Dors.

Ce matin, je n'ai rien trouvé de mieux que de faire le tour du village à de nombreuses reprises et au pas de course. De son côté, Mirza a pu assurer à son fameux discours et après nos nombreux entraînements. Je savais qu'elle allait y arriver mais cette petite chienne manque cruellement de confiance en elle. Alors que je continue à songer à cette habitante vraiment appréciable, je me rends compte que je suis de retour chez moi et pourtant, il me reste encore pas mal d'énergie à évacuer. Je devrais en profiter pour ralentir ma cadence et transformer ma course en une simple promenade mais cette idée ne m'enchante guère.

Que pourrais-je faire pour me fatiguer correctement et utilement ? A ce moment, Gérard arrive à l'horizon et je dois reconnaître qu'il est très rare qu'il vienne jusqu'ici. A mon avis, il est sûrement en train de se passer quelque chose au sein du village et je suis étonné de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Toutefois, comme j'étais totalement absorbé par ma séance de sport, il est normal que je me suis montré tête en l'air si jamais un détail avait besoin de ma concentration. Lorsque l'oiseau bleu arrive face à moi, celui-ci se montre rapidement poli.

« Bonjour Jaysher.

- Bonjour Gérard, tu as besoin de quelque chose ?

- Moi non mais Marcel, oui. »

La souris ? Elle a fait une overdose de fromage car lorsque je l'ai vu hier soir, elle pétait la forme. Cette information attise ma curiosité.

« Dis-moi tout !

- Il est malade et j'aimerais m'en occuper mais j'ignore comment faire.

- Je peux m'en charger si tu le souhaites ?

- Non, tu fais déjà beaucoup pour nous et nous devons arrêter de nous reposer sur toi. Je veux devenir aussi indispensable que toi mais j'ai besoin de savoir comment tu procèdes.

- Très bien. Si tu veux aider Marcel, tu dois courir à la boutique de Nook afin de te procurer un baume médical. Si je ne me trompe pas, il doit coûter dans les quatre cent clochettes.

- Et c'est tout ?

- Non. Tu dois lui demander aussi de garder le lit pendant quelques jours au lieu de faire les cent pas inutilement dans sa maison. Même si elle n'est pas bien grande, le peu de déplacement qu'il ferait suffirait à le fatiguer davantage et forcément, sa maladie pourrait en profiter pour se développer.

- Je vois et pour être sûr qu'il soit guérit dans les temps, je dois y aller de suite. »

Aussitôt que cette dernière phrase est lâchée, Gérard me tourne le dos et fonce en direction de la boutique de Nook, au pas de course. Une fois seul, je ne peux m'empêcher de sourire. Je suis content de constater que certains villageois veuillent m'imiter afin de se débrouiller seul mais surtout, pour me soulager. Désormais, je vais pouvoir me concentrer un peu plus sur moi et cela m'indique aussi que les habitants de ce village n'ont plus vraiment besoin de ma personne.