Hey hey heey !
Vous avez vu ça, j'ai respecté ma promesse et je sors ce chapitre à temps ! Je suis fière de moi haha ! (en vrai j'avais totalement oublié de le poster je m'en suis souvenue alors que j'étais en train de m'endormir alors je le poste vitefait avant de retourner me coucher x))
Pas grand chose à dire à part ça... Ce chapitre est plus court que je l'aurais espéré mais bon. Disons qu'il est condensé x) J'ai réussi à atteindre 10 chapitre, c'est beau :')
Sur ce, bonne lecture !
CHAPITRE 10 : "We've got each other's backs until we're back where we belong."
Voir le nom de sa soeur affiché sur l'écran de son portable avait glacé Tooru d'une peur tétanisante. Un mélange entre l'angoisse terrassante et un grand coup de poing dans le ventre. Lorsqu'ils étaient partis le matin, elle avait promis de leur faire gagner du temps pour se cacher. Elle avait dû occuper les parents d'Hajime, sans doute tenter de leur faire entendre raison. Elle avait toujours eu une très forte personnalité au delà de sa douceur et de sa gentillesse, et elle n'était pas du genre à facilement abandonner. Elle avait promis de les appeler pour les tenir au courant de la situation à laquelle ils avaient été sourds et aveugles toute la journée.
Et son appel était là.
Tooru se fit la réflexion que peut-être il n'avait au final même pas envie de savoir où en étaient les choses. C'était tellement plus simple et moins douloureux d'ignorer les faits et de se cacher. Il n'avait jamais vraiment été partisan de ce comportement cependant. Parfois, il fallait juste savoir faire face, peu importe ce que la vie vous faisait subir.
Il devait répondre. Ils devaient savoir. Ils n'avaient pas le choix. Il sentait le regard appuyé d'Iwaizumi posé sur lui, qui n'osait cependant pas le presser à décrocher. Sans doute était-il même bien plus anxieux que lui. C'était légitime. Mais il voulait savoir. Ils devaient savoir.
Il prit une inspiration et déccrocha, portant fébrilement l'appareil à son oreille. Il vit du coin de l'œil Hajime se pencher légèrement vers lui pour entendre la conversation.
"Tomoe ?"
"Tooru, où êtes-vous ?" demanda immédiatement la jeune femme d'une voix basse et pressée, comme si elle voulait n'être entendue de personne.
"Quelque part. En sécurité," répondit l'adolescent en sentant son estomac se tordre. "Alors ? Qu'est-ce qui s'est passé ?"
Il entendit un soupire à l'autre bout de la ligne qui ne fit que l'inquiéter d'avantage.
"Les parents d'Hajime-kun sont coriaces," répondit l'aînée en ponctuant sa réponse d'un léger rire amer. "Tooru, j'ai vraiment essayé, mais ils veulent ramener leur fils à Kyoto."
Étrangement, le capitaine ne ressentit strictement rien à cette annonce. Pas la moindre panique, pas la moindre douleur. Il sentit juste son coeur s'arrêter de battre une seconde. Oui, c'était évident. Il s'en doutait un peu, et c'était sans doute la raison pour laquelle il était plus blasé qu'autre chose. Il était fatigué.
Il sentit la main d'Iwaizumi trouver la sienne en silence, et sa tête se blottir contre son épaule. Sa chaleur était douce et confortable, mais il sentait sa mâchoire serrée et ses doigts agrippaient les siens avec violence. Lui aussi devait être tellement, tellement fatigué de tout ça.
"Ils ont lancé la police à votre recherche. Je suis désolée Tooru, mais il va falloir que vous rentriez maintenant..." annonça Tomoe d'une voix défaite et sincèrement abattue.
Oikawa sentit sa poitrine se gonfler de colère et son visage de froissa de fureur. "Jamais !" s'exclama-t-il, grondant, plein d'une rage effervescente. Il raccrocha immédiatement après et se leva d'un bond, forçant Hajime à lâcher sa main.
"Iwa-chan, on doit aller ailleurs. Plus loin. Ici, ils pourraient finir par nous trouver !"
Sans attendre de retour de son ami d'enfance, il se pressa jusqu'à la porte de la pièce, mais alors qu'il allait en sortir d'un pas rapide, il s'arrêta brusquement et tourna la tête.
Iwaizumi n'avait pas bougé, toujours assis en tailleur. Il avait la tête baissée vers le sol et son regard semblait perdu dans la contemplation d'une chose invisible. Le châtain fronça les sourcils et revint vers lui rapidement, se laissant tomber à genoux en face de lui.
"Iwa-chan, tu m'entends ?" demanda-t-il en agripant ses épaules, "Il faut qu'on y aille !"
Il ne reçut aucune réponse. C'était comme si l'Ace était perdu dans un autre monde où il ne pouvait l'entendre. Retranché au fin fond de son esprit, dans un endroit où personne ne pouvait l'atteindre.
"Iwa-chan !" Tooru se mit à le secouer pour le faire revenir à la réalité. Ils n'avaient pas le temps, ils devaient se presser. "S'il te plait Iwa-chan ! J'ai besoin de toi là !"
"On devrait peut-être renoncer..."
Oikawa se figea en entendant sa voix, tellement basse et tellement hésitante. Tellement triste. Il le regarda dans les yeux, mais lui gardait la tête obstinément baissée. Ses mains se mirent à trembler et il les retira vivement des épaules de son petit ami comme s'il venait de s'y brûler. Sa gorge s'assécha et tout d'un coup, il se sentit comme si sa voix s'était échappée, lui interdisant de prononcer le moindre mot.
Est-ce qu'il avait bien entendu ? Non, ça ne pouvait pas être possible. Pas lui, pas lui aussi. Tomoe venait déjà de les abandonner. Lui ne pouvait pas laisser tomber aussi.
"Non," dit-il, sèchement et d'un ton assassin. "Non Iwa-chan ! Tu ne vas pas t'y mettre aussi ! On veut tous les deux la même chose : rester ensemble. Et si on se rend, ce sera impossible !"
Il était révolté. Il se sentait trahi par la seule personne qu'il pensait ne l'abandonnerait jamais. Ils étaient tous les deux là-dedans ensemble. Il ne pouvait pas croire qu'Hajime voulait abandonner. Qu'est-ce qui allait advenir d'eux si ils rentraient bien sagement ? Ils seraient de nouveau séparés, et après leur fugue, c'était certain que ses parents ne les laisseraient plus se revoir. S'ils se rendaient maintenant, 'eux' ne pourrait plus exister.
"Si on abandonne maintenant, qu'est-ce que 'nous' deviendra ?" demanda-t-il doucement d'une voix brisée.
Là seulement, Iwaizumi releva enfin les yeux et leurs regards se croisèrent. Celui du brun était éteint, celui de Tooru était bouleversé et blessé.
"Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi. Réfléchis, si la police nous retrouvent-! ...mes parents pourraient te poursuivre en justice ! Et alors ça ne toucherait plus que nous. Pense à tes parents et-"
"Je m'en fiche !" trancha le châtain avec rage. A ce moment, il se fichait pas mal de tout ça. Ce n'était pas important, il n'avait que faire des conséquences. Il ne voulait pas y réfléchir.
Iwa étira un sourire triste, "Tu as toujours été tellement égoïste..." murmura-t-il.
"Tout ce que je veux, c'est qu'on reste ensemble ! Je ne les laisserai plus nous séparer tu entends ?! Plus jamais !" continua Oikawa sans tenir compte de la remarque de son ami.
"Mais pendant combien de temps est-ce que tu crois qu'on va fuir ? On n'a pas d'argent, on n'est pas majeurs. On n'a même pas terminé le lycée. C'est ridicule, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?"
Le raisonnement et la lucidité d'Hajime sur la situation frappèrent alors le capitaine comme une enclume. Il savait tout ça, il savait qu'il était un peu fou d'insister à vouloir s'enfuir. Peut-être était-il un peu trop romantique. Cela faisait très littérature tragique, deux amants interdits fuyant pour vivre leur amour en paix. Peut-être que le brun avait raison et qu'il n'était qu'un égoïste imbécile.
Il baissa piteusement la tête, et peut-être même qu'il rougit un peu. Il se sentait stupide tout d'un coup, mais pourtant il n'était toujours pas résigné à laisser tomber.
"Eh, Tooru," appela Iwaizumi avec une douceur rare. C'était un ton qu'il n'employait généralement que lorsqu'il le voyait sincèrement triste ou déprimé, et qu'il voulait le dorloter pour l'aider à se sentir mieux.
Oikawa sentit un main venir rencontrer la peau duveteuse de sa joue, et si en temps normal il s'y serait sans doute frotté comme un chat en mal de tendresse, il se contenta de rester statique. Iwaizumi recouvrit son autre joue de sa deuxième main et il le força à relever le regard. Dès qu'il eut accroché ses yeux aux siens, il approcha son visage et colla son front à celui de Tooru. Et il ferma les yeux.
De si proche, le capitaine ne le voyait qu'à peine -ou alors il devait loucher, ce qui lui donnerait sans doute l'air très bête- mais il sentait sa chaleur, la douceur de son front contre le sien, le contact légèrement rèche de ses mains sur ses pomettes, et son souffle lent et profond.
"Si je le pouvais, je t'emmènerais loin, si loin, au delà de l'horizon. Tellement loin que mes parents ne nous retrouveraient jamais," confia-t-il soudain d'une voix débordante d'affection et de rêves.
Le coeur de Tooru se gonfla d'émotion à cet aveu aussi soudain qu'innatendu, et il se sentit rougir. Hajime dû sentir ses joues chauffer aussi, puisqu'il souffla un léger rire et qu'il rouvrit les yeux. Ils se fixèrent sans dire mot. Tout se jouait sur leurs regards. Leurs deux paires d'yeux refletaient tout un monde d'illusions, de perfection, d'un bonheur qu'ils savaient n'atteignable qu'en songes.
Ils avaient dans les yeux des paysages lumineux, grandioses, où ils seraient seuls l'un avec l'autre, coupés de la réalité, ne serait-ce que pour une paire d'heures suplémentaires. Un endroit où plus rien ne comptait.
C'était le genre de choses que l'amour faisait se refletter dans un regard attendri.
"Je veux partir loin avec toi," murmura Oikawa, et il laissa ses bras s'enrouler dans le dos d'Iwa et agripper avec fermeté l'arrière de sa chemise. "S'il te plait, fuis avec moi."
"Est-ce que ce serait comme cette fois-là lorsqu'on était petits, quand tu avais voulu fuguer parce que ta soeur t'avais volé ton jouet ET ?" questionna Iwa avec un léger sourire moqueur.
A ce souvenir, son ami d'enfance laissa échapper un léger éclat de rire et il libéra son visage des mains du brun pour aller l'enterrer dans son épaule, se blotissant plus fermement contre lui.
"En quelques sortes," répondit-il, et son sourire nostalgique se ressentait dans le tymbre de sa voix.
"Dans ce cas..." Ce fut au tour d'Hajime de se délier de la prise de Tooru, et il se mit sur ses pieds. Le châtain leva la tête vers lui pour le regarder, et le sourire qui illuminait son visage lui donna chaud dans la poitrine. Une main se tendit vers lui. "On n'a pas de temps à perdre."
Il sourit à son tour et se releva avec l'aide que l'Ace lui proposait. Il ne lâcha pas sa main une seconde.
Le téléphone d'Oikawa n'avait pratiquement pas cessé de sonner depuis le premier appel de sa soeur, si bien qu'il avait fini par le mettre en silencieux. Après avoir quitté le temple, ils avaient marché jusqu'en ville. Ils voulaient prendre le train avec ce qu'il leur restait de l'argent que Tomoe leur avait donné mais pour ça, ils devaient prendre le risque de traverser les rues les plus fréquentées, même si cela impliquait s'exposer à être reconnu si la police était effectivement à leur recherche.
'On est comme des fugitifs', avait songé Tooru, et il avait prit conscience de l'empleur qu'avait prit cette situation. Ils ne s'en tireraient jamais indemnes maintenant, ils s'étaient bien trop enfoncés. Alors puisqu'il n'y avait aucune chance que tout revienne à la normale, autant aller jusqu'au bout de cette histoire délirante.
Il avait serré les dents en chassant de son esprit l'idée de tous les problèmes qu'il était en train de causer à sa soeur et à ses toute façon, c'était bien trop tard.
"Si je me souviens bien, il y a un train qui part de la gare et qui va jusqu'à Yamagata qui passe à 18h30," lança Iwaizumi alors qu'ils se rapprochaient du centre-ville où était située la gare.
Oikawa sortit son téléphone pour vérifier l'heure qu'il était. Dix-huite heures moins le quart. Ils étaient larges sur le temps et si ils arrivaient à la gare sans problème, ils pourraient prendre ce train.
"Je ne suis jamais allé à Yamagata," pensa tout haut le châtain.
"C'est plutôt joli," répondit Hajime, "J'ai une tante qui vit là-bas mais ça fait longtemps que je ne suis plus allé chez elle."
"Tu crois qu'elle pourrait nous héberger ?" demanda le capitaine d'une petite voix légèrement hésitante. Il n'oubliait pas qu'ils n'avaient pratiquement plus d'argent et qu'il était partit sans sa carte de crédit, et qu'il leur fallait déjà payer leurs billets de train.
Iwa fit mine de réfléchir, l'air tracassé. Lui aussi avait ce problème à l'esprit. "Très franchement, je n'en sais rien. Ma mère et elle ne se parlent plus, mais il y a quand même un risque qu'elle la contacte si on se présente chez elle."
"Hm, je vois"
Le brun se rendait bien compte de l'inquiétude de son petit ami. Lui aussi était inquiet, mais il savait que Tooru devait sûrement être encore plus agité. Il savait qu'il se sentait responsable de ce qui arrivait, et donc responsable d'eux. Il s'inquiétait de savoir que par sa faute, ils allaient sûrement n'avoir aucun endroit où dormir, ni de quoi se nourrir.
"Eh," l'interpela-t-il en lui donnant un léger coup d'épaule, "Ça va aller, t'en fais pas."
Oikawa le regarda avec les sourcils froncés, feignant de ne pas voir de quoi il voulait parler. Iwa ne s'en formalisa pas et il continua avec détermination : "On a décidé de s'opposer à mes parents et on ira jusqu'au bout. S'ils ne peuvent pas accepter qui je suis, alors je n'accepterai pas de revenir avec eux."
Tooru hocha la tête. "Oui. Peu importe où tout ça nous conduit, on reste ensemble."
Ailleurs en ville, dans l'appartement de Tomoe, l'atmosphère était plus pesante que jamais. L'air était électrique et la nervosité qui flottait dans le salon était palpable. Les parents des deux fugueurs étaient là, chaque couple installé d'un coté de la pièce. Personne ne parlait, ni même n'échangeait un regard.
Lorsqu'ils avaient débarqué le matin, et qu'ils avaient découvert que les deux adolescents étaient déjà partis, les choses avaient manqué de très mal tourner. Le ton était monté très rapidement et Tomoe s'était faite incendier. Son mari était évidemment intervenu pour prendre sa défense, mais la jeune femme savait sa responsabilité. Elle l'avait assumée et avait demandé à Shougo d'emmener Takeru et de la laisser gérer ça.
Ils avaient passé une grosse partie de la matinée à fouiller le quartier, mais ils finirent par se rendre à l'évidence : les deux garçons n'étaient plus dans le coin. C'est alors que, à bout de nerfs, la mère d'Hajime avait contacté la police.
Deux agents étaient venus, et après avoir discuté un moment avec les parents d'Hajime, ils étaient repartis en demandant aux personnes présentes de rester ici et d'attendre.
Alors c'est ce qu'ils avaient fait. Au milieu de la salle, Tomoe faisait les cent pas en essayant encore et encore de joindre son frère. Elle se mordillait les ongles, ruinant son vernis vermeille, et son visage était froissé d'inquiétude et de culpabilité.
Elle se sentait terriblement mal, déchirée entre tous les sentiments qui lui pesaient sur le coeur. Le regret d'avoir laissé les garçons s'enfuir, l'inquiétude de ne pas savoir où ils étaient ou bien ce qu'ils faisaient, la tristesse, et une panique latente qui massérait au creux de son ventre, lui donnant la nausée.
Si seulement elle pouvait au moins réussir à les avoir au téléphone, juste quelques minutes.
Alors qu'elle tombait une énième fois sur la messagerie, elle fut prise d'une envie fulgurante d'envoyer son portable contre le mur, mais elle ravala sa frustration et se contenta de serrer la main autour de la coque en plastique.
" Tooru, c'est encore Tomoe," dit-elle en tentant de métriser sa voix alors qu'elle laissait un septième message -ou était-ce le neuvième?-, "S'il te plait, rappelle-moi. Les parents d'Hajime-kun sont en ébullition, les nôtres aussi d'ailleurs ! Et la police commence à se déployer pour vous retrouver !"
Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux en lâchant un soupire de détresse. Elle ne savait plus quoi dire ni quoi faire. Elle se sentait tellement, tellement coupable. Si seulement elle avait pu mieux leur venir en aide, plutôt que les laisser fuir bêtement.
"S'il te plaît, ne soyez pas stupides !" s'écria-t-elle alors d'un ton sans doute plus emporté qu'elle ne l'aurait souhaité. Et elle marqua une longue pose, son regard brillant perdu dans la fixation d'un point invisible. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait été si émotionnellement épuisée. Cela devait sûrement dater de l'époque où Takeru avait fait sa première poussée de dents. Elle avait envie de dormir. De serrer son frère dans ses bras et de s'endormir avec lui, en étant sûr qu'il était en sécurité avec elle.
"Au moins..." souffla-t-elle doucement, "Mettez-vous au moins à l'abri, il fait froid dehors..."
Elle raccrocha en laissa son bras retomber le long de son corps, son téléphone fermement serré dans son poings. D'un coin de la pièce, ses parents la regardaient avec tristesse. Tomoe avait toujours eu en elle l'âme d'une mère, déjà avec son frère. Elle était très protectrice. Eux aussi étaient inquiets pour leur fils, mais ils semblaient le gérer bien mieux qu'elle.
"Je ne vois pas pourquoi est-ce que tu réagis de la sorte Tomoe," lança la mère d'Hajime en relevant la tête avec condescendance, "C'est toi qui les a laissés s'enfuir."
"Elle ne pensait pas à mal !" intervint immédiatement l'autre mère qui ne permettait pas que l'on enfonce d'avantage sa fille.
"Oh, vous êtes plutôt mal placée pour dire quoi que ce soit. Si vous ne l'aviez pas prévenue, elle n'aurait pas permit aux garçons de partir."
"Peut-être que si vous n'aviez pas été une mère aussi horrible dès le départ, ils n'auraient pas eu besoin de fuir !"
"S'il te plait, ça ne sert à rien de vous disputer," tenta le père de Tomoe et Tooru en pressant gentiment l'épaule de sa femme pour la calmer.
De l'autre coté de la pièce, la mère d'Hajime affichait une mine outrée, et ne semblait pas décidée à en rester là. La tension était si forte en cette situation de crise que la plus petite étincelle avait suffit à allumer le feu brûlant de la colère.
"Eh bien peut-être que si votre fils n'avait pas cherché à entraîner notre fils dans ses... choses d'homo, nous n'en serions pas là non plus. Et dire qu'à une époque, je pensais que Tooru était un bon garçon."
Madame Oikawa se leva d'un bond, et son mari dû lui attraper fermement le bras pour la retenir d'attaquer. "C'est un bon garçon ! Et je vous interdit de vous montrer insultante envers lui !"
"Je t'en prie, elle ne sait pas ce qu'elle dit. Ça ne sert à rien de t'énerver !"
"Ça suffit !" rugit soudain la maîtresse de maison, faisant taire les deux partis. Les traits doux de son visage étaient déformés par une colère farouche. Elle leva un doigt et le pointa en direction des parents d'Hajime.
"Vous êtes des imbéciles," asséna-t-elle sans délicatesse, d'une voix forte et déchaînée. "Vous ne vous rendez pas compte de combien vous faîtes souffrir votre fils avec votre façon de penser dépassée. Et vous faites souffrir mon frère aussi, ce que je ne pardonne pas. Vous devriez être heureux qu'Hajime-kun ait trouvé le bonheur, même si c'est auprès d'un autre garçon."
Elle darda sur les deux couples des yeux noirs et remplis de fureur alors que plus personne n'osait parler dans la pièce.
"Il fait nuit et froid, et ils sont tous les deux dehors, Dieu sait où ! Il pourrait leur arriver quelque chose, juste parce qu'ils veulent qu'on leur laisse le droit de s'aimer et d'être heureux ! Vous ne voyez pas à quel point votre fils est déterminé à se battre pour que vous lui autorisiez le bonheur ?! Restez ici à vous disputer si vous voulez, moi, je vais les chercher !"
Elle se précipita hors de la pièce comme une tornade et avant que quiconque n'ait eu le temps de réaliser ce qui venait d'arriver, la porte d'entrée avait déjà claquée dans un fracas assourdissant.
"Orange."
"Pourquoi orange ?"
"Je sais pas, c'est une couleur lumineuse."
"Ça me fait un peu trop penser au petit ami de Tobio-chan..."
"Qu'est-ce qui te fait dire que c'est son petit ami ?"
"Oh j't'en pris Iwa-chan, tu les a bien regardés ? Tobio-chan est tellement à fond sur lui. Sauf qu'il le gère mal. Aah, le pauvre, si seulement il pouvait bénéficier de mes précieux conseils."
"J'aurais pas dis ça comme ça..."
"Comment je suis censé le prendre !?"
Ils avaient presque atteint la gare. Durant leur trajet jusqu'ici, ils n'avaient croisé aucun agent de police, et sans vraiment s'en rendre compte, ils s'étaient progressivement laissés aller, se permettant de discuter et même de se lancer dans des petits jeux. C'était histoire de se changer les idées, de détourner leur attention de tous leurs problèmes actuels.
Le concept était simple : donner une couleur, et l'autre devait dire quelle était la première chose à laquelle elle lui faisait penser. Ils avaient eu droit à tout, depuis le ciel pour bleu jusqu'à la paire de boxer 'porte-bonheur' d'Oikawa pour rose (un cadeau d'anniversaire que sa soeur avait trouvé très amusant de lui offrir, et qu'il s'était révélé vraiment apprécier). C'était agréable, mais il fallait bien que la réalité finisse par les rattraper à un moment ou à un autre.
Ils descendaient un boulevard encore assez fréquenté malgré l'heure, et ils se fondaient plutôt aisément dans la se sentaient plutôt bien. C'était presque comme si ils ne faisaient que se balader en ville avant de rentrer parce qu'ils avaient envie de passer encore un peu de temps ensemble. C'était presque comme une fin de journée normale.
Cependant, quand Tooru vit les deux policiers les fixer avec insistance, son sourire disparut et il tomba durement de son petit nuage.
"Iwa-chan," appela-t-il doucement. Le brun tourna la tête vers lui, et quand il vit ses yeux illuminés de panique, il suivit son regard pour tomber à son tour sur les deux agents. Ils ne les fixeraient pas de la sorte s'ils ne savaient rien de leur situation. Cela devait être eux qui avaient été chargés de les retrouver.
"Qu'est-ce qu'on fait ?" demanda doucement Hajime sans quitter les deux hommes des yeux.
"J'espérais que tu aurais un plan," répliqua Tooru en ralentissant l'allure.
"Eh, je n'ai pas à toujours être le seul d'entre nous à réfléchir !"
"C'est méchant Iwa-chan ! Et puis c'est pas le moment !"
Ils échangèrent un regard de détresse appuyé.
"On change de trottoir," lança le châtain. "Ai l'air naturel."
"Ok..."
Ils s'exécutèrent. Ils marchaient tranquillement, cherchant à paraître le plus naturels possibles malgré que tous leurs muscles étaient tendus d'appréhension. Ils se mêlèrent à la foule de l'autre coté de la rue, s'enfouissant du mieux qu'ils pouvaient au milieu des gens qui passaient dans un espoir vain de disparaître.
Leurs cerveaux carburaient. S'ils se faisaient prendre par la police maintenant, c'était fini de leur escapade en amoureux. S'en serait fini de leurs espoirs. Ils étaient pourtant si près du but. La gare n'était qu'à deux ou trois minutes de là où ils étaient. C'était trop bête. Il fallait qu'ils réussissent à échapper aux agents.
Décidément, ils agissaient de plus en plus comme des criminels en fuite. C'était une idée plutôt révoltante. Quel était le crime dont ils étaient accusés ? Celui de s'aimer et de vouloir être ensemble. Que pouvait-il y avoir de criminel là-dedans ? C'était à ce demander ce qui ne tournait pas rond dans ce monde de fous.
"Ils nous suivent," fit nerveusement remarquer Hajime. Il sentait son coeur battre follement dans sa poitrine et une sueur froide lui lancer des frissons dans tout le corps alors que dans ses veines, l'adrénaline coulait à foison.
Le châtain tourna les yeux pour voir que les agents, bien qu'ils étaient restés sur l'autre trottoir, marchaient au même rythme qu'eux, et ne les quittaient pas des yeux. Il n'y avait plus de doute possible : c'était eux qui avaient été chargés de les retrouver.
Les deux garçons cherchaient activement du regard une quelconque échappatoire, mais il n'y avait rien. Pas une ruelle qu'ils pourraient emprunter pour se dérober. Il n'y avait que l'avenue sur laquelle ils progressaient, et la pression du danger qui leur pesait dessus. C'était une situation paniquante qui les empêchait de réfléchir correctement.
C'est alors que les deux agents échangèrent un regard et des paroles qu'ils n'entendirent pas, avant de traverser la rue à un passage piéton. Ça y est, ils allaient les intercepter. L'heure n'était plus à la réflexion : ils devaient agir maintenant.
"Cours," ordonna Iwaizumi.
Il n'eut pas besoin de le dire deux fois ; leurs jambes se mirent instantanément en mouvement et ils se ruèrent en avant dans une course rapide. De toute leur vie, ils n'avaient jamais couru aussi vite. Ils fendaient l'air, bousculant plusieurs personnes sur le passage sans s'en formaliser. Ils s'en remettraient. Eux, par contre, ils devaient à tout prix s'enfuir. L'adrénaline leur donnait une énergie folle malgré leur fatigue, et ils forçaient sur leurs jambes comme des forcenés, sans un regard en arrière. Un instinct de survie leur disait de ne pas se retourner et de courir jusqu'à n'en plus pouvoir.
Evidemment, les deux agents s'étaient lancés à leur poursuite. Ils leur hurlaient de s'arrêter, mais les volleyeurs ne les entendaient même pas. Les policiers étaient rapides. Ils avaient été entraînés pour pouvoir rattraper et appréhender des malfrats en fuite après tout. Mais les fuyards étaient des sportifs entraînés eux aussi, et ils parvenaient à laisser quelques mètres de distance entre eux et le danger.
Tooru avait l'impression que son coeur allait exploser. Il avait l'impression d'avoir des braises dans les poumons et le froid glissait sournoisement dans sa gorge à chaque inspiration saccadée qu'il prenait.
Cours, cours, cours... plus vite, plus vite...
Ses yeux balayaient les alentours, recherchant toujours une issue de secours pour échapper à cette course-poursuite. Tout proche derrière lui il entendait le souffle haletant d'Oikawa. Il courrait un rien plus lentement, deux petites foulées derrière lui.
Combien de temps faudrait-il qu'ils courent pour s'enfuir ? Est-ce qu'ils y arriveraient seulement ? Finiraient-ils par tomber de fatigue ? Les agents abandonneraient-ils ? Est-ce que leur vie entière n'allait se résumer désormais qu'à fuir encore et encore ?
L'ébauche d'un sourire apparut sur son visage. Devant eux, un passage à niveau et de l'autre coté, l'avenue se divisait en plusieurs carrefours. C'était leur chance de semer leurs poursuivants. Ils poussa sur ses jambes, puisant dans ses derniers retranchements. Ils pouvaient le faire. Ils devaient y arriver. Un espoir était à portée d'eux, tout proche et bien réel.
Tout se passa très vite, il réalisa à peine ce qui arriva.
Ils eut à peine le temps de poser un pieds sur le goudron de la route quand il entendit un cri, une voix familière, et le choc. Son souffle se bloqua dans sa gorge alors qu'il était projeté plusieurs mètres sur le coté. Sa tête heurta le sol violemment. Des freins braquèrent, des pneus crissèrent désagréablement sur l'asphalte.
Tooru avait arrêté de foncer. Tout c'était arrêté, il avait même cessé de respirer. Ses yeux noisettes, avec ses pupilles rétractées, étaient fixés sur le corps étalé au sol. La silhouette coiffée de pics bruns ne bougeait plus non plus. Comme le reste du monde à cet instant, il était immobile, et affreusement silencieux.
Il avait vu la voiture arriver, il avait juste eu le temps d'appeler avec horreur le nom du wing spiker quand la tole de la carrosserie était entrée en collision avec la hanche d'Iwaizumi. Il avait arrêté de courir, s'était paralysé au bord du passage piéton, le visage peint d'une expression horrifiée. Incapable de réagir, il restait là, le regard figé. Est-ce que cela venait vraiment d'arriver ?
Ce n'est que lorsque l'un des policiers lui attrapa le bras que son corps sembla l'autoriser à se mouvoir de nouveau, et la réalité s'abattit soudain sur lui comme un tas de briques. Le monde se remit en marche, mais le corps d'Hajime restait désespérément immobile. Cela venait vraiment d'arriver.
Les larmes lui montèrent soudain aux yeux, brouillant sa vue d'un coup.
"Iwa-chaaaan !"
Il hurla à s'en briser la voix.
Il se mit à se débattre mais l'agent le tenait fermement pendant que le second était près du corps inerte et venait d'appeler une ambulance. Une petite foule était réunie tout autour, et le chauffeur qui avait renversé le jeune garçon était blanc comme un linge.
"Lâchez-moi ! Laissez-moi le voir ! Iwa-chan ! Iwa-chan !"
Il avait beau appeler, Iwaizumi ne bougeait pas. Ses paupières étaient closes, sa bouche à peine entrouverte. Son jean était déchiré et il y avait du sang. Oikawa battait des bras et des jambes comme un enragé. Il voulait se libérer et courir jusqu'à son petit ami. Il devait s'assurer que le pire n'était pas arrivé. Il voulait savoir s'il respirait encore...
"Arrête de bouger !" ordonna le policier. "Ça ne sert à rien que tu t'approches. L'ambulance va arriver."
Il s'arrêta alors et laissa ses jambes se dérober sous lui. La prise de l'agent de police le retint de tomber. Il avait le souffle court et laissa son regard agar dévier sur le sol gelé. Plus une pensée cohérente ne traversait son esprit. Il n'y avait que du brouillard, beaucoup de brouillard. Un brouillard épais, lourd, qui occultait toute clarté.
Iwa-chan. Iwa-chan... j't'en prie...
Il entendit une sirène résonner dans le lointain.
Et voilà !
Je nous ai fait un Iwa très sappy dans ce chapitre, j'étais d'humeur tendre en écrivant. Après... OOC ? Pas OOC ? ça dépend de vos headcanons. Perso, je hc Iwa comme le plus lovey-dovey du couple quand ils s'y met, même si on peut penser que ce serait Oikawa.
Dans le premier scénario de cette fic, elle se terminait au prochain chapitre. Mais grâce à une merveilleuse idée de ma très chère Emma, elle a encore quelques chapitres devant elle !
Encore une fois pas de preview parce que j'ai pas encore commencé le prochain chapitre (du coup je sais pas quand il sortira non plus, désolée) En plus ma tante vient en vacances chez moi pendant deux semaines et ils vont me forcer à sortir et "apprécier le monde réel". Sérieux... Bon au moins je pourrai choper des pokémon sur Pokémon Go !
Sur ce, regardez bien des deux cotés avant de traverser la route ~
A bientôt !
