Hey hey heeey !
Bon, j'ai pas d'excuse pour ma lenteur à publier ce chapitre si ce n'est une horrible panne de motivation très, très difficile à surpasser. Et puis j'avais promis de sortir le chapitre ce week-end mais j'ai pas pu (évidemment, ça aurait été trop simple) et ensuite j'ai repris les cours, bref.
Désolé du fond du coeur en tout cas! Du coup c'est pas le dernier chapitre, je l'ai coupé parce que j'ai suffisamment tardé je voulais pas attendre encore plus longtemps pour poster donc du coup, la vraie fin sera... bientôt? j'espère.
En tout cas, bonne lecture !
CHAPITRE 16 — If I could do it again, would it be alright? Or am I living a sin just being by your side?
Dans la vie, on avait tendance à faire beaucoup de promesses. Parfois même sans s'en rendre compte, par simple habitude de langage. Un "j'te jure" alors que l'on raconte une chose amusante ou cocasse qui nous est arrivée. Cela sort tout seul, on ne le remarque même pas.
C'était un jour baigné dans la lumière dorée d'un soleil de plomb.
On avait tendance à faire des promesses à tout-va parce que c'était convenant ou parce qu'on désirait réellement quelque chose. Les enfants étaient des experts en la matière. "Si tu m'achètes ce jouet, je demanderai plus rien jusqu'à Noël, promis !" C'étaient des petites choses qu'on disait sans réaliser. Des petites promesses que personne ne nous blâmerait jamais vraiment de ne pas tenir.
Des promesses sans importance.
C'était un jour très lumineux, comme si la boule de feu dans le ciel brillait encore plus fort qu'à l'accoutumée.
L'Homme promettait comme il mentait. Facilement, comme il respirait.
Comme pour les mensonges, il y avait certaines promesses qu'il regrettait, et d'autres qu'il portait presque plein d'une fierté orgueilleuse. Il y avait des promesses qu'il désespérait de pouvoir tenir, sans pour autant y parvenir.
"Iwa-chan, nous deux c'est à la vie à la mort, pas vrai ?"
Quelque part dans le passé, ils se faisaient la promesse de rester toujours ensemble, les doigts entrelacés et les regards liés, pleins d'affection. Quelque part dans un passé où ils étaient encore persuadés que tout irait bien, ils étaient heureux. Quelque part dans leur mémoire existait encore ce passé lumineux où ils rêvaient à un avenir encore plus rayonnant.
Mais quelque part, ce passé avait été réduit en cendres par la lourde et terrible réalisation qu'ils ne seraient sans doute jamais parfaitement heureux dans ce monde où on les reniaient.
"Ce n'est pas la seule fois où vous rencontrerez des murs et où l'on voudra vous briser parce que vous vous aimez" Vraiment, c'était à se demander quand le monde était devenu fou ; quand est-ce que l'amour était devenu à ce point problématique.
Cela avait gâché des vies, ruiné des bonheurs.
Aujourd'hui, c'était leur vie à eux qui ne tenait plus qu'à un fil à cause de cette intolérance de l'Humanité.
L'air chaud passait agréablement ses joues comme une légère caresse.
"Prends le temps de réfléchir sérieusement à ce que tu veux maintenant, et à ce que tu es prêt à affronter."
Cela faisait quatre jours depuis qu'il avait revu Iwaizumi. Il avait réfléchi. Beaucoup. Et il avait décidé.
C'est nerveusement qu'il avait pris aujourd'hui le chemin de Todai. Il devait trouver Iwaizumi, lui parler en face. Lui dire ce qu'il avait décidé. Il aurait pu lui envoyer un message, mais il s'était dit que venir le trouver serait plus correct. Autant faire les choses dans les formes.
Il marchait presque à reculons sous le soleil encore chaud malgré l'heure avancée. L'université était grande, mais il se doutait un peu de l'endroit où il le trouverait. Lui avait séché son entraînement de volley pour venir, alors l'équipe de Todai serait sûrement en plein entraînement, comme lui aurait dû l'être. Il suffisait qu'il trouve le gymnase.
Les quatre derniers jours avaient été difficiles. Longs. On lui avait plusieurs fois fait remarquer qu'il semblait perdu, ailleurs. Aux entraînements, quand le coach commençait à s'irriter de le voir si peu concentré, Kuroo venait toujours à son secours en lui trouvant des excuses ou en faisant diversion.
Tout ça allait finir par vraiment lui coûter cher en "tu me dois bien ça"...
Il avait beaucoup réfléchi.
Il avait pensé à ses promesses, à celles qu'il n'avait pas tenues, à celles qu'il avait voulu respecter sans y parvenir.
Il avait promis à Iwaizumi qu'il serait toujours avec lui, il l'avait abandonné. Il s'était juré de faire en sorte qu'Iwaizumi ne soit jamais blessé, il l'avait laissé se faire renverser par une voiture et lui avait sûrement brisé le coeur plusieurs fois. Il s'était dit qu'il ne fuirait jamais, et pourtant combien de fois avait-il ployé sous le poids de la peur et de la tristesse.
Au fond, il avait même failli à la promesse qu'il avait faite aux parents d'Iwaizumi, puisqu'il l'avait revu. Il l'avait revu, et il l'avait embrassé, et il avait passé la nuit avec lui.
Cette promesse derrière laquelle il s'était caché avait elle aussi été brisée. Et quand il n'avait plus rien eu à quoi se rattraper pour se donner des excuses, il n'avait plus eu d'autre choix que d'affronter ce qui lui faisait vraiment peur.
Juste y repenser lui donnait des crampes d'estomac, et il se força à souffler longuement pour se calmer. Il vit un tableau d'affichage indiquant l'emplacement du gymnase, et partit dans cette direction. Todai, tout comme Keio, était comme une petite ville, mais une petite ville différente. Cela lui faisait un peu bizarre d'être là, et de passer si inaperçu. Les uniformes n'étaient plus de rigueur à l'université après tout, alors il ne faisait pas tache avec ses vêtements de ville.
Pendant les quatre derniers jours, il avait repensé à toutes les erreurs qu'il avait faites. Ne pas être suffisamment prudent, ne pas avoir su correctement protéger ce qui lui était cher, ne pas avoir été capable de gérer lucidement la situation dans laquelle ils étaient tombés.
Peut-être que si dès le départ, il avait eu la présence d'esprit de réfléchir, les choses n'auraient pas tourné ainsi. Si dès le départ, il avait dit aux parents d'Iwaizumi qu'il arrêterait de sortir avec leur fils, ils n'auraient jamais déménagé, Iwa n'aurait pas eu à fuguer, il n'y aurait pas eu l'accident. Tout aurait été plus simple.
Seulement, que se serait-il passé ensuite ? Ils auraient dû rompre, ou bien se cacher encore mieux, encore plus. Alors est-ce que cela aurait réellement été mieux, au final ? Est-ce qu'ils auraient été plus heureux ? Non, rien n'était moins sûr.
Alors est-ce que cela aurait réellement été pour le mieux ? Sans doute que oui, ou peut-être pas. Dans tous les cas, ils auraient sûrement toujours à se cacher. Même si cela avait été différent, ils auraient sans doute quand même été malheureux à un moment ou un autre. On aurait fini par percer la bulle de leur bonheur à un moment ou un autre.
"On voudra vous briser parce que vous vous aimez" Dans tous les cas, d'une façon ou d'une autre, on les auraient blessés.
C'était lorsqu'Oikawa avait réellement pris conscience de cela qu'il avait commencé à avoir peur. Vraiment peur.
Avant, il y avait pensé, mais pas vraiment. Cela lui avait traversé l'esprit, mais comme il ne voulait pas y penser, il avait toujours balayé cette idée en vitesse. Et lorsqu'on l'avait mis en face de la dure réalité, il se l'était prise de plein fouet, avec tellement de violence qu'il avait cru basculer dans le néant. Cela avait été un choc terrible.
Il avait fait beaucoup de promesses, comme les Hommes en font tous. Certaines qu'il avait prononcées sans n'avoir jamais eu vraiment l'intention de les tenir, des promesses sans importance, d'autres auxquelles il s'était accroché de toutes ses forces, d'autres encore qui lui étaient si chères qu'il souhaitait de tout son coeur pouvoir les tenir.
Celle d'être toujours auprès d'Iwaizumi avait été une de ces promesses plus précieuses que toutes les autres réunies.
Toute sa vie aussi loin qu'il se souvienne, il avait été avec lui. C'était devenu quelque chose de si normal. Sa présence était si rassurante pour lui, si agréable. Il avait toujours souhaité de tout son coeur de ne jamais avoir à se retrouver loin de lui. Il l'avait aussi toujours aimé, et avait toujours souhaité vieillir avec lui, continuer à l'aimer même après leur mort.
Voir ces rêves compromis l'avait terrifié bien au-delà de ce que l'on pouvait imaginer. Et pourtant. Cette peur-là s'était heurtée à la peur de souffrir et de voir Iwaizumi souffrir s'ils restaient ensemble, après avoir découvert ce que l'on pouvait leur faire juste parce qu'ils s'aimaient.
Après avoir entendu les paroles blessantes, après avoir subi les regards répugnés, après avoir été rejeté, s'être senti comme un paria, la peur de vivre leur amour était devenue si grande qu'il n'avait plus pu la contenir.
C'est pour ça qu'il avait fait cette promesse aux parents d'Iwaizumi. C'est pour ça qu'il s'était caché derrière elle pour excuser son comportement déplorable dicté par la terreur.
Le gymnase était en vue, et il sentit son coeur lui remonter dans la gorge. Il serra les poings. Il y était presque. Il allait devoir affronter ses choix et faire part de sa dernière décision à Iwaizumi. Il l'avait suffisamment fait attendre, l'avait suffisamment fait tourner en rond.
Pendant les quatre derniers jours, il s'était posé certaines questions.
Était-il prêt à combattre sa peur et à ne plus flancher devant les nouveaux murs qu'ils pourraient rencontrer ? Était-il prêt à se frotter aux jugements d'autres personnes ? Était-il prêt à recevoir encore plus de critiques, plus de regards dégoûtés ou pleins d'une curiosité mal placée ? Était-il prêt à se tenir droit, plus fort que les jugements, pour défendre ce qui lui était cher ?
Il ne s'agissait pas que de lui cependant. Iwaizumi aussi entrait dans la balance. Lui aussi souffrirait. Jusqu'à présent, d'eux deux, c'était sûrement déjà lui qui avait été le plus blessé parce que c'était ses propres parents qui s'étaient dressés contre eux.
Alors était-il prêt à l'entraîner dans les difficultés qu'impliqueraient leur amour ? Ils étaient presque adultes maintenant, et ils ne pouvaient plus se cacher derrière des idéaux. Il fallait qu'ils réalisent que dans ce Nouveau Monde où ils entreraient bientôt, à fortiori au Japon, ils seraient toujours jugés sur tout. Sur leur apparence, leur parcours scolaire, même la façon dont ils se tiennent debout.
S'ils venaient à être embauchés quelque part et que leurs employeurs apprenaient qu'ils fréquentaient un homme, cela aurait peut-être des répercussions. Ils seraient peut-être renvoyés, ou bien traités différemment dans le meilleur des cas.
Est-ce qu'ils étaient prêts à vivre en faisant face à tout cela ?
Sa conversation téléphonique avec Tomoe quatre jours plus tôt avait conduit Oikawa à se poser toutes ces questions qu'il ne s'étaient jamais posées avant. Il s'était toujours seulement concentré sur le volley, ses études, le fait qu'il était fou amoureux d'Iwaizumi et qu'il ne voulait jamais le quitter. C'est tout. Et lorsqu'il s'était projeté dans le futur, il l'avait toujours vu brillant et plein de bonheur parce que c'était ce qu'il voulait.
Mais ce n'était pas la réalité.
La réalité serait difficile, parce que le monde était dur et que la société nous dévorait en nous dénigrant dès que l'on sortait un peu des rangs de ce qu'elle considérait comme 'normal'.
Il s'arrêta près de l'entrée du gymnase. La porte était ouverte, sûrement dans une tentative de faire entrer un peu de fraîcheur à l'intérieur — sûrement sans grand succès, car il n'y avait pas un souffle de vent.
Il entendait des voix, un concert de cris parce que tout le monde essayait de parler plus fort que les autres pour se faire entendre, les rebonds de plusieurs balles, des crissements de chaussures sur le parquet ciré. L'entraînement était, comme il l'espérait, effectivement en cours.
Alors Iwaizumi devait être à l'intérieur.
Soudain, la réalisation frappa Oikawa plus fort et il eut l'impression de perdre pied de la réalité et de tomber en avant dans un trou sans fond. Ce qu'il allait lui dire allait changer leurs vies de toute façon, alors c'était effrayant. Il sentait son coeur battre fort dans sa poitrine. Pas vite, mais fort, comme si l'on tapait de toutes ses forces sur un tambour. Il pouvait l'entendre frapper entre ses côtes.
C'était maintenant le grand moment. Maintenant que tout allait se jouer. Il avait pris sa décision. Après des mois et des mois à ne pas savoir, il avait choisi. Il savait désormais.
Il avait peur.
Il prit une profonde inspiration, et força ses jambes à bouger. Elles étaient lourdes comme si l'on y avait accroché des chaînes, et il avait plus l'impression de les traîner qu'autre chose. C'était difficile.
Il s'arrêta dans l'entrebâillement de la porte, et il attendit. Qu'on le remarque ? Qu'on lui demande ce qu'il faisait ici ? Qu'un météore d'écrase sur le gymnase ? Il ne savait pas vraiment. Il balaya la vaste pièce du regard. Todai avait beaucoup de joueurs. Il n'eut pas le temps de chercher Iwaizumi.
"Je peux t'aider ?" demanda une voix près de lui.
Il tourna la tête pour tomber sur une femme probablement dans la trentaine. Elle portait un jogging de sport et tenait un calepin.
"Euh," répondit-il, eu peu pris de court. "Je cherche quelqu'un."
"Un joueur ?"
Il hocha la tête, "Il s'appelle... Iwaizumi. Hajime."
"Il n'est pas là pour l'instant. Les première années sont sortis courir. Est-ce que c'est important ?"
"Oui. Un peu..."
"Dans ce cas, tu peux l'attendre à l'extérieur si tu veux. Ils ne devraient pas tarder à revenir."
"D'accord. Merci."
La femme hocha la tête avant de faire demi-tour pour s'éloigner. Oikawa ressortit du gymnase et il s'assit sur la marche à l'extérieur. Il ne put retenir un soupir. Dans le fond, il était un peu soulagé qu'Iwaizumi n'ait pas été là ; ça lui laissait quelques minutes supplémentaires pour réfléchir à ce qu'il allait lui dire, à comment il allait le lui dire.
Il avait répété son monologue des dizaines de fois déjà, et à chaque fois il le modifiait un peu, en sachant pertinemment que de toute façon, lorsqu'il serait vraiment face à Hajime, rien ne se passerait comme il l'aurait prévu.
Il était vraiment stressé. Il se demandait comment Iwaizumi réagirait à l'annonce de sa décision. Il se demandait s'il accepterait seulement de lui parler, ou s'il se contenterait de lui lancer un regard mauvais. Iwaizumi n'était pas comme ça, il le laissait s'expliquer généralement, mais enfin, qui sait.
Il laissa ses pensées dériver un peu. Il se remémora un souvenir de collège, la première fois où il avait eu vraiment peur de perdre Iwaizumi. C'était un peu après le dernier tournoi auquel ils avaient participé en tant que collégiens, quand ils avaient dû choisir un lycée à rejoindre.
Oikawa avait toujours su qu'il irait à Aoba Johsai. C'était le lycée qu'il visait sérieusement. Bien sûr, pendant un temps, il avait pensé à Shiratorizawa qui était bien connu pour avoir une équipe très puissante, mais Seijoh l'attirait plus (et au final, il était bien content de ne pas avoir atterri dans l'équipe d'Ushijima).
Et il y avait eu cette fois où, alors qu'ils rentraient du collège ensemble, Iwaizumi avait évoqué une conversation qu'il avait eue avec ses parents qui souhaitaient qu'il rejoigne un lycée d'élite de la préfecture. Ses parents avaient toujours été élitistes.
Ils avaient tous les deux eu très peur. Ils auraient été séparés pour la première fois, alors qu'ils avaient toujours parlé de continuer à jouer au volley ensemble au lycée aussi.
Quand Iwaizumi avait passé l'examen d'entrée à ce lycée, les semaines qui s'étaient écoulées avant les résultats avaient été très longues. Attendre avait été une réelle torture. Ils avaient beaucoup appréhendé. Et puis la lettre était arrivée, et ils avaient été soulagés de découvrir qu'il n'avait pas été admis.
Il avait avoué plus tard à Oikawa qu'il avait volontairement échoué l'examen, parce qu'il n'avait pas besoin d'aller dans un lycée d'élite (qui n'avait pas d'équipe de volley qui plus est). Il n'avait jamais dit la vérité à ses parents, ils l'auraient tué.
Après ça, jusqu'à il y a encore quelques mois, il n'avait plus jamais été question pour eux d'être séparés. Et ce encore plus lorsqu'ils s'étaient mis à sortir ensemble. Mais beaucoup de choses avaient changé ensuite, l'idée d'être séparés était devenue une réalité, et celle de l'être pour toujours s'était imposée dans l'esprit d'Oikawa comme un mal qui le rongerait de l'intérieur, s'insinuant dans chaque parcelle de son esprit.
Et il avait dû y penser sérieusement. Et il avait décidé.
Plusieurs minutes passèrent ainsi. Il fixait le sol, un peu plus loin devant lui, avait un regard vide, plongé dans ses pensées. Ce n'est que lorsqu'il entendit des foulées se rapprocher qu'il revint à la réalité, papillonnant des paupières une seconde. Il releva la tête pour voir un groupe d'étudiants en habits de sport revenir vers le gymnase en trottinant.
Il se leva et les regarda. Il avait l'impression qu'une main s'était enroulée autour de son coeur et le serrait tellement fort qu'il pourrait facilement exploser. Les joueurs passèrent devant lui en le regardant à peine pour rentrer dans le gymnase. Il ne voyait pas Iwaizumi. Il ne regardait pas au bon endroit.
"Oikawa ?"
Il se tendit d'un coup, et tourna la tête. Iwaizumi était là, le souffle légèrement rapide, des cheveux collant à ses tempes à cause de la transpiration. Il le regardait avec intensité, et avec un peu de méfiance aussi.
"Salut," lança Oikawa. Il ne prit même pas la peine de se forcer à sourire. Iwaizumi lui répondit d'un simple hochement de la tête. Il avait l'air un peu en colère.
"Qu'est-ce que tu fais ici ?" demanda-t-il sèchement.
C'était plutôt normal qu'il soit énervé contre lui, même si c'était loin d'être agréable.
"Je... voulais te parler."
"J'ai pas le temps, je suis en plein entraînement."
"La jeune femme en jogging m'a dit que je pouvais t'emprunter un instant si c'était important."
"Ça l'est ?" demanda Iwaizumi en levant un sourcil désabusé. "Si tu viens encore pour te foutre de ma gueule, c'est pas la peine."
Il était blessé, ça se voyait, c'était évident. Et il utilisait la colère pour le dissimuler. Mais même si un Monde les séparaient désormais, Oikawa arrivait encore à voir lorsqu'il essayait de cacher ses émotions.
"Je ne viens pas pour me moquer de toi. S'il te plaît, accepte de m'écouter."
Iwaizumi le toisa un instant du regard. Oikawa fit de son mieux pour avoir l'air parfaitement déterminé, même si intérieurement, il avait envie de hurler tant il était nerveux.
"Ok. 5 minutes."
Oikawa déglutit, et planta son regard dans celui de son vis-à-vis. 5 minutes, c'était largement suffisant pour ce qu'il avait à lui dire. C'était le moment. Il avait répété son texte des dizaines de fois, il fallait maintenant qu'il réussisse à le ressortir.
"L'autre jour, après que tu sois parti, j'ai appelé Tomoe et je lui ai dit ce qu'il s'était passé," commença-t-il d'une voix maîtrisée. "Elle m'a dit que je devais réfléchir à ce que je serais capable d'affronter pour pouvoir être avec toi."
Le regard d'Iwaizumi s'alluma, et il pencha très légèrement la tête sur le côté, l'air curieux. Il croisa les bras sur son torse.
"J'y ai sérieusement réfléchi, et... je suis arrivé à une conclusion."
Il s'arrêta une seconde pour rassembler ses émotions, et après une inspiration, il reprit.
"Après tout ce qu'il s'est passé, j'ai... j'ai vraiment très peur. On a beaucoup souffert. Tu as beaucoup souffert. Et j'ai peur qu'en restant ensemble, on continue de souffrir pour toujours. C'est pour ça que j'ai promis de ne plus te revoir à tes parents. C'était... une sorte d'excuse pour dissimuler ma peur."
"Est-ce que tu as encore peur ?"
Oikawa s'attendait à ce qu'il le traite d'idiot, à ce qu'il lui crie dessus, il ne s'attendait pas à cette question. Il détourna les yeux une seconde avant de regarder de nouveau Iwaizumi.
"Oui," répondit-il gravement.
"Alors tu es venu me dire que c'est fini, c'est ça ?"
"Je..."
Il s'arrêta une nouvelle fois. Son coeur tambourinait comme un forcené dans sa poitrine, comme s'il voulait s'en échapper. Il avait la gorge nouée.
"J'ai peur," répéta-t-il. "Si on devait rester ensemble, les gens continueraient à nous vouloir du mal. On continuerait à souffrir. Toi, tu continuerais à souffrir et je ne veux pas que ça arrive."
"Arrête de dire des conneries," souffla Iwaizumi d'un ton qui sonnait comme une menace. Il semblait bouillonner de colère.
"Mais !" reprit Oikawa, plus fort. "Même si j'ai peur, et même si je dois souffrir, j'ai compris une chose... c'est que ce ne sera jamais une souffrance plus horrible que celle d'être séparé de toi."
Iwaizumi sembla surpris, ou plutôt même choqué. Ses sourcils se défroncèrent, ses yeux s'élargirent, sa bouche d'entrouvrit très légèrement. Il ne dit rien. Il avait l'air d'avoir perdu ses mots. Oikawa souffla un grand coup. Il avait rougi un peu, et avait les yeux un peu humides.
"Rester avec toi, ça impliquera des moments difficiles plus tard. On ne pourra pas se marier, on ne pourra pas avoir d'enfants non plus. On sera toujours regardés et jugés. Mais malgré tout, j'ai toujours pensé que je passerais ma vie entière avec toi."
Sa voix se mit à trembler un peu. Il se fit violence pour retenir un sanglot et continuer à parler. Il était fatigué, et dire maintenant tout ce qu'il avait sur le coeur, tout relâcher d'un coup de la sorte lui donnait inévitablement envie de craquer.
"Si seulement on pouvait quitter la terre, on pourrait traverser les étoiles pour trouver un endroit où on pourrait vivre ensemble sans qu'on nous juge. Sur une planète rien qu'à nous," dit-il, un peu rêveur.
Lui qui avait toujours été passionné par l'espace, il avait souvent pensé que quelque part, il devait y avoir une autre planète sur laquelle des êtes humains pourraient vivre. Un endroit qui n'aurait pas été pollué et détruit par les Hommes. Un endroit qui serait plus libre, on l'on serait plus heureux.
"J'ai promis à tes parents de ne plus te revoir, je t'ai dit que je ne t'aimais plus, parce que j'avais peur que si on restait ensemble, tu souffres encore. Mais je me rends compte que sans toi, c'est moi qui souffre. Pardon, je suis égoïste... Je veux juste rester avec toi. Même si c'est dur, même si on souffre, je veux rester avec toi. Je t'aime. J'ai été stupide, je suis tellement désolé, Iwa-chan..."
Une larme roula. Sur la joue d'Iwaizumi. Il s'empressa de la sécher d'un revers de poignet, mais immédiatement deux autres s'échappèrent de ses yeux. Il jura en étouffant un sanglot. Le sérieux Iwaizumi, celui qu'on admirait pour sa force tant physique que mentale, pleurait. Quelques larmes à peine, mais il les versaient vraiment. Il pleurait sincèrement.
La vérité, c'est que tout le monde pleurait, parce que c'était humain. Même les plus fortes et les plus insensibles des personnes pouvaient craquer à un moment ou à un autre.
Après tout ce qu'ils avaient vécu, Iwaizumi craquait. Pas en versant des larmes de tristesse, mais en pleurant de soulagement. En laissant retomber tout le stress, toute la pression, toute la colère, toute la peur accumulée depuis des jours, des semaines, des mois.
Et ça faisait du bien.
"Ça faisait longtemps que tu ne m'avais plus appelé comme ça," dit-il d'une voix tremblante.
Oikawa hocha la tête. Iwaizumi renifla, semblant calmer ses sanglots.
"Alors... qu'est-ce que ça signifie ?" demanda-t-il.
"Je veux essayer encore. Je ne le mérite sûrement pas, mais je voudrais qu'on recommence."
"Même si on se dresse encore sur notre chemin ?"
"Même si on se dresse encore sur notre chemin."
Pendant les quatre jours précédents, Oikawa avait beaucoup réfléchi, et il était arrivé à la conclusion qu'il pourrait parvenir à tout surmonter tant qu'il n'était pas seul. Il en était arrivé à penser que tant qu'il aurait Iwaizumi à ses côtés, tant qu'ils pourraient appréhender les situations ensemble, ils pourraient aussi les affronter et venir à bout de toutes les mauvaises choses qui pourraient leur arriver.
"Iwaizumi, le coach t'appelle !" Lança soudain une voix depuis l'entrée du gymnase.
Les deux garçons se regardèrent.
"Je dois y aller," dit Iwaizumi, l'air déçu. Il y avait encore un tas de choses qu'il voulait dire. Comme il était soulagé, comme il voulait tout faire pour qu'ils puissent recommencer, comme il n'oublierait jamais comme il avait été blessé, autant par ses parents que par Oikawa, mais comme il lui pardonnait à lui, et comment il se servirait des autres blessures pour être plus fort.
Oikawa hocha la tête.
"Vas-y."
"Est-ce qu'on peut se voir ce soir ?"
"Oui. Je crois qu'il y a encore beaucoup de choses dont on doit discuter."
"Hm. Je t'appelle en sortant de l'entraînement."
"Ok."
Ils échangèrent un regard entendu, et Iwaizumi fit demi-tour pour retourner dans le gymnase. Oikawa poussa alors un profond soupire. Il avait les jambes en coton. Mais il ne put retenir un sourire de légèrement se former sur ses lèvres. Il se sentait libéré, l'air qu'il inspira lui sembla plus frais, plus léger.
Il avait l'impression que finalement, les choses allaient commencer à s'arranger. Il espérait qu'elles s'arrangent. De tout son coeur.
À dix-neuf heures, il entendit frapper à la porte de son studio, et cela lui fit lever les yeux de son ordinateur sur lequel il était occupé à recopier ses cours de la journée comme le ferait tout étudiant sérieux et appliqué.
La vérité, c'est que ça lui avait gardé l'esprit occupé en attendant Iwaizumi. Il lui avait envoyé un message en sortant de l'entraînement aux alentours de dix-huit heures quinze pour demander s'il pouvait passer. Oikawa avait bien entendu accepté, et depuis, il l'attendait.
Il était toujours un peu nerveux, et c'est avec la boule au ventre qu'il ouvrit la porte. Son regard croisa celui d'Hajime. Ils ne se sourirent pas. Iwaizumi leva un sac plastique à hauteur d'yeux.
"T'as pas mangé j'espère," dit-il simplement. Oikawa secoua la tête.
"Entre." Il se décala pour le laisser passer. Iwaizumi se déchaussa avant de se diriger directement vers le salon. Ce n'était que la deuxième fois qu'il venait, mais l'appartement était si petit qu'il ne risquait pas de se tromper. Oikawa le suivit en silence.
Il appréhendait. Il avait dit des choses graves tout à l'heure. Des choses qu'il pensaient, certes, mais qui auraient un grand impact sur leur futur. Parce qu'il avait énoncé son désir toujours bien présent d'avoir un futur ensemble. Hajime avait semblé plutôt bien le prendre, il avait semblé heureux. Mais peut-être qu'il avait eu le temps d'y penser encore...
"Je vais pas tourner autour du pot," fit Iwaizumi en déposant le sac plastique sur la table basse. Le studio était très silencieux, baigné dans les rayons du soir. Au loin, on entendait juste le bruit étouffé du trafic. Il se tourna vers Tooru qui lui adressa un petit sourire un peu triste.
"Hm, ça vaut mieux."
"T'as été plutôt cruel," lâcha-t-il alors à brûle-pourpoint. C'était juste ; Oikawa acceptait. Il s'était préparé à accepter tous les reproches qu'Iwaizumi pourrait lui faire.
"Je sais."
"Tu m'as abandonné."
"Je sais."
"Ça me donne envie de te frapper."
C'était légitime. Iwaizumi était comme ça ; la violence était un peu sa réponse à toutes les situations difficiles lorsque ça concernait Oikawa. Il ne le frappait pas pour un oui ou pour un non cependant, uniquement lorsque la situation s'y prêtait vraiment. Une fois lorsqu'il avait failli se rendre fou après une défaite contre Shiratorizawa et où il avait failli passer ses nerfs sur Kageyama, quatre jours auparavant aussi, lorsqu'il se cachait encore derrière des excuses.
Iwaizumi devait avoir beaucoup de colère refoulée à l'intérieur de lui, et c'était légitime. C'était normal qu'il ait envie de le frapper.
"Vas-y," souffla Oikawa. "Fais-le si ça peut te soulager."
Iwaizumi le toisa comme s'il semblait réfléchir très sérieusement à la proposition. Il avait les traits du visage crispés dans une sorte d'expression de colère et de frustration furieuse. Et là, il serra le poing et le leva comme s'il s'apprêtait à envoyer un coup. Oikawa ferma les yeux et il se crispa dans l'anticipation d'un choc... qui ne vint jamais. Il s'attendait à recevoir un violent uppercut dans la mâchoire ou dans le nez, mais au lieu de ça, un léger coup, comme une tape amicale, frappa doucement contre son torse.
Il rouvrit les yeux, précautionneusement.
Le poing d'Hajime était toujours collé contre son torse. Il avait baissé la tête et fixait le sol. Son visage s'était décrispé, et était maintenant tiré par la tristesse. Cette vision serra violemment le coeur d'Oikawa. C'était plutôt douloureux à voir.
"J'ai cru que tu étais parti pour toujours," murmura Iwaizumi en faisant référence à la façon dont avaient tourné les choses après l'accident de voiture.
Très honnêtement, Oikawa avait cru également, pendant un moment, qu'ils ne se reverraient plus.
Hajime laissa son bras retomber le long de son corps dans un léger froissement de tissus qui seul troubla le silence de la pièce.
"Sans mentir, à un moment, j'en suis venu à me demander si ce ne serait pas mieux," continua-t-il.
Oikawa ne dit rien. Il avait comme l'impression qu'Iwaizumi avait besoin de vider son sac ; d'être simplement écouté parce qu'il avait pas mal de choses sur le coeur.
"Alors j'ai essayé d'imaginer ce que ce serait de vivre sans toi. C'était... étrange. C'était vraiment comme si quelque chose manquait dans ma vie. J'veux dire, c'est déjà ce que je ressens depuis plusieurs mois, mais là c'était même en pire. Ta voix, tes remarques idiotes, ton sourire... Y'a une époque où j'aurais jamais pensé que ça me manquerait un jour, parce que j'avais jamais envisagé qu'on puisse être séparés comme ça. Pendant tellement de temps, dans ces circonstances. Je suppose que j'aurais sans doute fini par m'y habituer, à ton absence. Même si ça aurait pris du temps. Vraiment beaucoup de temps. Mais la vérité c'est que j'en ai pas envie. Je veux pas avoir à m'habituer à ton absence."
Il marqua une pause, leva les yeux vers Oikawa et fixa son regard jusqu'alors un peu fuyant dans le sien avec une sorte d'expression de dureté bienveillante.
"Je suppose que certaines choses auront changé si on se remet ensemble, continua-t-il sérieusement. "Ce délire de tragédie romantique, ça laisse des traces. Et moi aussi ça me fait peur. Mais j'ai aussi envie de croire qu'on est plus forts que ça."
Il ferma les yeux, souffla un grand coup, et quand ses paupières se rouvrirent, il dit d'un ton solennel, sincère et plein de promesses :
"Même après tout ce qu'il s'est passé, je veux toujours d'un avenir avec toi."
Le coeur d'Oikawa se serra d'émotion dans sa poitrine.
"Même si on peut pas se marier, et même si on n'a jamais d'enfants," continua-t-il en reprenant les mots d'Oikawa. "On peut être heureux comme on est, comme on l'a toujours été. Je veux pas oublier ce qu'il s'est passé, je veux toujours m'en souvenir et que ça nous rende plus forts. Qu'on oublie jamais comme on a souffert, et comme on a réussi à dépasser ça."
Il sourit, comme s'il était parfaitement confiant par rapport à cet avenir qu'ils pourraient avoir ensemble, même sans se marier, même sans jamais fonder de famille. Il y a encore quelques jours, le lien qui les reliaient encore était au bord de la rupture, et maintenant il semblait qu'il y avait de nouveau de l'espoir dans leur vie.
"Qu'est-ce que tu en penses ?" demanda-t-il alors.
Oikawa pinça les lèvres pour les empêcher de trembler. Il était heureux. Il l'était sincèrement.
"Oui," dit-il. "Mais ce ne sera pas facile."
"On aura tout le temps qu'il faudra pour réussir à faire face, même si c'est difficile. Parce que j'te laisserai plus jamais t'enfuir loin de moi comme ça."
Le sourire et l'expression d'Hajime firent sourire Tooru. Un petit sourire un peu timide, un peu gêné, et il pouffa doucement de rire. C'était tellement bizarre de rire comme ça maintenant, mais il était heureux, et il se sentait si rassuré. C'était un sentiment agréable qu'il n'avait pas expérimenté depuis tellement longtemps que ça lui faisait tout drôle. C'était une chaleur douce qui se répandait dans sa poitrine.
Iwaizumi tendit la main, "Alors, on continue ?"
"Oui," répondit Oikawa en prenant sa main.
Iwaizumi fit un pas en avant pour l'attirer dans ses bras, et Oikawa s'y laissa tomber, le serra de toutes ses forces. Il pleura un peu. Il ne servait plus à rien de continuer à se retenir.
Ils y arriveraient, ensemble. Ils arriveraient à tout dépasser pour pouvoir vivre leur amour qualifié d'horrible, étrange et anormal qui dérangeait tellement certaines personnes. Faire abstraction des critiques et des insultes s'avérerait sûrement difficile, mais tant qu'ils seraient là l'un pour l'autre, ils se persuadaient que ça irait.
Car pour eux c'était ça s'aimer : toujours être là l'un pour l'autre, et se battre côte à côte.
Oikawa desserra légèrement leur étreinte, juste assez pour que son visage se retrouve presque contre celui d'Iwaizumi. Il le regarda un instant avec des yeux brillants, et il se pencha en avant pour l'embrasser. Et c'était leur premier vrai baiser depuis beaucoup trop longtemps. Lorsqu'ils s'étaient embrassés il y a quatre jours, ça ne comptait pas. Ce n'était rien. Mais maintenant, c'était un vrai baiser. Tendre, amoureux, un peu amer, mais doux à la fois.
Leurs mains se lièrent. C'était leur promesse.
"En général quand on invite quelqu'un chez soi, on prévoit un dîner romantique avant de l'embrasser," fit remarquer Iwaizumi avec un sourire.
"Tu sais bien qu'on n'a jamais suivi les normes toi et moi," répondit Oikawa. "Par ailleurs, je crois savoir que tu as apporté de quoi manger, alors il y a toujours moyen pour le dîner romantique..."
"Parfait, je meurs de faim !"
Sans lâcher la main d'Oikawa, Iwaizumi se dirigea vers le canapé à grandes enjambées et il s'y laissa tomber, entraînant son ami d'enfance avec lui. Tooru s'installa contre lui, toujours sans pouvoir récupérer sa main. Avec habileté et à une main, Iwaizumi attrapa le sac plastique et en sortit les deux pots en carton plastifié d'un restaurant indien. Il en tendit un à Oikawa avec une fourchette en plastique et garda le second.
"Iwa-chan, manger avec une seule main ne va pas être facile," fit remarquer Oikawa en essayant de caller son plat entre ses cuisses pour réussir à l'ouvrir.
"J'ai dit que je ne te laisserais plus t'enfuir alors je ne te lâche plus."
"Oh mon dieu Iwa-chan, c'est tellement ringard," gloussa Tooru avec un air de fausse pitié amusée.
"Je t'emmerde."
L'ancien capitaine sourit.
"Je te jure de ne plus jamais partir." Et il voulait tenir cette promesse plus que toutes les autres, et même plus que toutes celles qu'il avait un jour faites réunies. Parce qu'il voulait rester avec lui plus que tout au monde. Encore plus maintenant qu'avant, car il avait l'expérience de ce qu'était une vie dans laquelle ils ne seraient pas ensemble.
"Ok. Je te fais confiance," fit Iwaizumi. Et il lâcha sa main et se blottit un peu mieux contre lui, son épaule contre la sienne et ses jambes repliées retombant un peu sur les siennes. Il ouvrit son plat et immédiatement, une forte odeur de curry envahit la pièce. "On a quand même déjà vu mieux pour un dîner romantique que des plats à emporter."
"Mais tant qu'on est ensemble, tout peut être romantique," répondit Oikawa.
"Pfft, et c'est moi qui suis ringard."
"Tu dois déteindre sur moi."
Ils se regardèrent, et ils rirent. Et ils pensèrent que ce soir, ils étaient heureux, baignés dans l'euphorie de réconciliations trop longtemps espérées. Peut-être que demain, ce serait bizarre. Peut-être qu'après le repos de la nuit, ils seraient un peu gênés parce qu'ils ne s'étaient plus comportés normalement ensemble depuis tellement longtemps. Mais ils réapprendraient.
Ils avaient mérité leur bonheur et après avoir failli le perdre pour de bon, ils voulaient le chérir. Plus que tout, plus que jamais.
Ils imagineraient de nouveau un futur ensemble. Un peu différent de ce qu'ils avaient toujours vu, sans doute un peu moins idyllique, un peu plus réaliste. Mais ce serait leur future et ils le dessineraient petit à petit en prenant leur temps, en prenant le temps de vivre chaque instant en ne se souciant pas de ce qu'on pouvait penser de l'horreur de leur amour.
Parce que ces garçons qui avaient souffert et étaient tombés s'étaient relevés. Et aujourd'hui armés de leurs blessures, ils affronteraient le monde.
Ugh. Ce chap me satisfait pas tellement mais en même temps je l'aime bien? Genre j'le trouve cute quand même? C'est bizarre x) Je deviens tellement cheesy des fois c'est affligeant.
Bref, j'espère que ça vous a plus quand même? Finalement, on se dirige vers un happy end :D (ou pas?)
Je peux pas promettre, mais je vais vraiment tout faire pour poster la "vraie fin" d'ici vendredi prochain. Une fois que j'en aurai définitivement fini avec THOOL, je pourrai enfin mieux me concentrer sur mes autres projets notamment High on love and toxic love qui dort depuis que j'ai posté le chapitre 1 omg j'ai honte...
Enfin voilà quoi. Sur ce, à bientôt ! o/
