Milou: Son odeur ? Mmh, je sais pas vraiment, y'a pas de mot pour la décrire x). Et poil de carotte, patience, on va la revoir d'ici pas trop longtemps ;).

Ps: Comme pirate ? ALBATOR ALBATOOOOOOOR


Chapitre 20 :

Il ne neigeait plus. A croire que dame météo avait attendu que je me perde et frôle la mort pour nous offrir un peu de répit. Tripotant nerveusement les manches de la chemise qui me servait de vêtement, je regardais la vitre de la voiture. Les toits couverts de neige défilaient sous mes yeux, tandis que mon prof me ramenait à l'école. La nuit allait tomber, les premières étoiles pointaient déjà sur le ciel assombri. Dehors, la poudreuse ne semblait pas fondre. La température devait être encore bien trop basse. Mr Valentine avait gentiment accepté d'étouffer dans sa voiture en montant le chauffage, pour que, vêtue comme je l'étais, je n'attrapa pas froid. Mais je ne prêtais aucune attention aux frissonnements me parcourant le dos, le regard absorbé par les ronds points et autres panneaux sans intérêt. Je ne voulais simplement pas le regarder lui. J'avais peur de brûler vivante.

Alors que je rêvassais, la voiture s'arrêta enfin devant le bâtiment familier qu'était l'internat. Rapidement, je calculais la distance que je devais parcourir dans cette tenue. Quelques mètres. Seulement quelques mètres. Je ne devais parcourir que quelques mètres sans être vu. Quelques mètres les pieds dans la neige. Perspective peu réjouissante. Mon prof ouvrit sa portière, et me fit signe de sortir, chose que le vent glacial s'engouffrant dans le véhicule ne me donnait aucune envie. Pourtant, j'attrapai mon pyjama roulé en boule, et mis les deux pieds dans la poudreuse. Je lâchai un gémissement en sentant le froid me mordre la peau, et je me mis automatiquement à sautiller sur place pour faire disparaître la douleur. Mon prof haussa un sourcil en me voyant me tortiller, et remarqua finalement ce qui me dérangeait. Peut être n'était il pas au courant, mais la neige, c'est froid. Et si les gens portaient des chaussures l'hiver, ce n'était pas pour rien.

Pestant après ce fichu temps, je ne le vis pas se rapprocher de moi. J'eus à peine le temps de sentir son bras passer autour de ma taille, que je me sentis soulever hors du sol. Réalisant que Mr Valentine me portait, je sentis mes joues rougirent.

- Oh vous savez, vous êtes vraiment pas obliger hein, je peux me débrouiller, ne pus-je m'empêcher de m'exclamer.

- Faut toujours que tu la ramènes, soupira mon interlocuteur en commençant à avancer.

- Ben oui mais voilà quoi, râlai-je.

Je n'avais rien trouvé de mieux à répondre. Oui, je la ramenais tout le temps. Pour tout, et avec n'importe qui. Mais c'était dans ma nature d'enquiquineuse. Croisant les bras comme je le pouvais, je pris une mine boudeuse jusqu'à la fin du trajet. Je le sentis ralentir devant les portes du bâtiment des internes, visiblement gêné pour les ouvrir. Sans rien dire, et avec un sourire triomphant aux lèvres, j'en poussai une d'un doigt sans même relever la tête. Un simple soupir me répondit, et je fus reposer au sol quelques secondes après. Bien que le carrelage soit froid, ce n'était rien comparé à la neige. Petit joueur.

Je me frottai les bras pour me réchauffer, tournant de temps à autre mon regard vers l'escalier.

- Bon, et bien, merci, lâchai-je en souriant de toutes mes dents.

Mr Valentine lâcha un rire, et posa ses mains sur ses hanches. Il commença à s'éloigner vers le hall, mais se retourna brusquement avant que je ne commence à monter les marches.

- Tu sais, commença-t-il, ses yeux carmins rivés vers ma petite personne. Tu n'as qu'à revenir dès que tu as un problème, au lieu d'aller courir en pleine nuit.

Et il me planta là. Je n'osais même pas réfléchir au sens de sa phrase. Je n'étais même pas sûre d'avoir bien compris. M'invitait-il réellement à revenir ? Chez lui ? Mais non, absolument pas. J'avais mal compris.

ooo

- Alors, t'as conclut ?me demanda immédiatement Tifa lorsque je rentrais dans la chambre.

- Presque, répondis-je à l'insinuation moqueuse de mon amie en claquant la porte.

La grande brune souriait, le visage penché au dessus d'une tablette de chocolat, Cerise à côté d'elle. J'étais partagée entre l'idée d'étriper ou d'embrasser le chat. Mais me sentant d'humeur clémente, je me contentais de lui tirer la langue. Tifa ne peut s'empêcher d'éclater de rire. Elle ne semblait pas plus inquiète que ça.

Détournant mon attention de la brune et de sa peluche, je me ruai vers mon armoire pour attraper un pull.

- Alors, raconte, me demanda Tifa en me lançant un morceau de chocolat.

Je réceptionnai le cadeau, et retournai m'étaler dans mon lit et m'envelopper sous ma couette. J'étais presque déçue d'être de nouveau dans mon lit, et pas dans le sien. Je n'y sentais plus la chaleur de ses couvertures. Humant son odeur encore très présente sur la chemise que je portais, je me sentis rougir. Comme un homard cuit. La grande brune me regardait avec des yeux de petites filles, prête à écouter tout ce que je lui dirais. Elle pour qui j'avais risqué ma peau la veille. Je lâchai un soupir. Nous étions seule dans la pièce. J'ignorais complètement où était Elena, mais son secours pour cet interrogatoire forcé m'aurait été d'une grande aide.

- Et bien, commençai-je finalement, me prêtant au jeu. Il est diaboliquement sexy quand il cuisine.

- Rien que ça ?plaisanta Tifa en venant s'asseoir sur mon lit. Et dis moi, c'est quoi cette chemise que tu portes ?

- Ah, ça, murmurai-je en souriant.

Tifa se trémoussait comme une enfant. Je sentais sa curiosité grimpée d'un échelon. Elle qui avait été mise au courant par Mr Valentine en personne, il était tout à fait normale qu'elle se pose des questions. Mais son sourire moqueur ne pouvait que me faire rire. Nous ressemblions à des collégiennes en plein racontage de leur première expérience amoureuse.

- Et bien, repris-je en prenant un air malicieux. Si je ne devais pas lui rendre, je crois que je l'aurais déjà mise en vitrine.

Tifa éclata de rire en me voyant m'extasier volontairement de l'odeur que le vêtement dégageait.

- Arrête, ça en deviendrait presque malsain !plaisanta-t-elle. On dirait que tu transporte de la drogue dedans.

- Mais j'en transporte, rigolai-je en roulant sur le côté. La pire de tous les temps.

Nous ne pouvions plus retenir nos rires. Dans une situation normale, mon amie se serrait jetée sur moi pour savoir comment j'allais après une nuit passée à l'extérieur. Mais là, rien n'était normal. En effet, j'avais passé la nuit et la journée chez mon prof de maths. La base.

- Yuffie ! Est ce que ça va ?!

Le cris angoissé qui s'éleva depuis la porte de notre chambre soudainement ouverte ne suffit pas à calmer notre crise de rire. Je m'en tenais le ventre, et eus à peine la force de tourner la tête pour découvrir le visage sceptique d'Elena. La blonde restait interdite devant moi et Tifa complètement étalées sur mon lit.

- Je vais bien Eli, finis-je par articuler en essuyant une larme.

Elena se rua vers moi, les sourcils froncés, et me saisit les mains, soucieuse.

- On savait pas quoi faire !reprit-elle, paniquée. On...on était vraiment inquiet ! On...on a voulu prévenir la direction, parce que dehors tu aurais pu mourir ! Mais si on les avait prévenu, ça aurait été pire, tu te serais faite renvoyée !

Merci les amis, mais il va falloir revoir l'ordre de vos priorités. Sans prêter la moindre attention à l'air blasé que je tentais de me donner, Elena m'attira contre elle et m'enlaça puissamment. La joue calée de force contre son épaule, je ne pus m'empêcher de sourire. Son geste était adorable. Contrairement à Tifa, savoir que j'avais passé la nuit au chaud chez mon prof de maths ne la rassurait pas plus que ça. Je crus d'ailleurs qu'elle allait me broyer entre ses bras si elle ne me lâchait pas tout de suite.

- J'aime pas quand t'es pas là, murmura-t-elle en s'écartant enfin.

Elle répéta la même phrase plusieurs en me caressant maternellement les joues. Je sentais la peau de mon visage se faire tirer comme celle d'un bambin que l'on taquine.

- Eli, il n'est pas mort ton bébé, alors ne l'étouffe pas.

La voix masculine ayant prononcée ces paroles me fit relever la tête. Reno, appuyé au mur, regardait sa petite amie me torturer avec un sourire aux lèvres. Lui non plus ne semblait pas vraiment inquiet. Tout sourire, il s'approcha de moi et tira légèrement Elena en arrière pour me laisser respirer.

- Comme te disais Eli, on savait pas quoi faire et...commença le rouquin en posant une main sur mes cheveux.

- Oui enfin quitte à plus être dans l'école, je préfère encore être en vie, le coupai-je.

Mon ami ne répondit rien, et m'ébouriffa les cheveux. Remarquant la chemise à son tour, il en saisit un morceau du bout des doigts, perplexes. Avant même qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit, un autre visage apparut dans l'entre bâillement de la porte. Ses longs cheveux blancs plutôt en bataille, Cecil s'approcha de nous. Je lâchai un soupir, le coupant dans son élan de dire quelque chose, et me mis debout sur mon lit. Surpris, tous les visages se tournèrent vers moi.

- Très bien cher tous, lançai-je en levant les bras. Moi Yuffie Kisaragi vais très bien ! Oui j'ai passé la nuit chez mon prof de maths et j'en suis heureuse. Tout s'est très bien passé, je suis revenue ! Et je porte même une de ses chemises sur moi, dont l'odeur tout simplement divine me donne envie de la manger. Et afin de prévenir toutes questions stupides, j'annonce que je viens de dire tout ce qu'i savoir !

Et sur ce, je redescendis de mon piédestal pour affronter les regards interloqués de Cecil et Elena, le soupir de Tifa et l'éclat de rire de Reno. Fière de mon effet, je me rassis dans mon lit pour grignoter ce qu'il me restait de chocolat. J'en avais un peu marre que chacune des nouvelles têtes me posent les mêmes questions concernant mon aventure au grand air, alors je préférais faire une annonce publique comme je savais si bien les faire.

- Yuffie, finit par lâcher Tifa. Cecil n'était pas au courant. Normalement.

Ah. Oui, c'est vrai. Le fait que je sois amoureuse de mon prof de maths n'avait pas encore été évoqué en sa présence. Je souris alors de toutes mes dents, gênée. Je n'avais pas vraiment envie d'en faire étalage, mais dans mon élan, cela m'avait échappé. Elena avait été mise au courant dès le début de l'année, chose qui ne m'avait pas dérangée, étant donné qu'elle était sans cesse avec nous. Mais là, je devais avouer avoir un peu précipité les choses. Je me maudis intérieurement.

Je jetai un regard à Cecil, qui paraissait plus choqué que de coutume. Joignant mes deux mains avec une expression toujours aussi stupide, je marmonnai quelques mots inaudibles.

- Bon, je pense que tu as compris, finis-je par lâcher d'une toute petite voix. Je suis amoureuse de mon prof de maths.

Le visage du jeune homme se radoucit. Souriant, il s'approcha de moi et posa une main sur mon épaule.

- Et tu n'as pas à en avoir honte, me dit-il d'une voix rassurante.

- Mais j'en suis très fière, m'exclamai-je. Je l'assume très bien !

Tifa se mit à rire. Oui, bon, j'avais eu du mal à l'accepter au début. Mais je n'aimais pas vraiment que l'on me dise ce genre de chose. Ma fierté personnelle en prenait toujours un coup. Et surtout, je n'aimais pas être mise à nue de la sorte devant quelqu'un que je connaissais à peine. Certes, je n'étais pas la personne la plus timide du monde, bien au contraire, je me faisais trop remarquer. Mais pour ce qui était de mes sentiments, ce n'était pas forcément des choses que j'aimais avouer, surtout lorsqu'ils étaient sincères. Je pouvais allé draguer n'importe qui par jeu ou simplement pour ennuyer les gens, mais c'était différent. Ma vision de Mr Valentine était différente.

- Excuse moi, murmura Cecil, penaud.

- Ouais ouais, marmonnai-je en secouant la main d'un air détaché. Je te pardonnerais peut être une fois que tu auras fait trois tours du campus pied nu et sur une jambe.

Le jeune homme fut surpris de ma réponse, et je vis Tifa secouer la tête en arrière plan.

- Une nuit dans la neige ça t'as pas suffit, râla cette dernière. T'es toujours aussi chiante !

- Mais c'est mon travail, me défendis-je ne me levant.

- Et bien tu tiens ton rôle de chieuse professionnelle à merveille alors, soupira la grande brune en se levant à son tour.

La regardant droit dans les yeux, je ne lui répondis pas. A la place de ça, je saisis brusquement ma bouteille d'eau pour lui verser le contenu sur le crâne. La bouche entre ouverte, Tifa ne trouva rien à répondre, si ce n'est un grognement désapprobateur proche de celui d'un monstre. Mon sourire énorme lui fit serrer les poings, et elle se jeta sur moi en quelques secondes. Nous tombâmes lourdement sur mon tapis, évitant de peu la pauvre Elena qui partit se réfugier derrière Reno. Le rouquin riait aux éclats, expliquant à Cecil que ce genre d'incident étaient relativement fréquents entre Tifa et moi. Trempée, cette dernière planta son regard carnassier dans le mien. Plissant les yeux, je me libérais de l'emprise qu'elle avait sur mes poignées, et me jetais contre ses flancs. Mon amie s'effondra de rire, se tordant sous les chatouilles que je lui infligeais.

- Arrête Yuffie !cria-t-elle, les larmes aux yeux.

- Fallait pas mépriser mon job, raillai-je.

Reno s'amusait à compter le nombre de victoires que chacune d'entre nous obtenait, et me fis signe pour me dire que j'étais en tête. Levant le poing en signe de triomphe, je lâchai la brune pour qu'elle se remette de ses émotions. Quelques gémissements s'échappèrent de ses lèvres, et elle finit par se relever, non sans peine.

- Ça fait 22 à 13 pour Yuffie, si j'ai bien compté, nous lança Reno.

Je bombai le torse. Tifa me donna une tape agacée à l'arrière de la tête, et partit se planquer derrière Cecil avant que je n'ai pu faire le moindre geste. La voyant me défier du regard, je lui tirai la langue en rigolant. Même après avoir tout simplement frôlé la mort en sautant par une fenêtre et en me perdant en pleine nuit, je trouvais la force de me chamailler avec Tifa. Notre routine puérile n'était en rien perturbée par ce genre d'événements, qu'il s'agisse d'une chemise ou d'autre chose.