Milou-sarcastic-yaoiste: 0.0 ça c'est une longue tirade x) (ok j'arrête là...). Alors déjà, merci pour ta review, cela me fait plaisir, et je l'ai lu entièrement ! Pas question de l'écourter ! D'abord, je m'excuse pour les quelques fautes d'orthographes, et les références à Code Lyoko non citées. Ensuite, pour ce qui est de cette histoire de longue tirade, je te l'accorde, c'est un peu énorme, mais je m'explique: déjà, sur mon doc open office c'était plus long x), et après, c'est dans le caractère de Yuffie d'exagérer. Comme je suis dans la peau de ce personnage, on va dire que je le joue pleinement. J'aime beaucoup le théâtre moi aussi, et j'aime beaucoup "adopter" mes personnages :). Et pour le petit côté niais, je trouve qu'il en faut toujours un peu dans une histoire d'amour, mais j'ai horreur quand les mièvreries dominent. Donc je suis très heureuse que ce juste équilibre te convienne. En tout cas, j'attends ton avis sur les prochains chapitre, et je suis ravie de t'avoir convertie à ce couple en une nuit x)


Chapitre 15 :

- Allez, c'est finit pour aujourd'hui !

Je lâchai mon shuriken, et crus que mes jambes allaient m'abandonner. Angeal nous avait poussé à bout, cette fois ci. Malgré le froid polaire qui rugissait dehors, j'étais trempée de sueur. Mes bras me brûlaient. La douleur dans mes membres étaient telle que j'aurais pu m'écrouler et m'endormir sur place. Je sentais tout mon corps trembler sous la fatigue. Notre professeur de combat nous avait gardé tout l'après midi sans nous ménager une seule seconde. Les deux heures de maths du matin avaient déjà été éprouvantes, mais alors là, cela nous achevait. J'avais frôlé la crise de nerf durant le cours de Mr Valentine, en m'acharnant sur cette fichue histoire de trigonométrie aussi emmerdante que malsaine. J'ai d'ailleurs bien cru que mon rapporteur allait passer par la fenêtre. Et mes joues avaient manqué de peu la combustion instantanée. Enfin, la routine quoi.

Je m'appuyai sur l'épaule de Reno. Le jeune homme ne semblait pas en bien meilleur état que moi. Je n'attendais qu'une chose, l'ouverture des vestiaires. J'avais besoin d'une douche. Brûlante. Mr Angeal finit par nous ouvrir au bout de plusieurs minutes qui me parurent être une éternité, et je me précipitai vers mon sac. J'attrapai au bout de plusieurs tentatives tremblantes mon gel douche et ma serviette, et me déshabillais en vitesse avant de plonger sous l'eau chaude.

- Ceci est la meilleur récompense que la vie puisse offrir, m'exclamai-je en sentant le jet puissant apaiser mes muscles endoloris.

- La douche seul, c'est bien, mais à deux, c'est mieux, plaisanta bruyamment Tifa en entrant dans la cabine d'à côté.

Je ris doucement à sa blague graveleuse. Mais la pensée qui me traversa l'esprit à la seconde d'après me fit rougir de honte. L'idée de pouvoir un jour partager ma douche avec l'homme que j'aimais fit littéralement brûler mes joues, menaçant l'eau de s'évaporer. Secouant la tête, je tentais de reprendre contenance, l'image de Mr Valentine torse nu implantée profondément dans le crâne.

- Gel douche ?réclama Elena depuis la dernière cabine.

- Attrape !cria Tifa.

Je prédis son lancé de bouteille en cachant ma tête avec mes bras. Je vis le flacon me passer au dessus, et je me relevai doucement une fois le danger passé. J'entendis Elena râler, et je devinai assez aisément qu'elle ne l'avait pas rattrapé avec les mains, son gel douche.

- Au fait, reprit Tifa en arrêtant la douche. Ce soir, ça vous gêne si Cecil se joint à nous ?

- Mais pas du tout, la rassurai-je. Je me ferais un plaisir de lui faire savoir ce qu'il va subir si jamais il ose te faire du mal !

Tifa éclata de rire et claqua la porte de sa cabine. Me rhabillant en vitesse, je la suivis, et faillis mourir de rire en voyant Elena se battre avec son sèche cheveux. Elle était juste tordante à tirer sa brosse dans tous les sens pour domestiquer un peu ses cheveux rebelles. Elle grogna quelques mots inintelligibles en me voyant rire, et atteint un résultat correcte au bout d'une dizaine de minutes. Les garçons devaient nous attendre, et Reno n'était pas la plus belle incarnation de la patience. Un peu comme moi, en fait. Ce dernier râla d'ailleurs en nous voyant enfin arriver, traînant des pieds sous le poids de nos corps et de nos armes. J'étais vraiment épuisée, et je risquais de ne pas tenir longtemps ce soir. Le copain de Tifa qui venait pour faire connaissance allait me voir dormir. Passionnant. Sur le chemin qui menait au self, je manquai de tomber plus de dix fois, et au minimum quinze dans le rang.

- Yuffie, tu ne tiens plus debout, me fit remarquer Reno en me rattrapant de justesse.

Merci, j'avais remarqué. Je venais de me manger la première table du réfectoire dans la hanche. Massant nerveusement mon os, je m'affalai à notre table sans aucune grâce. La tête entre les mains, je n'avais même pas la force de remuer mes pâtes ou de les manger. Cloud se moqua de moi en me proposant de me les faire avaler, mais je déclinai sa proposition aussi sec. Je n'avais envie de rien, si ce n'est mon matelas. Mon tendre matelas, et ma couette moelleuse. Le bonheur.

- Bon, je crois que je ne vais pas trop traîner, soupirai-je en ramassant mon plateau.

- Évite de mourir avant qu'on arrive, me demanda Tifa en avalant un morceau de sa tarte.

Je lui adressai un sourire las, et partis non sans trébucher vers les portes de sortie. Sur la dernière table, j'eus le temps d'apercevoir mon cher professeur de maths, qui dînait avec Mlle Asche, Mr Cid, et Mr Wakka. Il me fixa le temps que je sorte du réfectoire, ses yeux carmins plus qu'impassibles, faisant monter en moi une incontrôlable vague de chaleur. Son étrange sourire amusé m'arracha un rire nerveux, alors que je rabattais violemment les portes doubles.

- Allez, chameau, dis le que t'es fiancé, grognai-je en fronçant les sourcils.

Son comportement m'agaçais. Certes, il n'était pas censé savoir que j'avais vu sa chère et tendre, mais je ne pouvais que lui en vouloir. Je fulminai à l'idée qu'il continue à agir comme si il n'y avait rien. De toute façon, il n'y avait rien. Entre nous, il y avait un vide. Il était mon prof, et moi son élève, rouquine ou pas. Jamais, jamais il y aurait autre chose que du vide. Et il avait bien le droit d'éprouver de la sympathie à mon égard. Mais moi je l'aimais. Peut être trop. C'était sans doute cela, mon problème. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'il puisse toujours l'ignorer, et en être totalement indifférent. Je me perdais moi même dans ce que je pensais.

Je shootai joyeusement dans un caillou abandonné devant les escaliers de l'internat. Ce qui me fit bien entendu perdre toute équilibre, et donc tomber sans aucune grâce. Je grognai de douleur en touchant le sol. Fichu maladresse. Fichu malchance. Fichu tout. J'en avais marre. Réellement marre. Je ne pouvais pas affirmer que ma vie était nulle, mais je n'en étais pas loin. J'étais amoureuse de mon prof de maths, lui d'une autre fille. Je voyais deux de mes amis se tourner autour pour finalement se trahir en s'intéressant à d'autres personnes. J'aidais ma pire ennemi à régler ses problèmes de couple. J'endurais le bonheur de mon meilleur ami et sa petite amie. J'avais juste envie de hurler. De dégager ce trop plein. Je m'occupais des autres, mais aucun d'eux ne s'occupaient de moi. Je me noyais. Et le pire était que tout cela n'avait été déclenché que par une seule chose. Une seule. Ma subite crise de nerfs n'était en fait dû qu'à poil de carotte qui s'était indirectement mêlée de ma vie et avait tout simplement désordonner mon petit monde. Personne ne se souciait vraiment de ce que je pouvais ressentir. Personne.

- Mlle Kisaragi ?

Ah, oui, c'est vrai. J'avais oublié de me relever. Et quelqu'un étalé au milieu du couloir ne devait pas passer inaperçu. Rapidement, je me dressai sur mes coudes afin de m'asseoir. M'essuyant le visage, je sentis plusieurs larmes perler contre mes joues. Je ne savais pas qui se tenait devant moi, mais cette personne allait me voir craquer.

- Allez vous en, marmottai-je en sanglotant.

Naturellement, mon interlocuteur n'en fit qu'à sa tête. Il posa une main sur mon épaule, ce qui m'incita à relever la tête. Accroupi à ma hauteur, ses lunettes remontées sur son front, notre infirmier me regardait en souriant. Oh non. Pas lui.

- Je ...je, balbutiai-je en reculant.

Il me terrifiait. Cet homme me terrifiait. J'aurais préféré rester là toute la nuit plutôt qu'il ne me trouve. Cet espèce de fou était capable de tout, j'en étais sûre. Mes larmes m'empêchaient clairement de voir, faisant monter en moi une angoisse particulièrement oppressante.

- Que vous arrive-t-il ?reprit l'homme.

Sa voix me surprit. Elle semblait plus protectrice que menaçante. Ce qui me rassura quelque peu. Lentement, je calmai ma respiration affolée, et me redressai pour lui faire face.

- Vous ne pourriez pas comprendre, répliquai-je en me dirigeant vers la porte.

- Parfois, parler suffit à soulager, murmura calmement Hojo en me fixant. Il n'est pas forcément nécessaire que la personne vous comprenne.

Me retournant, je lui lançai un regard noir.

- Et pourquoi je vous parlerai à vous ?sifflai-je, volontairement venimeuse. Pourquoi à vous plus qu'à quelqu'un d'autre ? Je doute que vous ayez ne serait-ce qu'une seule fois aimé dans votre vie, déraillé comme vous l'êtes, alors mes problèmes de cœur ne vous concernent pas !

Mes paroles étaient blessantes, et j'en avais conscience. Me défouler sur lui n'était sans doute pas la meilleur solution, mais mes nerfs en avaient besoin. Tellement besoin. Je me rendis compte à cette instant le bien que cela pouvait faire d'extérioriser ses émotions refoulées. Même si c'était en criant toute ma haine à quelqu'un qui ne le méritait pas. J'avais juste besoin de hurler. De pleurer. De tout, sauf de me murer dans le silence.

Hojo me regarda tristement. Je devais l'avoir atteint avec de tels propos. Lui qui semblait pourtant si impénétrable. Peut être que j'avais visé juste en insultant sa vie sentimentale. Peut être qu'une blessure s'y tenait. Il me dévisageait sans même répondre. Nous étions les seules personnes présentes dans le couloir, et le silence devenait presque gênant.

- J'ai été marié une fois, tu sais, finit-il par lâcher sans me quitter des yeux.

J'en restais sans voix. Bien qu'il me regarde, il avait l'air perdu ailleurs. Loin, beaucoup plus loin. Peut être trop loin.

- Alors je ne suis peut être pas la personne la moins bien placée pour t'écouter, poursuivit-il. J'ai été blessé moi aussi par l'attachement. Sans doute pas de la même manière, mais j'ai appris à vivre avec.

- Que s'est-il passé ?ne pus-je m'empêcher de demander.

- Elle est morte, lâcha-t-il tout simplement. Aujourd'hui il ne me reste d'elle que mon fils.

- Vous avez un fils ?m'étonnai-je.

- Oui, il est en dernière année ici, sourit Hojo en s'asseyant sur les marches. Il s'appelle Sephiroth, peut être que tu le connais.

Je pris place à ses côtés, et réfléchis au nom qu'il me donnait. Je pouvais affirmer être vraiment surprise de ce que cet homme me disait. Moi qui l'avait cru dépourvu d'humanité, il avait en fait aimé et pleuré comme tout être vivant. J'avais un peu honte de m'être énervée contre lui maintenant. Certes, un jour il m'avait menacé de me couper la jambe, mais ce n'était pas une raison pour lui en vouloir ?

- Ah, je vois !m'exclamais-je alors. Cloud et lui s'entende bien. Et ben, si j'avais su que vous étiez de la même famille.

- Il ressemble plus à sa mère, m'avoua Hojo en souriant, pensif. Mais assez parlé de moi ! Ce n'est pas moi qui était entrain de pleurer au milieu d'un couloir.

Ah oui, c'est vrai. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire. C'était un adulte, je ne le connaissait pas, et il me faisait peur. Je ne savais vraiment pas pourquoi lui dire quelque chose allé arranger mes problèmes.

- Oh et puis zut, grognai-je.

L'homme à côté de moi me lança un regard perplexe. Il n'avait peut être pas saisit que j'étais entrain d'envoyer bouler mon conflit interne.

- J'ai quelques problèmes, soupirai-je. Et le plus important étant celui avec un homme.

- Tu en es amoureuse et lui est inaccessible ?me demanda Hojo en haussant un sourcil.

- Mais comment... ?m'exclamai-je, surprise.

- C'est évident, rigola mon interlocuteur.

Ah bon. Alors comme ça, pour lui, retrouver quelqu'un allonger au milieu d'un couloir signifiait forcément que cette personne était amoureuse de quelqu'un d'inaccessible. Cet homme serait décidément toujours un mystère à mes yeux.

- Yuffie ?

Je sursautai en entendant mon prénom. Une voix plutôt féminine venait de m'appeler. Relevant les yeux, je vis le visage décomposé de Tifa valser entre moi et notre infirmier. Elle aussi, elle ne l'aimait pas beaucoup.

- Bon, je vais vous laisser, soupira ce dernier en se levant. En tout cas, n'oublie jamais une chose. Fais tout ce que tu peux pour rendre ce que tu aimes accessible, et tu y arriveras.

Et il nous planta là. J'en oubliai de réagir. Jamais je n'avais rencontré quelqu'un d'aussi curieux. Effrayant, certes, mais surtout curieux. Et pas si repoussant que ça. Il avait cherché à m'aider, et je lui en étais reconnaissante.

- Yuffie ! Est ce que ce boucher t'as fait quelque chose !hurla Reno en me soulevant pour m'inspecter sous toutes les coutures.

Je me débattis face à mon ami, en lui affirmant autant que je le pouvais que je n'avais rien. Hojo avait vraiment une très mauvaise réputation. A croire qu'on ne pouvait pas lui parler sans se faire torturer.

- Je vais bien, lâchai-je une énième fois en reculant.

Reno haussa un sourcil, et soupira. Posant une main sur mon épaule, il attrapa Elena de l'autre et commença à monter les escaliers. Tifa me tira le poignée pour que je face de même, et sautilla sur les marches, toute contente. Mes amis avaient une capacité d'oubli impressionnante. Ils semblaient déjà ne plus se souvenir que j'étais entre les griffes d'Hojo il y avait à peine quelques minutes, et remontaient vers la chambre comme si de rien n'était. Je levai les yeux au ciel, et finis par me résigner à ne jamais les comprendre pleinement.