Rafrob: Oui, on va dire que j'aime bien toucher à ce genre de relations un peu complexes :)

On n'hésite pas à laisser son avis :) La review, c'est le salaire du fanfictionneur ;)


Chapitre 3 :

Il était sept heures. Le réveil sonna. Comme toujours j'émis un grognement bien sonore en entendant son horrible bip. Je haïssais cet appareil plus que tout.

Un rayon de soleil me chauffa la joue, ce qui eut le mérite de me faire ouvrir un œil. Puis deux. J'étouffai un bâillement. Aujourd'hui, premier jour de cours. Ou plutôt, présentation de notre classe, découverte de nos emploies du temps, de nos profs, et paperasse ennuyeuse. M'étirant, je regardai autour de moi. Tifa dormait, roulée en boule, son chat dans les bras. Comme d'habitude, elle n'avait pas entendu la sonnerie du réveil. C'était toujours à moi de la réveiller. Et son réveil dépendait de mon humeur. Sans rien dire, et sous le regard interrogateur d'Elena, je me ruai dans la salle de bain, mon verre dans la main. Oui, j'avais décidé d'être cruelle ce matin. Une fois le verre rempli d'eau volontairement froide, je m'approchai de Tifa, et lui versa toute l'eau sur le corps. Pas sur les cheveux, elle n'aurait jamais eu le temps de les sécher. Pas sur le chat non plus, il risquait pour le coup de miauler.

Tifa lâcha un cris de guerre au contact du liquide glacé contre son flanc, et me fusilla du regard. Moi, j'étais contente de mon œuvre. Elena me regardait en secouant la tête, l'air navrée. La jeune blonde semblait amusée par mon comportement. Reno avait finalement bien choisit sa conquête. Si elle me supportait, il fallait qu'il la garde. Ce n'était pas donné à tout le monde. Elle adressa un sourire faussement désolé à la pauvre Tifa qui grognait dans son coin, et partit tirer notre rideau. Dehors, il faisait beau. Le ciel était complètement dégagé, ce qui était plutôt rare à proximité de la ville. J'aimais bien rêvasser devant la fenêtre. C'était un des rares moments où j'étais capable d'être calme. Je me rapprochai d'Elena, et entre ouvrit la fenêtre. Un vent frai s'engouffra dans la chambre. Oui, c'était une bien belle journée.

- Au moins, on se prendra pas de flotte sur la figure, soupira Tifa en se levant.

- Remarque, toi, t'as déjà eu ta dose, ironisais-je en lui lançant un regard faussement navré.

Fronçant les sourcils, elle me fusilla du regard. Moi, toute contente, je commençai à fouiller dans ma valise. J'attrapai un short, un haut, et ma trousse de toilette, avant de partir vers la salle de bain.

- C'est ça, débarrasse toi de cet affreux pyjama, se moqua la brune en me voyant fermer la porte.

Je glissai ma tête dans l'entre bâillement de la porte, et lui tirai la langue. C'est vrai quoi, il n'était pas si affreux que ça mon pyjama ? Un peu grand et pas hyper gracieux, mais il y avait pire. Vexée, je commençai à me brosser les dents en essayant d'enfiler mes vêtements. Oui, le matin, je faisais toujours tout en même temps, c'était une habitude. Pas forcément terrible, d'ailleurs.

Alors que je me préparais, quelqu'un frappa à la porte. Sans vraiment réfléchir, je sortis de la salle de bain, ma brosse à dent dans la bouche, mon haut pas enfilé, et je partis ouvrir, sans tenir compte des protestations de Tifa. Passant la tête dans l'ouverture, je regardai qui nous dérangeait à cette heure. Une jeune femme à la silhouette élégante, vêtue d'une longue robe sombre se tenait là.

- Lulu !criais-je, la voix étouffée par le dentifrice.

- Salut les filles, me sourit la jeune femme.

Lulu était notre adorable surveillante. Nous l'avions rencontré notre première année ici. Elle surveillait notre étage. C'était une femme très maternelle, qui n'hésitait jamais à nous aider dès que nous en avions besoin. Nous nous sommes très rapidement liés d'amitié avec elle, si bien que chaque année, elle venait nous saluer, se débrouillant toujours pour savoir la première dans quelle chambre nous étions.

Comme à son habitude, elle m'adressa un sourire, et soupira en voyant combien mes manières restaient inchangées. En effet, mieux valait que je n'ouvre à personne le matin, n'étant pas réveillée, j'en oubliais trop vite le peu de vêtement que je portais, et mes cheveux en désordre. Souriant de toutes mes dents, je lui fis signe d'entrer. Sans prévenir, Tifa vint lui coller une bise sur la joue.

- Alors, nous sourit Lulu. Qu'est ce que mon infernale troupe va encore nous faire subir cette année ?

Oui, nous étions infernaux. Il n'y avait pas vraiment d'autre mot. Nous étions de vrais diables pour les surveillants. Toujours fourrés dans la même chambre malgré le fait que Reno soit un homme, toujours avec notre boule de poiles.

- Exagère pas Lulu, soupira Tifa en enfilant son jean. On est pas si terrible que ça !

- C'est qui, qui l'an dernier, les demoiselles qui ont passé leur vie avec un garçon dans leur chambre ?demanda la jeune femme en élargissant son sourire.

- C'est que Reno, c'est pas pareil, protestais-je depuis la salle de bain, en me brossant les cheveux. C'est pas un mec.

- C'est qui les monstres qui ont manqué de justesse de réveiller le proviseur parce que leur mascotte s'était presque introduit dans sa chambre ?continua Lulu.

- D'ailleurs, heureusement que tu étais là, ce jour là, sinon, on avait plus de tête !s'exclama Tifa, se souvenant soudain de ce tragique événement.

- Qui a volé les lunettes de l'infirmier et les a planqué pendant plus de deux mois ?reprit la surveillante.

- Oui mais en même temps, me dire qu'il devait me couper la jambe pour une simple entorse, répliquais-je. C'était pas une blague je suis sûre, il est complètement jeté !

Lulu lâcha un rire. Elle avait sans aucun doute une liste infinie de toutes les conneries dont nous étions auteurs. Je jetai un coup d'oeil à mon portable. Sept heure et demi. Il était l'heure de manger. D'ailleurs, mon estomac me le rappela avec un terrible grognement. Souriant, je tapotai mon ventre et sortis de la salle de bain en sautillant.

Indiquant aux autres que mon estomac me parlait, nous décidâmes donc de sortirent, suivies de près par Lulu. Alors que nous nous éloignons, la jeune femme nous rappela une dernière fois.

- Bon, pas trop de conneries cette année, nous dit-elle en souriant.

- Tu nous connais !lui répondis Tifa en levant les yeux au ciel.

- Justement, marmonna la surveillante en nous quittant.

Nous la connaissions trop bien. Nous pouvions faire la pire chose qui soit, elle nous couvrirait toujours. Peut être était ce mal de notre part de se servir de cette petite faiblesse. Sans oublier de passer prendre Reno, nous descendîmes tous ensemble vers le self.

Le petit déjeuner s'était déroulé sans trop d'incidents. Ci ce n'est la pluie de chocolat chaud provoquée par Reno. Elena en face de lui, il a laissé sa tartine tremper un peu trop longtemps, et elle s'est cassée au dessus de son bol, éclaboussant allègrement la table et la jeune blonde. Ce qui lui valut une belle baffe suivit d'un éclat de rire général. Elena ne lui en voulait pas. S'était plus pour défendre sa petite fierté. Elle avait troqué sa robe pour une tenue beaucoup plus masculine aujourd'hui. Elle n'était visiblement pas aussi fragile qu'elle en avait l'air.

Il était huit heures. Nous attendions tous dans la salle où devait nous rejoindre notre professeur principal. Nous ne savions pas encore de qui il pouvait bien s'agir, mais nous avions juste découvert qu'il était fâché avec la ponctualité. Au moins, je pourrais arriver en retard à son cours sans me faire trucider. Moi qui n'était généralement pas la première en classe, s'était un réel avantage. Les autres s'impatientaient un peu de savoir quels professeurs ils allaient avoir. Moi, pas vraiment. Le moment venu, cela me faisait un peu peur. Surtout pour une matière en particulier.

Tifa, installée à côté de moi, gribouillait nerveusement dans un coin de la table. Chaque année, elle taguait l'endroit où elle s'installait. Au moins, il n'était pas dur de savoir où elle était placée.

- Au fait, tu sais quoi, me glissa-t-elle en chuchotant. Cette été, moi aussi j'ai rencontré quelqu'un.

- Sérieux ?m'exclamais-je.

Elle me fit signe de chuchoter, et se rapprocha d'avantage. J'étais plutôt étonnée que Tifa m'annonce une telle chose. Elle n'était pas la fille la plus facile au monde, alors le fait qu'elle se laisse enfin séduire par quelqu'un me réjouissait d'une certaine manière. Elle qui était relativement fermée au niveau de ses sentiments.

- Je vous en parlerais un peu plus ce soir, mais lui aussi, il est nouveau ici, murmura la jeune brune.

- Vous êtes ensemble ?demandais-je, le plus discrètement possible.

- Non, sourit-elle. Enfin, pas encore. Et toi ? Ta vie sentimentale ?

- Calme plat, soupirais-je.

- Non, dis plutôt que tu as une fois encore repoussé toutes les avances qui t'étaient faite juste à cause de la personne inaccessible sur laquelle tu as craqué, rétorqua-t-elle.

Sa remarque me fit l'effet d'une gifle. Je n'aimais pas vraiment quand elle ou Reno se permettait de me dire cela. Surtout qu'à mes yeux, ce n'était pas vrai. Je ne voulais pas que ce soit vrai.

Je voulais protester, mais la porte qui s'ouvrit m'en dissuada. Après dix minutes d'attente, notre prof arrivait enfin. Un grand homme blond et mal rasé fit son entrée, une cigarette coincée entre les lèvres, coupant cour à nos discussions. J'ouvris de grands yeux devant sa démarche complètement inadaptée à son statut de prof. Et encore moins à celle de prof principal.

- Salut les moucherons, nous lança-t-il en s'installant à son bureau.

J'étais sceptique. Tifa semblait aussi surprise que moi.

- J'me présente, Cid Highwing, ou votre prof principal de cette année, reprit-il, un sourire aux lèvres. Je vous enseignerais tout ce qu'i savoir dans cette merveilleuse matière qu'est la mécanique, capito ?

Il avait dû manquer la case « éducation d'un prof ». Je n'avais jamais entendu parlé de lui. Il devait être nouveau, ou alors je ne l'avais jamais vu. Cela m'étonna un instant. Il était plutôt … remarquable pourtant comme personnage. Il n'avait pas l'air spécialement méchant, au contraire. Il avait juste l'air terriblement à l'aise. Sans plus attendre, il nous distribua nos tant attendus emplois du temps. Je fermai les yeux en voyant la feuille me glisser sous le nez.

- Allez Tifa, dis moi tout, soupirais-je.

- Déjà, on a Mlle Ashe en français, me répondit-elle.

Ça, c'était une bonne nouvelle. Elle était, en plus d'être une très bonne prof, quelqu'un que nous affectionnions particulièrement.

- Et...En prof de maths ?me risquais-je.

Un léger rire résonna à ma droite. Oui, j'avais peur de savoir qui serait mon prof de maths cette année. Comme toutes les années depuis la première. J'avais peur que ce soit toujours le même. Car ma concentration passait très rapidement dans les négatifs durant son cour à lui. Le rire de ma camarade ne faisait qu'accentuer mon inquiétude.

- On a deux heures de maths demain matin, dès huit heures, commença-t-elle.

J'ouvris un œil. Le nom flouter sur l'emploie du temps me donna immédiatement envie de le refermer. Le sort s'acharnait décidément sur ma pauvre petite personne. Non pas que je sois mauvaise en maths. Comme tout le monde, je me débrouillais. Mais j'étais complètement troublé par ce professeur que j'avais une fois de plus cette année. Je ne comprenais d'ailleurs pas cet effet qu'il me faisait. Toujours est il que j'allais devoir passer une année de plus à faire des maths avec lui. L'idée de passer encore quelques temps avec Mr Valentine, ou sans doute l'homme le plus froid de tout cet établissement, me faisait doucement sourire.