Bonjour à tous, après un retour d'une longue absence j'ai constaté des reviews faisant état d'un problème dans le texte. Effectivement je ne sais pas à quoi cela est dû mais j'ai corrigé ça.

Bonne lecture.


Alouette, gentille Alouette

Alouette, je te plumerai.

Je te plumerai la tête,

Je te plumerai la tête,

Et la tête, et la tête,

Les arbres l'entourait, ils se ressemblaient tous : longs, maigres et effeuillés. De temps en temps, une chouette hululait et fixait de ses yeux perçants une fille aux cheveux bleus. Elle était grande, et avait ses vêtements tâchés de boue à cause de ses nombreuses chutes. Son regard était perdu mais elle était tout de même déterminée. Désormais elle était seule, et tout ce qui comptait c'était sa survie. Elle entendit un rire, derrière elle. Ce rire qui la poursuivait en chantant cette comptine pour enfant, comme pour lui dire ce qu'il allait lui faire si il l'attrapait. C'était un rire mesquin d'une personne consumée par la folie et la haine. Elle ne jeta pas un seul regard derrière elle, elle s'élança juste en avant pour fuir. Fuir ce rire, et fuir pour sa survie.

Alouette, Alouette, Aaaah...

Alouette, gentille Alouette,

Alouette, je te plumerai.

Alouette, gentille Alouette,

Alouette, je te plumerai.

Les branches lui fouettait le visage, les feuilles mortes crissaient sous ses pas lourds et maladroits, la lune éclairait mal les obstacles et embûches du chemin invisible qu'elle suivait, la faisant trébucher. Elle ignorait si il existait une fin à cette forêt, depuis combien de temps fuyait-elle ? Elle avait perdu la notion du temps. Cela faisait-il cinq minutes depuis que la chasse avait commencé ? Vingt ? Ou peut-être une heure entière ?

Juvia trébucha une fois de plus et se mordit la langue. Immédiatement elle sentit un liquide chaud inonder sa bouche entière et elle dut cracher pour ne pas avaler l'immonde liquide selon elle. Juvia jura, elle devait vite se remettre à courir. Elle entendit encore une fois le rire caractéristique de son bourreau qui s'amusait à la faire tourner en rond sûrement, qui n'attendait que l'opportunité qu'elle baisse les bras pour la tuer. Mais elle vivra. Comme pour se le prouver à elle-même, elle se remit sur ses pieds et se remit à courir avec une force nouvelle que lui donnait son adrénaline. Son esprit fonctionnait à toute vitesse, réfléchissant, guettant les moindres indices ou bruits de la présence de celui qu'elle redoutait à présent le plus. Une simple mission en attendant Grey, et voilà qu'elle s'était retrouvée piégée par l'employeur qui voulait seulement un cobaye pour une expérience. Le regard qu'il avait eu quand il lui avait avoué ça était terrifiant. Des yeux froids et sérieux avec un sourire de requin. Elle entendit cette fois le rire devant elle et sans attendre elle changea de direction, comment faisait-il pour toujours la rattraper ?!

Je te plumerai le bec,

Je te plumerai le bec,

Et le bec, et le bec,

Et la tête, et la tête,

Le rire se rapprochait tandis que Juvia s'épuisait. Elle sentait ses forces la quitter et même avec toute sa volonté, sa cheville lui faisait bien trop mal pour qu'elle puisse fuir à la même allure que tout à l'heure. Elle ne pouvait même pas utiliser ses pouvoirs, il l'avait assommée en lui donnant une potion spéciale qui lui enlevait tout pouvoir magique. « Je fais beaucoup de recherches dans le monde de la magie » avait-il dit en rajoutant qu'elle mourrait sûrement quand il sera complètement dilué. Il n'y avait pas de doute, c'était un savant fou dangereux. Et quelle était cette forêt ?! Était-ce une illusion ? Peut-être tournait-elle depuis tout à l'heure dans le même carré de terre ! Les larmes débordèrent de ses yeux et elle eut un sanglot. Sortira-t-elle un jour ? Elle ne croyait même plus à une possible sortie et se résignait lentement à finir tuée. Mais il lui reste un espoir. L'espoir des désespérés, ceux que tous ceux sur le point de mourir ont, celui qui change souvent beaucoup de choses. C'est le genre d'espoir humain qui se soucie des autres avant lui, parce qu'on sait déjà que c'est fini pour nous. Elle eut un sourire triste, elle ne verrait pas Grey retourner de sa mission, elle ne verrait plus sa rivale d'amour et amie Lucy, ni le bruyant Natsu, ou encore la forte Erza, ni la petite Wendy, ni son ami Gajeel, et pas non plus la souriante Mirajane, et pas non plus la littéraire Levy. Elle ne reverra aucun d'eux, mais il y a encore quelque chose qu'elle peut faire, et c'est s'assurer que plus personne ne tombera dans le piège de cet horrible homme. Elle s'arrêta et se tendit en guettant le rire au loin qui se rapprochait.

Alouette, Alouette, Aaaah...

Alouette, gentille Alouette,

Alouette, je te plumerai.

Et le nez... et le dos... et les jambes...

Et les pieds... et les pattes... et le cou.

Il arriva bien vite et elle se retourna vers lui. Ses yeux luisaient d'une couleur violette éclatante et malveillante. Elle se mit en position de combat. Elle sentait la potion dans ses veines qui empêchait ses pouvoirs de se manifester. Il marcha vers elle avec de nouveau ce rire terrifiant.

-Pouvez-vous arrêter avec ce rire ? Il agace beaucoup Juvia ! lui cria-t-elle enfin.

Il se tut enfin à son grand plaisir mais à la place il leva son bras qui était entouré d'une aura violette comme un miasme. Elle se répandit sur le sol et rampa vers Juvia. Celle-ci ne tenta pas d'en échapper, parce qu'elle savait que c'était impossible. Elle attendait juste le bon moment. Elle contracta ses muscles et prit de grandes bouffées d'air, son sang pulsait dans son corps. Le miasme l'emprisonna et son ravisseur approcha. Il marmonnait en riant nerveusement : « mon expérience... mon expérience... » Lorsqu'il fut assez proche d'elle, elle n'hésita pas et lui cracha au visage. Il cria et s'essuya de sa manche de costume chic. Il lui lança un regard haineux et la gifla. C'est tout ce qu'elle attendait. Son cœur qui battait déjà vite redoubla d'intensité sous le coup, le poison se diluait : elle allait mourir. Elle transforma ses membres en eau et s'extirpa sans difficulté du miasme en se plantant devant son ennemi stupéfait. Elle reprit consistance et lui serra la gorge de ses mains. De son côté il sorti un scalpel de l'intérieur de sa veste en lui plantant profondément dans le ventre. Il prit une teinte violacé de plus en plus sombre et ils s'affrontèrent une dernière fois du regard avant de tomber tous les deux sur le sol boisé, l'un avec un grognement rauque et l'autre avec un cri de douleur.