Guest: Merci merci :3. Et au mon dieu je viens m'inscrire avec toi "mode groupie ON" ! En tout cas, ta review me fait plaisir, vraiment :). Et pour Auron, navré, mais il vit dans une autre de mes fics ;). J'espère que la suite te plaira, et j'attends ton avis !

Rafrob et Mia: Merci merci !


Chapitre 15 :

J'avais froid. A croire que le chauffage n'existait pas pour la direction. Grelottante, enveloppée dans ma couverture, je regardais la fenêtre, pensive. Une tasse de thé fumante entre les mains, je me contentais de souffler dessus sans quitter la vitre des yeux. J'étais seule dans la chambre. Même si Cerise était là, je pouvais me considérer comme telle, étant donné qu'elle dormait sur le lit de Tifa. Je soupirai en la voyant endormie. Elle m'en avait fait voir de belle, le dernier lundi. Ce vendredi soir, je n'en étais toujours pas complètement remise. Je ne pouvais pas m'empêcher de visualiser mon prof de maths sans sa chemise à chaque fois que je le voyais. Alors déjà que ma concentration en cours de maths était déjà égale à celle d'une petite cuillère, alors imaginez maintenant. Pour faire bref, je n'écoutais plus rien, je bavais sur ma table. Ce qui me valait de me damner au moins cinq fois par jour.

Cette pensée m'arracha un sourire. Un petit sourire. Dehors, il neigeait. Les flocons tenaient au sol gelé, formant une légère couche immaculée qui ne cessait de croître. Contrairement à mes amis, je n'avais pas osé mettre le nez dehors. Il faisait bien trop froid pour moi. En effet, le vent faisait rage, et je ne pouvais que les plaindre. Elena et Reno étaient sortis en ville savourer leur dimanche après midi. Ils devaient s'être posés à un café, comme toujours, attendant le dernier moment pour rentrer. Tifa était à l'extérieur, dans le parc, et je la voyais depuis la fenêtre. Emmitouflée dans les bras de Cecil, elle semblait sereine. Cette seule vue me faisait de la peine pour Cloud. Je les avais vu s'embrasser timidement dans l'après midi. Je ne savais pas vraiment si c'était une bonne chose. Certes, ils avaient l'air heureux, mais qu'en serait-il de notre groupe ? Cloud allait être blessé, je le savais. Mais j'étais sans doute la seule à le savoir, et je priais juste pour que cela ne nous divise pas. Le jeune homme blond était sortit, alors il ne pouvait avoir vu, mais tôt ou tard, il saurait.

Secouant la tête, je chassai ces pensées de ma tête. Il fallait que j'arrête de penser aux problèmes des autres. Je les aimais, mais ils étaient suffisamment grands pour s'occuper d'eux. Et j'avais déjà trop de soucis en tête. Ou plutôt un soucis. Toujours le même. Et ça m'enrageais de toujours me sentir agresser par cette situation. De toujours avoir l'impression qu'elle me filait entre les doigts.

Ruminant mes pensées, je me tournai vers la porte. J'étais entrain de me transformer en vrai larve, à couler sur ma chaise depuis le début de la journée en regardant la neige tomber. Il fallait que je bouge. Me levant sans aucune grâce, je me dirigeai vers le couloir. Ma balade allait consister à en faire un tour histoire de m'aérer un peu, ma couverture autour des épaules, et à retourner dans ma chambre. Une expédition qui au moins n'avait rien de dangereux, à moins qu'une des choses les plus pénibles du monde qui n'arrivent qu'à moi ne se produisent. Je tournai la poignée sans grande conviction. En pyjama, les yeux endormis, les cheveux en pétard, je devais être sublime. Enfin, pour aller dans le couloir, je n'avais pas vraiment besoin d'être tirée à quatre épingles.

Je traînai des pieds en sortant de mon antre. Le couloir devant moi était vide, ce qui m'arracha un soupir de soulagement. Je n'avais envie de croiser personne. En fait, j'étais d'humeur grincheuse. Un peu. Je commençai donc mon tour de couloir en activant le bouton lenteur extrême. J'aimais bien voir cet endroit sans personne. Et il fallait bien avouer que me dégourdir les jambes n'était pas si désagréable que ça. Alors que je commençais presque à sourire, chassant mes idées envahissantes, j'entendis derrière moi une porte claquer. Tournant la tête par réflexe, je souris en voyant un jeune homme aux cheveux gris sortir de sa chambre.

- Salut Yuffie, m'interpella-t-il en fermant sa porte.

J'allais lui répondre, mais son sourire était moins enjoué que d'habitude. Ses grands yeux bleu vert me regardaient d'un air las.

- Que se passe-t-il Kadaj ?ne pus-je m'empêcher de demander, sourcils froncés.

Le jeune homme rougit légèrement. Kadaj n'était pas d'une nature très facile à comprendre. Il pouvait paraître arrogant et fier aux premiers abords, mais en réalité, je l'avais découvert comme quelqu'un d'avant tout sensible. Mes amis ne l'aimaient pas. Sans doute parce qu'il était avant tout le nouveau petit ami de Jyhl, mais moi, il m'était agréable. Curieusement, sa présence dans mon moment de solitude ne me gênait pas.

Alors que j'attendais une réponse, je le vis se mordre la lèvre et se tordre les doigts. Ces gestes étaient chez lui un signe de gêne.

- Et bien, c'est à cause de Jyhl, m'avoua-t-il en baissant les yeux.

Je ne pus m'empêcher de rire. Il était adorable. Tout simplement adorable quand il parlait de sa petite amie d'un air complètement paniqué, alors qu'elle se fichait de lui comme de sa première paire de chaussettes. La punaise ne faisait que sortir avec lui pour sortir avec quelqu'un. A mes yeux, il méritait bien mieux qu'elle.

- Quoi, t'as vu ta copine avec un livre ou réussir une addition à deux chiffres ?me moquais-je, un sourire aux lèvres.

Kadaj me foudroya du regard. Oui, c'était mal de ma part de me moquer de sa situation amoureuse. Mais c'était tellement drôle. Cependant, le jeune homme finit par se radoucir, et se laissa glisser contre le mur en esquissant un sourire.

- Si il n'y avait que ça, soupira-t-il en plaisantant à son tour.

Sans répondre, je vins m'asseoir à côté de lui. Un silence s'installa pendant quelques instants, que je brisais d'un raclement de gorge.

- Et bien, en fait, commença-t-il devant mon impatience. Elle ne cesse de parler de Cecil. Elle ne s'intéresse qu'à lui. J'ai l'impression de ne servir à rien. Enfin, elle n'a pas le droit de parler de lui comme ça devant moi ! En plus, elle sait pertinemment que Cecil est proche de Tifa, et elle passe sa vie à me parler de ses plans pour les séparer et être en couple avec lui. Elle m'en parle à moi alors qu'elle est en couple avec moi !

Le jeune homme se tut et renifla bruyamment. Je me retins de rire, cette fois ci. Kadaj avait l'air réellement accablé. Mais je ne savais vraiment pas ce qu'il attendait de cette fille là. Elle avait toujours agit de la sorte avec ses conquêtes, et il devait le savoir. Elle n'était rien d'autre qu'une garce.

- Pourquoi tu ne la quittes pas tout simplement ?lui demandais-je finalement.

Ma question le fit pâlir. Il me regarda comme si j'étais folle. Il avait une capacité impressionnante pour changer d'émotion en une fraction de seconde.

- Il y a son idiote de copine là, Lenne, repris-je. Vu que tu pioches dans le rayon des salopes pure souche, tu devrais essayer, non ?

- Hors de question que je sorte avec Lenne enfin !s'emporta le jeune homme.

- Mais pourquoi plus Jyhl que elle ?m'étonnais-je.

- Mais enfin parce que...parce que je l'aime !s'écria-t-il, blessé. Je sais que c'est stupide, mais j'ai cru que je pourrais la changer. Je...je l'aime vraiment. Je ne veux pas la quitter. Je veux juste qu'elle comprenne.

Résonner Jyhl ? Apprendre à un éléphant le violon s'avérerait plus fructueux. Mais la déclaration de Kadaj me toucha. Jyhl savait se faire aimer. Et c'était bien cela le problème. On ne pouvait pas dire qu'elle n'avait pas de charme extérieur. Bien entendu, elle en avait. Mais elle était avant tout la plus belle punaise de l'univers. A elle seule, elle devait totaliser le plus grand record de coups bas interplanétaire. Et Kadaj avait eu le malheur de réellement s'attacher à elle. Pauvre de lui. Non, le fait que Jyhl s'intéresse à Cecil ne me faisait pas vraiment peur. Tifa valait tellement plus que cela, que ce serait insultant de la part du jeune homme de la laisser pour une blonde surgelée. Mais c'était plutôt le fait que Kadaj en soit rendu à se morfondre, ce qui ne lui ressemblait pas, qui me rendait soucieuse. Enfin, qui attirait un peu mon attention.

- Va lui parler, proposais-je.

- Déjà fait, maugréa-t-il.

Prise d'un élan de courage, je saisis les mains du jeune homme, et le fixais d'un air plus déterminée que jamais.

- Je vais allé lui parler moi, m'exclamais-je.

Kadaj me lança un regard plein d'espoir.

- C'est vrai ?me demanda-t-il, les yeux presque larmoyants.

- Oui, je te le promets, lui assurais-je.

Mais qu'est ce que je faisais moi. J'étais entrain de promettre à Kadaj que j'allais parler avec ma pire ennemi de ses histoires de couple. Alors qu'elle est entrain de se soucier de celle de Tifa, et pas de la meilleur manière. J'étais vraiment trop bonne.

- Et donc tu lui as dit quoi ?chuchota Tifa, les yeux écarquillés.

La grande brune me regardait, comme si elle avait peur de mal comprendre. Elle en lâchait presque son éprouvette, qui penchait dangereusement à l'horizontale. Nous étions en plein TP de chimie, le lendemain de mon entretien avec Kadaj. Mlle Rydia avait eu l'accord de notre prof de combat pour lui voler une heure, souhaitant nous faire expérimenter au plus vite pour pouvoir terminer son cours. Et Tifa et moi étions loin d'être en avance. J'avais déjà renversé le contenu de notre précieuse solution préparée avec soin sur ma blouse, si bien qu'il nous avait fallu la recommencer. Et maintenant, Tifa était sur le point de le renverser de nouveau, mais cette fois ci, sur la table.

- J'ai dit que j'allais parler à Jyhl, répétais-je en rattrapant de justesse notre mélange.

- Mais t'es malade !s'écria mon amie en me regardant m'essuyer le front sous le coup du stress.

Bon, elle n'avait pas tort. Je n'avais d'ailleurs toujours pas trouvé pourquoi j'avais promis une telle chose. Parler à Jyhl ! Comme si c'était une chose possible.

- On va dire que je ne vais pas lui demander de rester avec Kadaj, commençais-je. Je vais juste essayer de lui faire comprendre qu'elle doit le quitter si elle ne l'aime pas.

- Kadaj, soupira Tifa en attrapant son stylo. Mais pourquoi tu l'aides celui là ?

- Tifa, la grondais-je, les mains sur les hanches. D'accords, c'est un prétentieux fini doublé d'un affreux frimeur. Mais au fond, il n'est pas méchant comme tu le vois, je t'assure ! Il cache un vrai petit cœur tout tendre.

Tifa leva les yeux au ciel et joignit ses mains de la manière la plus niaise possible en papillonnant des cils. D'accord, Kadaj n'était pas la personne que j'aimais le plus au monde, et mon engagement envers lui était pire qu'un suicide, mais tout de même !

La grande brune me regarda une fois sa mièvrerie achevée, son stylo entre les dents.

- Et tu sais, murmurais-je en versant une goutte de je ne sais quoi dans notre solution. Je crois que tu n'as pas à t'inquiéter de la punaise pour ton couple.

Tifa perdit son sourire. Elle ne devait pas s'attendre à ce que je sois au courant. Mais je devais lui dire. Je voulais qu'elle sache que je savais. C'était sa vie, et elle pouvait savoir que j'en connaissais un morceau.

- J'aurais préféré te le dire avant que tu ne le découvre, la ninja, finit-elle par lâcher en riant.

- Ma légende me rattrape, plaisantais-je à mon tour.

Nous éclatâmes de rire ensemble. Je détournai le regard pour me calmer, sous l'oeil sévère de Mlle Rydia. Dehors, ma neige n'avait pas cessé, volant dans tout les sens comme une véritable tempête. Je n'étais pas vraiment pressée de goutter à l'air glacé, qu'il nous allait pourtant falloir affronter pour aller au terrain de combat. La saison d'hiver était celle durant laquelle je sortais le moins. La métamorphose stalagmite n'était pas mon fort. Las flocons me firent soupirer. Je ne savais pas vraiment pourquoi. Rire me faisait beaucoup de bien, surtout avec Tifa, mais dès que je me retrouvais seule contre mes pensées, je me sentais envahie. Je n'aimais pas beaucoup cette sensation d'oppression. Et je ne savais que trop d'où elle venait. Elle venait d'elle. Cette autre fille, poil de carotte. Je me sentais étouffer sous son souvenir, sous sa beauté, sous sa complicité avec Mr Valentine. Elle était tellement supérieur à mes yeux. Je ne savais pas vraiment quoi faire. Cela faisait du bien d'aimer quelqu'un. Tellement que ça en faisait mal. Et je ne savais pas vraiment comment survivre à ça. Jamais je n'aurais pensé que ce que je croyais être un simple béguin pour mon prof prendrait une telle ampleur. En fait, je voulais aider Kadaj peut être juste parce que je savais ce qu'il ressentait.

- Jyhl !

J'avais du mal à croire ce que je faisais. J'étais entrain d'appeler miss punaise interplanétaire en personne. Quelqu'un que je pourrais étriper à n'importe quel moment et sans aucuns problèmes. D'après Reno, l'appréhension de cette entrevue dont je lui avais parlé juste après le massacre de physique m'avait stresser pendant tout le cours de combat. Ce qui avait fait de moi une vrai furie à affronté, m'avait-il dit. Pour une fois que nous nous battions l'un contre l'autre, il regrettait presque le choix de Mr Angeal. En tout cas, son bras entaillé le regrettait, lui. Tifa, Elena et Cloud étaient partis le voir à l'infirmerie, ou s'assurer que l'infirmier ne le torturait pas, jugeant visiblement bon de me laisser seule dans les couloirs avec la blonde hyper oxydée.

A l'entente de son nom, cette dernière se retourna avec son air naturellement hautain, promenant ses yeux maquillés sur moi, méprisante.

- Non, tu ne dis rien, la coupais-je alors qu'elle allait cracher son venin. Déjà que c'est pénible de venir te parler alors par pitié, ne le fais pas de toi même.

Jyhl arqua les sourcils, et croisa les bras sur sa poitrine, dansant d'un talon sur l'autre en poussant un soupir exaspéré. Oui, tout ça à la fois.

- Je suis venue te parler de ton copain, repris-je en me posant, respirant calmement.

Non, elle ne me faisait pas peur. Personne ne me faisait peur à moi. J'avais juste peur de ne pas résister à l'étrangler. Alors je me contenais. J'aurais dû penser au yoga avant de la voir.

- Mais de quoi je me mêle ?siffla-t-elle, se recoiffant d'un geste souple de la main.

- Tu le laisses en plan, et ça c'est immonde, soupirais-je. Quittes le au moins, si tu n'en veux plus. Mais ne lui fais pas subir tous tes ressentis sur les autres gars qui t'intéressent.

La blonde en face de moi parut réellement surprise. Elle devait s'attendre à une vacherie de ma part, mais en aucun cas à ce que j'aborde ce sujet là avec elle. Je crus qu'elle allait en lâcher son sac. Ce qui m'aurait fait bien rire.

- Attends, tu es entrain de me dire que j'agis cruellement avec Kadaj ou je rêve ?s'énerva-t-elle.

- Tu ne rêves pas, répliquai-je.

- Ça ne te regarde pas, me coupa-t-elle immédiatement en détournant le regard. Et je ne vois pas en quoi tu peux comprendre ces choses là.

J'avais touché le point sensible. Seulement la chose dont elle ne se doutait pas, c'est que j'étais peut être une des personnes les mieux placées pour lui faire comprendre à quel point aimer quelqu'un qui aime quelqu'un d'autre peut faire mal.

- Au contraire Jyhl, rétorquai-je en souriant. Je sais exactement de quoi je parle. Je ne vois pas pourquoi tu cherches à obtenir l'attention de Cecil alors qu'il s'intéresse à Tifa. D'accords, ce sont tes affaires. Mais tu as un copain en or, et si tu lui laissais un peu plus l'occasion de te le prouver, tu serais surprise.

La punaise ne répondit pas. Je profitais de ce moment d'assimilation de ma longue tirade pour m'éloigner. Je la dépassais rapidement, et elle ne prit même pas la peine de me regarder. Mais je sus à son expression troublée que je ne l'avais pas laissée de marbre.

- Et tu sais, ajoutai-je avant de disparaître dans mes escaliers, une personne qui t'aime vraiment, tu n'en croiseras peut être qu'une. Alors fais tout pour la garder au lieu de faire l'idiote.

Et je la laissai là, confrontée à ses pensées, fière de mon petit effet.