Milou: Costa Del Sol, c'est toujours au même endroit ;). On va dire que je ne change pas vraiment la carte de notre monde adoré ff7. Et pour le Wutaï/Midgard ? C'est comme comme le tunnel sous la manche, ça s'explique pas x). Et je ne cause pas un mot d'espagnol, alors tous ce fera dans la même langue ^^. En tout cas, merci, tes reviews me font toujours plaisir :)

Ps: Aucun d'eux, AUCUN n'arrive au petit orteil de capitaine crochet.


Chapitre 22 :

- Nan mais t'y crois pas, Costa Del Sol !

Je ne pouvais m'empêcher de répéter cette phrase. Assis notre table habituel, nos assiettes presque vides, nous bavassions paisiblement sur le sujet sans doute le plus discuter dans le réfectoire. Ce fameux voyage qui venait de nous être annoncé.

- Attends, on a pas encore eu les papiers de confirmation, me calma Cloud en se servant de l'eau.

Alors là, je m'en fichais comme de l'an 50 de la paperasse. Mon cerveau ne s'était attaché qu'à une seule information dans tout le discours de Mr Cid. Celle de nos accompagnateurs. Nos merveilleux accompagnateurs. Je ne pus m'empêcher d'imaginer mon prof de maths en maillot de bain. Ce qui manqua de me faire fondre sur mon plateau. Je ne pouvais pas rêver mieux.

- Bon, on va changer de sujet, sinon Yuffie va mal finir, soupira Reno en me fixant d'un air désespéré.

Certes, me voir dans un état proche de la léthargie à la simple évocation d'une probable sorti avec l'homme de ma vie n'était pas très encourageant. Mais mes amis pouvaient lancer n'importe quel sujet, passant de la cuisson des crevettes grises sur la banquise au moyen le plus pratique de jouer aux cartes pour un manchot, cela ne suffirait pas pour m'ôter de la tête mes milliers de rêves. Et en plus, nous allions y être tous ensemble. Je savais bien que je n'échapperais pas à la torture du choix des maillots de bain de la part de Tifa, à la combustion de mes joues, et aux plans foireux de ma bande une fois la bas, mais j'avais envie d'y être. Plus que tout.

- Bon alors, vous faites quoi pour les vacances vous ? Parce que c'est à la fin de la semaine quand même, nous demanda Tifa en émiettant son pain, me tirant de mes pensées.

- Ben moi et Eli on rentre chez moi, nous annonça Reno.

Je souris en voyant Elena et Reno s'adresser un regard doux. Ils étaient adorables tous les deux. Reno n'était pas quelqu'un qui accordait facilement un droit de visite de sa maison. A part moi et Tifa, très peu de gens y avaient déjà mis les pieds. Elena pouvait donc se féliciter de cette invitation. Elle devait réellement compter pour le rouquin.

- Moi, je retourne chez moi la première semaine, nous dit Cloud en jouant à faire tourner le pichet d'eau. Et après je suis chez mes cousins.

- Moi je rentre au bercail si tout se passe bien, répondis-je à mon tour.

- Ah tu vas reprendre ton train adoré, me taquina Tifa.

En effet, je n'aimais pas vraiment le trajet que j'effectuais de chez moi à Midgard. Ce n'était pas un voyage des plus agréable. D'abord, il y avait l'ennui. Les forêts, les prairies, qui défilaient durant les première minutes. Et puis le noir agressif et peu réjouissant du tunnel sous l'océan qui séparait les deux continents. Le trajet était certe court pour une tel distance, mais plus désagréable qu'il n'y paraissait.

- Cette super traversée, reprit la brune.

- La plupart du temps, je m'arrange pour dormir ou penser à autre chose à ce moment là, répliquai-je.

Rien que le fait d'en parler m'écœurait. Je détestais les voyages. J'étais toujours prise d'un mal des transports se soldant la plupart du temps par un mal au crâne inimaginable. Donc je terminais shootée aux médicaments. Charmant.

- Bon et toi grande gourde ?demandai-je à Tifa, un sourire aux lèvres.

- Moi, je retourne dans le cocon familial, me répondis la jeune fille, passant outre ma remarque.

Nous rentions tous chez nous. Enfin, sauf Elena. Mais nous en étions tous heureux. Même si cet endroit était notre seconde maison, même si notre groupe était notre famille, nous voulions toujours retrouver notre petit monde de solitude. C'était toujours agréable d'être un peu à l'écart après un trimestre riche en émotions. Surtout dans notre cas. Parce que les diables que nous sommes s'arrangeaient toujours pour que le trimestre soit riche en émotion.

Au bout de quelques minutes, je jetai un coup d'oeil à mon téléphone. Il était plus que l'heure de se rendre sur le terrain d'entraînement. Me levant, je saisis mon plateau, et vidai mon verre.

- Allez tout le monde, j'ai pas envie de me faire changer en brochette par Mr Angeal, lançai-je à ma table avant de me diriger vers la sortie.

J'abandonnai mon plateau dans les rangements prévus à cet effet, et poussai les portes à double battant du self, celles donnant directement sur l'extérieur. Un vent glacial m'accueillit, me faisant presque regretter mon geste. Il faisait froid. Toujours plus froid. Malgré le ciel étrangement bleu, l'air était glacial. Il ne neigeait plus, pourtant la poudreuse refusait de fondre. Elle recouvrait toujours la ville, intact et tout aussi immaculée que le premier jour. Me frottant les bras en râlant quelques insultes à dame météo, je me dirigeais en maugréant vers notre terrain de combat. Magner les armes en étant rouillé par le gèle jusqu'à l'os était réellement une prouesse qui ne me réjouissait guère. Certes j'aimais la neige, mais durant la période des fêtes. Mais comme visiblement, elle, ne m'aimait pas, elle avait décidé de tomber avant, et ne tomberait certainement pas pendant.

Alors que je ruminais, je sentis soudain mon horizon basculer, et mes jambes partirent sur les côtés. Je m'écrasai au sol quelques secondes plus tard, dans une position des plus ridicules, sur la plaque de verglas sans aucun doute responsable de ma nouvelle chute. Un bras sous le menton, j'étais à peine capable de grogner après la glace.

- C'est pas une cour qu'on a, c'est une patinoire, pestai-je en levant les yeux au ciel.

Et bien sûr, il fallait que je sois seule. Mes amis étaient certainement en retard, retenus comme toujours par la queue au réfectoire pour se débarrasser des plateaux. En équilibre sur une main, je tentai de me remettre sur pied, et glissai une nouvelle fois. J'avais l'impression moyennement agréable d'être comme un éléphant sur une piste de danse. Ou tout du moins, tout aussi grotesque.

- Peut être qu'avec de l'aide ce serait plus simple ?

La voix grave me fit relever la tête. Deux yeux carmins me fixaient d'un air presque moqueur, provoquant une montée de chaleur dans mes joues. Avant même que j'ai eu le temps de répondre quoi que ce soit, je vis une main se tendre devant moi. La saisissant, je me sentis tirée vers l'avant, et bientôt remise sur mes deux jambes.

- Mais qu'est ce que vous faites là ? Vous êtes pas censé être dans votre salle ?ne pus-je m'empêcher de demander.

- J'aime le grand air, il n'y aucun mal à ça, répliqua Mr Valentine en souriant légèrement.

- C'est bon pour les neurones, lâchai-je en ramassant pour shuriken, partit valser à quelques pas de ma position actuelle.

- Mais pas pour l'équilibre.

La remarque de mon prof de maths me fit rougir encore plus. Je sentis une main m'ébouriffer les cheveux. Me retournant, je le vis me sourire. Sa peau presque aussi blanche que la neige était tout simplement sublime au milieu de ce paysage hivernal.

- Déjà que je suis maladroite, alors en plus avec ce verglas, lâchai-je alors qu'il s'éloignait, mains dans les poches.

- Je ne te le fais pas dire, l'entendis-je dire.

Et il disparu derrière les portes de notre bâtiment. Comme toujours, il me fallut plusieurs minutes pour me remettre de son intervention. Ou plutôt pour que mon cœur complètement affolé s'en remette. Secouant la tête, je me retournai pour partir, et comme il fallait s'y attendre, glissai de nouveau sur le verglas. Le même. J'avais l'impression d'être une héroïne de dessin animé, exécutant tous les gags stupides imaginables dans une série pour enfant. Pour être finalement ramassée par un Reno mort de rire.

ooo

Je me retenais pour ne pas claquer des dents au milieu du gymnase, dans ma tenue de combat peu adaptée à la saison. J'aurais tout donné pour avoir une chemise et une veste comme Reno et Elena, et pas un short plus court que court. D'accord, je l'adorais ma tenue de combat, mais pas quand il gelait. Et encore, nous avions eu l'autorisation exceptionnel de nous entraîner à l'intérieur. Parce qu'en temps normal, il fallait toujours être dehors, qu'il pleuve qu'il vente ou qu'on croule sous la chaleur. Un vrai plaisir. Mr Angeal nous servait son habituel discours de mise en garde à chaque début de court. Oui, nous étions conscients des armes que nous tenions, oui, nous savions qu'elles coupaient, aussi bien le bois que la chair. Mais monsieur, nous n'étions pas bêtes. A croire qu'il doutait de nous au point de vouloir nous apprendre comment tenir un cure dent. Mais on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir d'être prévenant avec nous. J'avais bien pensé un jour à le faire chanter pour qu'il me passe un pull, le menacer de révéler aux autres qu'il avait une copine. Mais bon, je n'étais pas méchante à un tel point. Je ne m'appelais pas Jyhl. Celle ci d'ailleurs confortablement accoudée au mur, dans sa tenue tellement plus chaude que la mienne.

- Bon, donc aujourd'hui, vous allez vous battre contre un partenaire tiré au sort, nous annonça notre prof de combat en prenant sa liste d'appel.

Mr Angeal adorait nous faire combattre les uns contre les autres. Il alternait souvent ce genre de combat avec des entraînements sur les techniques. Mais il fallait avouer que son enseignement était efficace. Il fallait toujours nous adapter à un nouvel adversaire, magnant une nouvelle arme, avec de nouvelles capacités. Ce n'était pas évident, mais cela nous formait. Tifa n'aimait pas vraiment cela. Elle avait conscience que notre prof était renommé dans tout le pays pour les soldats impressionnants qu'il formait, mais se battre contre nous ne ravissait pas la grande brune.

- Rah, moi j'aime tellement, chuchotai-je à mon amie, un sourire au lèvre.

- Mais toi t'es une psychopathe, répliqua Tifa en rigolant à moitié.

Montrant les dents, j'émis un grognement digne d'un fauve en tendant la main vers elle, ce qui la fit exploser de rire.

Je lui tirai la langue le plus discrètement possible, et me concentrait sur l'énonciation des noms, histoire de ne pas manquer le mien. Mr Angeal n'aimait pas, mais alors pas du tout qu'on ne l'écoute pas. Expérience vécue, et dieu sait que ce n'est pas amusant. Pas amusant du tout. Dans ces moments là, il vous provoquait en duel, et vous couchait en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. J'étais de celle qui avait tenu le plus longtemps face à lui, et ce, grâce à mes esquives agiles et mon arme à distance. Mais cela ne l'avait pas empêché de m'écraser en à peine une minute. C'était, je cite, le poids de la discipline.

Finalement, je tombai face à Reno. Pour une fois. J'en étais plutôt contente, parce que c'était un combat à peu près égal, que j'avais des chances de remporter. La dernière fois, j'avais eu le malheur de faire face à Cloud. Malgré son caractère adorable, le jeune homme m'avait envoyé valser contre le mur. Son épée devant faire ma taille, cela ne m'avait pas étonné plus que ça. Et en plus, elle se séparait en plusieurs lames. Reno, lui, avait quelque chose d'un peu plus classique. Une simple matraque électrisée.

- Alors crevette, prête ?railla ce dernier en me faisant face.

- La crevette va te renvoyer dans les jupes de ta mère, moucheron, rétorquai-je en souriant de toutes mes dents.

Le début de notre affrontement fut plutôt calme. Quelques frappes, sans violence. Un échauffement, rien de plus. Mais ce qui s'en suivit devint de plus en plus physique. Reno frappait fort. Pas de manière très rapide, mais fort. Je me débrouillais donc pour le prendre de vitesse et esquivait ses coups qui me faisaient presque tomber dès que j'en parais un. Il parvint à me frôler le bras, et à m'infliger une puissante décharge qui engourdit mon membre pendant plusieurs secondes. Finalement, désireuse d'en finir, je le jetai à terre dans un assaut aussi rapide que je le pouvais, et menaçai de lui faire manger mon shuriken si jamais il se relevait. La mauvaise digestion qui s'en suivrait le dissuada de faire le moindre geste.

- Ok crevette, t'as gagné, me lança-t-il en levant les mains.

- Je suis terrible hein ?me vantai-je en lui tendant une main amicale.

- Mouais, ça peut aller, rétorqua le jeune homme en se relevant.

Reno était mauvais perdant. Même si il ne se vexait plus autant, il n'avait jamais aimé se faire ratatiner. Il avait un mal tout juste fou à l'admettre. C'était Reno. Je vis mon prof de combat m'adresser un sourire franc, auquel je répondis sans hésiter. Je respectais beaucoup cet homme. Il était juste, fort, et toujours très à l'écoute. Il avait beau nous encourager à nous battre, il souhaitait avant tout que l'on se respecte les uns les autres. Nous avions beau être ennemis le temps d'un affrontement, nous restions très attachés. La première chose qu'il nous avait dit était de ne jamais oublier qui était son véritable ennemi. Ainsi, chacun d'entre nous s'était efforcé de toujours relever le perdant.