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Chapitre 11 :
Lundi, 13h. Juste après notre repas fort animé, comme toujours, que ce soit par les disputes de Tifa et Cloud ou les roucoulements de Reno et Elena, secoués par mes railleries, nous avions deux heures de sport. Enfin, aujourd'hui, les autres avaient deux heures de sport. Moi, j'étais condamnée à attendre sur le bord du stade avec un chronomètre dans les mains, incapable de courir. Maudis talons. Mes chevilles étaient affreusement douloureuses depuis la soirée de vendredi, et même si elles allaient mieux, notre prof, Mr Wakka, avait jugé bon de ne pas me faire prendre de risque. En se moquant bien évidemment de l'explication que je lui donnais à cette incapacité de pratiquer l'Eps. Il était drôle, Mr Wakka. Je l'avais depuis deux ans. Toujours affublé de la même coiffure rousse dont la première mèche défiait la gravitait, il passait sa vie à charrier les élèves. Ou à faire l'imbécile pour nous amuser et capter notre attention. Ou encore, mais ça, c'était en dehors des cours, à faire les yeux doux à notre adorable Lulu. La routine.
Je lâchai un soupir. Je n'aimais pas manquer les cours de sport. C'était une matière que j'aimais beaucoup. Et dans laquelle j'étais plutôt douée, en plus. Et comme si tout cela ne suffisait pas, il pleuvait. Des cordes. J'étais littéralement trempée, envelopper dans le pull de Reno. Je tremblais des pieds à la tête, frigorifiée. Mes mains avaient du mal à retenir le chrono. J'aurais tout donner pour avoir un parapluie. Cela m'aurait éviter d'être encore plus mouillée que maintenant. J'avais l'impression d'être tombée dans une baignoire. Mes cheveux collaient contre mes joues, me donnant un air identique à celui que j'avais le soir de l'alarme incendie. Chose qui ne m'avais pas ravie, alors l'idée d'une récidive ne m'enchantait guère. Mais bon, au moins, mon prof de maths ne me verrait pas, cette fois ci. Tout du moins, je l'espérais. De toute façon, il n'avait rien à faire sur un terrain de sport.
Alors que je rêvassais, je faillis lâcher mon chrono quand je vis la troupe de coureurs arriver. Criant leur temps entre deux claquements de dent, je vérifiais l'heure. 14h. Si le cour ne passait pas plus vite, j'allais mourir. Je regardais Reno finir son tour de piste, suivit de près par Tifa, Cloud et Elena. Le rouquin s'avança vers moi en trottinant après le coup de sifflet de Mr Wakka.
- Alors, pas trop dur ?me lança-t-il en souriant.
- Je vais me transformer en stalagmite si ça continu, grognais-je en me frottant les bras.
- Allez courage, me dit mon ami en m'ébouriffant ma tignasse trempée.
Cela fit voler une multitude gouttes d'eau autour de nous, ce qui provoqua l'hilarité de Reno quand elles atterrirent sur Jyhl, qui arrivait à notre hauteur. Certainement pas par sympathie, mais juste parce qu'elle trottinais pour se remettre d'aplomb, comme tout le monde. La punaise s'arrêta avant de s'essuyer le visage, l'air dégoûtée que cette eau m'ait touché avant de s'écraser sur son précieux visage. Puis, un large sourire aux lèvres, elle me fixa avec mépris.
- Alors on prend l'eau ?se moqua-t-elle.
- Sûr, lui répondis-je en souriant. Toi par contre, aucun risque. Ton corps ferait un rejet si jamais tu assimilais de la flotte.
L'intéressée haussa un sourcil, alors que Reno se retenait déjà de rire, sachant visiblement que je n'en avais pas finit.
- Cause, trop plein, achevais-je. Surtout dans le crâne.
Jyhl entre ouvrit la bouche, et finis par tourner les talons, vexée. Satisfaite, je me recommençais à triturer mes doigts pour me réchauffer.
- Bon allez, le devoir m'appelle, me dit Reno en désignant la ligne de départ ou patientait le prof.
- Allez, va courir le roux, répliquais-je en le voyant s'éloigner.
Il me fit un signe de la main, et je me retrouvais de nouveau seule, secouer de tremblements incessants. J'avais de plus en plus froid. J'essayais tant bien que mal à penser aux endroits les plus chauds de la planètes, de son noyau jusqu'à un volcan en éruption. Sans grands résultats.
Au bout de plusieurs minutes, je me mis à tousser, puis à éternuer. Un bruit semblable à celui que j'émettais actuellement me fis lever les yeux vers le parking, situé juste en face du stade, et donc, en face de moi. Une voiture s'y garait. Vitre teintée, toute noire, un vrai bijou. Une voiture digne des plus beaux films d'espionnage. Je commençais à me demander à qui elle pouvait bien appartenir, jusqu'à ce que le propriétaire en sorte, glissant ses clés dans la poche de son pantalon. Cet homme m'aura vu dans toutes les situations ridicules imaginables. C'était d'ailleurs dur de se le dire pour l'homme de sa vie. Je pâlis violemment, avant de sentir un rouge incontrôlable me monter aux joues. Tournant la tête de droite à gauche, baissant de temps à autre les yeux sur mon chrono, oubliant complètement ma frigorification, je cherchais un moyen de disparaître. Vu ma chance juste inimaginable, il était totalement inutile pour que je prie afin de ne pas être remarquée. Un regard discret vers lui, et je crus que toute la peau de mes joues brûlait. Ses épais cheveux noirs balayant ses yeux carmins, je sentis son regard pesant sur ma pauvre silhouette trempée. Un léger sourire courba ses lèvres, et il rouvrit sa portière de voiture. J'implorais le ciel pour qu'il s'en aille. Mais non. Il ré exécuta la manœuvre de fermer sa porte et de ranger ses clefs, avec cette fois ci, quelque chose dans les mains.
Mécaniquement, je vérifiais l'heure. 14H12. Cela aurait été ridicule de ma part de penser qu'il allait rester là durant trois quarts d'heure à attendre que je parte pour approcher. Pourtant, j'aurais souhaité qu'il ne bouge pas.
Je tournai de nouveau les yeux vers lui, provocant une énorme envie de me gifler. Mais à ma grande surprise, il m'adressa un regard, et lança dans ma direction ce qu'il venait de sortir de sa voiture. Son geste agile eut le mérite de faire atterrir l'objet pile dans mes mains, que j'eus à peine le temps de lever. Je me rendis alors compte de ce qu'était l'objet en question, entraînant ma compréhension au pourquoi il venait de me lancer ça. C'était un parapluie. D'un air stupide, je regardais sans le déplier ce que je souhaitais depuis le début du cours. Relevant la tête, je m'aperçus que mon prof de maths était parti. En même temps, cela devait faire dix minutes que je fixais le parapluie qu'il venait de m'envoyer. Peut être justement parce que c'était lui qui me l'avait envoyé.
Finalement, je me décidais à le déplier, pour me rendre compte que d'ici dix minutes, on serait invité à regagner les vestiaires. Utilité ? Zéro.
Une fois sortis de sport, nous nous dirigeâmes vers notre salle de physique. Notre professeur de combat étant exceptionnellement absent, notre professeur de physique avait décidé de prendre nos trois heures de liberté. Cela faisait plus d'un mois que nous étions en cours, et nous n'en avions pas encore eu un seul de physique. Problème personnel de la prof, nous avait on dit. Mais bon, aller en physique ne me dérangeait pas, vu mes chevilles défectueuses. Et j'aimais bien notre prof. Un peu comme avec Mlle Ashe, nous avions tissé des liens amicaux.
M'installant près de Reno, j'adressais un sourire à la jeune femme aux cheveux verts assise derrière le bureau. Cette dernière attendit que tout le monde prenne place, pour enfin se lever, et se présenter.
- Bonjour à tous, commença-t-elle, un sourire radieux sur les lèvres. Je suis Mlle Rydia, pour ceux qui ne me connaissent pas, et j'assurerais vos cours de physique cette année. Je m'excuse encore pour ce grand retard, que l'on va s'efforcer de rattraper.
Elle portait bien son nom, Mlle Rydia. Elle souriait toujours. Elle commença à regarder la fiche d'appel, et à prononcer tous nos noms pour vérifier notre présence. Lorsque vint mon nom, je le sentis au sourire moqueur qui se dessina sur ses lèvres.
- Alors Yuffie, toujours aussi nulle ?rigola-t-elle en relevant les yeux vers moi.
- Toujours !criais-je d'un air triomphant, ce qui provoqua le rire de Reno et bientôt de la classe.
Mlle Rydia secoua la tête, et poursuivit sa liste. Il fallait avouer que la physique et moi, cela faisait trois, voir plus. Je n'étais pas une mauvaise élève, loin de là, mais alors la physique, c'était vraiment ma bête noire. Je me défendais comme je le pouvais. Pourtant, les combats et les matérias, ça me réussissaient, j'arrivais à obtenir de bons résultats en français, en mécanique, et en...non pas en maths, mais enfin bon, voilà. Mais pas en physique. Et Mlle Rydia subissait mes erreurs explosives de TP, ma mémoire refusant toute formule, sans compter mon incapacité totale à comprendre quoi que ce soit. Ce qui faisait énormément rire Reno, qui contrairement à moi, savait équilibrer une équation de dissolution sans une page de brouillon derrière.
Je lui donnai un coup de coude entre les côtes pour qu'il cesse de se moquer une fois de plus de moi. Il se calma presque aussitôt en râlant. Alors que je tournai la tête vers Elena, je vis l'air massacrant de Tifa et Cloud, l'un à côté de l'autre, se dévisageant.
- C'est plus que polaire là, chuchotais-je à mon voisin.
- Je dirais même plus, c'est apolaire !plaisanta le rouquin.
Je me claquai le front en entendant cela. Si il parvenait à faire de l'humour avec le langage scientifique, je n'allais jamais sortir vivante de ce cours. Cela me fit taire pour le reste des trois heures. Le désespoir, sans doute. Alors que je griffonnais sur mon cahier, un détail me troubla. Un manche de parapluie dépassait de mon sac ouvert. Je me souvins alors des heures de sport. Il allait falloir que j'aille rendre ça à monsieur congélateur. A mon grand damne.
Les yeux rivés vers mon sac, je ne vis pas Mlle Rydia s'approcher de moi. J'eus juste le temps de l'entendre soupirer en admirant le dessin que je faisais dans le coin de mon cahier. J'avais la fâcheuse habitude de m'occuper de cette manière quand je ne comprenais pas ce qu'elle disait. Donc presque tout le temps.
- Yuffie, soupira-t-elle. Je te jure que si au prochain devoir tu n'as pas la moyenne, je te plante au bord de la route couverte de goudron et de plumes.
Aie. Châtiment peu enviable. La jeune femme leva les yeux au ciel devant le sourire énorme que je lui faisais, avant de retourner à son cour. Moi, je repris tant bien que mal mon occupation, une oreille attentive à ce qui se racontait sur la constitution des molécules et leur électronégativité.
Au bout d'un temps interminable, la troisième sonnerie annonça notre libération. Sans se faire prier, Reno fonça jusqu'à la porte, y rejoignant Elena. Me dirigeant d'un pas las vers le couloir, je pris la direction opposée de la leur.
- Ben tu viens pas avec nous ?s'étonna Tifa en sortant de la salle.
- Je vous rejoindrais, j'ai quelque chose à rendre au prof de maths, lui répondis je.
Chose que je regrettai immédiatement à la vue du sourire ravie que la brune arborait.
- On t'attendra pour aller manger, mais soit pas trop longue, me dit-elle en m'adressant un clin d'oeil.
Je levai les yeux au ciel et tournai les talons. J'eus juste le temps de l'entendre s'excuser en rigolant, car déjà je montais les escaliers menant à notre étage de maths. Avec un peu de malchance, Mr Valentine serait dans sa salle. J'avais à la fois envie de la voir, et à la fois pas envie. Non, en fait, j'avais juste peur de me retrouver en face de lui. De rougir comme une tomate, ou de sourire stupidement comme ce matin devant le parapluie. En y repensant, je me trouvais encore plus ridicule. Comment un seul regard de cet homme parvenait à me scotcher à ce point ?
Secouant la tête pour me débarrasser de toutes ces pensées encombrantes, je parvins assez rapidement devant notre salle de maths. Je me rendis compte de la porte entre ouverte, et je décidais de frapper au bout de cinq minutes d'hésitations. Serrant les points, je dû me retenir autant que possible de ne pas appliquer mon plan fuite lorsque j'entendis des bruits de pas dans le salle, se rapprochant dangereusement de la porte. Tripotant nerveusement le manche du parapluie, je manquai de hurler lorsque la porte s'ouvrit brusquement, laissant place à la grande silhouette de mon prof de maths. Relevant la tête, j'entre ouvris la bouche pour lui adresser un remerciement, lui remettre son parapluie, et filer en vitesse, mais je fus incapable de prononcer le moindre mot. Son regard carmin les coinça au fond de ma gorge. Au bout de quelques instants, il sourit légèrement, ce qui me fis finalement réagir.
- Je suis venue vous rendre le parapluie que vous m'aviez prêté ce matin, lâchais-je d'un seul trait, un sourire énorme aux lèvres.
Très naturel, ce sourire.
- Ah, merci, me répondit-il en attrapant le parapluie que je lui tendait.
Je souris une fois encore, et au bout de plusieurs minutes sans rien dire, je décidais de tourner les talons.
- La prochaine fois, essaye d'en prévoir un, lança Mr Valentine, me clouant une nouvelle fois sur place. Cela t'éviteras de mourir de froid pendant plus d'une heure.
Et sur ce, il m'ébouriffa légèrement les cheveux, et se ré enferma dans sa salle. Je mis quelques minutes avant de me remettre de mes émotions. Sa voix n'avait pas été frigide, comme en cours. Elle était agréable. Et ce dernier geste, que seuls mes amis me faisait. J'avais l'impression d'avoir été pendue par les pieds, et secouée de toute part. Mon esprit était à peu près aussi ordonné que après ce genre d'épreuve.
Je ne me rendis compte de mon inactivité cérébrale et physique qu'au bout de dix minutes, lorsque la porte de la salle en face de moi s'ouvrit de nouveau. Et sur la même personne, bien sûr. Le regard rouge de Mr Valentine resta bloqué sur moi quelques minutes, amusé, le temps que j'émerge. Le remarquant, je sursautai, me traitant de tous les noms pour ne pas avoir fuit cette salle. Souriant comme je savais le faire, je fis rapidement demi tour pour me diriger vers les escaliers. Un léger rire me parvint. Me retournant, j'aperçus de nouveau le visage de Mr congélateur, moins froid que d'habitude. Je devais être rouge, une fois de plus. Baissant les yeux, j'eus juste le temps de le voir se diriger lui aussi vers les escaliers.
- Jamais je ne t'aurais pensé aussi attachée à cette salle, pour rester devant sans rien faire, me lança-t-il en me dépassant. Nous n'avons cour que demain matin, l'attente risque d'être un peu longue.
- Oui, je sais, mais, ce n'est rien, répondis-je précipitamment avant de lui repasser devant.
- Alors à demain, me salua-t-il en me dépassant une fois encore.
Cette fois ci, j'attendis qu'il soit loin pour reprendre ma route. Sinon, mon cœur aurait lâcher. L'idée principale de mes amis étant de me caser avec lui, je ne savais toujours pas comment j'allais faire si j'étais incapable de restée calme en sa présence. Je patientai quelques minutes encore sans bouger, afin de retrouver un rythme cardiaque à peu près normal, je me dirigeai vers le self, l'esprit plus embrouillé que jamais.
