Patate.
Le lendemain matin, alors que le village n'est pas encore entièrement réveillé, je me trouve devant une nouvelle maison que je remarque pour la toute première fois. Serait-elle la demeure d'un nouveau voisin ou voir mieux, d'une nouvelle voisine ? Si c'est le cas, je me dois de vérifier et rapidement, je concentre mon regard sur la petite pancarte qui est accrochée à la barrière en bois sombre.
« Gladys. »
C'est donc une nouvelle voisine. Au moment où j'allais frapper à la porte d'entrée, celle-ci s'ouvre sur un personne que je trouve bien mystérieux. Son accoutrement est tellement bizarre que j'hésite entre rester ici et faire bonne figure ou prendre mes jambes à mon cou et m'arranger pour ne plus jamais la croiser ? Sa tête présente du blanc sauf à partir du bec où le plumage est désormais gris. De plus, du rouge se présente au sommet de son crâne mais grâce à une certaine information, je peux déjà en déduire qu'il s'agit d'un oiseau.
« Bonjour, me dit-elle.
- Bonjour. J'imagine que vous êtes ma nouvelle voisine ?
- C'est exact. Je me nomme Gladys et je suis du signe du... »
Avant qu'elle soit en proie aux doutes, l'oiseau me tentait l'une de ses ailes afin de me serrer la mince. Maintenant que l'oiseau est victime d'un trou de mémoire, le voilà qui place sa main sous son menton et fait mine de réfléchir.
« … Capricorne ! C'est bon, je m'en souviens ! »
Tout en révélant au monde entier que sa mémoire ne lui fait plus défaut, je sursaute à l'entente de cette série d'exclamation. En tout cas, ce nouveau personnage ne semble pas manquer d'énergie et je suis persuadé que cela apportera un peu plus de vie au sein de ce petit village.
« Pour ma part, continuais-je. Je suis Taureau et je m'appelle Jaysher.
- Ils sont gentils les taureaux. »
Ce n'est pas faux et j'aurais tendance à sourire suite à ce compliment. Toutefois, je me souviens que je me tiens devant un nouvel individu et que je dois faire tout mon possible pour lui donner une bonne impression. Toutefois, sachant que nos deux signes astrologiques appartiennent à ceux dit terrestre, une excellente entente devrait régner entre nous deux.
« Dis-moi Jaysher, sais-tu où je peux trouver des patates ?
- Des patates ? Non. Pourquoi ?
- Je le savais ! »
Rapidement, l'oiseau se laisse tomber du haut de ses longues pattes et ne tarde pas à pleurer. Devant son désarroi, je m'alarme un minimum et je commence à ressentir de la culpabilité vis-à-vis de son état. Après tout, c'est moi qui suis responsable de ses larmes et je me dois de faire quelque chose.
« Je te demande pardon Gladys. Si je savais que cela te ferait autant de mal, je n'aurais rien dit.
- Ce n'est pas de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir que j'étais une grande amoureuse des patates et que de vivre sans elles me sera quasiment impossible ! »
