Désordre général.

Ce matin, alors que le soleil vient tout juste de se lever, je décide de profiter de la fraîcheur encore présente pour risquer un œil dehors. Vêtu d'un pull épais et d'une écharpe, je ne tarde pas à arriver à la hauteur de la mairie lorsque j'entends un brouhaha en provenance de celle-ci. Curieux, je presse le pas et me voilà en train de marcher sur les nombreuses dalles qui recouvrent le sol se situant au pied du bâtiment administratif. Du coup, je sais désormais ce qui cause ce désordre et je compte bien faire tout mon possible pour que le calme soit de nouveau roi sur Haruville.

« Bonjour tout le monde, commençai-je. Que se passe-t-il ?

- Bonjour Jaysher, me répond le maire. Une nouvelle habitante vient tout juste d'arriver et j'ai décidé de mettre en place une idée qui m'a traversé l'esprit il y a de cela quelques jours.

- Une bonne idée j'espère ?

- A toi de me le dire.

- Pourquoi est-ce à lui de vous le dire ? Se mêle Olivia.

- Et pourquoi êtes-vous venu vivre dans ce village ?

- Parce que je peux mener ma vie comme un humain, lui répond la chatte.

- Comme chacun d'entre nous. Il me semble que les cadeaux de bienvenue pour les nouveaux voisins est une pratique plutôt courante chez l'homme, est-ce faux ? Me demande la tortue tout en me regardant.

- Dans certains quartiers oui.

- Donc, pour savoir si nous agissons comme de vrais humains, le meilleur moyen est de se renseigner auprès d'un expert en la matière.

- En clair, un humain. » Se mêle Teddy.

Je ne savais pas que ma condition d'humain pourrait influencer certains choix au sein de ce village. Je trouve cela plutôt sympa et forcément, je suis très motivé pour prêter assistance.

« Si j'ai bien compris, vous souhaitez offrir des cadeaux à chaque nouvel habitant qui se présentera au village ?

- Oui. Par contre, il me faut un villageois serviable et poli pour être sûr que la livraison se fasse correctement. Aurais-tu une idée à ce sujet ?

- Pourquoi un villageois ?

- Parce que je suis débordé en ce moment.

- Pardon ? »

Suite à ses excuses bidons, je ne peux m'empêcher de rigoler. J'ai souvent l'occasion de me rendre à la mairie à de nombreuses reprises et à chaque fois que j'y suis, je trouve le maire installé derrière son bureau. Est-ce que je le vois travailler ? Non. Est-ce que je le vois faire autre chose ? Oui. Quoi donc ? La sieste ! Bien sûr, lorsque je rigole, les autres villageois imitent mon comportement et il ne faut pas longtemps au maire pour se sentir mal à l'aise. Dès que je parviens à retrouver un peu de mon sérieux, je décide de lui donner le conseil suivant.

« Il serait préférable que cela soit le maire qui fasse la livraison et puis vu votre âge, de la marche ne pourra pas vous faire de mal. »