CETTE FIC NE M'APPARTIENT PAS ! ELLE APPARTIENT A JENIMA!

TOUT CE QUE VOUS RECONNAISSEZ DU MONDE DE HARRY POTTER APPARTIENT A J. K. ROWLING, TOUT CE QUE VOUS NE RECONNAISSEZ PAS APPARTIENT A JENIMA.


PARTIE II


Point de vue de Tania Jones, 6e année, Serpentard.

Je me relève, le plus dignement possible, plantant une Foster choquée par terre.
On vient juste de se ridiculiser devant toute l'école en se battant comme des chiffonnières devant la porte de la Grande Salle.
J'ai beau y réfléchir, je vois vraiment pas pourquoi cette furie m'a sauté dessus, je l'ai pas insultée, je l'ai pas touchée, j'ai juste voulu passer une porte, un morceau de bois qui sert à séparer les pièces !
Enfin bon, maintenant l'entrée magnifique dont elle rêvait est foutu, alors sa crise d'hystérie à au moins un bon côté.

Richards me prend par le bras et on entre dans la salle, j'en profite pour gratifier les gens abasourdis par notre bagarre d'un grand sourire de pétasse.

Foster se relève péniblement avec l'aide de son cavalier, elle croise mon regard et me menace silencieusement.

Mais j'ai rien fait ! Elle est trop conne pour capter ça ?

Richards me fait asseoir à une table un peu éloignée des autres mais pas trop non plus.
Je sais pourquoi il a choisi précisément cette table : il a honte de se montrer avec moi alors il prend une table pas trop exposée, mais il ne veut pas que je le sache sinon il ne gagnera pas son pari et ses amis ne le croiront pas si ils ne le voient pas avec moi, alors il prend une table un peu en retrait mais pas trop.

Et si je lui demande pourquoi ne pas avoir pris une table en plein centre, il me répondra que c'est plus intime et romantique ici.

Il a tout prévu, il n'a rien laissé au hasard et il va tout faire pour que cette soirée soit la plus romantique possible et que je fonde.

Mon plan se déroule en trois phases :

Phase 1 : je joue la timide rejetée qui entre d'un seul coup dans le monde des gentils gens populaires, j'essaye de faire ça à la Carrie White*. Comme je joue la pauvre petite chose vulnérable il vient me réconforter, me rassurer, ça le conforte dans son idée que je suis totalement à lui et ça m'aidera pour les autres phases de mon plan.

Phase 2 : Je prends un peu plus d'assurance grâce à lui, je décide donc d'aller danser. Sur la piste de danse je me déhanche comme un hippopotame croisé avec un gros ours polaire, histoire d'attirer les commentaires. Je m'approche de plus en plus d'une personne X qui ne peut pas s'empêcher de m'enfoncer dès que j'arrive dans son champ de vision ( plusieurs possibilités pour la personne X : Kate Foster, Amy Wilson, Karen Matthews, Alicia Jenkins, Cecilia Cooper ou sa copine Williams ). Face aux commentaires de la personne X, j'implore Richards du regard pour qu'il me vienne en aide devant tout le monde.
Si il ne le fait pas, il se dévoile et perd son pari.

Phase 3 : Après qu'il m'aie sauvé et que tout le monde nous ai vu ensemble, je l'emmène pour un slow sur la piste de danse et là je le largue en beauté devant tout le monde.

Un plan très simple, mais il pourrait foirer à la moindre occasion.

« Je crois que ta bagarre avec Kate Foster a fait de l'effet aux gens, commente Richards.
- J'arrive pas à croire qu'elle m'aie attaqué parce que je voulais entrer, je comprendrai jamais le fonctionnement des Gryffondors, dis-je.
- C'est vrai que là elle y a peut-être été un peu fort.
- Après tout, peut-être qu'elle n'avait pas tort, dis-je d'un air triste. Je n'aurais peut-être pas dû venir, je ne suis pas à ma place ici.
- Bien sûr que si, tu l'es ! Me rassure-t-il. Tu as ta place ici autant que Kate ou bien Rita Skeeter ! »

Ce mec est un as des comparaisons, ça m'étonnerait qu'à moitié qu'il rajoute miss teigne à la liste.

« Non, je n'ai rien à faire ici, c'était une connerie de venir, dis-je en faisant mine de me lever.
- Non ! Reste ! Tu as ta place ici, et je te promets que tout va bien se passer. Si jamais quelqu'un ose te faire un commentaire je m'en occuperai moi-même », répond-il.

Phase 1 achevée.

« C'est vrai ? Tu me le jures ?
- Bien sûr que c'est vrai ! M'assure-t-il. Pourquoi je sortirais avec toi sinon ? »

Pour gagner un balai dans le meilleur des cas et une nouvelle nana sang-de-bourbe.

Je lui souris timidement et il engage la conversation sur un sujet extrêmement passionnant : la saison de Quidditch.

Je ne l'écoute pas, les conversations à propos de Quidditch sont sûrement les somnifères les plus efficaces jamais testés sur moi.

Je parcours la Grande Salle du regard, apparemment il y a une engueulade à la table des Maraudeurs.

Je vous ai déjà parlé des Maraudeurs, non ? C'est le nom qu'on donne à une bande de Gryffondors.
Ils sont 4 : James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow.
C'est triste à dire mais ces mecs sont sûrement les plus populaires, les plus adulés et les plus respectés du lycée… et aussi les plus arrogants, les plus emmerdeurs, les plus égocentriques….

Vous allez sûrement penser qu'eux et moi on est les pires ennemis du monde, qu'ils me haïssent autant que je les hais et que dès qu'on se croise dans les couloirs on se bat en duel.
Eh bien non, moi je ne suis qu'une pauvre rejetée de Serpentard, alors oui ils me détestent, ils me méprisent, mais leurs principaux ennemis c'est le groupe de Serpentards de mon année. Surtout Rogue, je dois avouer que ça j'ai jamais compris pourquoi…

Disons que les Maraudeurs me considèrent comme une nuisance mais pas une menace.

« MAIS EVIDEMMENT QUE JE T'EN VEUX, SALAUD ! TU CROYAIS QUAND MÊME PAS QUE J'ALLAIS TE DIRE CHOUETTE ET SI ON SE FAISAIT UN TRUC A TROIS ? »

J'arrive pas à voir la scène, mais apparemment Potter a dû sortir avec deux filles en même temps et elles viennent de l'apprendre.

Un peu plus loin, Foster fait un clin d'œil à son amie Wilson qui a l'air folle de joie.

« Qu'est-ce qui se passe ? Me demande Richards, étonné.
- J'en sais rien, des histoires de Gryffondor, dis-je.
- N'empêche, ça a l'air grave… à ton avis c'est quoi le problème ? Continue mon cavalier.
- J'en sais rien, peut-être que la fille qui a gueulé est enceinte de Potter ou alors c'est la demi-sœur par alliance de Pettigrow et elle trouve son demi-frère trop maltraité par ses pseudos amis… dis-je. De toute façon ça ne nous concerne pas. »

Richards acquiesce, peu convaincu.

C'est à ce moment précis qu'une naine folle de rage bouscule la foule et fonce vers nous.
Elle a l'air folle de rage, c'est sûrement la copine de Richards qui vient de découvrir qu'il sortait avec une autre.

La naine a un verre de punch à la main, elle l'avale et me le recrache au visage.

« POUFFIASSE ! »

Mais j'ai rien fait !

Point de vue de Sirius Black, 6e année, Gryffondor.

James, Remus et Peter sont partis séparer Monika et Jones.

Après que j'ai donné à Monika le nom de la fille avec qui Remus avait couché, elle est partie folle de rage voir Jones et lui a craché de l'alcool au visage.
Un geste tout à fait admirable, mais le problème c'est que Jones a apparemment mal pris la chose et tente maintenant de noyer Monika dans le grand saladier de punch.

Je serais volontiers allé les séparer avec les mecs, une bonne excuse pour remettre Jones à sa place, mais James m'a forcé à rester avec Carole, pour qu'on passe un peu de temps ensemble et plus si affinité.

Mais je n'ai aucune affinité avec Carole Harker.
Elle est très gentille, elle est très jolie, mais on a rien à se dire.

J'essaye malgré tout d'y mettre de la bonne volonté, d'engager la conversation avec elle, histoire que James ne pique pas sa crise quand il saura qu'il ne s'est rien passé avec elle.

« Qu'est-ce qui se passe entre Monika et cette fille bizarre ? Me demande Carole.
- Oh, rien de grave, Jones a couché avec le mec de Monika, du coup Monika lui en veut et Jones essaye de la noyer, dis-je.
- Ah… Et c'est une amie à vous cette Jones ?
- Non, c'est une Serpentard, dis-je.
- Et… elle n'est pas sympathique ?
- Non, c'est une Serpentard, dis-je.
- Et donc c'est une grande ennemie à vous, conclue Carole.
- Non, Jones c'est un cas à part. Elle vient foutre la merde et provoquer les gens en espérant acquérir un semblant d'existence sociale, mais sinon elle ne vaut strictement rien.
- Ah, d'accord. »

Voilà comment on conclue nos tentatives de conversations, l'un de nous dit « ah d'accord ».
C'est vraiment déprimant, surtout que pour une fois on avait un sujet de conversation intéressant, cracher sur Jones est le meilleur moyen d'engager une conversation et de créer des liens dans cette école.

« Et sinon ça ne te dérange pas que Monika manque de se faire noyer ? Me demande-t-elle.
- Non, les autres réussiront à la sauver, c'est pas comme si elle était entre les mains de Voldemort. »

Et puis j'en ai surtout rien à foutre de Monika.
Elle frissonne et me regarde, horrifiée et impressionnée.

« Tu oses dire son nom ? Oh, oui, c'est vrai, c'est à cause de ta famille, tu es habitué à le dire depuis toujours.
- J'ai pas trop envie de parler de ma famille, dis-je. Désolé.
- Ah, d'accord, c'est pas grave. »

Je crois que je vais en vouloir à James pendant un bout de temps pour m'avoir casé avec cette fille.

« Et sinon, tu voudrais faire quoi plus tard ? Dis-je.
- Oh, euh… à vrai dire je ne suis pas trop sûre, répond-elle. J'hésite entre aller suivre des cours de théorie magique avancés à Beauxbâtons, rester à Poudlard pour passer le concours des ASPIC pro, aller suivre des cours de parapsychologie à Durmstrang, écrire une thèse sur les animagi et les troubles mentaux liés aux trop nombreuses transformations, ou alors devenir top model. Et toi ?
- Euh… Auror, dis-je.
- Ah, d'accord. »

James Potter si jamais tu oses t'approcher de moi à moins de 15 kilomètres, je t'étripe.

Tiens, quand on parle du loup… James, Remus, Peter et Monika reviennent, James et Remus doivent tenir les bras de Monika qui se débat comme une folle.

Cette fille a vraiment un grain.

« Pourquoi vous m'avez empêché de la massacrer ? Vous l'aimez plus que moi, c'est ça ? T'es qu'un salaud, Remus ! Si tu veux retourner avec elle, ne te gêne pas !
- Merci pour ta gratitude, Monika, répond James. Je te signale que tu allais mourir noyée sans notre intervention.
- Mouais… merci les garçons, marmonne-t-elle. Mais n'empêche que j'apprécie pas que vous soyez de son côté à elle.
- Moi je serai bien venu t'aider, Monika, dis-je. Mais je crois pas que James, Remus et Peter auraient pu gérer la bagarre aussi bien.
- Enfin quelqu'un qui est de mon côté, merci Sirius ! S'exclame-t-elle.
- De toute façon vous vous plantez complètement, je n'ai pas couché avec Jones, intervient Remus.
- Mais alors, avec qui ? Demande James.
- Ça c'est mon problème, ça ne regarde personne d'autre que moi et de toute façon ça n'est pas important. »

Il a dit ça d'un ton froid et dissuasif, mais quelque chose me dit que James ne va pas lâcher l'affaire aussi facilement.

En tout cas pour le moment je n'ai pas envie de rester à proximité de Remus, James et la petite chose en colère qui pue l'alcool et la sueur.
J'invite Carole à danser, au moins on aura pas besoin de discuter sur la piste de danse.

Le groupe de musique joue un air de rock, il y a foule sur la piste de danse et on arrête pas de se faire bousculer.

Carole a l'air de s'amuser comme une petite folle, bizarrement les filles aiment danser, je ne comprendrai jamais pourquoi.

Je lance un coup d'œil en direction de notre table, m'attendant à voir James et Remus en pleine engueulade, mais James me fixe et me fait signe de regarder quelque chose à ma gauche.

J'obéis pour découvrir le spectacle le plus affligeant de ma vie : Jones en train de se trémousser avec l'aisance d'un éléphant sur la piste de danse.

Je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire, et je vais la voir, l'occasion étant trop belle pour la laisser passer.

« Eh, Jones, t'as pensé à postuler pour le ballet symphonique de l'école ? A mon avis t'as toutes tes chances, dis-je.
- Moi au moins j'assume ma façon de danser, je reste pas plantée à la même place en gigotant minablement les bras pour donner l'illusion que je danse, répond-elle.
Heureusement que te ne pèses pas 500 kilos de plus sinon la Grande Salle serait en morceaux depuis longtemps. Et t'es vraiment mazo de te ridiculiser comme ça, tu crois pas qu'on a déjà assez de raisons pour se foutre de toi ? Remarque, c'est gentil d'en rajouter. »

Les gens, qui s'étaient déjà arrêtés pour regarder Jones danser en ricanant, nous regardent, impatients de voir si Jones osera me plonger la tête dans le punch à moi aussi.

Contre toute attente, elle se met à pleurer.
Ses larmes réjouissent la foule qui commence à ricaner de plus en plus fort.

Je suis sidéré : Tania Jones la plus grande des chieuses qui se met à pleurer !

« C'était bien envoyé, Siri ! » S'exclame Foster en me serrant dans ses bras.

Jones n'a pas l'air de vouloir réagir, je me demande ce qu'elle mijote parce que c'est totalement impossible qu'elle chiale pour ma réplique.

J'envoie bouler Foster, non mais vraiment elle se croit où ?

J'arrive pas à croire que Jones soit en train de chialer. C'est pas que ça me fasse pas plaisir, au contraire, mais c'était trop rapide et trop exagéré comme réaction, ça ne lui ressemble pas du tout.

Jonathan Richards, un pauvre type de Pouffsouffle qui croit pouvoir concurrencer les Maraudeurs, arrive et prend Jones dans ses bras.

Il va se ramasser un beau crochet du gauche dans moins de deux secondes.

Elle se laisse bercer en pleurnichant.

« Ca va, ma chérie ? Demande Richards à Jones.
- Je t'avais dit que j'avais pas ma place ici, gémit-elle. Ils me l'ont tous fait comprendre, ça ne sert à rien que je reste.
- Non ! S'exclame Richards, apeuré. Moi je veux que tu restes !
- Tu ne le montres pas vraiment, répond-elle entre deux sanglots. Tu ne fais rien pour me défendre.
- Arrête de jouer la comédie, Jones, dis-je. Tu peux très bien te débrouiller toute seule.
- Lâche-là, Black ! S'écrie Richards. C'est à ma copine que tu parles alors montre-lui un peu plus de respect que ça ! Et à l'avenir je t'interdis de lui dire quoi que ce soit, sinon t'aura affaire à moi ! »

Richards et Jones s'en vont, je suis choqué.
Un Pouffsouffle m'a rembarré ! Moi ! Sirius Black !
Jones le manipule, c'est forcé, elle voulait que Richards la défende, peut-être pour prouver qu'elle sort bien avec…

Je retourne à notre table, accompagné de Carole.

James arbore la même expression choquée et révoltée que moi, c'est vraiment bien l'empathie entre meilleurs amis.

Il a renoncé à interroger Remus, du moins devant Monika.
Cette dernière tente d'arracher la précieuse information à Lunard qui ne veut pas lâcher le morceau.

Skeeter a discrètement sorti un calepin et un crayon pour noter l'info au cas où Remus craquerait.

« Peter, tu veux bien tenir ta copine s'il te plaît ? Dis-je. On a pas envie de voir notre vie privée étalée en première page du journal des blaireaux.
- Eh ! C'est « le blaireau vous informe » le titre de mon journal ! Et puis vous devriez me confier quelques petits secrets, ça vous soulagerait je vous l'assure !
- Rita, range ton calepin, je t'en prie, implore Peter. La soirée se passait si bien !
- Mais ne t'inquiète pas, Pete chou, je veux juste quelques petites infos croustillantes, ça vous aidera, et en même temps ça m'aidera moi ! Répond Skeeter. D'ailleurs, qu'est-ce que Remus doit vous avouer ?
- Il doit nous dire qui est la personne avec qui il a couché, répond froidement Monika. Ça t'intéresse tant que ça ?
- Oh… euh, non, non » Bafouille Skeeter.

La Pouffsouffle a l'air déstabilisée par le ton froid et agressif de Monika.
Monika Matrins a sûrement des tonnes de défauts, mais au moins elle sait faire peur aux journalistes véreux ce qui est déjà pas mal.

Peter réussit enfin à traîner sa cavalière à l'écart de la table, James me fait signe de le suivre et Carole va discuter avec ses amies.

On laisse les deux amoureux ensemble, ils doivent avoir des tonnes de choses à se dire.

« Alors ? Me demande James une fois qu'on se retrouve seuls dans les couloirs.
- Alors quoi ?
- A ton avis, avec qui il peut bien avoir couché ? Dit James. Si il ne veut pas nous le dire c'est qu'il doit pas s'agir de n'importe qui, il faut que ça nous dérange, que ça soit gênant pour lui.
- Ça pourrait être n'importe quelle Serpentard, on les déteste toutes, dis-je.
- Mais pourquoi Remus aurait-il couché avec une Serpentard ? De toute façon elles haïssent les Gryffondor alors ça m'étonnerait qu'elles veulent de lui.
- Une Pouffsouffle ou une Serdaigle alors, dis-je.
- En quoi c'est gênant ? La fille doit vraiment être naze pour qu'il ait trop honte de se confier à ses meilleurs amis.
- Ou au contraire, la fille peut être très importante pour nous, dis-je.
- Aucune fille n'est importante pour nous, répond James. Tu te fiches complètement de ce qui peut arriver à tes cousines et moi je suis enfant unique sans cousins ni cousines.
- Une fille à laquelle l'un de nous tient beaucoup… dis-je.
- Tu te fiches complètement des filles et Peter n'est amoureux de personne, quant à moi je suis carrément venu tout seul pour draguer une fille sur place.
- Tu parles ! T'es venu tout seul pour essayer d'attendrir Evans et de la séduire ! » Dis-je.

James esquisse un sourire coupable, mais le perd bien vite et écarquille les yeux.
Il vient de comprendre quelque chose, allez savoir quoi.

« Non… il n'aurait pas osé… marmonne-t-il, comme dans un état second. Il n'aurait pas pu me faire ça, pas à moi… c'est impossible ! Patmol, dis-moi que c'est impossible !
- Qu'est-ce qui est impossible ?
- Remus n'a pas pu coucher avec Evans ! C'est impossible, n'est-ce pas ?
- Heu… »

Je pense que oui, c'est impossible, Remus est un ami il n'aurait jamais fait ça…
Mais après tout ça colle, ça semble même évident.

« Non, non c'est pas possible, pas croyable… MAIS QUEL SALE TRAITRE !
- Attends, James, on est sûr de rien, dis-je.
- Oh si, c'est pour ça qu'elle est gentille avec lui quand on est pas dans le coin, c'est pour ça qu'elle espère devenir préfète en chef avec lui l'année prochaine : pour pouvoir continuer leurs petites affaires sordides au calme !
- Tu oublies Monika, Remus sort avec, il ne la trompera pas.
- Mais Monika c'est juste une passade ! Monika c'est un bouche-trou en attendant d'avoir celle qu'il veut ! Et elle sert aussi de faire-valoir, pour pas qu'on le soupçonne !
- Calme-toi, Cornedrue, dis-je. Evans est une sainte nitouche, elle n'aurait jamais fait ça.
- C'est celles qui en parlent le moins qui le font le plus, répond James.
- James, Remus est notre ami alors laisse-lui le bénéfice du doute, dis-je.
- On verra ça en temps voulu. »

Je sens que tout ça va très mal finir.

Point de vue de Kate Foster, 6e année, Gryffondor.

Je n'arrive pas à le croire.
Je suis sur la piste de danse, Sirius Black est en train de faire pleurer Jones et je viens de le prendre dans mes bras.
Il m'a repoussée.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi, je sais très bien que c'est pour me venger qu'il a fait pleurer Jones, je sais très bien qu'il a voulu me défendre, alors pourquoi me repousser ?

Oh, je crois que j'ai compris, il ne veut pas blesser Carole Harker.

Ou alors, peut-être qu'il ne m'aime pas, peut-être qu'il préfère cette greluche sans cervelle de Carole Harker.

Mon plan pour le conquérir était parfait, mais je n'avais pas prévu qu'il viendrait au bal avec LA plus belle fille de tout Poudlard.

Je crois que c'est fichu pour moi, je n'ai aucune chance contre une reine de beauté dans son genre.

Mais voyons un peu le côté positif des choses : Remus Lupin s'est disputé âprement avec sa petite amie, ils vont sûrement rompre et Amy aura le champ libre.

Oui, je dois être heureuse et sourire pour elle, même si moi je n'aurai jamais l'homme de mes rêves.
Je dois être heureuse même si je ne toucherai jamais à ce corps tant désiré, même si je n' entendrai jamais Sirius me dire « je t'aime », même si jamais il ne me viendra m'embrasser pour avoir de la chance avant un match de Quidditch, même si jamais je ne m'endormirai dans ses bras, même si jamais je ne le verrai se réveiller le matin…

Je sors en courant de la Grande Salle, pour éviter que les gens me voient pleurer.

Je m'adosse à un mur et je pleure toutes les larmes de mon corps, massacrant mon maquillage.

J'y ai cru, j'y ai vraiment cru, vous comprenez ?
J'ai cru qu'un jour je serai digne de Sirius Black, j'ai cru qu'un jour lui et moi on serait un couple heureux et parfait, qu'on était fait l'un pour l'autre et que le destin nous mettrait ensemble quoi qu'il arrive.

Mais au bout du compte tout ça c'est des conneries.

Je ne le mérite pas, je ne le mériterai jamais.

Si je ne le mérite pas, alors je ne mérite pas de vivre.
Non mais vous comprenez, c'était lui le seul point positif de ma vie ! (Si on enlève mes amies géniales, ma côte de popularité, mes bonnes notes, ma famille charmante et ma beauté.)

Je ne pourrais pas vivre 16 ans de plus sans lui !

Sirius Black et Kate Foster… les deux noms vont pourtant si bien ensemble !
Kate Black… c'est déjà moins bien, mais Katie Black c'est parfait.

Mais jamais je ne porterai le doux nom de Black, c'était juste un beau rêve…

« Katie ? » Demande une voix.

Je ne distingue plus très bien les voix, et je ne vois plus rien à cause de mon mascara qui me colle les paupières.

Mais je sais que c'est lui.
Il est venu s'excuser, il est venu me dire qu'il m'aime, il est venu me demander en mariage !

Il pose une main puissante et virile sur mon épaule nue, je me jette sur lui et je l'embrasse fougueusement.

« Katie ! Arrête ! S'écrie la voix aigue et paniquée de Sirius.
- N'aie pas peur, mon amour, je ne t'en veux pas », dis-je entre deux baisers.

Deux autres mains, plus féminines, me tirent en arrière mais je lutte pour rester sur Sirius.

Je sens que quelqu'un me passe un mouchoir humide sur les yeux.

J'ouvre enfin les yeux, trop heureuse de pouvoir enfin contempler mon amant.

Je me retrouve face à Amy.

J'ai déliré et embrassé ma meilleure amie.

Il y a des élèves dans le couloir et ils peuvent me voir chevauchant ma meilleure amie avec le maquillage complètement ruiné.

Vous croyez que je peux déménager dans une grotte humide coupée du monde tout de suite ?

Je me relève et je me mets à rire nerveusement face à la foule.

« Ne vous inquiétez pas ! Amy et moi on répète un numéro de clowns ! »

Les gens n'ont pas l'air convaincus mais ils s'en vont quand même.

Lily, qui était derrière moi, me passe une lingette démaquillante.

« Merci, Lily, mais je préfère utiliser la manière sorcière, c'est plus pratique », dis-je.

Je sors ma baguette et je me lance le sort de démaquillage, mon visage redevient net en un instant.

« Ca va aller, Katie ? Me demande Amy, inquiète.
- Comment veux-tu que ça aille ? Il m'a repoussée !
- Mais… il devait avoir une bonne raison, tente ma meilleure amie.
- Non, il ne m'aime pas, j'ai tout fait pour lui, et lui il me jette comme la dernière des Serpentard !
- Viens, on va faire un tour ça va te détendre », propose Lily.

Nous sortons toutes les trois, bras dessus, bras dessous, comme les plus solidaires et les plus grandes amies du monde.

Pendant que nous faisions le tour du lac, Amy m'a prêté sa trousse de maquillage portable qu'elle emmène partout.
Je me suis donc soigneusement remaquillée et j'ai lancé un sort d'étanchéité à mon maquillage.

Au moins je pourrai pleurer sans me défigurer.

« Tu sais, Katie, me dit Amy. Je suis sûre qu'il t'aime.
- Si il m'aimait il ne me repousserait pas pour aller retrouver cette pimbêche de Carole Harker, dis-je. Mon plan était parfait ! J'avais tout prévu ! Et cette garce a tout fait rater !
- Si ça te rend si triste, va le voir et explique lui tes sentiments, me propose Lily.
- Oh oui ! Bonne idée ! S'exclame Amy. Et comme ça tu pourras le faire culpabiliser !
- Quel est l'intérêt de le faire culpabiliser ? Demande Lily.
- Oh ! J'ai compris ! Dis-je. si je le fais culpabiliser, je pourrai lui avouer mes sentiments et comme il se sentira mal, il sera pris de tendresse pour moi, et je le séduirai !
- Oui, je pense qu'une bonne crise de larme lui fera comprendre ses erreurs », m'assure Amy.

Lily n'est pas d'accord avec nous, elle pense que c'est hypocrite et que c'est de la manipulation digne d'un Serpentard.

Mais en amour tout est permis, un jour je suis sûre qu'elle comprendra.

On retourne au château.
Les filles m'ont convaincues d'affronter la foule d'élèves malgré ce qui s'est passé tout à l'heure.

Elles me soutiendront toujours, j'ai vraiment les meilleures amies du monde.

« Je ne vois vraiment pas ce que vous leur trouvez aux Maraudeurs, dit soudain Lily. Ils sont prétentieux, arrogants, fauteurs de troubles… et le prie c'est que presque personne ne veut les remettre à leur place !
- Tu sais, Lily, je pense que tu devrais te faire discrète, parce qu'après tout c'est de TA faute si les Maraudeurs ne veulent pas de nous, répond Amy.
- Quoi ? En quoi c'est de ma faute ? S'insurge Lily.
- Tu es tellement méchante avec James que ses amis veulent le venger en refoulant leurs sentiments pour tes amies, dis-je. Si tu étais plus sympathique avec James, Amy et moi nous pourrions être heureuses avec les hommes de nos vies. »

Lily nous regarde, scandalisée, mais elle perd bien vite son expression quand je me mets à sangloter.

« D'accord, j'essayerai d'être civilisée avec Potter, dans la limite du possible bien sûr, grommelle-t-elle. Et je le fais uniquement parce que c'est vous. »

Je sèche mes larmes de crocodile et je prends Lily dans mes bras.

Oui, je jouais la comédie, Amy l'a tout de suite vu mais Lily est nettement plus naïve.
Je n'ai aucunement l'intention de manipuler ma deuxième meilleure amie, mais je veux qu'elle comprenne enfin qu'elle est faite pour James Potter et pour ça il faut qu'ils aient une vraie relation civilisée avant d'aller plus loin.

C'est vrai, on ne peut pas avoir de relation avec une personne qu'on insulte dès qu'elle se trouve à moins de 15 mètres de soi !

« MAIS QUEL SALE TRAITRE ! »

On se fige toutes les trois sur place, terrifiées par la voix qui vient de hurler aussi près de nous.

Lily, qui veut absolument devenir préfète-en-chef, décide qu'on doit aller voir ce qui se passe au cas où il y aurait une bagarre.

On démarre au quart de tour et après deux bonnes minutes à tourner en rond, on finit par tomber sur James Potter et Sirius Black.

James a l'air complètement hors de lui, et déchiré de l'intérieur, ça ne m'étonnerait pas de le voir fondre en larmes.

Peut-être que je devrais aller le voir et tenter de le consoler, peut-être que je devrais lui dire qu'il peut pleurer devant moi, que ça lui fera du bien, peut-être que si je console James, son meilleur ami sera impressionné.
Mais je crois que c'est à Lily de consoler James, on va pouvoir voir si elle sait tenir ses promesses.

Je vais essayer de me rapprocher discrètement de Sirius, avec un peu de chance, si jamais tout se passe bien entre Lily et James, on devra les laisser seuls et je me retrouverai seule avec Sirius parce qu'Amy aura rejoint son cavalier.

Je donne un coup de coude à Lily pour qu'elle dise quelque chose à James alors qu'Amy a déjà compris mon plan.

J'aime beaucoup Lily, mais qu'est-ce qu'elle peut être lente !

« Ca va pas ? Demande-t-elle à James.
- Si, ça va, répond froidement le Maraudeur.
- T'es sûr ? Tu as l'air bouleversé, continue-t-elle.
- Et qu'est-ce que ça peut te foutre ? Demande méchamment James.
- Pot… James… » commence Lily.

James Potter écarquille les yeux, il doit sûrement être extrêmement surpris et heureux d'entendre son prénom sortir de la bouche de Lily.
Je sens que tout ça va finir en très beau mariage dont je serai la demoiselle d'honneur, mariée au témoin.

Au lieu de sourire ou d'avoir l'air heureux, James devient rouge de colère et se met à hurler.

« Elle m'a appelé par mon prénom ! T'as vu ça, Patmol ? Elles ont dû entendre notre conversation et cette… traînée devient toute gentille pour calmer le jeu ! Tu vois je l'ai ma preuve ! Plus besoin d'accorder le bénéfice du doute à Lunard !
- Qu'est-ce qui se passe ? De quoi vous parlez ? S'inquiète Lily.
- ECARTE-TOI DE MON CHEMIN SALOPE ! » Hurle James en s'en allant d'un pas décidé vers la Grande Salle.

Sirius le suit, en nous lançant un regard profondément dégoûté.

On reste figées sur place comme des dindes.
Je n'arrive pas à croire que Sirius Black m'ait lancé un regard dégoûté !
C'est la pire soirée de ma vie !
Et quel besoin avait Lily d'être gentille avec James ? Cette conne a vraiment tout fait rater !

Je hais mes amies !

Point de vue de Tania Jones, 6e année, Serpentard.

Le moment est presque venu.
Je vais bientôt pouvoir humilier Richards en public.

On est en train de danser un slow ultra romantique sur la piste de danse au milieu de tout le monde.

J'attends un signal, un truc qui me donne le départ, je pense que la fin du slow sera un bon signal.

Je jette un coup d'œil discret dans la salle pour voir si les copains de Richards sont bien présents.

Diggory est assis à une table avec sa cavalière, Cooper, et nous regarde avec un air sadique.
Smith est assis tout seul à côté d'eux, apparemment Evans l'a largué.

La musique s'arrête, je m'apprête à mettre la phase 3 de mon plan en action mais Potter et Black entrent dans la Grande Salle en faisant un raffut de tous les diables.

Bon, on va attendre que ces chers Maraudeurs s'installent, sinon on ne va pas m'entendre enfoncer Richards.

Vous pensez sûrement que j'ai un super discours à faire, un truc bien méchant, bien cruel, un truc tellement horrible que j'ai mis des semaines à le préparer.

Non, j'ai rien préparé je ne sais pas du tout ce que je vais lui dire et quelque chose me dit que ça ne volera pas bien haut.
Mais je m'en fous, c'est le geste qui compte.

Potter a l'air très très énervé et je crois qu'il vaut mieux que je fasse mon numéro avant qu'il explose.

« Tu aimes la soirée ? Me demande Richards.
- Ouais, elle est vraiment parfaite, dis-je avec un grand sourire.
- Il y a beaucoup de monde ici, ça te dirait de venir dans ma salle commune après ? C'est plus intime. »

Woaw, quelle approche subtile !
Je n'en attendais pas moins de lui, il est vraiment temps de me débarrasser de ce mec.

« Ca me ferait vraiment très plaisir, dis-je. Mais je dois d'abord te demander un truc très important.
- Je t'écoute », répond-il avec un grand sourire.

Je me colle à lui avec un grand sourire charmeur et j'approche mon visage du sien avant de lui demander d'une voix assez forte.

« T'es quand même pas con au point de croire que t'allais gagner ton pari ? »

Il me regarde stupéfait, incapable de prononcer un mot.
Je m'écarte vivement de lui et je reprends plus fort.

« Est-ce que tu croyais vraiment que j'allais croire ton baratin débile ? Tu croyais vraiment que j'étais folle de toi ? Tu croyais vraiment que j'allais coucher avec toi pour que tu gagnes ton foutu balai ? Tu croyais vraiment que ta beauté suprême allait aveugler mon jugement et que je ne comprendrai pas que tu te foutais de moi ? Tu croyais vraiment que j'étais amoureuse de toi ? Mais tu te prends pour qui ? Tu crois vraiment que toutes les filles de l'école sont pendues à ton cou et qu'elles attendent désespérément que tu leur adresses la parole ? Ouvre un peu les yeux, crétin ! Les filles qui te collent aux basques vont vers toi parce qu'elles savent qu'elles n'ont aucune chance avec les Maraudeurs ! T'es qu'un meuble, tu te crois beau, tu te crois sympathique et cultivé, mais dès qu'on arrête de parler Quidditch t'as plus rien à dire ! Tu te prends pour un Dieu vivant du sexe mais t'es aussi expérimenté qu'un première année qui débarque au collège et découvre les créatures du sexe opposé. Tu te trouves intelligent et charismatique, mais les profs se souviennent jamais de ton nom alors que ça fait quand même 6 ans que t'es dans leurs classes ! Tu te crois irrésistible et pourtant même la pire rejetée des 6e années ne veut pas de toi ! Regarde-toi bien, Richards, ouvre les yeux, sois un peu objectif vis-à-vis de toi-même, et tu comprendras peut-être qu'il vaut mieux pour tout le monde que tu ne nous soumette plus le supplice de devoir te voir tous les jours ! Rentre chez toi et fais toi oublier, avec un peu de chance la maison de Pouffsouffle gagnera un peu d'estime auprès des autres maisons si tu t'en vas. »

Il reste planté devant moi, avec l'air particulièrement con.

Je me sens… euphorique.
Mon plan a marché comme sur des roulettes, et je me rends compte maintenant que je ne pensais vraiment pas réussir.

La salle est presque silencieuse à part quelques rires dissimulés.
Les gens sont partagés : la moitié des personnes présentes sont scandalisées tandis que l'autre moitié est amusée et tente de le cacher.

Je me sens incroyablement bien, j'ai l'impression de ne jamais m'être sentie aussi bien de toute ma vie…

Autant fêter ça, je me dirige vers le bar pour me saouler.

J'avale mon 5e verre de whisky et j'en commande un 6e.
Cette soirée est sûrement la plus belle de ma vie, Richards se fait consoler par ses copains et pour une fois j'ai eu l'occasion d'humilier dans les règles de l'art un de ces connards qui se prennent pour des demi dieux.

J'ai très envie de continuer sur ma lancée, j'ai des envies de sadisme ce soir.
Après un rapide coup d'œil aux alentours, je repère une dispute à la table des Maraudeurs.

Ce soir la chance est avec moi, comme au casino.
Et au casino, quand la chance est avec soi, on joue.

Je me dirige d'un pas décidé vers la table des Maraudeurs, avec la ferme intention d'envenimer la situation.