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Chapitre 8 :

- Yuffie !

Je sentis une main me claquer l'arrière du crâne, ce qui eu pour effet de m'encastrer la tête dans mon bure au. Relevant le visage, je me massait le front en grognant.

- Est ce que tu m'écoutes au moins ?

Cloud souriait, assis à côté de moi. Mon attitude complètement détachée le faisait presque rire. Depuis plus de deux heures, il s'acharnait à me faire comprendre le corrigé de notre devoir de maths fait une semaine plus tôt. Devoir que j'avais royalement loupé, vu que la seule chose que j'avais su écrire correctement avait été mon nom. Cela faisait un mois que nous étions là, et je n'avais pour ma part toujours pas assimilé le titre de notre premier chapitre, alors que nous avions bientôt finit le deuxième, portant sur la géométrie vectorielle. Génial. De ce cour je n'avais retenu qu'une chose, un plantage magistral pour notre prochain devoir.

- Bon allez, concentre toi un peu, soupira le jeune homme avant de reprendre son cour de rattrapage.

Depuis le début de la semaine, il passait beaucoup de son temps à m'aider. Sa présence ne m'était pas désagréable, loin de là. Il avait un tempérament beaucoup moins volcanique que celui de Tifa, ce que je préférais pour mon aide au devoir. Il était calme, rigolait souvent de mon inattention. Le pire avait été le jour où il a ouvert mon cahier pour voir quels cours s'y trouvaient. Il l'a immédiatement refermé en ne découvrant que les grands titres, avant de me coller une petite claque et de me faire recopier le sien. Il était intransigeant à ce niveau là. Seulement la seule chose sur laquelle je parvenais à me concentrer, même cloîtrée dans ma chambre, c'était l'auteur de ces cours qui me posaient tant de problèmes. Je lâchai un soupir, qui fut suivit d'un rire à ma droite.

- Bon allez, on arrête pour aujourd'hui, finit par lâcher Cloud en souriant. De toute façon, tu n'as pas dû en retenir la moitié.

- C'est pas de ma faute, gémis-je en rangeant mes affaires.

- Ce n'est pas de la mienne non plus, se moqua le jeune homme.

Il m'ébouriffa les cheveux, et jeta un coup d'oeil à mon réveil.

- Il est 18h30, on va manger dans dix minutes, reprit-il plus sérieusement. Tu nous rejoins en bas ?

- Oui, comme d'hab, je vais digérer ton cour avant de digérer de la nourriture, plaisantais-je.

Il me sourit, et claqua la porte derrière lui. Une fois seule, je m'étalais sur mon bureau. Je ne savais pas du tout où étaient Eli et Tifa. Reno m'avais dit qu'il avait un truc à faire en bas, mais pour les deux filles, je ne savais pas. Il était curieux qu'elle ne soit pas là un mercredi soir. Étouffant un bâillement, je me levai sans entrain pour aller dîner. Non pas que le menu me déplaise, mais je n'avais pas vraiment la tête à ça. Je me sentais bien, pour une fois seule. Depuis deux semaines, Tifa passait sa vie à me faire essayer des robes pour la soirée qui se déroulerait la semaine prochaine. Je n'en pouvais plus de faire des allés et venus dans le couloir en talon sous son œil attentif, juste pour apprendre à marcher avec. Il fallait reconnaître que je n'étais pas très douée, mais je n'en portais jamais. Et je n'en voyais pas l'utilité. Si la grande brune n'était pas là, j'irais en jean à cette fichue soirée.

Je m'approchai des escaliers en ruminant. Jetant un regard en bas des marches, je me figeai. Vêtue de noire, ses longs cheveux voletant doucement autour de son visage, la silhouette masculine qui passait bien trop lentement à mes yeux me fit frissonner. La reconnaissant immédiatement, j'entrepris de tourner les talons et d'appliquer une fois de plus le plan fuite, mais quelque chose m'en empêcha. Sans que je ne m'en rende compte, je me sentis pousser, puis tomber. Dévalant toutes les marches dans différentes positions peu confortables dû à ma chute, je finis par m'écraser en bas. Mais pas vraiment sur ce que l'on pourrait appeler le sol. J'étais presque allongée, les bras enroulés d'instinct autour de la personne sur qui j'étais tombée. La même personne pour qui je souhaitais me cacher quelques instants plus tôt. Si j'avais pu mourir en cet instant, je l'aurais déjà fait mille fois. Ses grands yeux carmins écarquillés à quelques millimètres des miens me regardaient d'un air ahuris. J'avais les mains crispées contre son dos, lui en arrière, nous maintenant tous les deux dans une position assise à peu près descente. Il me fallut plusieurs secondes avant de réaliser dans quelle situation je me trouvais. Relevant légèrement le visage, je me pâlis violemment. Je tremblais tellement que je me croyais capable de faire bouger la terre avec moi. Brusquement, je dégrafai mes doigts de son dos et m'écartai de lui à toute vitesse. Peut être trop vite. Posant mes mains en arrière pour stopper mon élan qui m'aurait fait basculer, je sentis une douleur me traverser la paume. Mais je n'osais pas détacher mes yeux de cet homme, toujours assis en face de moi. Le choc avait été violent pour nous deux, visiblement. Au bout de quelques minutes qui me semblaient être des heures entières, il finit par se relever. J'étais incapable de l'imiter, clouée au sol par une peur tiraillante. Il s'approcha de moi, et m'attrapa avec douceur par les épaules pour me remettre debout. Oui, avec douceur. Je venais de lui tomber dessus, mais il trouvait le moyen d'être doux, lui réputé si froid. Je baissai les yeux. Ce genre de chose n'arrivait qu'à moi.

- Il va falloir soigner ça.

Sa voix me fit sursauter, manquant de peu de me faire crier. Il me désigna ma main, et la saisit pour regarder de plus près. Une large coupure s'étirait au milieu de ma paume, déversant des filets de sang sur ma main et mon poignée. Il y en avait également sur le sol, à l'endroit où j'avais reculé. Et la où j'avais posé les mains, il y avait un morceau de verre. Il avait fallut que je me prenne le seul morceau de verre du couloir. Et ce, en chutant sur mon prof de maths. J'étais pire que maudite.

- Seulement l'infirmier n'est pas là, reprit l'homme sans lâcher ma main.

Il réfléchit un instant, puis me fit signe de le suivre. Il commença à monter les escaliers de l'internat que je venais juste de « descendre ». Il se retourna cependant vers moi une fois la première marche passée.

- Je dois avoir quelque chose dans ma chambre pour couvrir ta blessure, me dit-il. Tu te sens de monter au quatrième étage sans tomber ?

Sa voix moqueuse me fit sourire. Oui, moqueuse. Je ne pus m'empêcher de me dire qu'il ne s'était moqué que de moi jusqu'à présent. Cela m'étonnait réellement. Ce qui provoqua mon envie de me coller une gifle. Mes joues devaient être écrevisse, si ce n'est pas plus. On aurait pu faire cuire un œuf dessus. L'étage des professeurs était le dernier, si bien que je suivis Mr congélateur durant plusieurs minutes sans ouvrir une fois la bouche. Ma main commençait à me piquer. En même temps, elle était couverte de sang. Finalement, nous arrivâmes devant la porte du quatrième étage sans incidents. Il l'ouvrit pour me laisser passer, puis me désigna sa porte. Il me fit signe d'entrer, et je m'y risquais à petits pas. L'intérieur de la pièce était très simple. Aucunes extravagances d'aucunes sortes. Quelque chose attira néanmoins mon attention. Il n'y avait aucunes photos. Habituellement, dans les logements des gens, il y en a de familles, ou simplement d'amis. Là, non. Cette idée ne me déplaisait pas vraiment. Cela confirmait aussi mon intuition qu'il n'avait pas de femme dans sa vie. Idée pour laquelle j'eus une fois encore l'envie de m'en décoller une.

- Allez, donnes ta main, me dit-il sans agressivité.

Je m'exécutai, et il l'observa un instant, avant d'aller chercher de quoi la soigner. Il revint avec une trousse de secours, et commença à nettoyer ma plaie. J'avais la très désagréable impression que l'on m'arrachait la peau. Mais non, ce n'était pas un scalpel, juste du désinfectant. Et le pire, c'est que j'étais là, incapable de dire quoi que ce soit, en train de me faire soigner par mon prof de maths comme si il était mon père. Idée peu réjouissante. Pourtant, lui n'avait pas l'air plus gêné que ça. Il était plutôt concentré. Je ne l'avais jamais vraiment vu comme ça. Il me paraissait moins frigide.

- Voilà, soupira-t-il, satisfait.

Il appliqua un bandage sur ma blessure, qui me donna une vague impression d'être un début de momie. Je lui fis un léger sourire, et me dirigeais vers la porte, toujours à moitié stable.

- Merci, murmurais-je en regagnant le couloir.

- Allez calamité, ne tombes pas en route, et fais plus attention la prochaine fois, me dit-il.

Je hochai la tête, et m'échappai le plus rapidement possible. C'est en redescendant les marches que je réalisais l'effort énorme que mon cœur avait dû faire pour ne pas lâcher. Je ne l'avais jamais senti battre aussi vite. J'avais chaud. Je ne voulais plus penser à ce que je venais de vivre. Peine perdue. Mes doigts retenaient toujours la sensation fort agréable du tissu de sa chemise froissée dans mes mains. Tout en me remémorant la scène en long, en large, et en travers, un détail me stoppa net. Comment étais-je tombée ? Je n'avais même pas commencé à descendre, j'avais juste voulu me planquer. Et j'avais senti quelque chose...me pousser. Ou quelqu'un.

- Mais...marmonnais-je en reprenant ma marche vers le self.

Quelle personne serait assez folle pour me pousser dans les escaliers au moment même ou Mr Valentine passe ? Ma question me figea sur place pour la seconde fois. La chaleur dans mes joues se fit plus vive. Mais pas pour la même chose. Les dents serrées, je repris ma route beaucoup plus rapidement. J'avais une petite idée de qui avait pu me pousser comme cela.

Le gang nousvousmettonsencoupleavecvotreprofpointcom, alias mes abrutis d'amis ne devaient pas être complètement innocents. C'était peut être une simple intuition de ma part, mais elle était parfaitement probable. Les connaissant, ils en étaient capable. Je fulminais. Certes, une toute autre personne aurait eu pu avoir l'idée de me pousser comme ça dans des escaliers juste pour rire. Mais au moment où passe notre prof de maths, non, il n'y avait que mon groupe pour faire ça. Déversant toute ma rage dans mes pas en écrasant le carrelage avec violence, j'attrapai rapidement un plateau et de quoi me nourrir, avant de gagner la table où figurait une tête rousse repérable de loin. Je m'y rendis sans épargner le sol, et abattit nerveusement mon poing serré sur la table en m'asseyant.

- Lequel d'entre vous à voulu attenter à ma vie ?!hurlais-je presque sous les yeux faussement étonnés qui me regardaient.

- Plaît-il ?demanda Reno en haussant un sourcil.

- Oh tu sais très bien de quoi je parle !grognais-je en me servant à boire.

Tifa me sourit, et fit mine de réfléchir. Cloud se gratta la tête avant de se frotter le visage d'un air désespéré, ce qui fit rire Elena. Je ne pouvais pas croire qu'ils étaient réellement fautifs. Oui, l'idée m'avait traversée l'esprit. Oui, je la pensais vrai. Mais de la à ce qu'elle le soit vraiment, il y avait un fossé. Cette fois ci, ils étaient allés un peu loin.

- Non mais vous êtes pas bien ou quoi ?finis-je par lâcher. C'était dangereux ! Vous auriez pu me tuer ! J'aurais pu mourir et ….

- Et t'es pas morte, me coupa Elena. Et puis honnêtement, ça en valait la peine.

La jeune blonde me fit un clin d'oeil, ce qui me fit presque m'étouffer avec mon verre d'eau.

- Parce qu'en plus de m'avoir poussé, vous avez tout vu ?!hoquetais-je.

- Et bien, c'était pour ta sécurité, vois tu, m'expliqua Reno en souriant de toutes ses dents. On était juste caché derrière la porte du premier étage.

- Vous êtes une vrai bande de salauds, maugréais-je en attaquant mon pain.

- Tu vas nous le dire à chaque fois ?soupira Tifa en se recoiffant.

- Oui !criais-je.

- Je tiens à dire que je n'étais pas forcément très pour cette idée là, chuchota Cloud d'une toute petite voix.

- Mais tu l'as fait quand même, rétorquais-je.

Le jeune homme leva les mains en signe de soumission, et grignota son morceau de pain.

- Non mais vraiment, la prochaine fois, vous allez me jeter du quatrième en priant pour qu'il me rattrape, soupirais-je en me calmant.

- C'est une idée, approuva le rouquin.

Je tournai la tête vers lui d'un air las. La prochaine fois, et il allait y en avoir une, j'allais vraiment souffrir. Ils étaient plus déterminés que jamais. Le manœuvre du jour avait été imprudente. Mais d'une certaine manière, ils pouvaient en être fiers.

- Et vous vous êtes aussi chargés du morceau de verre ?demandais-je en leur montrant ma main bandée.

- A non, ça c'est une initiative de ta part, se moqua Cloud.

- Elle commence à comprendre comment dompter la bête, rigola Tifa en me fixant.

La bête. La bête qui était en fait humaine à la base. Après une séquestration dans une salle de cour, un séjour prolongé dans une cabine d'essayage, une obligation de porter une robe, et une chute magistrale dans les escaliers, je me demandais bien ce qui allait encore me tomber dessus. J'allais m'arracher les cheveux avant la fin de l'année.