Reviews ?
Chapitre 5 :
- Et c'est là qu'on s'est rendu compte, que c'était pas des ronces !
Cela faisait plus d'une heure que nous parlions de nos souvenirs les plus stupides de vacances. Je ne pus qu'exploser de rire face à l'histoire de Tifa. Depuis une semaine que nous étions là, elle nous promettait de tout nous dire le week end. Ce dimanche soir, nous l'avions enfin faite craquer pour qu'elle avoue. La jeune fille avait l'art et la manière de faire traîner les choses. Elle n'aimait pas vraiment dérouler ses secrets d'un seul coup. Elle nous laissait généralement saliver une semaine ou plus. Et nous avions décidé de fixer enfin la soirée tant attendue des « révélations sur oreiller ». Bien sûr, et malgré l'interdiction formelle du règlement, Reno était dans notre chambre. Il allait d'ailleurs y passer la nuit, cela ne faisait aucun doute. Nous étions tous assis par terre sur notre montagne de coussins et de couettes entassés, un paquet de chips ouvert au milieu de notre cercle. Même Eli se prêtait au jeu, bien qu'elle ne nous connaisse pas vraiment. C'était une manière pour elle de s'intégrer.
- Donc, vous vous êtes sentis bien ridicules, me moquais-je en riant de l'histoire de la brune.
Elle venait de nous raconter comment elle et son père s'étaient retrouvés pendant plus de trois heures à attendre devant la porte de leur camping, ayant oublié leur clé, en pleine nuit, n'osant pas escalader à cause des fameuses ronces qui n'en étaient en fait pas. Il n'y avait vraiment que Tifa pour agir de la sorte.
- Et, sinon, tu m'avais parlé d'une rencontre ?demandais-je le plus innocemment possible.
Tifa rosit légèrement. Depuis le début de la semaine, elle esquivait la question dès que je lui posais. Elle était relativement fermée sur le plan sentimentale, et ce même avec nous. Elle avait du mal à admettre son attirance pour quelqu'un. Elle portait vraiment bien son nom, Lockheart.
- Tiens, tu m'en avais pas parlé à moi, râla Reno en piochant une poignée de chips.
- Je comptais vous en parler à tous ce soir, se défendit la jeune fille.
- Alors ?demanda Elena, qui semblait plutôt à l'aise.
- Et bien, en fait, je les rencontré vers le milieu des vacances, nous expliqua Tifa. Nous étions dans le même camping, et pour la même durée, à savoir, un mois. Je les rencontré au bout de deux semaines. Et en fait, de manière peu glorieuse. Je lui suis tombée dessus en loupant une marche en revenant de la douche, donc, avec seulement ma serviette par dessus mes sous vêtements.
- Classe, commentais-je.
- Et en fait, on a pas mal parler après ça, et on a passé les deux semaines qui nous restaient ensemble, termina Tifa en souriant. Et j'ai même appris qu'il était ici.
- Comment il s'appelle ?demanda aussitôt Reno.
- Cloud Strife, murmura Tifa, plutôt gênée.
Un sourire éclaira mon visage. Ce nom me disait quelque chose. En effet, il s'agissait du nouveau blond bien mignon de notre classe. Quelque chose me surprit néanmoins. Tifa avait passé tout ce temps sans lui parler ?
- Et tu l'as esquivé pendant une semaine juste parce que nous n'étions pas au courant ?s'étonna Reno, semblant traduire mes pensées.
- Vous savez, je ne vis pas avec vous en 24/24 non plus, sourit la jeune brune. Mais maintenant, on va dire que je le connais officiellement.
- Ah ouai d'accord, madame est une tombeuse de l'ombre, soupirais-je en souriant.
Mon amie me tira la langue, ce qui eut pour effet de déclencher notre rire à tous. Il y avait de réels changements cette année. Nous qui étions une véritable bande de solitaires, notre célibat ponctué uniquement par quelques aventures peu fructueuses et sans intérêt, les années passées. Mais cette fois ci, mes deux amis semblaient avoir changé sur ce point. Comme si ils avaient mûris durant leurs vacances.
- Bon, assez parlé de moi, s'exclama Tifa en croquant une chips. Yuffie, parle nous un peu de tes relations !
Pourquoi moi ? Pourquoi elle voulait parler de moi. Ah oui, parce qu'elle venait de parler d'elle, et que la vie sentimentale de Reno n'était plus un secret pour nous. En vérité, il ne restait bel et bien que moi à interroger et torturer. Mais je n'avais pas vraiment envie de cela. Parce qu'en réalité, je n'avais rien à raconter. Juste mes remarquables coups de poings envoyés en pleine face de bellâtres ayant fait une tentative d'approche de ma petite personne pendant les vacances. Mais ça, ils devaient déjà s'en douter. Ils nous connaissaient, moi et mon caractère volcanique. Je n'étais pas la fille la plus facile d'approche qu'il existe, bien que je ne sois en rien froide ou timide.
- Alors ?s'impatienta Reno.
- Et bien, il n'y a rien à raconter, rétorquais-je.
Et je ne mentais pas. Il n'y avait rien à dire. Tifa soupira à l'entente de ma réponse. Elle n'allait visiblement pas en rester là.
- Allez, dis le, lâcha-t-elle.
- Que je dise quoi ?demandais-je, surprise.
- Que tu repousses tout le monde parce que tu es juste dingue de Mr Valentine, répondit Reno en levant les yeux au ciel.
- Mais pas du tout !protestais-je.
- Rah je t'en pris, il suffit qu'il te regarde pour que tu t'écroules, grogna Tifa. Tu n'as pas suivi un seul de ses cours cette semaine. Et tout ça pourquoi ? Parce que tu passais ta vie à baver sur ta table !
J'aurais bien voulu leur donner tort, mais je n'y arrivais pas. Cela était tout simplement inutile. Ils n'allaient pas me lâcher avec ça. Depuis deux ans, je leur répétais qu'ils avaient tort, et ce, depuis le premier jour où j'avais eu le malheur de croiser ces yeux carmins. Un contact électrique. Qui m'avait laissé sans voix pendant pas moins d'un quart d'heure. Et comme de coutume, il avait bien entendu fallut que je sois à côté de Reno à ce moment. Le rouquin avait tout de suite noté mon désarroi, me le rabâchant à chaque fois que je leur trouvais un argument pour le « non, je ne suis pas amoureuse de mon prof ».
- Il faut avouer que tu n'étais pas très concentrée en maths, murmura Elena en souriant.
Si même elle s'y mettait, j'étais définitivement seule.
- Tu vois, même Eli l'a remarqué, et elle n'est là que depuis une semaine, renchérit le rouquin d'un air triomphant. Et ça fait deux ans que ça dure.
Voilà.
- J'estime avoir le droit à un avocat, maugréais-je en attrapant Cerise qui dormait à ma droite.
A l'instant même où je la touchai, la bête m'esquiva et courut se réfugier contre Tifa, qui étouffa un rire. Si même cet animal était contre moi, j'avais vraiment du souci à me faire. Je ne savais pas à quoi m'attendre de la part de mes amis, mais je compris rapidement qu'ils ne laisseraient pas la situation comme cela bien longtemps. Ce qui me fit un instant peur.
- Bon, allez y, tuez moi, soupirais-je en levant les mains en signe de soumission.
Reno adressa un regard entendu aux deux filles, et se tourna vers moi en souriant.
- Cela ne peut plus durer, commença-t-il. Même Cerise est d'accord. Mais avant de prononcer notre jugement, je voudrais savoir quelque chose. Pourquoi tu ne vas pas tout simplement lui parler ?
- Mais t'es pas bien ou tu le fais exprès ?!manquais-je de m'étrangler. C'est mon prof quand même !
- Ça a le mérite d'être clair, soupira le jeune homme. Mais il n'est pas tellement plus âgé que nous, il a au plus vingt cinq, vingt six ans ce gars. Alors tu pourrais essayé d'engager une conversation comme n'importe lequel d'entre nous.
Rien que cette idée me fit frissonner. Certes, la différence d'âge n'était pas énorme. J'étais la plus jeune de notre troupe, du haut de mes seize ans et demi. Reno, lui en avait dix sept, et Tifa dix huit. Elle était l'une des plus âgée de la classe. Mais outre l'âge, il y avait un faussé entre moi et cet homme. Un fossé qui me paraissait juste infranchissable. D'abord devant la loi. Une élève pouvait bien s'enticher de son prof. Mais il fallait que cela reste une relation à sens unique. C'était cruel, mais c'était comme ça. Et surtout, infranchissable devant lui. Qu'est ce qu'il pouvait bien avoir à faire avec une fille comme moi ? Une espèce d'hystérique qui rigole du matin au soir, qui passe ses journées à sautiller partout et à faire des conneries plus drôles que méchantes avec sa bande d'amie. Je devais au mieux lui faire pitié. Et au pire, j'étais transparente. Chose qui, sans que je ne sache vraiment pourquoi, me serrait le cœur. Je ne voulais pas être transparente pour lui. Je ne voulais pas être une simple élève.
Voyant que je ne disais plus rien, Reno se passa une main dans les cheveux, et soupira.
- Tu vois, ça s'arrange pas, lâcha-t-il. Rien qu'en y pensant, tu oublies de parler. Et ça, pour toi Yuffie, c'est que l'heure est grave. Le conseil de guerre s'impose.
Tifa hocha la tête, et se rapprocha.
- Déjà, grâce à tes prouesses de début de semaine, on est sûr qu'il t'a remarqué, attaqua-t-elle. En plus, il a retenu ton nom.
- Attendez, les coupais-je. Vous n'allez quand même pas essayer de faire ce à quoi je pense ?
- Yuffie, me dit Reno d'un air grave, en m'attrapant par les épaule. Je t'adore, sache le. Et si te caser avec ton prof est le seul moyen pour que ton esprit redevienne normal, alors, je ferais tout pour.
- Et moi donc, renchérit Tifa en m'ébouriffant les cheveux.
- Je suis partante, termina Elena, ce qui m'acheva.
Ça y est, je voulais mourir. Ils n'auraient pas pu décider quelque chose de pire. Je secouais la tête. Avais-je bien entendu ? Allaient-ils réellement essayer de me caser avec mon congélateur de prof ? A voir leur sourires élargis, il semblait que oui. Lâchant un soupir, je commençais à réfléchir à la rédaction de mon testament.
Une semaine de plus avait passé, sans que rien de particulièrement inhabituel ne se passe. La routine, quoi. Je redoutais depuis ce fameux soir les agissements de mes traîtres d'amis, qui allaient bien finir par se manifester. Durant cette semaine, j'avais une fois encore compris une seule chose en cour de maths. Les grands titres, et que je me contre fichais malgré moi de ce qu'il pouvait nous expliquer. Son visage pâle me glaçait. Une froideur agréable à mon goût. Si mes gifles mentales avaient eu un véritable effet, alors je n'aurais plus de joues. J'aurais peut être déjà attaqué les os de la mâchoire. Tifa nous avait enfin présenté le fameux Cloud, qui s'était en quelque sorte greffé à notre bande. C'était un garçon plutôt renfermé, qui malgré tout pouvait s'avérer très amusant lors de nos petites soirées entre nous, c'est à dire presque tous les soirs. Maintenant, après deux brunes, nous avions deux blonds. Reno allait se sentir bien seul.
Aujourd'hui, nous avions cour de français dans la même salle que nos courts de maths, comme tous les lundis avant d'aller manger. L'heure se passa sans incidents, si ce n'est que Reno manqua de s'étaler de tout son long en allant au tableau, en trébuchant sur la gomme qu'Elena avait fait tombé. Peut être qu'elle se vengeait du chocolat chaud. Au bout d'une heure, la sonnerie de libération nous fit lever de nos bureaux. Alors que j'allais sortir avec les autres, Mlle Ashe m'appela. Je me retournai, et la rejoignis devant le tableau.
- Tu veux bien m'attendre deux minutes ?me demanda-t-elle. Il faut que je te photocopie un papier très urgent que je dois te faire passer.
- Bien sûr, répondis-je en souriant.
Elle m'adressa un regard doux, et se dirigea vers la sortie. Un détail ne m'échappa pas. Elle avait pris avec elle son sac, alors qu'elle était censée revenir. Une simple habitude ? Mais des rires étouffés derrières la porte lorsqu'elle la gagna me firent rapidement comprendre que ce n'était pas une erreur. Mlle Ashe s'enfonça bien rapidement dans le couloir, et ferma la porte. Sans vraiment comprendre, je m'y précipitais. Trop tard. Un bruit métallique m'indiqua qu'elle venait d'être vérouillée. Mais pourquoi diable m'avait-elle enfermée ? Une voix dans le couloir attira mon attention. Je ne tardai pas à identifier la vois moqueuse de Tifa, qui s'éloignait en bavassant visiblement avec notre adorable prof de français. Je crus hallucinée. Ils avaient réussi à embobiner Mlle Ashe dans leur magouille. Et la connaissant, elle avait dû rire devant leur plan foireux, et accepter avec plaisir. Le plan consistant visiblement à m'enfermer dans la salle de maths. Mais...pourquoi ? J'allais loupé mon repas, et si personne ne revenait, ce qui ne m'étonnerais guère, étant donné que les cours de l'après midi étaient ceux de combat, j'allais aussi passer la nuit ici. Je fulminais.
- Bandes d'enfoirés, maugréais-je.
M'approchant de la porte, je lui administrai un violent coup de pied.
- Bande de barbares !repris-je plus fort. Je vous couperais la tête ! Je vous découperais à coup de shuriken ! Personne ne retrouvera jamais vos restes ! Tout ça pour que vous vous sentiez coupables d'avoir ma mort sur la conscience !
J'attendis quelques instants. Rien. M'époumoner ne servait pas à grand chose. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Mais après avoir fait un rapide tour de la pièce, je constatais que je n'avais pas le choix. Perchée au troisième étage, une fuite par la fenêtre était impossible, à moins d'apprendre à voler. J'allais donc rester cloîtrée ici. Grognant, je me laissais tomber contre le bureau du proche, mon sac derrière le dos. Je n'avais plus qu'à attendre. Ce qui n'était pas une de mes activités favorite. En plus, j'avais faim. Tout en ruminant des insultes à l'intention de ma troupe, je finis par fatiguer, et sans m'en rendre compte, je m'endormis là.
Mon sommeil fut agité. Au bout de quelques heures, une légère pression sur mon épaule me fit émerger. Lentement, j'ouvris les yeux en grognant. La luminosité de la pièce était largement réduite. Il devait être aux alentours de dix neuf heure. Je sentis qu'on me secouait. Émergeant finalement, je posai les yeux sur la silhouette encore floue qui se tenait devant moi. Lorsque tout devint à peu près clair, mon cœur loupa un battement, avant d'atteindre le rythme de cinq cents par minute. Je nageais en plein délire. Je me frottais nerveusement les yeux pour y voir plus clair. Mais les grands yeux carmins devant moi étaient toujours là. Je me sentais soudain toute petite. Rapidement, je tentais de me souvenir où j'étais. Ah, oui, la salle de … . Tout me revint assez vite en mémoire, dont le plan douteux de mes amis. C'était donc ça, leur objectif ? Que je me retrouve enfermée dans la salle pour que le prof me retrouve, complètement endormie contre son bureau ? Charmant.
- Qu'est ce que tu fais ici ?
Sa voix me ramena à la réalité. Que devais-je lui dire ? Que je faisais du tourisme, où qu'une bande d'abrutis qui ne seraient bientôt plus de ce monde essayaient de m'obtenir un rancart. Penché devant moi, ses longs cheveux noirs caressaient doucement ses joues blanches.
- Et bien je...bredouillais-je, sans bouger. Je me suis retrouvée enfermée ici par accident depuis ce matin onze heure, et personne ne m'a entendu.
Par pitié, qu'il n'en demande pas plus. Je priais mentalement avec une force surhumaine. Finalement, Mr Valentine lâcha un soupir. A ma grande surprise, il avait plus l'air amusé qu'agacé. Une première.
- Une chance que je passe par là alors, me dit-il.
D'une certaine manière oui. Même si Mlle Ashe aurait fait moins de dégats au fond de ma poitrine.
