Milou: Yuffie est tout sauf normale. Et pour le chômage, les stats et moi hein x). Faudrait faire une étude plus poussée. Et oui, les chats sont des êtres maléfiques. Mignons d'apparences, mais diables dans votre dos. Ils sont partout ! Et non tu ne rêves pas, j'ai bien posté deux chaps. Il m'arrive même d'en poster plus ;). Enfin bon, j'espère que la suite plaira :)
Rafrob: Merci :)
Chapitre 19 :
Pour une fois dans ma vie, je voulais croire ce qu'il m'arrivait. Même si il ne s'agissait que d'un rêve. Même si je délirais, allongée dans la neige. C'était un très beau rêve. Un rêve en lequel je voulais croire. Ses simples traits rendaient ce moment tout simplement magnifique. Et je le sentais bien à la pression de mon cœur contre mes côtes encore douloureuses. Mes joues rougissaient, je tripotais nerveusement mes cheveux, assise sur son lit, au milieu d'un tas de couvertures. Et je souriais. Toute seule, et pour rien. Un sentiment d'euphorie un peu curieux, et uniquement dû à sa présence. Et j'étais condamnée à être comme cela pour la journée. Cet homme que j'aimais m'avait ordonné de rester chez lui. Et malgré tout ce que ma raison me dictait, je n'allais pas me faire prier. J'aimais ce lieu. L'odeur qui s'en dégageait était la sienne, aussi rassurante qu'agréable. J'aimais sa présence bien plus que je n'aurais pu le penser. Et surtout, je préférais largement ce traitement que de patauger dans la neige. A m'époumoner et à sentir ma peau entière me brûler. Le pire était de se dire que j'étais ici grâce à un enchaînement de circonstances malheureuses comme un chat, la nuit, un saut par une fenêtre, un sens de l'orientation minable, des voyous, et une météo plus que sadique.
Je souris. Cela faisait peut être une heure que je m'étais réveillée, et pourtant, je n'avais pas encore osé bouger. Oui, moi Yuffie, j'étais capable de ne pas oser quelque chose. Mais, pour tout avouer, j'avais un peu peur de ce que j'allais trouver de l'autre côté de cette porte. Peut être tout simplement cet homme que j'aimais, assis tranquillement sur un canapé modeste avec une tasse de café. Ou poil de carotte assise sur ses genoux avec un sourire serein. La pire vision de toute ma vie me traversa l'esprit. La seule solution pour moi de m'assurer qu'elle ne vivait pas avec lui était d'aller voir. Serrant les poings, je repoussai le reste des couvertures. Je n'étais pas ce genre de personne à se laisser ramollir par une grande gourde à la chevelure orange.
- Et ouais ma grande, t'es pas vraiment la seule à surveiller le morceau, raillai-je à l'intention de l'âme de la rouquine.
Certes, je n'étais pas télépathe, mais lui parler sans qu'elle ne m'entende me faisait du bien. Posant mes pieds tremblants au sol, je les sentis s'enfoncer dans une surface moelleuse. De la moquette grise. Que demander de mieux ? J'adorais la moquette. Je fermai un instant les yeux, et me levai avant de les rouvrir. Je n'étais pas vraiment stable. La tête me tournait encore. Je posai une main sur mon front pour calmer ces horribles vertiges, et me dirigeai mollement vers la porte. Posant une main sur la poignée, je l'abattit lourdement, et m'engouffrai dans ce qui ressemblait à un minuscule couloir. En face de moi se dressait une autre porte, et sur le côté, une pièce relativement grande. Faisant tout mon possible pour rendre ma démarche discrète, je m'aventurai dans cette seule issue. C'était un salon. Simple, et paré d'un ameublement moderne dans les tons de gris. Et plus loin, derrière une haute table qui ressemblait à un bar se dressait une cuisine. L'appartement était petit mais particulièrement confortable à mes yeux. Quelque chose me troubla néanmoins. Il n'y avait aucune photos sur les murs. Habituellement, il y a toujours quelques portraits de familles. Mais là, non. Ce qui confirmait ce que je pensais depuis le début. Mr Valentine était un homme très solitaire. Bien que fort charmant. Et j'étais plus qu'heureuse de ne voir aucune illustration de ma chère amie poil de carotte.
- Non, il n'y a aucune photos.
La voix à quelques pas de moi me fit sursauter. Soit cet homme avait le don de lire dans les pensées, soit j'avais pensé à voix haute. J'espérais n'avoir rien dit au sujet de poil de carotte tout haut. Comme je l'avais pensé, Mr Valentine se tenait là, assis sur son canapé, et me regardait. Il manquait juste la tasse de café.
- C'était juste un constat de ma part, m'expliquai-je ne rougissant.
Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de mon prof. Je trouvai un intérêt soudain pour mes pieds. Et c'est en baissant les yeux que je remarquai ma tenue quelque peu changée, ce qui m'arracha un sourire. J'étais vêtue d'une large chemise noire me tombant à mis cuisse, imbibée d'une odeur enivrante me chatouillant les narines.
- Tes vêtements étaient absolument trempés, se justifia mon prof en remarquant mon inspection de moi même. Alors j'ai pris la liberté de t'enfiler une de mes chemises le temps qu'ils sèchent.
J'aimais bien cette vision de moi simplement couverte d'une de ses chemise, appuyée contre le mur, les cheveux ébouriffés. Les manches beaucoup trop grande pendaient sur mes doigts, me forçant à sans cesse les relever. Un doute me prit. Qui m'avais débarrassé de mon pyjama ? Je sentis le rouge me monter aux joues. Mais le sourire rassurant de Mr Valentine m'ôta en quelque sorte la peur que ce soit lui qui s'en soit chargé. Je ne savais pas qui l'avais fait, mais cela ne devait pas être lui. Il me semblait bien trop noble pour cela.
- Tu as faim je suppose ?me demanda finalement mon prof en se levant.
Mon ventre répondit à ma place, et je souris de toutes mes dents pour confirmer le grognement. L'homme me fit signe de le rejoindre dans la cuisine, et il me présenta plusieurs de ses placards. Puis, les mains sur les hanches, il attendit patiemment que je dise quelque chose. Moi, je ne comprenais pas très bien son intention, si ce n'est qu'il venait de me présenter de quoi préparer à manger. Chose que je ne savais absolument pas faire.
- Euh nan, vraiment, c'est pas une bonne idée, lâchai-je en reculant d'un pas. Je sais absolument pas cuisiner, et à moins que vous souhaitiez vous lancer dans un régime immédiat et donc me laisser préparer quelque chose que vous seriez dans l'incapacité totale d'avaler, je ne vous serez pas d'une grande aide.
Mon élan de défense face à sa proposition de cuisiner fit doucement rire Mr Valentine. Sans plus de cérémonies, il me colla une casserole dans les mains, et commença à sortir des assiettes.
- Il n'est jamais trop tard pour apprendre, me dit-il en souriant.
Sans même me regarder, il me glissa une cuillère dans l'autre main, et m'indiqua les plaques électriques pour que j'en allume une. Mon regard passa de lui à ses plaques plusieurs fois avant que je ne me décide, non sans lâcher un soupir. Tournant maladroitement le bouton, je manquai à plusieurs reprises de faire tomber la casserole que je tenais.
- Remplis la d'eau et fais la chauffer, m'indiqua mon prof. Tu es Wutaïenne, vous mangez assez épicé là bas non ?
- Euh oui, mais vous savez, je m'adapte hein, répliquai-je en tournant le robinet de l'évier.
- Alors c'est parti pour de l'épicé, sourit Mr Valentine sans même prêter attention à ma réponse.
Il m'indiqua plusieurs choses à faire, dont celle de plonger dans ma casserole d'eau bouillante un sachet de pâtes, ce que je fis sans protester. Sans oublier naturellement d'en coller par terre sous son œil sévère mais amusé. Tout en débitant quelques excuses et jurons pour mes pâtes fugueuses, je ramassai ces dernières qui traînaient sur le sol, un énorme sourire aux lèvres. Et comme l'exige mon karma pourri, je me cognai la tête contre une porte de placard en me relevant. La seule ouverte évidemment. Ce qui provoqua un rire non retenu de mon cher professeur. Bien que vexée, je ne pus m'empêcher de rire avec lui en me frottant le crâne.
- T'y crois pas, finis-je par maugréer. Mon prof de maths est entrain de m'apprendre à faire la cuisine.
Même si la logique aurait voulu qu'il m'apprenne d'abord à tenir une cuillère sans manquer de la faire tomber.
- Ton prof de maths t'as bien ramasser à une heure du matin dans la rue, alors au point où on en est, se moqua ce dernier en souriant.
- Une heure du matin ?m'exclamai-je, surprise. Pourtant je ne suis partie qu'à 22h !
J'avais déambulé pendant plus de trois heures dans la neige. Je comprenais mieux mon état de fatigue extrême de cette nuit. Un coup de cuillère en bois sur le crâne me sortit de mes réflexions horaires. Mr Valentine me regardait en secouant la tête, les mains sur les hanches.
- Et tu peux me dire ce que tu fichais dehors à cette heure là ?me demanda-t-il.
Non. Non je ne pouvais pas lui dire que je courais tout simplement après Tifa qui elle courait après un chat.
- Euh nan, mais c'est pas du tout important, répliquai-je. Vraiment, j'étais juste avec les autres, et puis, voilà quoi !
- Les autres ?s'étonna l'homme en face de moi en haussant un sourcil.
- Ben oui, Cloud, Elena, Tifa et puis Reno, repris-je, ravis d'avoir détourner le sujet principal. Ah oui, et Cecil aussi.
- Cecil ?répéta Mr Valentine.
- Oui, vous savez, un espèce de grand débile avec les cheveux blancs, en quatrième année, lui expliquai-je en illustrant mes propos de grands gestes.
Mr Valentine se retint de rire lorsque je me cognais la main contre le plan de travail.
- Enfin, non pas qu'il soit débile hein, il est très gentil, mais c'est juste que...commençai-je en me massant le poignée.
- C'est juste que tu aimes bien présenter les gens en les qualifiant de débile même si ils ne le sont pas, sourit mon prof.
- C'est l'idée, répondis-je en riant.
J'aimais en effet présenter les gens de cette manière. C'était la petite touche personnelle que j'apportais à leur portrait, bien qu'ils ne le méritent pas toujours. Mais une chose était sûre. Parler ainsi avec cet homme ne me dérangeait pas le moins du monde. Au contraire, j'avais plus l'impression de parler avec un ami qu'avec mon prof. Bien que cette marque de respect du au vouvoiement entrave encore cette vision des choses.
- En tout cas, petite peste, tu as réussi à détourner ma question, finit par lâcher Mr Valentine.
Grillée.
- Mais c'est juste que...enfin, bredouillai-je en me tripotant les doigts. Je peux pas vous le dire ! Tifa me tuerait !
- Et si je te promets le silence ?sourit-il en croisant les bras.
- Im-pos-sible, le stoppai-je en mettant mes mains en avant.
Le visage de l'homme en face de moi se fendit en un sourire plutôt inquiétant. D'un air totalement détaché, il fixa un instant ses doigts, sans plus se préoccuper de sa cuisine.
- C'est dommage, finit-il par lâcher. Tu risques d'avoir un peu de mal pour rentrer à pied ce soir, tu ne crois pas ?
- C'est du chantage !ne pus-je m'empêcher de râler.
- C'est de bonne guerre, se moqua Mr Valentine sans se départir de son sourire.
Je n'y croyais pas. Mon prof était entrain de me faire chanter comme un gamin. D'une certaine manière, la situation était amusante. D'une autre un peu moins. En effet, j'avais beau l'aimer, il restait un prof. Et je ne pouvais pas lui parler de Cerise. Et je ne savais pas du tout quoi inventer comme excuse.
Devant mon silence, je vis son expression changer. Elle passa de menaçante à absolument craquante. Il venait sans aucun doute de me faire ses yeux les plus adorables.
- Arrêtez de me faire ces yeux là, grognai-je en baissant les bras.
Je respirai un grand coup alors qu'il reprenait son habituel visage impassible.
- Tifa a un chat, commençai-je.
Je le vis hausser les épaules. Certes, comme début, on pouvait faire mieux.
- Je veux dire, repris-je, elle a un chat à l'école. On sait que les animaux sont interdis mais... On est pas vraiment de ceux qui obéissent. Et hier soir, ce chat s'est enfuit, et Tifa lui a courut après. Prise de peur, je me suis lancer à ses trousses pour la ramener, et c'est finalement moi qui me suis perdue.
Je vis mon prof de maths secouer la tête d'un air désespéré. En même temps, il y avait de quoi. Et il me donna un nouveau coup de cuillère sur la crâne. Me frottant la tête en grognant, je le fusillai du regard. Je me faisais battre à coup de cuillère par l'homme que j'aimais.
- Allez, remets toi aux pâtes si tu veux manger, finit-il par lâcher. Je ne dirais rien, rassures toi.
Je souris, et le remerciais en silence, avant de fixer de nouveau ma casserole sans savoir quoi faire. La dernière fois que j'avais touché à ce genre de matériel, j'avais cinq ans, et c'était pour une tentative de gaufres au sucre. Complètement loupées, au passage, ces gaufres au sucre. Heureusement que ma mère était là, ce jour là, pour rattraper le coup. Je secouai la tête en repensant à ma tentative de cuisine et à ma mère. Ma mère bienveillante. Si tout se passait bien, j'allais rentrer chez moi d'ici deux semaines, pour les vacances de noël. Aussi je pourrais retenter la cuisine après cette leçon en présence de mon merveilleux prof de maths.
- Ma foie, c'est pas si mal, avouai-je en engloutissant la première bouchée.
Il n'y avait pas d'autre mot. J'avais tellement faim que j'aurais pu manger l'assiette avec les pâtes. Pâtes plutôt réussies, malgré la cuisson un peu maladroite.
J'étais assise sur en face de Mr Valentine, toujours dans sa chemise, à sa petite table de cuisine en verre. J'étais particulièrement amusée par la transparence du matériau, n'étant en rien habituée à voir mes jambes quand je mangeais.
- Accordes toi 15 % du mérite, sourit Mr Valentine en goûtant à son tour notre mixture.
Oui, les 15 % raté. Enfin bon, peu importait. J'avais passé un moment plutôt agréable, et nous mangions actuellement des pâtes relativement épicées à 16h. Je n'avais pas vraiment fait attention à l'heure à laquelle je m'étais réveillée, mais apparemment, tard. Nous mangeâmes dans un silence uniquement ponctué par quelques unes de mes paroles aussi inutiles qu'amusantes, et finîmes nos assiettes en peu de temps. Me levant pour débarrasser, je commençais à prendre mon assiette et le plat lorsque Mr Valentine me stoppa.
- Va chercher tes affaires, je m'occupe de ça, me dit-il en me désignant la salle de bain.
Je hochai la tête et me dirigeai vers la porte, lorsqu'il m'interpella à nouveau :
- Je doute qu'elles soient entièrement sèches vu l'état dans lequel elles étaient, alors tu n'as qu'à garder ma chemise. Tu me la rendras plus tard.
Je lui lançai un rapide merci et partis chercher mon affreux pyjama. Vu ma tenue, j'avais intérêt à vite m'enfuir dans l'internat avant de croiser qui que ce soit. En touchant mes quelques vêtements étalés sur un étendoir, je constatai qu'en effet, ils n'étaient pas vraiment sec. Le tissu glacial m'arracha un frisson, et je me dépêchai de les attraper pour les reposer dans le salon. Jetant un rapide coup d'oeil au miroir avant de quitter la pièce, je conclus rapidement que je n'étais pas au meilleur de ma forme. Mes yeux étaient cernés, mes cheveux en bataille, et sur ma joue s'étirait une coupure à peine refermée. Charmant. Je ressemblais à un pirate. Le retour à l'école allait être joyeux, surtout si je croisais sur le peu de chemin que j'avais à parcourir jusqu'à ma chambre une foule de gens.
