Gramme.
Ce matin, j'ai rencontré quelques difficultés à m'extirper de ma résidence car j'ai le moral dans les chaussettes. De plus, je me suis rendu compte que le loquet de ma boîte aux lettres était levé et j'étais persuadé que ce qui se trouvait à l'intérieur n'annonçait rien de bon. Quand j'ai pris la missive qui reposait à l'intérieur et que j'ai parcouru ses lignes, j'aurais voulu que le ciel me tombe dessus afin de mettre un terme à mon existence. En effet, Mirza m'annonce qu'elle vient tout juste de déménager et qu'elle ne voulait pas me le dire de vive voix, de peur de ne pouvoir se contenir. A cet instant, je réalise que c'est une amie qui est partie et non une résidente lambda comme j'aurais tendance à considérer les autres.
Alors que j'essuie une larme qui coulait sur mon visage, mes oreilles distinguent des voix qui me semble très proche. Curieux, je décide de me rendre à l'endroit d'où ils me proviennent et lorsque j'arrive derrière le musée, je me montre rapidement silencieux dans mes déplacements. A cet instant, je remarque Aurélie, l'aigle qui est arrivé parmi nous il y a de cela quelques jours, en train de se livrer à une pratique douteuse avec une personne que je connais très bien et que je suis très étonné de revoir parmi nous : Lionel. Remarque, nous sommes samedi aujourd'hui mais je ne savais pas qu'il était sorti de prison. Discrètement, je tends l'oreille pour savoir de quoi ils discutent.
« Tu vas voir, dis Lionel. Ce que je m'apprête à te donner va te faire planer comme jamais et je suis très content de savoir que j'ai une consommatrice dans ce village.
- J'ai arrêté depuis plusieurs mois et je ne souhaite pas reprendre.
- Même si je te fais un petit prix ? »
Suite à cet argument, Aurélie se montre intéressée et ne se prive pas pour le faire savoir.
« Combien ?
- Je suis prêt à te laisser un soixante gramme au prix d'un vingt.
- Sérieux ? A mon avis, la qualité doit être proche de la merde non ?
- Juge par toi-même. »
Lionel ouvre sa serviette et en sort une étrange tablette emballée dans du film transparent et étirable. Ensuite, Aurélie s'en empare, retire un morceau de protection et approche le tout de son nez afin de humer le parfum qui pourrait s'en dégager. Dès que ses poumons sont remplis de l'odeur en provenance de la tablette, elle se montre conquise.
« D'accord, je veux bien t'en …
- Lionel ! Je peux savoir ce que tu fais ici ? »
Les deux individus sursautent au son de ma voix et lorsque Lionel me remarque, il arrache la tablette des mains d'Aurélie et commence à prendre la poudre d'escampette. Malheureusement pour lui, je suis très rapide à la course et je lui bloque la route au bout de quelques secondes.
« Toi, je te fais la promesse que tu vas retourner en prison et que tu ne seras pas prêt d'en ressortir. »
