Fer à repasser.

J'ai bientôt de finir mon carnet au sujet de cette existence paisible que je mène au sein d'Haruville. Alors que je constate qu'il ne reste plus qu'une douzaine de pages encore immaculées, je me demande ce que je ferais par la suite. Sous mes yeux, les villageois se déplacent sur les dalles qui recouvrent le sol se situant devant la mairie et chacun d'entre un tient un parapluie ouvert dans ses mains. Oui, le temps est maussade aujourd'hui mais cela ne joue en rien sur ma bonne humeur si habituelle. Soudain, alors que tout porte à croire que tout va bien dans le meilleur des mondes, voilà que nous entendons des cris en provenance de l'autre partie du village.

Curieux, nous tournons nos têtes en direction du pont le plus proche et nous voyons Cédric piquer un sprint, ce qui est très étonnant venant de sa part. Derrière lui, pompon et celle-ci brandit un fer à repasser au-dessus de sa tête.

« Je vais t'apprendre les bonnes manières, tu vas voir !

- Au secours, aidez-moi, elle est folle cette fille ! » Se plaint le chat.

Lorsqu'il arrive à ma hauteur, le félin se glisse dans mon dos et au moment où j'allais me montrer curieux vis-à-vis de lui, je vois la cane me lancer l'objet qu'elle tenait dans ses mains. Aussitôt, je me baisse et je vois l'arme redoutable me survoler afin de finir sa course aux pieds de Marcel. La souris colorée s'interroge et nous regarde.

« Tout va bien ? Ose-t-il ?

- Est-ce que j'ai l'air d'aller bien ? Demande Pompon.

- Pas vraiment et tu as de la chance que j'ai pu éviter ton fer à repasser car s'il m'avait touché, je te jure que je ne t'aurais pas loupé, lui dis-je.

- Tes menaces ne me font pas peur Jaysher.

- Tu devrais. Je viens de me souvenir que j'ai oublié de ramener mon fusil avec moi lors de mon déménagement et je suis sûr que nos amis ici présent auraient aimé se régaler autour d'un bon ragoût de canard. »

Soutenant mon regard froid et menaçant, Pompon comprend que je ne rigole pas et se réfugie dans le silence. Ensuite, je me tourne vers Cédric pour savoir ce qui se passe.

« J'ai trouvé une tarte aux pommes qui reposait sur le rebord de sa fenêtre. Je pensais qu'elle l'avait mise là parce qu'elle ne le trouvait pas bon et forcément…

- Forcément quoi ?

- Je me suis servi et comme je l'ai trouvé délicieux, ben j'ai tout mangé.

- Quoi ? »

Je comprends pourquoi la cane était à ses trousses et si j'avais su, je les aurais laissé régler ce problème sans intervenir. En tout cas, je ne pensais pas que Pompon pouvait être aussi furieuse et je sais désormais que je devrais faire attention si je ne veux pas l'avoir contre moi.

« Il serait bien que tu songes à la rembourser.

- Mais je n'ai pas le moindre sou sur moi. »