Froid.

Je ne suis pas sorti de chez moi de tout le week-end et j'ignore si je vais mettre le nez dehors en ce lundi soir. Oui, il est déjà dix-huit heures passée et je suis toujours chez moi. Non, je ne suis pas malade et je ne me sens pas super fatigué mais il m'arrive parfois de me montrer un peu casanier. Quant à ma sœur, cette dernière est sûrement en train de jouer un vilain tour aux villageois mais je sais qu'elle me dira tout au retour. Soudain, alors que je regarde le temps dehors par le biais de l'une des fenêtres de ma chambre, j'aperçois une silhouette qui se pose devant ma boîte aux lettres.

Cette ombre semble avoir une écharpe enroulée autour du cou et aussitôt, je cherche dans ma mémoire qui pourrait être cette personne. Lorsque la réponse me saute aux yeux, je m'empresse d'ouvrir la porte d'entrée et d'aller à la rencontre de l'être qui travaille encore à cette heure.

« Bonsoir Antoine. »

L'oiseau pose ses yeux sur mon visage tandis qu'un bruit me fait tourner la tête en direction de ma boîte à lettres. Le facteur vient tout juste de glisser une enveloppe dans la caisse en métal et de suite, il se montre poli.

« Excuse-moi Jaysher. Si j'avais su que tu étais à l'intérieur de chez toi, j'aurais attendu que tu m'ouvres la porte pour te remettre cette lettre en main propre.

- Ce n'est pas grave Antoine. Il faut dire que tu es plus habitué à mon absence plutôt qu'à son contraire.

- Exactement. D'ailleurs, comment se fait-il que tu sois chez toi à cette heure ? Tu es malade ?

- Non. »

Mais j'ignore quand même la raison qui m'a poussé à garder la maison aujourd'hui. Peut-être une conséquence indirecte du changement de saison qui se profile à l'horizon? Tout doucement, l'hiver cède la place au printemps et je m'apprête à dire au revoir au froid que j'aime tant. D'ailleurs, lorsque je me promène dans le village, je me rends compte des changements qui se mettent en place. Actuellement, je peux me livrer à des chasses aux insectes un peu plus rigoureuse alors qu'avant, je pouvais à peine attraper un cafard.

Maintenant, les abeilles naines me disent bonjour ainsi que les brocatelles d'or et les papillons communs. Certaines espèces de poissons sont également de retour, me promettant de sacrées parties de pêche. Je ne pense pas que sa sœur veuille me suivre dans cette pratique et je ne peux lui en vouloir.

« Je suis resté chez moi parce que j'avais un peu froid ce matin et j'avais peur de couvrir un truc.

- Donc, tu n'es pas encore malade mais cela ne saurait tarder. C'est ça ?

- Tout à fait. »

J'ai déjà trouvé mieux comme excuse mais aujourd'hui, je n'avais pas envie de réfléchir.

« Je comprends, cela m'arrive de ressentir le besoin d'en faire autant de temps en temps.

- Vraiment ?

- Oui. Je crois que j'ai besoin de vacances en fait. »