Fringale.

Alors que Clara est arrivée parmi nous, j'ai eu la surprise de constater qu'une autre habitante allait nous quitter : il s'agit d'Eloïse, l'éléphante. Sincèrement, cela ne me dérange pas qu'elle fasse ses bagages car cela fait plusieurs mois qu'elle réside parmi nous et même si elle semble affectée par cette décision, c'est le coeur léger que j'ai su accueillir cette nouvelle. En attendant, je me tiens actuellement dans le perchoir, au sommet d'un tabouret et j'attends que Robusto pose sous mes yeux, la commande que je viens tout juste de lui passer. De toute manière, le pigeon ne propose pas grand-chose et une fois qu'une tasse de café repose sous mes yeux, j'entends mon ventre émettre un gargouillement. Forcément, la curiosité du volatile s'en retrouve titiller et ce dernier se montre aussitôt curieux.

« Une petite faim ?

- Oui.

- Désolé de ne proposer que du café. »

Soudain, j'aperçois que le regard du pigeon change soudainement. A mon avis, il vient de songer à quelque chose et au moment où je m'apprête à lui poser la question, le voilà qui se baisse derrière son comptoir pour je ne sais quelle raison. Lorsqu'il se relève, le pigeon tient une hache entre ses ailes et je n'ai pas le temps de m'interroger davantage que je le vois sortir de son enceinte professionnelle et marche en direction du petit escalier qui mène à l'entrée du musée. Une fois absent de son café, je me contente d'avaler une gorgée de ma boisson chaude lorsqu'un cri féminin trouble la quiétude des lieux. Ne sachant quoi faire ni penser, je préfère rester immobile, de peur de réaliser une bêtise.

Quelques secondes plus tard, Robusto fait son retour dans le café et lorsqu'il descend les marches, je me rends compte qu'il tient sa hache avec une seule aile tandis que l'autre porte quelque chose. Une fois près de moi, le pigeon balance ce qu'il tenait sur le comptoir et lorsque je me rends compte qu'il s'agit de la tête de Céleste, me voilà en train de hurler à mon tour.

« Jaysher ! Est-ce que tu m'entends ? »

Quand j'ouvre mes yeux, mon regard se pose sur un ciel bleu et une tête qui semble inquiète. Il me faut un peu de temps pour réaliser qu'il s'agit de Marcel et quand je quitte ma position allongée pour m'installer sur mon séant, je m'aperçois que je suis sur la plage. A mon avis, j'ai dû piquer un roupillon et c'est aussi pour cette raison que j'ai vécu cette drôle d'expérience. Encore haletant, je tente de remettre de l'ordre dans mes idées lorsque la souris sportive continue de se faire du mouron à mon sujet.

« Tu m'as fait peur quand je t'ai entendu crier, me dit-il.

- J'imagine et je te présente mes excuses. Je me suis endormi et j'ai fait un cauchemar mais laisse tomber.

- De quoi as-tu rêvé ?

- Que Robusto me servait Céleste pour satisfaire ma fringale.

- Quelle horreur ! »