Manon : Il a retenu tes conseils :p Pour sa défense, Alec le provoque aussi le pauvre :p
Institut-PDV Magnus
Je crois bien que je ne pourrais pas l'aider, pas cette fois. Je n'en avais ni la patience, ni… Si, j'en avais envie. Dire le contraire serait mentir. J'avais remonté ses mains au-dessus de sa tête, enserrant ses poignets fins. Il arborait toujours ce sourire qui me dérangeait. Mon corps était entièrement collé au sien.
- Tu sais que la façon dont tu me tiens me donnes des idées, Bane ?
Il ondula du bassin pour se coller encore plus à moi. A quoi il jouait ? Je le relâchais et m'écartais.
- Tu venais d'où ? Lui demandais-je.
- Ça te concerne ?
Je soupirais et m'appuyais contre la cloison de métal, les bras croisés.
- Tu sais, tu devrais répondre à mes questions. On gagnerait du temps, je ferais repartir cet ascenseur… Parce que plus on reste enfermé là-dedans tous les deux, plus les gens vont se poser des questions quand on en sortira… Après c'est toi qui vois…
- J'avais une réunion avec Lily et Maïa dans la chapelle…
- Vampire et loup-garou… Pourquoi pas de sorcier ?
- Parce que ce n'était pas une affaire qui vous concerne…
- Et tu y es allé comme ça ? Bonjour la crédibilité…. Fis-je ironiquement, en le détaillant de haut en bas.
- De quoi « comme ça » ?
- Tu as vu ta tête ? On dirait que tu es à l'agonie… Je t'ai connu plus sexy…
- Tu ne me connais pas !
- Vraiment ?
- Oui ! Ce n'est pas parce que tu m'as eu dans ton lit, que tu peux prétendre me connaître !
Je tressaillis. Ça remarque m'avait fait mal… Peut-être que je m'étais trompé en fait, peut-être qu'il n'avait plus de sentiments pour moi, voire même qu'il n'en avait jamais eu. Je fis repartir l'ascenseur, sans prendre la peine de lui répondre. Lorsque les portes s'ouvrirent sur le hall de l'Institut, il sortit, sans un regard pour moi. Je sentis la colère monter en flèche. Je le suivis jusque dans sa chambre.
- Tu fais quoi là ?! Me demanda-t-il en me voyant m'asseoir sur son lit.
- On n'a pas fini notre conversation !
Il leva les yeux au ciel. J'examinais l'état de sa chambre. Habituellement rangée à la perfection, cette fois on aurait dit qu'un ouragan l'avait traversée.
- C'est en cherchant ta dose que tu as mis ta chambre dans cet état ?
Alors qu'il était en train de fouiller dans un tiroir, il se figea. Je ne pouvais pas voir son visage, mais j'étais certain qu'il avait pâli. Je souris. Un point pour moi Alec…
- De quoi tu parles ?
- Allons, tu sais que c'est moi qui les aie… Je les ai trouvé hier soir quand tu as quitté mon bureau….
- Trouver quoi ? Je comprends rien à ce que tu me racontes !
- Vraiment ?
Je me levais et sortis le flacon orange de la poche de ma veste.
- Donc ce n'est pas cette chose que tu cherches depuis dix minutes ?
Il se tourna vers moi, et je le vis déglutir difficilement en apercevant le flacon de pilules. Ses pupilles étaient dilatés et des tremblements commençaient à apparaître. Il était accro et ça me faisait mal de le voir comme ça…
- Rends-les-moi !
- Oh, tu ne nies plus maintenant ?
- C'est.. C'est pas ce que tu crois ! Je… J'ai…
- Qu'est-ce que je crois ?
- Que je… que…
- Je vais te dire ce que je crois… Je crois que tu es tellement faible, tellement lâche, que tu préfères te détruire plutôt que d'affronter tes problèmes en face ! Aucun courage…
Ma remarque le fit aussitôt réagir. Je ne voulais pas lui faire de mal, même si son attitude m'énervait. Je voulais juste qu'il concentre son attention ailleurs que sûr son envie irrépressible de prendre ses foutues pilules. Il me poussa en arrière, ses yeux brillant de colère.
- Ne viens pas me parler de lâcheté, de courage ou de je ne sais quoi, parce que tu en aies autant dépourvu que moi ! Au moins moi je ne me suis pas terré comme un chien alors que mes amis étaient en danger, alors que des gens risquaient leur vie et mouraient ! Tu me parles de courage, mais où étais-tu toi quand Catarina était prisonnière à Edom, prisonnière de ton père ? Où étais-tu quand ton meilleur ami est mort ?
Je serrais les poings. J'avais envie de le frapper, de lui faire mal. Je n'étais vraiment qu'un idiot, je n'avais rien à faire ici. S'il voulait se détruire, que grand bien lui fasse, ce n'était pas mon problème. Nous deux c'était du passé, il n'y avait plus aucun amour, aucune affection, même minime, ni respect, entre nous.
- J'ai touché un point sensible on dirait ? Tu vas faire quoi, hein ? Me tuer ? T'en serais incapable !
Oh vraiment ?
- Tu me connais mal Alexander…
Je pris sa main et y déposais le flacon.
- Détruis-toi, vas-y ! Tu ne vas pas pouvoir cacher ton état bien longtemps ! L'Enclave finira par s'en apercevoir et ils te retireront tes runes ! Tu ne seras plus qu'un drogué qui ira crever sous un pont ! Et ce jour-là, je serais aux premières loges pour voir ça !
Je ne voulais pas dire ça, mais j'avais l'impression que les mots sortaient tous seuls de ma bouche. Dictée par la colère et l'amertume que je ressentais envers lui, je n'arrivais pas à les retenir.
- T'inquiète pas, ça arrivera plus tôt que tu ne le croies…
Sa voix était froide, sans aucune émotion. Il ouvrit la porte et me fit signe de sortir.
- Si tu veux bien sortir, je suis fatigué, j'aimerais me reposer…
J'eus une exclamation de dédain.
- Ne me fait pas le coup du suicide, on sait tous les deux que tu n'as pas assez de courage pour ça ! Mais si jamais tu le trouves, et que tu nous écris une lettre, évite de me mentionner dedans, je ne veux rien avoir affaire avec toi !
Je venais de porter le coup fatal et je le savais, mais je n'arrivais pas à m'en vouloir. J'entendis alors le bruit caractéristique de claquements de talons se rapprocher. Levant les yeux, ma colère augmenta d'un cran. Tiens, tiens, Maryse et Robert Lightwood. Ils se figèrent à ma vue, et Maryse me fonça dessus.
- Magnus ! Sors de cette chambre immédiatement !
- Avec plaisir, j'avais fini de toute façon !
Je me tournais vers Alec et passais un doigt sur sa joue, le faisant frissonner.
- Merci pour ce doux moment, mon ange…
Je pouvais sentir ses parents fulminer à côté de moi. Victorieux, je partis sans leur adresser un mot.
PDV Alec
Ce n'était même plus de la malchance à ce stade…. Non seulement il peuplait mes rêves, hantait mes cauchemars, était le thème principal de mes hallucinations, mais en plus lorsque j'étais pleinement réveillé et conscient, je le croisais, ici, à l'Institut, lui donnant une nouvelle occasion de déverser sa haine. Et comme, avec moi, un malheur n'arrive jamais seul, voilà que mes parents débarquent à ce moment-là. Comment allais-je leur expliquer la dernière phrase qu'il avait prononcée, surtout quand ils allaient voir l'état de ma chambre ? Ils se disputaient sur tout depuis leur divorce, mais étonnamment, lorsqu'il s'agissait de faire des remontrances à Izzy ou à moi, ils s'entendaient à merveille.
- Alec ! Explique-toi ! Tout de suite ! Me fit mon père.
- Expliquer quoi ? Je n'ai rien à vous dire ! Surtout à toi…
- Ne me parle pas sur ce ton !
Je haussais les épaules et leur fermais la porte au nez ! Ils tambourinèrent dessus, m'ordonnant de leur ouvrir. Ils arriveraient à rentrer, je le savais. Je sautais alors par la fenêtre de ma chambre, atterrissant sur le doux duvet blanc que la neige commençait à laisser sur le sol. J'étouffais ici, j'avais besoin de prendre l'air…
Plus tard - PDV Magnus-Pandémonium
Accoudé au bar, je discutais avec la jolie serveuse, engagée récemment. Une jeune sorcière brune aux yeux verts. Ses cocktails étaient une pure merveille. Je n'avais eu besoin que de lui faire un sourire pour obtenir son numéro. Quand on est le Grand Sorcier de Brooklyn, on obtient tout d'un claquement de doigts, sans était presque lassant. C'est notamment pour cela, qu'à l'époque, conquérir Alec avait été une pure partie de plaisir. Il me résistait… Il fallait quand même l'avouer, je ne pense pas que je trouverais meilleur amant que lui… Mais c'était du passé, il fallait que j'arrive à passer à autre chose. Et pour cela, je devais quitter cette ville. Je jetais un regard attristé à la piste de danse. Ça allait me manquer, mais je ne pouvais pas rester. Enfin, ce n'était pas le moment de penser à ça. Ma devise était : « profitez du moment présent sans penser au futur. » Mais Catarina ne l'entendait pas de cette oreille. Je vous raconte pas le savon que je me suis pris lorsque je lui ai raconté ma « discussion » avec Alec. Elle est marrante elle. Si elle croit que c'est facile… De toute façon, ma décision était prise, je ne m'occuperais pas de lui. La soirée se passa calmement. Je buvais, flirtais, dansais… vivais, en somme. J'allais quitter le Pandémonium, lorsque je le vis entrer… Toujours habillé en tenue de chasseur d'ombres. Mais c'était moi ou son pantalon en cuir noir le moulait plus que d'habitude ? Et son tee-shirt, est-ce qu'il était… bleu ? L'éclairage m'avait trompé, il n'était pas habillé en tenue de combat. Son regard se tourna vers moi et il me sourit. La lumière des projecteurs fit briller ses yeux bleus. Je n'arrivais pas à détacher mon regard de lui… Il était… magnifique…
- Magnus ? Magnus ?
Je secouais la tête pour revenir à la réalité. Un de mes employés me tendait mon manteau.
- Non, je ne pars plus… Je vais rester encore une petite heure….
L'employé ( j'avais oublié son nom), le rangea, pas plus étonné que ça : ils avaient l'habitude de mes changements d'humeur. Je partis m'installer, un verre à la main, dans l'espace VIP. Je l'observais faire. Il était seul, sans son blondinet. Étrange… Je le vis danser avec des hommes, un peu trop collé serré à mon goût. De temps en temps nos regards se croisaient, et il me souriait. On aurait dit que la dispute qu'on avait eue quelques heures plus tôt, n'avait jamais existé. Il se retrouva alors face à moi, lorsque l'homme avec qui il se trémoussait sur la musique depuis près d'une heure, le colla contre lui. Ce sourire, identique à celui qu'il m'avait fait dans l'ascenseur, et que je détestais tant, réapparu alors sur son visage. Je fronçais les sourcils, me préparant au pire. Je sentais qu'il allait faire une connerie… Et ce qu'il fit ensuite me donna raison. Il n'était qu'à quelques mètres à peine de moi, et je le vis très bien glisser une pilule entre ses dents. Sans m'en rendre compte, j'avais planté mes ongles dans les accoudoirs du fauteuil. C'était la douche froide, me ramenant instantanément sur terre. Bien sûr qu'il n'était pas dans son état normal… Il en avait encore pris… Une petite voix dans ma tête me chuchota que c'était de ma faute, que je n'aurais pas dû les lui rendre…. Je faillais pousser un cri de rage lorsque je vis son compagnon l'embrasser dans le cou. Alec ne tenait pas debout, et il osait profiter de lui. J'avais envie de bondir sur eux, de les séparer, de leur crier à tous que ce néphilim était ma propriété, qu'il m'appartenait. Bon sang, j'avais juré de ne plus m'en préoccuper ! Un deuxième vint coller son torse contre le dos de MON chasseur d'ombres, et l'entoura de ses bras. Alec rejeta la tête en arrière, posant sa tête contre son épaule, permettant ainsi à la bouche du premier d'avoir un meilleur accès à son cou. Il ne me quittait pas des yeux, il planait complètement. Scott, mon chef de la sécurité, me murmura alors quelque chose à l'oreille qui me fit réagir aussitôt. Je me levais précipitamment, et fondis droit sur ce satané chasseur d'ombres envahissant. J'écartais les deux sangsues.
- Changez de cible, celui-là est à moi ! Lui ordonnais-je.
Ils me firent un signe d'excuse, et je souris, satisfait. J'entraînais ensuite Alec loin de la piste de danse et de la foule, l'emmenant dans les locaux privés du club.
- Lâche-moi, j'ai pas envie de venir avec toi ! Lâche-moi !
Il commença à se débattre. Exaspéré, je pris son visage entre mes mains.
- Regarde-moi !
A mon plus grand étonnement, il m'obéit.
- Regarde dans quel état tu es ! On vient de me prévenir que des chasseurs d'ombres venaient de pénétrer à l'intérieur du club. Des membres de la force, Alec ! S'ils t'avaient vu dans cet état, ils en auraient référé à l'Enclave !
- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut te foutre à toi ?!
- Rien, tu as raison ! Mais je ne veux pas d'ennuis, et quelque chose me dit que ça me serait retombé dessus !
- Tant mieux !
- Tu es venue ici pour me provoquer c'est ça ? Ça te plaît quand je te fais du mal ou quoi ?!
- Oui, parce que au moins, dans ses moments là, tu t'intéresses à moi !
Il s'agrippa alors à ma veste.
- Je t'en supplie Magnus pardonne-moi ! Prends-moi à leur place, je ferais tout ce que tu veux ! S'il te plaît !
Il posa son front contre le mien, et passa une main dans mes cheveux, alors que l'autre se posait dans le creux de mon dos, me collant à lui.
- Si tu me veux là maintenant, dans ce couloir, je peux le faire tu sais…. Choisis moi ! Je peux te donner tout ce que tu veux !
- Alec…
Je n'arrivais pas à le repousser, il s'accrochait à moi comme à une bouée de sauvetage.
- Je sais que tu me hais, mais laisse-moi une chance ! Je t'aime….
Il pleurait à présent. Je réussis à prendre son visage en coupe, et essuyais ses larmes.
- Ne pleure pas, calme-toi, je suis là…
- Tu me détestes…
- Non, non, je ne te déteste pas…
Il posa ses lèvres sur les miennes, et sa langue força le passage jusqu'à la mienne. Malgré la situation, ce baiser déclencha des papillons dans mon bas-ventre. Je sentais le goût salé de ses larmes sur ses lèvres glacées. Il finit par s'écarter, se laissa glisser le long du mur, et ferma les yeux. Inquiet, je m'agenouillais près de lui et lui donnais de petites tapes sur les joues.
- Hey, Alec, ouvre les yeux !
- Hum…
- Alec ! Alec, regarde-moi, ouvre les yeux, s'il te plaît.
- Je suis fatigué…
- Je sais, mais il ne faut surtout pas que tu t'endormes !
- Je suis fatigué…. Me répéta-t-il, mais il ouvrit tout de même les yeux.
- Combien tu en as pris ?
- J'sais… pas… J'ai… froid…
Il referma les yeux.
- Fait chié…
Je pris ma veste et la lui mis sur les épaules. Prenant ensuite mon portable, j'appelais Catarina.
- Magnus, je travaille, j'espère que tu…
- Viens au Pandémonium ! Tout de suite ! C'est Alec, il… Viens !
- J'arrive ! Dis-moi exactement ce qu'il a ?
- Je sais pas, il… il est gelé, il n'arrive pas à garder les yeux ouverts, il…
- Son rythme cardiaque, il est comment ?
Je pris son pouls.
- Lent…
Beaucoup trop lent… J'étais en train de leur perdre…
- Je t'en prie Alec, ne me fait pas ça, reste avec moi…
- Il est en hypothermie !
Je me retournais, et soupirais de soulagement en voyant mon amie s'agenouiller à côté de moi.
- Il ne faut surtout pas qu'il s'endorme ! Alec, Alec, tu m'entends ? Lui demanda Catarina.
Sans m'en rendre compte, j'avais pris la main d'Alec dans la mienne, et des flammes bleues commencèrent à lécher son corps. Catarina fit apparaître plusieurs couvertures, et le recouvrit d'une. Je lui lançais un regard interrogateur.
- Il faut y aller progressivement ! Dans le cas contraire, ça pourrait le tuer ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qu'il faisait là ?
- Je ne sais pas…
Elle fouilla dans la veste d'Alec et en ressortit le fameux flacon orange. Vide…
- Il en restait au moins cinq ce matin, on est d'accord ? Me demanda-t-elle, inquiète.
- Magnus…
Je le sentis serrer ma main. Je caressais sa joue.
- Je suis là, tout va bien… Ouvre les yeux, je ne veux pas que tu dormes… Mon ange, reste avec moi…
Je sentais le regard de Catarina poser sur moi. Il ne fallait pas qu'elle se fasse des idées, l'emploi de ce surnom n'était juste qu'une question d'habitude.
- Tu peux le prendre chez toi ? Il faut que je veille sur lui cette nuit, et je ne pense pas que le ramener à l'Institut soit une bonne idée. Je l'emmènerais bien chez moi mais je…
- On va chez moi !
J'ouvris un portail, le pris dans mes bras, et on traversa.
Plus tard
Catarina et moi avions veillé sur lui toute la nuit. Un vrai cauchemar… Heureusement qu'elle était là parce que je ne pense pas que j'aurais réussi à le calmer seul. En plein milieu de la nuit, il avait fait une crise de manque, l'agressivité laissant vite place aux supplications accompagnées de tremblements, de frissons, et de vomissements. J'avais fini par quitter la chambre : l'entendre hurler de douleur… Je ne pouvais pas… Assis dans le canapé, la tête dans les mains, j'essayais le plus possible de retenir mes larmes, mais… Mon amie posa une main sur mon épaule.
- Il est réveillé… Il te réclame…
- Je ne peux pas…
- Il a besoin de toi…
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je ne peux pas lui donner ce qu'il veut ! Je ne l'aime plus, Cat' !
- Vraiment ? Alors explique-moi pourquoi cela te touche autant de le voir dans cet état ? Explique-moi pourquoi tu as employé des gestes aussi tendres que ceux d'hier soir pour le calmer ? Explique-moi pourquoi tu n'as pas refusé à ce que je l'emmène ici ?
- C'est… c'est juste de… de l'affection ! On s'est aimé et… J'aurais fait la même chose si ça avait été…
- Si ça avait été qui ? Camille ? Je n'en doute pas une seule seconde, parce que tu as toujours aimé Camille, malgré tout ce qu'elle t'a fait !
- Justement, si je n'arrive pas à pardonner à Alec c'est bien la preuve que…
- C'est la preuve que tu n'es qu'un crétin qui est effrayé par ce qu'il ressent pour ce néphilim ! Magnus…
Elle posa ses mains sur mes joues, plongeant ses yeux dans les miens.
- Je sais que tu l'aimes, arrête de me mentir, et surtout de te mentir à toi-même !
- Tu te trompes…
- Non, je ne crois pas. S'il mourrait, que ressentirais-tu Magnus ? S'il n'était plus de ce monde…
Les larmes que je retenais, finirent par couler. Si je venais à perdre Alec, je n'y survivrais pas. Je le détestais, le haïssais même par moments, mais… je l'aimais aussi. J'avais besoin qu'il soit dans ma vie, peu importe le rôle qu'il y jouait. Ses deux années passées loin de lui ont été une vraie torture, je m'en rends bien compte aujourd'hui.
- Va le voir…Je vous laisse, je reviendrais plus tard…
- Où vas-tu?
- Dormir !
Je la regardais s'en aller, inquiet de me retrouver seul avec lui. Anxieux, je le rejoignis dans la chambre. Il était assis, les jambes repliées contre son torse et la tête posée sur ses genoux. Il leva les yeux vers moi. La crainte y brillait… Il semblait si fragile comme ça… Je m'appuyais contre la porte.
- Tu voulais me parler ?
- Oui… Mais si… si tu ne veux pas…Bafouilla-t-il.
- Je suis là, non ?!
- Oui, c'est vrai…. Je… je voulais m'excuser pour… hier soir… Pour tout en fait… Je sais que tu m'en veux pour ce que je t'ai fait, mais sache que…
- Ce n'est pas le moment de parler de ça, Alec !
- Quand alors ?
- Je sais pas… Quand tu iras mieux…
- Je n'irai jamais mieux…
Je vins m'asseoir à côté de lui et écartais la mèche qui lui tombait devant les yeux.
- Tu aurais pu mourir hier soir, tu t'en rends compte ? Si tu avais été un terrestre, tu serais mort…
- Je croyais que c'est ce que tu voulais ?!
- Non… Pourquoi tu te fais autant de mal ? Pourquoi tu fais ça ?
- Parce que je n'arrive pas à arrêter, c'est là, dans ma tête ! J'en ai besoin, tous le temps !
- Tu as bien commencé pour une raison…
- Pour oublier, oublier que je ne suis qu'un nul qui rate tout, et qui fait du mal autour de lui !
- Je ne suis pas d'accord…
- Ça va Magnus, tu peux me dire la vérité, je ne vais pas me tuer !
- Permets-moi d'en douter, mais je ne te mens pas ! Je te reproche certaines choses, mais je n'ai jamais pensé que tu étais un nul !
- Je te fais pitié, c'est pire !
- J'ai dit ça pour te faire réagir !
- C'est réussi…
Je pris sa main dans la mienne.
- Je vais m'occuper de toi, je te promets que tout va s'arranger !
- Est-ce que… Est-ce qu'il y a encore une chance pour nous deux ?
Je serrais un peu plus sa main. Cela me brisait le cœur, et j'allais probablement briser aussi le sien, mais je ne pouvais pas lui mentir. Oui je l'aimais, et je l'aimerais probablement toujours, mais je ne pouvais pas revenir avec lui…. Pardonne-moi mon ange…
- Non… Je vais prendre soin de toi, te faire arrêter cette merde que tu prends, puis je partirais…
- Alors je continuerais, je continuerais jusqu'à en crever s'il le faut, parce que je ne peux pas vivre sans toi !
Merci pour vos reviews
Bisouss :)
