Tam-tam.

Cela fait plusieurs semaines que je ne vous ai pas narré mon quotidien au sein d'Haruville et je vous prie de bien vouloir m'excuser. Il arrive par moment qu'une certaine lassitude s'installe mais que la vie réelle décide de chambouler votre quotidien, ce qui est mon cas. Me voilà désormais dans une nouvelle ville dans laquelle je me suis pris entièrement d'affection et comme je me sens beaucoup mieux, j'ai aussi fait mon retour dans Haruville. Bien sûr, mes nouveaux voisins ne se sont pas privés de me faire remarquer mon absence et je ne peux leur en vouloir. Alors que Gwen s'est donnée la peine de m'envoyer une missive pour me faire part de son départ, je m'accorde quelques secondes pour m'arrêter devant la mairie afin de discuter avec Mirza, la chienne jaune.

Celle-ci est toujours présente parmi nous et je rencontre toutes les peines à la laisser partir. De plus, de nouveaux visages se sont installés et je me dois de vous les présenter. Tout d'abord, nous avons Marcel, qui est une petite souris colorée dont la passion principale est liée au sport, tout comme Gérard. Ce dernier étant un joli oiseau bleu et dont j'apprécie fortement la compagnie. Ensuite, toujours du même côté de la rive, nous avons Éloïse mais il me semble que vous connaissez déjà cette dernière.

Dans l'autre partie du village, nous avons pompon qui est une adorable petite cane blanche et bien énergique. Ensuite, nous avons Rosine qui est un panda avec des taches roses et pour finir, nous avons Cédric, un chat noir et un brin gourmand. Voilà quelles sont les personnes avec qui je discute ces derniers jours et je me demande si je vais continuer à recevoir de nouveaux voisins. En effet, mon archive postale est pleine et je me dois de supprimer quelques lettres afin de conserver les nouvelles. De plus, mon compte en banque frise les quatre millions de clochettes et je continue de ressentir le besoin d'économiser.

Je sais que cela ne me sert plus à grand-chose d'épargner comme je le fais mais nous ne sommes jamais à l'abri d'un pépin. D'ailleurs, le malheur a failli s'abattre dans notre village lors de ces derniers jours puisque les bourgades environnantes se sont retrouvées sous les eaux, à cause de nombreuses journées de pluies.

« Il serait bien que le maire ouvre les portes de la ville pour accueillir tous ces pauvres gens, me dit Mirza.

- Je suis d'accord avec toi mais où allons-nous les loger ?

- Chez toi.

- Chez moi ? M'étonnai-je.

- Oui. Avec toute la place que tu as chez toi, tu pourrais en accueillir au moins une vingtaine. »

Elle est bien gentille cette petite chienne mais je ne tiens pas à ce que ma demeure ressemble à un capharnaüm sans nom. Du coup, suite à sa proposition, je suis un tantinet refroidi. En effet, j'étais à deux doigts de lui offrir un tam-tam comme elle le désirait depuis une semaine mais maintenant, elle peut toujours rêver.