Rafrob: Je crois que le début de ce chap va te rappeler quelque chose x)


Chapitre 12 :

Les yeux rivés au plafond, je m'amusais à compter le nombre de tache qui y figuraient. Oui, cette activité est complètement stupide. Mais je n'avais pas grand chose d'autre à faire. La philosophie ne me passionnait pas plus que ça. Même pas du tout. Notre professeur, Mlle Quistis, avait beau faire tout ce qu'elle pouvait pour capter notre attention, j'avais autre chose à penser un jeudi matin. Je jouais avec mon stylo, je regardais le plafond, je parlais avec Tifa. Tout était bon pour occuper mes neurones en inactivité totale. Même faire des avions en papier avec les feuilles A3 qui nous étaient distribuées. C'est dire.

- Je crois que je me suis jamais autant ennuyée de ma vie, soupirais-je en fermant les yeux.

- T'as déjà dit ça au dernier cour, me répondit Tifa.

Mon amie était particulièrement concentrée. Absolument pas sur le cour, mais sur le moyen de tenir sa chaise en équilibre sur deux pieds. Mais bon, il fallait avouer qu'elle n'avait pas tord. Je devais exprimer mon ennuie au moins une fois par heure de philo. Les seules personnes à aimer cette matière devaient être Elena et Cloud. Ils étaient complètement absorbés par ce que leur racontait la prof, assise sur son bureau.

- Mais t'inquiète pas, après on a maths, reprit Tifa sans même me regarder.

La seule évocation du cour de maths me fit tourner la tête.

- Certes Tifa, certes, répliquais-je. D'accord, je ne vais plus m'ennuyer, mais je vais beuguer. Alors je ne sais pas ce qui est le mieux.

- Au fait, ça se passe bien entre toi et lui ?me demanda la brune, portant un intérêt soudain à son crayon dépassant de sa trousse.

Sa question me fit rougir. Je ne savais pas vraiment ce qu'elle entendait par « aller bien ». Si elle faisait allusion aux quelconques signes d'une mise en couple proche chez les adolescents, alors nous en étions très loin. Parce qu'il ne m'avait pas encore proposé d'aller au cinéma, ou d'aller dîner chez ses parents. Et cela ne risquait pas d'arriver.

Le regard insistant de Tifa me fit réagir. Elle avait l'air d'y tenir, à ma réponse. Même si elle risquait d'être déçue.

- Et bien, j'ai dansé avec lui, lâchais-je en posant mon menton entre mes mains.

- Et ? Il est toujours aussi froid avec toi ? Je veux dire, il n'y a pas une petite différence ?insista la brune.

- Si, avouais-je. Je le trouve plus chaleureux. Il a même l'air amusé de toutes les situations ridicules dans lesquelles vous me faites tomber.

Mon amie sourit en entendant cela. Étrangement, lui raconter cela me faisait du bien. Cela l'encourageait peut être à continuer ses manœuvres pour qu'il me tombe dans les bras, mais cela ne me gênait pas trop. Enfin, pour l'instant, tout du moins. Tifa était juste quelqu'un avec qui j'aimais parler. Elle avait une vision différente de celle de Reno. Une vision bien plus adulte.

- Bon, et toi alors ?demandais-je pour chasser le sujet embarrassant de Mr congélateur.

- Quoi moi ?s'étonna Tifa en pliant sa feuille en signe d'ennui.

- Et bien, c'est la guerre froide entre toi et Cloud on dirait, soupirais-je en tournant la tête vers le blond.

Ce dernier prenait des notes, au premier rang, et conversait avec la prof de la définition exacte du sens de la vie. Lui et Tifa ne s'était plus adressé la parole de manière amicale depuis la soirée.

- Je crois en effet qu'il n'a pas bien digéré le fait que je fréquente Cecil, confirma Tifa.

- Et au fait, tu lui a reparlé ?l'interrogeais-je, intéressée.

- Plus que reparlé, m'avoua la grande brune en souriant timidement. On s'est même vu hier après midi. C'est pour ça que j'étais pas là.

- T'es prête à te mettre toutes les quatrièmes années à dos pour aller plus loin ?lui demandais-je, soucieuse.

- Je ne sais...

- Dites vous deux au fond, si je vous dérange, il faut le dire !

A mais tout à fait, c'est charmant de vous en inquiéter. La voix tranchante de la prof venait de nous rappeler à l'ordre. Je dû me retenir avec une force surhumaine pour lui dire ce que je pensais de son cour. A vrai dire, pas grand chose, mais surtout pour lui faire comprendre que le fait qu'elle parle en même temps que nous n'était pas très agréable. Enfin, c'était elle la prof. Prof rigide, toujours impeccable, et tout à fait sérieuse sur le plan disciplinaire. Le genre de personne que j'aimais par dessus tout embêter.

La sonnerie nous sauva finalement, moi et Tifa, de ses remontrances et de son cour pire qu'ennuyeux. Elle méritait le prix Nobel de l'ennui. Ou plutôt, de la capacité à provoquer l'ennui le plus profond du monde chez tout le monde. Les réflexions sur la vie et la condition humaine, je n'avais rien contre. Mais alors pendant autant de temps, non merci. Les questions existentielles, je me les posais sous la douche, pas derrière un bureau.

Soupirant, je me dirigeai vers la sortie de la salle, sans prêter attention au regard haineux que me lançais Mlle Quistis. Cette prof ne m'avait, en plus de cela, jamais aimé. Pourquoi ? Allez savoir ! Elena me rejoint rapidement, suivit de Cloud. Les deux blonds parlaient encore de ce cour qu'il qualifiaient de passionnant, avec une vivacité que je ne leur connaissais pas. Tifa leva les yeux au ciel, et se rangea à mes côtés avec Reno. Le rouquin regardait sa petite amie d'un air un peu perdu. Lui qui n'avait fait que des morpions pendant l'heure, il était évident qu'il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'elle racontait.

- Je ne vois vraiment pas ce que vous reprochez à la philo, finit par lâcher la blonde devant nos airs blasés.

- C'est pas la philo en elle même qui nous pose problème, expliqua Reno en avançant vers la salle de maths. C'est plus le temps qu'on doit y passer et les sujets répétitifs qui sont lourds.

Elena lui administra une petite claque en rigolant, à moitié vexée qu'il insulte de la sorte sa matière préférée.

Cloud, lui se contentait de sourire sans défendre son point de vue. Peut être aimait-il réellement la philo, ou juste les jambes nues de la prof exposées à sa vue quand elle s'asseyait sur son bureau.

- Bon, on y va ?demandais-je en traînant des pieds.

- Mais c'est que t'es pressée !me taquina Tifa. Pourtant, il va nous rendre des devoirs.

Ah, oui, c'est vrai. Le devoir sur table de la semaine dernière que j'avais, bien entendu, royalement loupé. En même temps, c'était Mr congélateur qui nous surveillait. Et mon dieu ce qu'il était beau quand il perdait ses yeux couleur de sang dans l'horizon nuageux pointant derrière la fenêtre.

Je me claquai le front en baissant la tête. Je n'allais décidément pas bien moi. Tifa venait de me rappeler que j'allais recevoir une fois encore une note magistrale, mais non, moi, je souriais bêtement. Et je souriais pourquoi ? Mais toujours pour la même chose voyons !

Nous arrivâmes devant la salle au bout de quelques minutes durant lesquelles je préférai ne plus rien dire. Rougissant en voyant le prof nous faire signe d'entrer, je partis me terrer derrière ma table sans attendre plus longtemps. Rien que le fait de le voir me rappelait sa main sur mes cheveux. Pensée qui me fit rougir encore plus. Je devais être pivoine. Un léger sourire moqueur aux lèvres, Reno s'installa près de moi. Levant les yeux au plafond pour ne pas éclater de rire en me voyant monter en température, il eut du mal à articuler une réponse quand le prof fit l'appel.

- Bien, je vais vous rendre vos devoirs, commença Mr Valentine en faisant les cents pas devant son bureau. Qui ne sont pas excellents, mais pas mauvais non plus. Enfin, pour la plupart.

Curieusement, il posa sur moi un regard insistant au même moment. Je savais que je l'avais loupé, son maudit devoir. Mais...à ce point là ? J'avais un peu peur du résultat, tout d'un coup. Sans dire un mot de plus, le prof commença à distribuer les copies. Reno faillit crier de joie en recevant la sienne, voyant une note largement au dessus de la moyenne inscrite en rouge sur le papier. Sa joie m'arracha un rire nerveux. La mienne risquait d'être bien en dessous.

Finalement, Mr Valentine se posa devant moi. Timide, je levai les yeux, pour tomber sur son visage d'une beauté insolente. Il ne souriait absolument pas, cependant, je pouvais voir à sa manière de me regarder qu'il n'était pas en colère. Notre tête à tête s'éternisa à mon goût, et le prof finit par réagir. Il m'administra un coup royal sur le dessus du crâne avec la copie restante, la mienne. Plus que surprise, je le regardai, la tête penchée sur le côté, comme j'avais l'habitude de faire avec mes amis. Pour me rendre compte que c'était mon prof en face de moi. J'avais ce don étrange de l'oublier en un quart de seconde, tant le chaos de mon esprit était élevé en sa présence. Et je crus m'étrangler ou brûler sur place quand je le vis exécuter exactement le même geste que moi. Nous nous regardions donc dans le blanc des yeux, tous les deux la tête penchée sur le côté. Finalement, un léger sourire fendit son visage, ce qui me fit rougir encore plus, chose que je ne croyais pourtant pas possible.

- J'espère que le froid t'as rafraîchi les neurones, plaisanta-t-il. Parce que tu n'as pas été très brillante avec mes pauvres dérivées.

- J'en suis vraiment navrée, m'excusais-je. Présentez mes plus sincères excuses à vos dérivées.

Un rire s'échappa de ses lèvres. Reno tourna ses yeux ronds comme des billes vers moi. Ah, il n'était visiblement pas autant habitué que moi à le voir à peu près chaleureux. Le prof me tendit enfin ma copie, avant de regagner le tableau. Arrivé à son bureau, je le vis se pencher en avant pour ramasser quelque chose. Haussant les sourcils devant sa trouvaille, il la posa sur son bureau avant de commencer à nous parler du corrigé de ce devoir. Corrigé qui me serait potentiellement utile, vu l'horrible note que je venais de recevoir. 4/20. L'habitude m'empêchait de me morfondre, cependant. Affalée sur ma table, ma raison me giflant de temps à autre pour que je prenne des notes, je restais toute l'heure comme ça, à admirer si je puis dire, mon prof de maths.

Quand la sonnerie retentit enfin, je mis un temps infini à remballer mes affaires, les faisant tomber presque toutes à côté de mon sac. Alors que je m'apprêtais à quitter la salle, le prof me fit signe de le rejoindre à son bureau. Étonnée, je mis un peu de temps à réagir, avant de m'exécuter. Mr Valentine sourit en me voyant venir, toute timide, avant de saisir le bout de papier qu'il avait ramassé toute à l'heure.

- Je crois que tu as perdu ça, me dit-il en me le tendant.

Je crus que j'allais tomber par terre. Pas m'évanouir en fermant doucement les yeux comme dans les films. Non, vraiment tomber par terre comme si je me prenais une poutre en pleine tête. Une énorme poutre. Qui fait bien mal. Je n'avais jamais autant rougi de ma vie, ça, j'en étais sûre. Le papier qu'il me tendait était une photo. Pas n'importe quelle photo. Une photo de moi en maillot de bain. A la plage. Photo que je reconnaissait parfaitement. Elle avait été prise pendant mes vacances à la plage, cet été. Moi, sur la plage, les cheveux volants avec le vent, le soir. Une très jolie prise. Mais qui n'avait rien à faire entre les mains de mon prof de maths.

- Je suppose qu'elle est a toi, reprit Mr Valentine, voyant que je ne faisais rien.

Cela me fit réagir, et je lui arrachai presque la photo des mains. Je me souvenais l'avoir envoyé à Tifa et Reno, comme il était coutume entre nous de nous faire partager nos photos de vacance. La retournant, je vis qu'un message y était inscrit.

« Super vacs belle brune, comme promis, je te passe les photos ! ». Je reconnus assez aisément l'écriture de Tifa. Si c'était elle qui avait écrit au dos, indiquant des vacances passées ensemble qui n'avait jamais eu lieu, elle ne l'avait pas fait par hasard. Entre ouvrant la bouche, je fus incapable de dire quoi que ce soit. D'un hochement de tête hésitant, je remerciai mon prof, et décampai le plus vite possible. J'étais affreusement gênée. Je ne savais pas ce qui devait me faire le plus honte. Le fait que mon prof de maths m'ait vu en maillot de bain, ou d'avoir des amis aussi vicieux.

Marchant dans les couloirs, plus nerveuse que jamais, je manquais de trébucher à chaque instant, la photo écrasée entre mes doigts tremblants. Je me dirigeai vers l'internat en toute hâte. Mlle Rydia n'était encore pas là, ce qui nous laissait deux heures de libre avant de manger le midi. Et deux heures ne seraient sans doute pas suffisantes pour que je me venge autant que je le souhaitais. Je montai furieusement les escaliers, et une fois arrivée en haut, j'ouvris violemment la porte de la chambre, derrière laquelle je découvris les visages angéliques de Tifa, Cloud, Elena, Reno, et Cerise. Oui, même Cerise semblait se foutre de moi. Ses larges yeux félins illustraient parfaitement ce que les autres pensaient.

- C'est quoi ça, articulais péniblement en montrant la photo à l'ensemble de la chambrée.

- C'est une photo, me répondit Reno, très sérieusement.

- Merci j'avais vu, rétorquais-je. Mais qu'est ce qu'elle foutait en cour de maths ?

- Ah, c'est peut être la photo que j'ai malencontreusement laissé tomber dans la salle en entrant, s'exclama Tifa en souriant.

Je restais sans voix. Ainsi, elle l'avait bel et bien fait exprès. Je me disais aussi. Une semaine sans coup foireux était une semaine bien trop calme.

Sans rien dire, je partis me rouler en boule sur mon lit. Mon dieu. Mon prof de maths m'avait vu en robe, en peignoir, trempée comme une soupe, et en maillot de bain. Il pouvait s'en féliciter. Et le pire, c'est que ce n'était même pas de ma faute.