Milou: Pour la réplique, sur le coup, j'y ai pas du tout pensé ^^. Pour le nombre de chapitre, je ne sais pas, vu qu'ils ne sont pas écris à l'avance. Mais j'ai l'histoire dans la caboche ;). Et oui, je continuerais un peu après leur mise en couple, parce qu'une relation entre un prof et son élève, on va dire que ça ne se boucle pas comme ça et...stop je dis plus rien x). Bref, merci pour ta review, je te laisse apprécier (je l'espère) cette suite. Et ça me fait vraiment plaisir que tu l'attendes à ce point :)
Ps: Albator c'est le meilleur. Et un de mes (trop) nombreux héros.
Chapitre 21 :
J'étais parvenue non sans peine à excuser mon absence lors de la journée sportive. En même temps, allez expliquer à une secrétaire aussi aimable qu'une porte de prison que vous n'aviez pas pu y participer parce que vous étiez hors de l'établissement, le tout en omettant bien sûr le lieu où je me trouvais. Je me voyais assez mal annoncer à cette blonde desséchée que j'avais passé la nuit chez Mr congélateur. Sorti de son contexte cela aurait pu être mal interprété. C'est donc après un nombre incalculable d'efforts que je suis parvenue à me faire entendre. Une semaine plus tard. Vive la direction.
Je ruminai intérieurement toutes les insultes possibles en sortant de ce fichu bureau, mon sac entre les mains. J'avais à peine cinq minutes pour traverser entièrement l'établissement et gagner ma salle de maths. Le mardi matin était une pure joie. Et pour couronner le tout, j'étais de mauvaise humeur. Pas étonnant après une prise de bec avec la harpie de la vie scolaire. Un vrai bonheur je vous dis. Je n'étais même plus surprise de voir cette femme derrière un bureau du matin au soir, café et cigarette, sans l'ombre d'une alliance autour de son affreux doigt décharné. Elle ne devait pas être une femme facile à vivre au quotidien, sauf pour un sourd peut être, et encore. Il aurait fallu qu'il soit aussi aveugle pour ne pas se faire agresser la rétine par son maquillage monstrueux. Une très charmante demoiselle que je me faisais un plaisir d'éviter. Et pire que tout, il y avait son parfum plus nauséabond qu'une hyène, et la photo de son vieux chien entourée d'un cœur trônant au milieu de ses papiers. Une horreur à l'image de sa maîtresse.
Un sourire énorme se figea sur mon visage alors que je gagnais enfin la porte de ma salle. J'adorais passer mon temps à décrire cette vieille peau. D'une certaine manière, elle m'occupait. Elle m'aidait à tuer le temps sans s'en rendre compte, une de ses seules importances dans le monde sans aucun doute. Lâchant un rire, je me passai rapidement la main dans les cheveux pour me donner un air un tant soit peu sérieux, avant de frapper à la porte. Le traditionnel oui glacial de Mr Valentine m'invita à entrer, le ton complètement dénué de chaleur de m'étonnant même plus, et je m'exécutai sans réfléchir. Il allait encore me fusiller su regard pour une minute de retard. Passant une tête hésitante, puis tout mon corps dans l'entre bâillement de la porte, j'élargis mon sourire dans l'espoir de garder la vie sauve.
- Je m'excuse pour mon retard, m'exclamai-je. Mais j'étais retenue prisonnière par une vieille de l'administration alors...
- Allez vous asseoir, me coupa sèchement Mr Valentine sans daigner tourner les yeux de son tableau.
- Pas de problème, répondis-je en courant jusqu'à ma place.
Je m'assis et sortis mes affaires en quatrième vitesse. Enfin, en quatrième vitesse de mon mode escargot. Je ne pouvais m'empêcher de le regarder plus lui que mon sac ou encore ma feuille de papier, si bien que j'écrivais de travers. Mes cours de maths étaient magnifiques. Posant ma tête dans le creux de ma main, je commençai à chercher discrètement ses yeux carmins, bien qu'ils soient rivés vers le tableau. Son dos se déformait à chaque mouvement de son épaule, froissant un peu plus sa chemise. Un peu trop absorbée, je manquai de m'effondrer sur ma table. En me rattrapant, je fis malencontreusement glisser mon stylo sur les quelques chiffres que je venais de griffonner, rayant complètement mon écriture déjà à moitié lisible. Magnifique je vous dis.
- Bon, on fait quoi la déjà ?demandai-je d'un air las à Tifa.
- Trigo, grogna celle ci en ouvrant de grands yeux en signe d'incompréhension.
Et oui, au bout de quelques minutes seulement, Mr Valentine était déjà à fond, et nous faisait des nœuds au cerveau par la seul force de son début de cours. Et en plus d'être nulle en maths de nature, je n'aimais pas la trigo. Vraiment pas. C'était même pire que la philo, des fois.
- Mais t'as plus de vies qu'un chat bouddhiste toi, finit par lâcher Tifa en souriant.
- Comment ça ?m'étonnai-je.
- Ben, vu le nombre de fois où tu es arrivée en retard, c'est étrange qu'il ne t'ait pas encore fait passer par la fenêtre, chuchota la jeune fille en souriant.
- Ah oui, vu comme ça, soupirai-je. Mais c'est qu'il m'aime trop.
Je tournai la tête vers mon prof de maths, et rougis violemment en le voyant me fusiller du regard.
- Oublis, m'exclamai-je le plus bas possible. Il m'aime pas du tout.
Tifa lâcha un rire étouffé, et tenta de se concentrer. Moi, je n'essayais même plus. Toutes mes tentatives terminaient de la même manière, à savoir en reluquage de congélateur passionné par son tableau. En bref, il ne servait à rien que je me fatigue à passer par la case j'essaye de bosser, car dans tous les cas je finissais par décrocher et à admirer ce dos muscler. Roulant quelques boulettes de papier entre mes doigts pour diversifier mes activités, j'aperçus à deux tables devant Jyhl fixer de manière étrange l'autre bout de la salle. Tournant mon regard dans la même direction que le sien, je finis par comprendre ce qu'elle regardait. Son intérêt n'était pas pour le mur, mais plutôt pour le jeune homme aux cheveux argents qui y était adossé. Le regard de la punaise semblait presque doux. Allons bon. Mes paroles l'auraient elles secoué ? Visiblement oui, vu que Kadaj arrivait même à lui sourire en retour. Un soupir m'échappa en les voyant se dévisager de manière si adorable. J'aimerais bien savoir régler mes problèmes aussi facilement que j'avais su leur secouer les puces.
Un regard noir de mon prof, un énième, me fit comprendre qu'il serait temps que je m'intéresse malgré moi à ma feuille. Soupir et sourire résigné passé, je finis par attraper mon stylo et me maudire mille pour l'attention que je portais à son visage plutôt qu'à son cours.
ooo
Les deux heures s'achevèrent au bout d'un temps qui me sembla infini. Attendant la deuxième sonnerie en priant pour qu'elle arrive vite, je manquai de lâcher un hurlement de soulagement en l'entendant finalement. Tifa me regarda avec des yeux ronds en me voyant lever les bras au ciel en signe de victoire, et finit par ranger ses affaires en haussant les épaules. Moi, je rangeai mon unique feuille un peu à la traîne, et sortis un autre paquet de mon sac. Une chemise noire impeccablement pliée par les soins d'Elena. Non, je n'étais pas capable de plier une chemise, il ne fallait pas se faire d'idées. Mais j'étais au moins en mesure de la transporter et de la rendre à son propriétaire sans la froisser. Tifa remarqua le bout de tissu, et me sourit avant de sortir, poussant au passage tous les retardataires en criant à moitié. Sa complicité bruyante fit hausser un sourcil à Mr Valentine. Il n'était toujours pas habitué à nos bizarreries.
- Mr, l'appelai-je en m'approchant de son bureau. J'ai pensé qu'il serait pas mal que je vous rende votre chemise.
- Et bien, au bout d'une semaine, tu l'as perdu entre temps ?plaisanta Mr congélateur en prenant le vêtement que je lui tendais.
- Non, elle semblait pas vouloir quitter mon armoire, répliquai-je en souriant.
Je l'avais « involontairement » oublier pendant une semaine. Et je n'en avais absolument pas honte. J'avais eu le temps d'embaumer mon armoire de son odeur. J'étais diabolique. Mr Valentine semblait amusé de la réponse farfelue que je lui donnait, et rangea la chemise dans ses affaires. Maintenant, je ne m'étonnais même plus de le voir sourire à moitié à chaque mots que je prononçais, comme une personne presque normale. Et je ne pouvais que me réjouir d'être la seule en ces murs avec qui il agissait ainsi.
- Je te remercies, finit-il par me dire en sortant ses clés de sa poche.
- Oh ben de rien hein, lâchai-je en passant la porte.
Je l'entendis juste lâcher un rire en m'éloignant dans le couloir, le devinant assez aisément entrain de secouer la tête. Une heure d'histoire m'attendait avec Mr Seymour, et je préférais ne pas arriver une nouvelle fois en retard.
Marchant tranquillement dans les couloirs, je le fis interpeller par une tête alors que je gagnais le bâtiment littéraire. A la voix je reconnus facilement Jyhl, et me retournai vivement pour savoir ce qu'elle me voulait.
- Qu'est ce qu'il y a ? T'as un problème ? Je peux t'aider ?attaquai directement.
Son regard un peu décontenance le fit sourire. Elle ne devait pas s'attendre à ce que je l'incendie alors qu'elle n'avait pas encore ouvert le bec. Mais bon, mieux valait prévenir que guérir. Surtout les attaques de Jyhl.
- Je voulais juste de remercier, en fait, finit elle par articuler. Pour ce que tu as fait.
Je devinais sans mal qu'elle faisait allusion à son histoire de couple.
- Bah, t'inquiète pas, lui répondis-je d'un air détaché. Si je vous avais pas bougé, de toute façon, vous en seriez toujours au même stade. Et c'est pas drôle une garce en grève.
La blonde esquissa un sourire malgré ma remarque. Se tordant les doigts, elle finit par reprendre sa route, visiblement gênée de me présenter des remerciements. Haussant les épaules, je la suivis vers notre salle. Je ne savais pas vraiment si j'avais eu raison d'aider mon ennemi, mais d'un côté, j'étais heureuse de l'avoir fait. Certes, c'était plus pour Kadaj que je l'avais fait, mais finalement, la voir me sourire me faisait presque plaisir.
- Va vraiment falloir que j'ouvre un cabinet d'aide à domicile moi, plaisantai-je pour moi même.
En effet, au point où j'en étais, cela aurait plutôt bien marché. Je me serais fait de l'argent avec des histoires comme ça. Mon petit business en tête, je me rangeai devant la porte de Mr Seymour, attendant aux côtés de Reno et les autres l'arrivée de notre enragé de prof d'histoire. Sauf que ce n'est pas lui qui est arrivé, mais Mr Cid, son habituel cigarette coincée entre les lèvres.
- Salut les jeunes, nous lança-t-il après avoir pester après la porte qui refusait de s'ouvrir.
Il grogna plusieurs jurons à cette dernière qui résistait toujours, sous nos regards plus amusés qu'interrogateur. Entre un prof qui passe sa vie à râler avec le titre mondial de la personne la plus malpolie ou un espèce de dérangé qui se servait des tables comme piédestal et des règles comme micro, je ne savais pas vraiment lequel je préférais.
- Peut être que si vous essayez avec les clés ça marchera mieux, proposai-je au bout de quelques minutes.
Mr Cid me regarda sourire de toutes mes dents, perplexes, et finit par sortir son trousseau de clé, non sans lâcher deux ou trois impolitesses inutiles.
- Fanfaronne pas gamine, me prévint-il en ouvrant enfin la porte.
- Pas de soucis, c'est pas mon genre, ironisai-je. Par contre, suis je en droit de savoir ce qu'est devenu notre bien aimé Mr Seymour.
- Il veut pas t'voir, rétorqua Mr Cid avec un sourire. Non mais sérieux c'est qu'j'ai juste une annonce à vous faire les morveux. Après z'êtes libres.
- Ouah mais la vie est belle, ma parole !m'écriai-je, les mains derrières la tête.
- T'emballes pas p'tite, vous êtes libre que pour le reste de la matinée, me reprit mon prof en nous invitant à entrer.
- C'était trop beau, râlai en allant m'installer.
A chaque fois que nous pouvions espérer un peu de liberté, ça nous passait sous le nez. Le monde se jouait de nous, vraiment. C'est donc en soupirant que je me laissais tomber sur la chaise, entre Cloud et Reno. Les tables étaient disposées de façon à ce qu'au milieu, nous puissions être trois. Je m'installai donc, laissant Elena et Tifa se mètrent ensembles, pour une fois.
- Allez, boudes pas, sourit Cloud en sortant de quoi écrire.
- Mais je boudes pas, me défendis-je.
Bon, je boudais peut être un petit peu. On va dire que je n'aurais pas craché sur ma liberté. Mais bon, à la guerre comme à la guerre. La joue écrasée dans la paume de la main, je saisis nerveusement une feuille avant de fixer le tableau sans grande perspective. Mr Cid vint s'y placer, et les deux mains sur le bureau, nous adressa un de ses sourires qui remplaçait le « bande de morveux » habituel, mais avait la même signification. Donc la bande de morveux que nous sommes s'apprêta à l'écouter.
- Bon les loupiots, commença-t-il en se grattant le menton. Z'avez une sacré putain de chance. La direction nous a accordé le droit de vous organiser un voyage scolaire.
Voilà qui éveillait mon attention. Non pas cette phrase sans vulgarité, mais plus ce qu'elle voulait dire.
- Et pas n'importe où, en plus, reprit Mr Cid. A Costa Del Sol bande de veinards. Pour les troisièmes et les quatrièmes années. C'est pas encore complètement finalisé, mais normalement, on vous en reparlera. Ça devrait se dérouler vers mars, pendant environ deux semaines.
Mon dieu. Deux semaines sous le soleil de Costa Del Sol. Avec les copains. Le rêve. Je me retins de hurler de joie. Il ne manquait plus qu'une liste d'accompagnateurs prometteuses et c'était le paradis.
- Alors, les moucherons, heureux d'aller dorer et se tremper au soleil ?nous demanda notre prof de méca en haussant un sourcil.
Un oui général se fit entendre, ponctué par quelques applaudissements. Mr Cid s'inclina exagérément, et sortit un papier de sa poche.
- Alors, si tout se passe bien, reprit-il en plissant les yeux pour déchiffrer une écriture apparemment illisible. Vous accompagnerons dans vot' vadrouille Mlle Rydia, notre infirmier bien aimé, Mr Angeal, un prof des quatrièmes années, Mr Lock ou une connerie comme ça, Mlle Ashe, Mr Valentine et moi même.
Ça y est, c'était le paradis. Je dus secouer la tête pour prévenir le rougissement imminent de mes joues. Mr Valentine. Si toute cette histoire se confirmait, j'allais partir en voyage à Costa Del Sol avec Mr Valentine. Dieu me perde. C'était le plus beau jour de ma vie. Je nageais en plein délire. Alors que mes joues rentraient en fusion, je sentis quelque chose me secouer les épaules.
- Allo Yuffie ici le président Shinra !
Je reconnus la voix de Cloud dans un élan de lucidité.
- Pincez moi je rêve, articulai-je péniblement.
Reno éclata de rire à côté de moi. Non, visiblement, je ne rêvais pas. Que tout le monde oubli tout ce que j'ai pu penser. Ma vie était magnifique.
