Milou: Mais bien sûr que je connais kingdom hearts, et Axel est tout simplement mon perso préféré (et Reno aussi), j'en ai même fait un cosplay ! En tout cas, ta review m'a fait rire toute seule devant mon pc x). Et pour le chômage et bien on pourra dire qu'il va augmenter vu que ce ne seront plus des humains qui vont bosser et donc... m'enfin voilà x).


Chapitre 18 :

Je roulai sur le côté en atterrissant. Un frisson me parcourut l'échine. Le sol était glacé. Couvert de neige, il mordait ma peau tremblante. Le vent fouettait rageusement mes cheveux, les renvoyant contre mon visage tourné vers le ciel. Juste couverte de mon affreux pyjama, ma chute dans la poudreuse me laissait quelque peu sonnée. C'était atrocement froid. La température était au mieux négative. Grelottante, je me relevai en titubant.

- Yuffie, reviens ici !

Relevant la tête vers notre fenêtre, je vis Reno, penché en avant. Les sourcils froncés par l'inquiétude, il me faisait signe de remonter. Lui tournant tout simplement le dos, je serrai les poings en voyant l'ombre de Tifa traverser le portail de notre école. Malgré la douleur dans mes pieds nus, je me mis à courir dans sa direction. Je ne savais pas très bien ce que je faisais. Ni pourquoi je le faisais. Je le faisais, c'est tout. Reno s'époumonait derrière moi, et je plaquai mes mains contre mes oreilles pour ne plus l'entendre. Je voulais juste ramener Tifa.

- Tifa !criai-je en courant vers l'entrée.

Seul le vent m'apporta une réponse, me faisant vaciller. Je pestai bruyamment contre le temps d'hiver, et repris ma course sans savoir où mon amie pouvait être. Je ne réfléchis même pas à quelle direction prendre en arrivant à la sortie. Je me ruai droit devant en criant le prénom de la grande brune dans l'espoir qu'elle revienne. Il faisait nuit noire, les lampes grésillaient à cause du froid. Il n'y avait personne d'autre que moi dans la rue que j'arpentais. Le contacte d'un flocon sur ma peau me fit sursauter. La neige tombait doucement autour de moi. Les larges maisons dominaient les trottoirs, mais je n'avais que faire de leur fière allure. Je voulais retrouver Tifa. La laisser dehors en pleine nuit était tout juste impensable. Il faisait glacial, elle était trop légèrement vêtue. Elle allait mourir de froid si je ne la ramenais pas. Et surtout, il n'était pas forcément sûr de se promener en pleine nuit dans les rues de Midgard.

Tifa !criai-je une fois encore, sans me soucier des éventuels habitants endormis.

Un silence ponctué de bourrasque me répondit. Courant à en perdre haleine, je finis par trébucher contre un obstacle dissimulé sous la neige. Mon corps s'écrasa dans l'épaisse couche de poudreuse, s'enfonçant de moitié dans ce duvet frigorifiant. Mes dents se mirent à claquer en quelques secondes.

- Fichu chat, maugréai-je en relevant la tête.

Je ne voyais pas grand chose. Mes yeux brouillés de neige et de fatigue me brûlaient. Je voulais dormir. Ma tête était plus que lourde. Rassemblant les forces qu'il me restait, je me remis debout en titubant, essuyant nerveusement mes bras trempés. J'ignorai combien de rues j'avais traversé en courant et en hurlant pour retrouver mon amie, mais je ne la voyais toujours pas. Ni elle ni son chat. Me frottant le visage, je décidai de retourner devant l'école pour prendre une autre direction. Le peur au ventre, je m'étais tellement précipitée que je n'avais même pas réagi à la douleur du froid, ne pensant qu'à courir après mon amie. Maintenant, il créait sur ma peau plusieurs marques et sillons violacés qui me lançaient en permanence. J'avais mal. Mes côtes me faisaient mal. Une quinte de toux coupa cour à mes réflexions, brisant encore plus la tranquillité de la rue. Pliée en deux, je fixai le bout de la rue. Puis l'autre. Je ne savais même plus de quel côté j'étais arrivée. La vérité était là. Je ne savais pas d'où je venais, et encore moins où j'étais. Je m'étais ruée à la poursuite de mon amie sans même prêter attention à mon sens de l'orientation plus déplorable que la moyenne. Alors que Tifa, elle, savait parfaitement comment se repérer.

Nerveuse, je me mis à courir de manière irrégulière vers l'un des deux côtés de la rue. Enfonçant une main dans la poche de mon short, je pus constater que je n'avais bien entendu pas prit mon téléphone. Épuisée, je me sentis pâlir. Je n'avais aucun moyen de rentrer à l'école, si ce n'était attendre que l'on me trouve, ou jouer au petit bonheur la chance avec les directions à prendre. Peu soucieuse de ce que ma raison me disait, j'optais pour la seconde option, et me lançai en respirant de plus en plus difficilement sur le chemin que j'avais choisi. Je savais parfaitement que je en pourrais pas passer une nuit entière recroquevillée dans la neige. Si en courant, j'étais déjà morte de froid, il était complètement inutile que j'envisage autre chose. Tenant mes bras pour les réchauffer, je sentais ma gorge me brûler. L'air glacé s'y engouffrant me donnait l'impression d'étouffer. Je sentis quelques larmes perler contre mon visage, et crus qu'elles allaient geler.

Un instant, je stoppai ma course pour reprendre mon souffle. Mais malgré mes pauses, j'en manquais toujours. Ma respiration était rauque, entre coupée de gémissements. Mes poumons semblaient enflammés. Pire qu'enflammés. Et je ne savais toujours pas où je me trouvais. J'étais dans une rue, point. Tournant la tête vers l'une des deux directions que je pouvais prendre, une silhouette encapuchonnée m'adressant un signe de main m'alerta. Reculant de quelques pas maladroits, je me sentis pâlir. C'était un homme. Derrière lui suivaient trois autres silhouettes masculines. Ils portaient des bonnets, des capuches, et leurs mains nues me faisaient signe de les rejoindre. Chose dont mon instinct me dissuadait fortement. Les quatre hommes se rapprochaient dangereusement, et furent bientôt suffisamment proches pour que je puisse identifier des sourires sur leurs visages peu rassurants.

- Salut ma belle, tu t'es perdue ?

La voix me fit sursauter à un tel point que je faillis hurler de frayeur. Elle venait de derrière moi. Prenant un air aussi dur que je le pouvais malgré la fatigue, je fis volte face pour découvrir un cinquième homme au sourire délinquant. Il était à quelques mètres de moi, son souffle rependant autour de lui un halo de chaleur. Il sentait l'alcool et le tabac. Rapidement, je baissai les yeux pour regarder dans quel état j'étais. Un short laissant mes jambes tremblantes à découvert, un t shirt trop grand et un visage pire que fatigué. Je n'étais pas vraiment menaçante. Et ils étaient cinq. Je n'eus d'ailleurs pas le temps de répondre à la question qui venait de m'être posée que je sentis des doigts fermes se poser sur mes bras gelés.

- Ne me touchez pas, articulai-je en repoussant immédiatement la poigne d'un des hommes de derrière.

Un rire gras répondit à mon ordre.

- Mais il mort le chaton, railla un autre en se rapprochant encore plus.

Fronçant les sourcils, je sentis leur regard entièrement rivé sur moi. Serrant le poing, un sourire se dessina sur mon visage.

- Navré messieurs, mais va falloir vous trouver un autre jouet, grognai-je.

Et pour illustrer mes paroles comme il se doigt, j'assénai un puissant coup dans la mâchoire de l'homme en face de moi. Ce dernier vacilla un instant et tomba dans la neige sous les regard stupéfaits de ses camarades. Ils n'avaient visiblement pas prévu que leur proie sache se battre.

- Tu vas voir espèce de garce.

Je ne pris même pas la peine de me questionner sur lequel avait prononcé ces mots, car déjà, l'un d'eux levaient une main sur moi. La parant avec agilité malgré mon corps tremblant, son auteur mangea mon genoux en plein dans l'abdomen, suivit d'un coup de coude au visage, ce qui suffit à le mettre à terre. Alors que je m'apprêtai à me tourner vers les autres, je sentis quelque chose me percuter violemment la joue, puis les côtes. Luttant pour ne pas m'effondrer, je compris que je venais d'être frappée par deux d'entre eux. Seule, épuisée, contre cinq, en pleine, je n'allais pas faire long feu. Je devais à tout prix trouver un moyen de me tirer de là. Je n'avais en aucun cas envie de faire office de dessert pour une bande de malfrat. Repoussant d'un coup sec les mains qui m'empoignaient fermement les bras, je tournai la tête vers la ruelle devant moi. Le plan f rentrait une fois de plus en vigueur. Rapidement, je fis un croche patte à l'homme qui me barrait la route, et me ruai droit devant. Mon souffle coupé ne m'empêcha pas une seconde de courir. Je voulais tout simplement me sauver, à présent. J'avais eu peur que Tifa tombe sur ce genre d'individus, mais c'était sur moi qu'ils étaient tombés.

Je ne savais même pas où je fuyais. Ma tête menaçait d'éclater, mes membres de lâcher, mon souffle de se couper définitivement. J'avais affreusement mal. Partout. Absolument partout. A cause du froid, de la fatigue, de la peur. A cause de tout. Je n'entendais plus rien autour de moi, et je priai pour que les cinq voyous aient abandonné leur chasse. Je ne courrai plus vraiment droit, et menaçai de tomber toutes les cinq minutes. La neige tombait de plus en plus, se faisant agressive. Soudain, je vis mon horizon basculer, avant de sentir tout mon corps s'écraser une nouvelle fois sur le sol. Un gémissement s'échappa de mes lèvres. J'étais de nouveau à terre. Un liquide chaud coula contre ma main. Et contre ma jambe droite. Renforcent ma douleur déjà assez insupportable. Mon être entier se mis à trembler. Je tentai de me redresser, mais j'en étais tout simplement incapable. J'eus à peine la force de tourner la tête pour voir si j'étais bien seule. Oui. J'étais seule. J'avais visiblement assez couru. Mais je n'avais plus aucune force. J'avais cette impression désagréable d'être une flaque. La neige me dévorait. Je voulais me relever, et sentir le feu de mes poumons raviver tout mon corps. Mais j'en étais tout simplement incapable. Chaque tentative me laissait échouée sur la poudreuse, grelottante, sanglotante. J'étais juste capable de ramener mes genoux contre moi, de me rouler en boule, et d'attendre. Je ne devais pas dormir. Je ne devais en aucun cas m'endormir dans le froid. Sinon j'étais fichue. Je me demandais un instant si Tifa était dans le même état que moi, ou si elle avait réussi à regagner l'école. Mais mes réflexions furent coupées nettes par un choc violent contre mon crâne. Dans un dernier instant de lucidité, je compris finalement que ce choc était tout simplement ma tête qui s'écrasait sur le sol.

Une étonnante sensation de chaleur m'enveloppait. Je me sentais bouillante. Peut être était-ce simplement le froid qui devenait brûlant contre ma peau. Mes bras semblaient couverts. D'une douceur à l'odeur particulièrement agréable. La douleur dans mes côtes ne me lançait plus autant. Elle semblait endormie. Nerveuse, je me recroquevillai sur moi même. J'avais pourtant le souvenir de déjà l'être, mais mes membres semblaient s'être étirés pendant mon sommeil. Mon sommeil. Je m'étais apparemment endormie. Je ne sentais plus rien. Ni le sang couler contre ma peau, ni les larmes, ni la neige. L'horrible sensation d'une peau craqueler n'était plus autant présente. Je n'en avais que quelques souvenirs. Je ne sentais plus la poudreuse sur ce trottoir rugueux me lacérer le corps. En fait, je ne sentais plus rien.

Quelque chose de chaud se plaqua sur mon front, me faisant frissonner. Mon cerveau capta ce qui semblait être une voix, ce qui me fis serrer les poings. Bien qu'elle ne soit pas agressive le souvenir des paroles des hommes de la nuit semblaient placarder dans mon esprit.

- Comment te sens tu ?

Je l'entendais aussi bien que si l'on m'avait parlé depuis une piscine. C'était dire. Cependant, elle ne me parut pas agressive ou menaçante. Plutôt bienveillante.

- Vous avez déjà pris une cuite à la neige ?maugréai-je sans même ouvrir les yeux.

- Pas que je sache, non, me répondit mon interlocuteur.

C'était un homme. Bien qu'elle soit encore floue, sa voix me parvenait masculine. Un homme. J'étais chez un homme. Mon esprit sursauta à la place de mon corps.

- Qui êtes vous ? Et je suis où là ?demandai-je faiblement en me frottant le visage.

Non sans peine, j'ouvris un œil. Une faible lumière m'agressa la rétine. Plissant les paupières, j'aperçus rapidement les volets entre ouverts de la pièce où je me trouvais. Je n'étais plus dehors. Un soupir me fit tourner la tête. Un main sur mon front, l'homme à mes côtés ne m'avait pas répondu. Nerveusement, je frottai mes yeux endormis pour y voir plus clair. Presque aussitôt, des yeux carmins se plantèrent dans les miens.

- Je le savais, je suis morte !m'exclamai-je, ahuri.

Je ne croyais pas ce que je voyais. Comme à chaque rencontre inattendue avec cet homme. Ses longs cheveux noirs à moitié peignés, un sourire léger aux lèvres, il me fixait, presque soucieux. Mais que diable faisais-je avec mon prof de maths ?

- Non, mais c'est pas faute d'avoir essayé, plaisanta ce dernier en effleurant mon bras.

Sourcils froncés, il remonta une couverture sur ma peau. Pour lui, elle ne semblait pas très chaude. Pour moi, elle était brûlante comparée à la veille. Mais la température de mon corps ou le nombre de plantes vertes à la Shinra n'étaient en aucun cas le problème.

- Mais je suis où ?lâchai-je, hébétée. Et pourquoi vous êtes là ? Et Tifa ? Et la neige ? Et...

- Calme toi, chuchota Mr Valentine en posant une main sur ma bouche pour me faire taire.

Je ne savais pas quoi faire. Ou quoi penser. Je maintenais ce que je pensais depuis déjà quelques temps. Ce genre de chose n'arrivait qu'à moi. A croire que j'avais un écriteau sur le front avec marqué « les choses improbables doivent toutes m'être réservées ».

- Déjà Tifa va bien, reprit mon prof, plus doucement. Tu as prononcé plusieurs fois son prénom dans ton sommeil, alors ce matin, en allant récupérer des affaires, je me suis assurée qu'elle allait bien. Et je lui ai en même temps fait savoir que tu allais bien. Elle semblait vraiment inquiète.

Je poussai un soupir de soulagement. Mr Valentine, je vous béni. Alors Tifa allait bien. J'en étais réellement soulagée. Mais ma joie ne fut que de courte durée.

- Par contre, je n'ai pas vraiment compris son énorme sourire quand je lui ai dis que je t'avais récupéré, réfléchit Mr Valentine.

Ah. Moi je comprenais. Tifa, reine de la discrétion, se réjouissait tout simplement que je me retrouve chez vous monsieur. Mais bien entendu, ça, je ne vais pas vous le dire, à moins de passer le restant de mes jours en exil. Je me sentis rougir, et je détournai le regard de mon prof. Je constatai alors le tas impressionnant de couverture amassé sur moi. J'étais dans un lit, recroquevillée.

- Comment m'avez vous retrouvé ?demandai-je finalement.

- Les balades nocturnes me font du bien, m'expliqua-t-il. Mais a toi, pas vraiment on dirait.

- Même pas du tout, soupirai-je.

Je sentais bien que je devrais m'expliquer sur le pourquoi j'étais dans la rue à une heure pareille, mais pour l'instant, Mr Valentine semblait me laisser tranquille avec ça. Et puis, je n'étais pas certaine que mon cerveau ramollit me permette de répondre à une question aussi poussée. Non seulement je me sentais épuisée, mais en plus, j'avais en face de moi l'homme que j'aime. Et cela ne m'aidait pas vraiment à me concentrer.

- Mais je suis où ?finis-je par m'interroger.

- Chez moi, lâcha mon prof en se levant.

Répétez monsieur s'il vous plaît, j'ai peur d'avoir mal enregistré. J'étais chez lui, avec lui.

- Dans mon appart, reprit-il en voyant que je ne réagissait pas.

Après mes poumons, ce fut au tour de mes joues de se changer en brasier. Ce n'était plus du tout la peine de chercher à me réchauffer. Un rire nerveux m'échappa. Je me sentais bizarre. J'avais juste envie de me jeter une fois de plus par la fenêtre. J'aurais peut être dû écouter Tifa et changer de pyjama, au cas où mon prof de maths serait amené à me ramasser dans la rue en pleine nuit. Bien que la probabilité qu'une telle chose se produise reste mince. Les statistiques et moi.

- Au fait, me dit Mr Valentine, les mains dans les poches. Il n'est pas question que tu mettes un seul pied à l'école aujourd'hui vu ton état.

- Mais...bredouillai-je.

- C'est le tournoi inter classe de sport alors ni toi ni moi n'avons cours, me coupa-t-il. Tu restes là.

- Mais je ne peux pas, protestai-je faiblement.

Mon prof se tourna vers la porte et l'entre ouvrit avant de me lancer un regard amusé.

- C'est un ordre, souffla-t-il en souriant.

Et il me laissa seule fondre au milieu de ses draps, la tête aussi rouge qu'une écrevisse.