Une petite review ?
Mia fullbuster: Merci :). Et oui la panne d'eau chaude m'a traumatisé x). Et vive les fonctions d'usage !
Chapitre 14 :
Une semaine avait passé. Une semaine que nous travaillons sur notre exposé, enfin bouclé. Une semaine que poil de carotte était entrée dans ma vie. Une semaine.
Oui, elle était rentrée dans ma vie, cette très jolie fille si joviale. Parce que tout ce qui influait mon moral à ce point ne pouvait que faire partie de ma vie. En effet, j'étais plus que troublée. Je passais du rire aux larmes en l'espace de quelques instants. J'avais les nerfs à fleur de peau. Et je me sentais mal. Mal de devoir faire subir ça à mes amis, eux que rien attristait si ce n'est mon état. Et mal de subir ça moi même. Les cours de maths de cette semaine s'étaient pourtant passés comme d'habitude. J'avais répondu à Mr Valentine avec mon air habituel de pile électrique doublée d'une petite moqueuse impitoyable. Mais je ne me sentais pas comme d'habitude. J'avais cette désagréable impression d'avoir le cœur dans des montagnes russes. Encore plus. Malgré la crise de rire de la semaine dernière, que j'avais plus jugée comme étant une crise de nerf, j'éprouvais quelque chose de beaucoup plus...dangereux. Je ne plaçais pas encore de mot dessus, mais je savais que ce sentiment me rongeait. Peut être juste de l'incompréhension mêlé à autre chose.
Ce dimanche soir encore, j'avais un jeu de pétanque au fond de l'estomac. Allongée sur mon lit, la tête calée sur les genoux de Cloud, je regardais le mur. Tifa était partie faire un tour, sans doute avec son futur compagnon, et Elena et Reno était en ville depuis le début de l'après midi. Il ne restait plus que nous. Le blond caressait avec douceur mon épaule depuis plus d'une heure, sans rien dire, le regard vissé dans la même direction que le mien. Notre silence aurait pu paraître pesant pour n'importe qui. Mais à nos yeux, il était plus qu'agréable. Ces simples geste affectueux de la part de mon ami me redonnaient un semblant de sourire, et une envie profonde de dormir.
- Yuffie, finit par soupirer Cloud alors que je fermais les yeux. Je n'aime pas voir ton moral ruiné.
Moi non plus. Cloud savait taper où cela faisait mal. Oui, je pouvais dire que j'avais le moral ruiné.
- Je veux dire, reprit-il en me sentant frémir, ce n'est pas parce qu'il s'est passé cela qu'il faut te laisser abattre. Je suis le premier à te comprendre, tu sais. Et je ne veux en aucun cas que cela ne t'arrache une seconde ton énergie d'ouragan et ta joie de vivre.
- Mais...bredouillais-je, sans relever les yeux.
- Tu es triste, déçue, et je le comprends, me coupa le jeune homme en passant ses doigts dans mes cheveux. Mais tu es avant tout jalouse. Et il va falloir que tu te battes contre ça. Parce que tu n'as peut être aucune raison de l'être.
Jalouse. J'étais jalouse. Jalouse de cette fille. De cette très belle fille. C'était cela la pièce manquante. La jalousie. Ce sentiment qui me mordait un peu plus à chaque fois que j'y pensais. Une peur dévorante qu'elle soit ce que je craignais qu'elle était. Et Cloud l'avait compris encore mieux que moi. Et je ne pouvais pas lui donner tort. Je devais réagir et arrêter de broyer du noir. Poil de carotte n'était peut être rien pour cet homme qui à mes yeux était tout. Je voulais qu'elle ne soit rien. Ou tout du moins, qu'elle n'ait pas une place trop importante à ses yeux à lui.
- Cloud, je ….chuchotais-je. Qu'est ce que ça te fait toi quand tu vois Tifa avec Cecil ?
Le jeune homme inspira profondément, et tourna son regard vers la fenêtre. Dehors, le vent ballottait les arbres. Un épais brouillard s'était levé. Il faisait de plus en plus froid, et je me recroquevillai sur moi même par réflexe. Au dessus de moi, le visage de Cloud semblait pensif. Presque chagriné. La question que je lui avais posé devait être la mauvaise. Je savais le sujet difficile pour lui. Parce que contrairement à Tifa, je voyais son visage de fermer dès qu'elle partait voir Cecil. J'avais vu. Mon ami l'aimait. Et elle, elle en aimait un autre, pour l'instant. C'était un triangle amoureux duquel Cloud se sentait de plus en plus rejeté. Et cela l'accablait autant que voir poil de carotte m'avait accablé. Il était jaloux.
- C'est ce que ça me fait, soupira finalement le jeune homme, un petit sourire triste sur le visage confirmant mes pensées.
- Eli, arrête, t'es trop drôle !supplia Reno avec difficulté.
Le jeune homme n'en pouvait plus de rire. Comme nous tous. Elena nous racontait depuis plus d'une demi heure des histoires complètement délirantes en illustrant ses propos de grands gestes hilarants. En ce lundi soir, nous étions tous réunis dans notre chambre, avec coussins en masse, chat, et paquet de chips. Et rire me faisait un bien fou. La jeune blonde savait détendre l'atmosphère. Personne n'osait la couper. Et de toute façon, pliés en deux, nous en étions tout juste incapable. Sous une inspiration soudaine de Tifa, Eli s'était amusée à me transformer en chauve souris en écartant les pans du t shirt trop grand de mon pyjama. Ce qui m'avait encore plus fait rire.
Confortablement installés à côté de Tifa et de Cloud, je peinais à saisir quelques chips. Même Cerise semblait amusée, jouant avec les bords de touts nos coussins, les mâchonnant d'un air innocent. Moi, je la regardais pour me calmer, mais cela me faisait tout autant rire.
Elena était excitée comme une puce, se tortillant dans toute la chambre. Son accès de folie était sans aucun doute fait pour fêter la fin de nos exposés sur les fonctions d'usages, présentés le matin même. Pas mal réussi, en plus. Alors la blonde pétait les plombs.
- Heureusement que Lulu n'est pas contre un peu de bruit, sinon on avait plus de tête depuis longtemps, finit par lâcher Tifa.
- En même temps, il est que 21h, lui répondis-je en regardant mon réveil. Alors si faire du bruit à 21h est un crime, on a déjà un dossier très chargé !
Cloud sourit en m'entendant plaisanter. Il fallait avouer que mon débit de plaisanteries avait été réduit par l'arriver de poil de carotte. Que je n'avais pourtant vu qu'une fois. Alors le grand blond protecteur se réjouissait à chaque stupidité que je pouvais sortir. Donc, les trois quarts de la journée quand même.
- Bon, c'est pas qu'on a cours demain, mais un peu quand même, finit par soupirer Reno en se calmant.
- Et oui...grogna Tifa en ramassant son oreiller.
Reno nous adressa un petit sourire. La perspective de partir pour la simple raison qu'il y avait cours le lendemain ne l'enchantait guère. Moi non plus d'ailleurs. Surtout que, comme tout mardi qui se respecte, demain allait commencer par deux heures de maths.
Je lâchai un soupir quand Reno ouvrit notre porte. Il allait la refermer quand Cloud le rejoint, mais quelque chose d'assez imprévu se produisit. Cerise, jusque là parfaitement concentrée sur les coussins, releva la tête, et se jeta dans l'entre bâillement de la porte, sous nos yeux stupéfaits. Reno, ahuris, réagit bien trop tard et ne parvint pas à la retenir. Me levant d'un bond, je me jetai dans le couloir.
- Je m'occupe de la bête !criais-je en me mettant à courir derrière le maudit chat.
Je n'entendis aucune réponse. A vrai dire, nous étions tous plus que surpris. Cerise était le chat le plus inactif qui soit en temps normal, alors qu'elle se mette à fuguer nous laissait tous penauds.
Traversant le couloir en courant derrière l'animal, je dus me concentrer pour ne pas tomber. Et comme je n'avais pas de chance, la porte de notre étage était entre ouverte. Cerise choisit donc de s'y faufiler, et je me retrouvais à courir comme une folle dans les escaliers. Heureusement, le chat choisit de prendre la direction des derniers étages, ce qui voulait dire qu'il serait coincé à un moment ou à un autre. Une fois arrivée au quatrième et dernier étage, je vis le monstre se glisser dans le couloir. Je m'apprêtais à m'y engouffrer moi aussi en ralentissant pour ne pas être repérée. Échec complet. Je chutai bruyamment en trébuchant sur la dernière marche. Les mains en avant, je manquai de m'étaler de tout mon long.
- Fichue boule de poil, maugréais-je en me relevant avec peine.
Je priai mentalement pour que ma magistrale chute ne se soit pas entendue. Parce que évidemment, l'étage dans lequel Cerise avait décidé de faire du tourisme était celui des profs. Prudente, je passai la tête dans l'ouverture de la porte. J'eus à peine le temps de la voir assise en travers du couloir que la peluche du diable rentra dans une des chambres en me voyant. Je levai les yeux au ciel, et m'y dirigeai sur la pointe des pieds. Comme si j'avais que ça à faire, cavaler après ce maudit chat.
La porte de la chambre était entre ouverte. Je sus rapidement qu'il n'y avait personne dedans car aucun cri ne suivit l'intrusion de la bestiole. Retenant ma respiration au maximum, je rentrai dans la pièce en fermant la porte derrière moi. J'avais la désagréable impression d'être un chercheur tentant d'effectuer un documentaire animalier sur une espèce sauvage. Je cherchais et me planquais tout pareil. Génial. Et en plus, j'étais dans la chambre d'un prof. Lequel ? Aucune idée. Je n'avais pas vraiment l'habitude de mettre les pieds à cet étage.
J'aperçus immédiatement Cerise. Elle me fixait avec de grands yeux ronds, étalées sur le sol. Sans plus de cérémonie, je m'en emparai, et à ma grande surprise, elle ne broncha pas, et ronronna même pendant quelques secondes. Ce chat se foutait de moi.
Je crus que j'allais l'étrangler, mais ma raison me rappela à l'ordre.
Pestant après l'animal, je me dirigeai vers la porte, bien décidée à sortir avant de me faire chopper. Mais au moment où j'allais ouvrir, un bruit de pas stoppa net mon geste. Quelqu'un se rapprochait de la chambre dans laquelle je me trouvais. Inutile de tenter une sortie. Je n'avais plus qu'à me cacher si je ne voulais pas être prise en plein délit de récupération de chat et de violation du domicile. Prenant en compte l'éventualité que les pas étaient ceux du propriétaire de la chambre dans laquelle j'étais, je tournai la tête vers le mur où était placée une armoire. Ni une, ni deux, je cramponnais Cerise, et ouvris les portes du meuble avant de me jeter dedans. Planquée au plus profond des vêtements, masculins, je notais, j'entendis la porte grincer. Voilà, quand j'affirme ne pas avoir de chance. Il y avait je ne sais pas combien de chambre et de profs à cet étage, mais il avait fallut que les pas soient ceux du propriétaire de cette chambre. Un sourire fendit mon visage, alors que je me tassais encore plus. J'étais planquée dans l'armoire de qui d'ailleurs ? Mr Cid ? Mr Wakka ? Un prof que je ne connaissais pas ?
La réponse à ma question me fut apporter au bout de quelques minutes. Ne résistant pas à ma curiosité mordante, je m'approchai le plus discrètement possible de la fente entre les deux portes de ma planque. Ce que je vis me fit regretter immédiatement mon choix. J'étais la personne la plus malchanceuse du monde. Je n'étais pas dans la chambre de Mr Wakka, ni de Mr Cid, et encore moins de quelqu'un que je ne connaissais pas. J'étais tout simplement tombée dans la chambre de la personne que je craignais et aimais le plus. J'aperçus malgré mon chant de vision grandement réduit ses incroyables cheveux noirs flottés autour de son visage, et ses yeux carmins se tourner lascivement sur la porte de sa salle de bain. Pourquoi sa salle de bain ? Oh pitié qu'il ne face pas ce que je pensais qu'il allait faire ! Même Cerise était figée. Elle ne disait absolument rien. C'était à ce demander si elle et moi respirions. Je ne pouvais pas croire que j'étais coincée dans l'armoire de mon prof de maths jusqu'à ce qu'il se décide à quitter la pièce.
Lentement, je le vis porter une main à sa chemise, pour commencer à la déboutonner. Il le faisait. Il était bel et bien entrain de se déshabiller pour aller se doucher. Et devant moi. Enfin, ça, il ne le savait pas. L'idée qu'il le sache me fit l'effet d'une gifle. Même mon suicide ne me suffirait pas pour cacher ma honte démentielle si jamais il venait à le découvrir. Intérieurement, je comprenais qu'il valait mieux que je me tasse à nouveau au fond de l'armoire en priant tous les saints pour ne pas être vue. Mais j'étais loin d'écouter ma raison.
Toujours implacable, Mr Valentine jeta sa chemise sur son lit, et se tourna vers son armoire. Donc vers moi. Je ne pus m'empêcher d'ouvrir la bouche. Je crus que ma mâchoire allait se décrocher. Réellement. Je n'en respirais plus. Les yeux grands comme des soucoupes, les joues plus rouges qu'à n'importe quel moment de ma vie, j'étais littéralement hypnotisée par ce que je voyais.
- Mais ça devrait pas être permis d'être aussi beau...soufflais-je pour moi même.
Heureusement pour ma vie, il ne l'entendit pas. Mais je le vis se rapprocher dangereusement de ma planque. Planque dans laquelle je ne bougeais plus d'un cil depuis bien plusieurs minutes. Je secouai énergiquement la tête pour sortir de ma torpeur, et je me tassai dans le fond du meuble, le chat écraser contre ma poitrine.
Mais comment j'avais pu me retrouver dans une situation pareille moi encore.
Je faillis hurler en voyant le premier battant de l'armoire s'ouvrir, et mon prof de maths passer un bras pour attraper quelque chose. J'aurais voulu disparaître. Il me frôla à trois reprises, durant lesquelles je crus mourir de frayeur. Enfin, il s'empara d'un t shirt, et entra, torse nu, dans sa salle de bain. A cette instant, je poussai un énorme soupir, après avoir cessé de respirer pour m'assurer qu'il était bien parti. Étalant mes jambes, je laissai tomber mes bras le long de mon corps. Tout cela était trop éprouvant pour moi. Il me fallut quelques instants avant de me ressaisir et de sortir. Je n'arrivais toujours pas à croire ce que j'avais vu. Lui. Lui, lui, lui.
Je n'arrivais pas à m'ôter cette vision de ma tête alors que je me précipitais vers les escaliers pour rejoindre mon étage. Mais essayez de vous dépêcher avec une boule de poil qui se débat dans vos bras, et la vision de l'homme que vous aimez à moitié nu incrustée dans votre crâne. Pas facile.
Mais le pire fut ma chute dans le couloir, juste avant d'atteindre l'escalier. Je me ramassais pour le seconde fois de la journée, et toujours à cause du chat. Un énorme boum suivit ma chute. Contrairement à celle que j'avais faite dans les escaliers, là, j'avais un peu mal. Mon esprit brouillé se retrouva donc en plus retourné. J'étais donc étalée par terre à l'étage des profs. Et comme la coutume exige que je n'ai pas de chance, quelqu'un avait entendu le fameux boum. Ce qui en soit n'était peut être pas une mauvaise chose, vu que de l'aide pour me relever serait la bienvenue. Mais j'avais toujours un chat sous le bras, ce qui n'étais pas la chose la plus facile du monde à cacher. Dans un dernier élan, j'attrapai Cerise avec difficulté pour la glisser sous mon t shirt trop grand. Quelques instants après, je sentis deux mains se poser sur mes épaules, avant de glisser sur mes hanches pour me remettre debout. Mécaniquement, je levai les yeux vers la personne qui venait de me relever, alors que j'écrasai Cerise en la faisant passer derrière moi. La personne en question n'était autre que celle que je fuyais, ce qui eut le privilège de m'arracher un sourire nerveux. Il avait les cheveux dégoulinants, et le t shirt à moitié humide. Sous lequel se dessinait son torse finement musclé, que je venais de voir voilà quelques minutes. Les yeux écarquillés, je le regardais de la tête au pieds.
- C'est fou ce que tu es maladroite, soupira-t-il en souriant. Je t'ai entendu tombée, ça m'a un peu surpris. Mais pourquoi courais tu dans un étage interdit aux élèves ?
Navrée d'avoir écourté votre douche. Il avait d'ailleurs était très rapide. Complètement rouge, je me tortillai pour que Cerise reste en place. Chose pas évidente du tout.
- J'aime faire dans l'original, lui répondis-je en souriant de toutes mes dents.
Et sans même attendre une quelconque réponse de sa part, je tournai les talons, le laissant sécher là. Je me remis à courir malgré ma chute, ne supportant plus l'affreuse sensation des poils de Cerise contre mon dos. Et j'allais aussi m'enflammer si je ne faisais rien. Voir cet homme à moitié nu et trempé était trop pour moi en une seule journée. Je ne pourrais plus jamais le voir comme avant.
