai", La soutint son mari, "La sexualité n'est pas définie par l'éducation qu'un enfant reçoit, vous devriez pourtant le savoir. "

Tooru n'en croyait pas ses oreilles. N'avaient-ils donc jamais assisté à ces cours ennuyeux sur l'éducation sexuelle quand ils étaient à l'école pour croire à de telles choses ?! C'était édifiant qu'à cette époque, des gens pensant de cette façon existent encore.

Le père d'Hajime soupira, "Il me semble que cette conversation ne nous mènera nul part, alors nous allons y aller. Je ne voudrais pas qu'une dispute éclate, et nous avons beaucoup de route à faire jusqu'à Kyoto."

"Oui", Confirma son épouse, "Ce fut un plaisir de vous connaître. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous recroiser un jour. "

Les quatre adultes échangèrent quelques politesses dans une atmosphère tendue, ne se préoccupant plus le moins du monde de l'adolescent qui les regardaient avec panique. Il devait faire quelque chose, c'était maintenant ou jamais. C'était sa dernière chance de les retenir, sa dernière chance de garder son petit ami à ses cotés.

"S'il vous plaî-"

"Tooru ça suffit maintenant", L'interrompit son père avec un regard dur.

Non... non ! Les parents d'Hajime avaient déjà quitté le porche pour retourner à leur voiture garée devant l'allée. Le châtain les regardait, impuissant, quand il vit à l'arrière du véhicule son ami d'enfance qui le regardait avec insistance.

"Iwa-chan !"

Il voulut s'élancer pour le rejoindre, mais son père le saisit par le bras pour le retenir, lui ordonnant de se calmer et de faire preuve de maturité.

"Lâche-moi ! ", Hurlait le volleyeur en se débattant de toutes ses forces alors que les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues avant même qu'il ne s'en rende compte.

"Arrête Tooru, tu ne peux rien y faire ! On ne peut pas s'opposer à leur décision."

Il entendit le moteur démarrer et il leva ses yeux mouillés pour croiser le regard larmoyant d'Iwaizumi. Leur échange de regard ne dura qu'une poignée de secondes, mais cela leur suffit à se faire comprendre tout ce qu'ils ressentaient à cet instant. Le désespoir, la détresse, la peur, la souffrance...

"Iwa-chan..."

Le véhicule se mit en marche, et très vite, le contact visuel entre les deux âmes sœurs fut brisé. Et Tooru perdit aussi rapidement de vue la voiture qui tourna dans une autre rue. Là seulement, son père le lâcha et il retomba à genoux. Il n'avait plus aucune force. Les larmes roulaient en silence sur ses joues, son regard restait figé sur un point invisible au loin.

Tout près de lui, sa mère avait aussi les larmes aux yeux et gardait ses mains plaquées devant sa bouche en regardant son fils avec une peine immense. Son père, lui, avait l'air sincèrement désolé. Il passa un bras sous les épaules du volleyeur pour l'aider à se relever. Tooru se laissa faire, comme s'il n'était même plus capable de contrôler son propre corps, vidé de tout ce qui faisait de lui ce qu'il était, maintenant qu'il était dépossédé de la personne la plus chère qui soit dans sa vie.

"Ça ira Tooru", Lui souffla son père, "Ça ira..."

Dans la voiture des Iwaizumi, l'ambiance était glaciale. Aucun mot n'était prononcé. Seul le vrombissement du moteur comblait le silence. Ça et un sanglot de temps en temps. Sur la banquette arrière, Hajime retenait tant bien que mal ses larmes, mais il ne pouvait les empêcher de tomber. Il était en colère, il était triste, il était désemparé. Il ne savait plus quoi faire, et il ne pouvait pas effacer de sa rétine l'image d'Oikawa, les joues trempées de ses pleurs et la panique, et la détresse emplissant son regard.

"Hajime arrête de pleurnicher, tu veux ? Nous faisons cela pour ton bien, tu devrais en être reconnaissant", Lança soudainement sa mère en le regardant par le biais du rétroviseur.

"Pour mon bien... tu parles... ", Répliqua le brun en faisant claquer sa langue contre son palet.

"Tu verras, tu te porteras beaucoup mieux loin de cet homo malsain", Ajouta son père.

Comment pouvait-il parler ainsi du garçon qu'ils avaient presque considéré comme un second fils pendant toutes ces années ? Hajime lança un regard haineux à ses parents, mais il ne répondit rien. Il n'avait plus la force de se battre contre eux pour aujourd'hui. Il renifla en séchant ses joues et il cala sa tête contre le dossier, tournant le regard vers la fenêtre pour observer le paysage défilant au bord de l'autoroute. Cette même autoroute qui le conduisait loin de celui qu'il aimait.


Preview du chapitre 5 -

"Le coach nous a dit pour Iwaizumi."

"Ça va aller."

"On est forts..."

"Ouais, quelque chose comme ça..."


Et voilà !

On passe un seuil de l'histoire avec ce chapitre héhéhé ! J'espère qu'il vous a plu ! :3

Je ne sais pas quand est-ce que je pourrai mettre la suite alors... à bientôt !