Milou: Merci ma petite Milou :). Et pour Vanille, oui, ça doit être pénible de l'avoir toujours dans ses pattes. Elle entretient une relation un peu particulière avec notre beau congélateur ^^. Et puis, tu croyais quoi ? Bien sûr que c'est un gentleman !

Ps: Pouvez vous répéter la question ?

Ps2: Mon chat est aquatique, ça lui ferait trop plaisir.

MonaYsa: Merci beaucoup :). Et désolé pour le chapitre trop court, je vais tâcher de me rattraper x).


Chapitre 26 :

Notre premier repas avait été relativement curieux. Peut être parce que j'avais tenté de parler. Ou simplement parce que je partageais la table de mon prof de maths. J'avais tenté à plusieurs reprises, le nez plongé dans ma soupe, d'engager la conversation. C'était plus fort que moi. Parlant seulement de choses banales comme le temps qu'il faisait ou l'absence de neige pour les fêtes, alternant sans le vouloir le vous et le tu. J'avais finalement décidé de me taire au bout de quelques minutes, voyant que mon interlocuteur ne faisait que sourire à chacune de mes erreurs au lieu de prendre part au débat que je lançais. Mr Valentine n'était pas un homme très bavard, comme j'avais déjà pu le remarquer. Bien qu'il ne soit pas non plus aussi glacial qu'on pourrait le croire, il ne parlait pas beaucoup. J'ignorais si ma proximité y était pour quelque chose, mais il n'ouvrait pas la bouche. Ainsi nous avions dîné dans le silence le plus total au bout de cinq minutes à entretenir la conversation toute seule, ou au mieux, avec la table. Après cela, je n'avais pas vraiment traîné. La politesse aurait voulu que je l'aide à débarrasser, mais je ne me sentais pas vraiment de passer une minute de plus en sa compagnie. Mes pauvres petites joues ne l'auraient pas supporté. C'est donc des questions plein la tête que je suis partie m'enfermer dans la chambre. Mr congélateur avait en effet élu domicile sur son canapé pour me laisser le confort de son lit, chose qui en soit, était plus qu'agréable. Cela me rappelait cette première nuit que j'avais passé chez lui, et je prenais un malin plaisir à m'imaginer tremblante dans des couvertures sous son œil bienveillant, avant de m'endormir.

Ma nuit avait été assez agitée. Peuplée de petits rêves sans importance et de questions décisives pour ma petite vie. D'abord, qu'allais-je dire à Tifa. Comment allais-je lui expliquer que je passais Noël chez l'homme de ma vie sans risquer de la faire mourir de surprise. Et surtout, comment allais-je faire pour enfiler une fois de plus ses fichues robes. Sur un coup de tête, j'en avais embarqué. Peut être juste par ce qu'une tenue appropriée pour les fêtes s'imposaient. Ou que mon esprit refusait simplement que je face Noël en jean. Allez savoir. Et puis au final, ni Tifa ni mes ridicules histoires de jeans ne m'avaient empêché de sombrer dans le sommeil.

ooo

Je me réveillai le samedi matin, en grognant, comme toujours, après les rayons du soleil timide perçant à travers les rideaux. Je fus prise d'une envie énorme de me cacher sous la couette pour hiberner, mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me rendis compte que mon sommeil agité l'avait expédié par terre. J'étais complètement écrasée sur le ventre, tremblante dans mon affreux pyjama, balayant mollement l'espace en quête d'un quelconque drap. Malgré le peu de cheveux que j'avais, je trouvais quand même le moyen de les manger, et de me réveiller avec deux ou trois mèches noires collées aux lèvres. Heureusement que j'étais la seule à me voir au réveil.

Bâillant à m'en décrocher la mâchoire, je jetai un rapide coup d'oeil à la chambre dans laquelle j'étais, pour me souvenir en voyant les murs blancs et la moquette grise que ce n'était pas la mienne. Cette seule pensée suffit à mon corps pour se mettre en marche. Je me levai en essayant de ne pas faire de bruit, et posai un pied par terre. L'opération je marche en silence dans l'appart de mon prof se déroulait bien, jusqu'à ce que je trébuche contre ma valise négligemment abandonnée à côté du lit. Avant même de m'en rendre compte, je me retrouvais la joue écrasée contre la moquette. Lâchant un juron, je me relevai en prenant garde de ne pas retomber, avant de me décider à ranger ma valise contre un mur. Ce fut ma première action utile de la journée, si on ne compte pas mon effort surhumain pour me tirer du lit.

Dans un élan de courage, je posai ma main sur la poignée de la porte, et fit un pas dans le couloir. Il devait être assez tard pour que le soleil soit levé, pourtant, un calme religieux berçait le logement. Serrant les dents à chaque grincement du sol, je passai en coup de vent dans le couloir, une boule de vêtement et une trousse de toilette sous le bras, pour m'enfermer dans ce que j'avais repérer comme étant la salle de bain. Je fermai le loquet derrière moi, et entreprit de faire un rapide tour de ce nouvel environnement. D'accord, une salle de bain, ce n'était pas non plus le bout du monde, mais ça ressemblait déjà à une mini aventure. Enfin, pour moi. Il y avait une baignoire juste sous la petite fenêtre, surmontée d'un porte serviette. Une armoire, un miroir, un évier, bref une salle de bain. Je notais néanmoins la présence de la très élégante chemise noire que j'avais porté pendant une journée, proprement installée sur le radiateur pour sécher. Un léger sourire s'étira sur mes lèvres. Peut être mon odeur ne l'avait pas laissé de marbre.

Chassant cette pensée, je tournai la tête vers la baignoire, au dessus de laquelle était scotché un mot. Je plissai les yeux, et, curieuse de nature, je saisis le post it.

- "La salle de bain est petite, mais je pense qu'on arrivera à se la partager. N'hésite pas quand tu as besoin à t'enfermer dedans. ", murmurai-je, lisant le contenu du message.

Il était sans aucun doute signé Mr Valentine. Je souris, puis reposai le morceau de papier sur le bord de l'évier. Je m'approchai de la baignoire, et tournai les deux robinets pour me faire couler un semblant de bain. J'envoyai ensuite valser mon pyjama à l'autre bout de la pièce pour me plonger dans l'eau brûlante. Il y avait une éternité que je n'avais pas pris de bain. Pourtant, j'adorais cette sensation de chaleur bouillonnante. J'aimais l'eau chaude, tout simplement.

Perdu dans les vapeurs fumantes de mon bain, je dû me secouer pour ne pas m'endormir dedans. Me levant, j'accordai un dernier regard attendri à cette chemise pourtant très simple. Mais à mes yeux, elle avait une valeur inestimable. Je l'avais porté. Je secouai la tête et m'habillai en quatrième vitesse. Mon estomac me rappela à grand coup de grognements qu'il était temps que je m'offre le luxe de petit déjeuner. Et bien que j'appréhende un peu mes retrouvailles avec mon si beau colocataire, je me décidai à ramasser ma boule de fringue et à déserter les lieux, non sans m'être un minimum coiffée. Je ne pouvais pas me permettre de débarquer en pyjama dans sa cuisine, les cheveux en pétard et l'air plus mortifiée que jamais. Enfin, pas le premier jour quoi. Nous n'étions pas assez intimes pour cela.

C'est donc avec mon éternelle sourire que je débarquai dans le salon quelques minutes après. Tournant la tête vers la cuisine, je ne le vis que de dos, assis à l'un des tabourets du bar. Ses longs cheveux cascadant le long de son dos musclé, sa chemise légèrement froissée entre ses omoplates, ses coudes posées sur la table de manière parfaitement symétrique. Il était réellement beau, même de dos. Personne ne pouvait le nier. Même moi, cela me déstabilisait de le voir ainsi, dans l'environnement le plus banal du monde, un matin des plus classique. Cela différait des cours de maths, à mes yeux. Bien qu'il me tourne le dos comme lorsqu'il écrivait au tableau, je notais une différence. Peut être juste parce que cette fois ci nous étions seuls. Peut être parce que j'étais chez lui. Et que cela me faisait rougir d'autant plus.

Je serrai les poings, déterminée, et m'avançai jusqu'au bar pour m'installer à mon tour.

- Bonjour, m'exclamai-je en arrivant à sa hauteur, un sourire aux lèvres.

- Bonjour, me répondit-il doucement.

Il n'avait pas l'air vraiment réveillé, chose qui m'attendrit. Trouvant un intérêt particulier pour la biscotte traînant devant sa tasse de café, il n'avait pas l'air de trop bien réalisé qu'il était devant son petit déjeuner. Sans même attendre de savoir si j'étais conviée à prendre place, je me laissai tomber sur le tabouret en face de lui, posant ma joue dans le paume de ma main. Ma démarche le fit sourire, et il sembla émerger en réalisant que j'avais débarqué dans sa cuisine.

- Bon, que veux tu manger ce matin ?me demanda-t-il en jetant un rapide coup d'oeil à sa table. Il y a pain, biscotte, thé, café, chocolat...

- Thé et pain, le coupai en tendant le bras vers un sachet de thé vert.

Je sortis sans difficulté quelques feuilles du paquet, et les installai dans un passoire. Cherchant du regard une bouilloire, j'entrepris de faire bouillir de l'eau pour mon breuvage. Je dû me mettre à genoux sur le tabouret pour saisir le pain, sous l'oeil amusé de Mr Valentine, qui me regarda me démener en cuisine de si bon matin, juste pour obtenir ce que je souhaitai petit déjeuner. Au bout d'un moment, je me posai, ma tasse de thé fumante sous le nez, fin prêt pour être bu, une tartine entre les doigts. Tartine que j'avais allègrement tapissée de confiture, à un tel point que ce n'était plus du pain à la confiture, mais de la confiture au pain.

- Tu es sûre que tu en as mis assez ?me charia mon prof en regardant mon copieux morceau.

- Mais oui, c'est ça le meilleur, répliquai en mordant à plaine dents ma tartine. Je vous assure, vous devriez essayer.

Mr Valentine secoua doucement la tête en lâchant un rire. Moi je ne voyais pas où était le problème. C'est vrai quoi, je petit déjeunais, comme tout le monde.

- Yuffie, reprit-il, l'air beaucoup plus sérieux.

- Mmh ?répondis-je. Vous désirez ?

- J'aimerais qu'on se mette d'accord sur un point, me dit mon interlocuteur.

Oulah. Cela ne présageait rien de bon. Qu'allait-il me dire ?

- Je vous en pris, ne me privez pas de confiture, plaisantai-je. De toute façon, je ne vous écouterais pas.

- Ça pourrait mais c'est pas ça, sourit mon prof. J'aimerais juste que...Enfin, on est parti pour passer les vacances ensembles et...Et je crois qu'il vaudrait mieux pour nous deux que tu arrête de me dire vous comme à un prof. Comme te l'as dit Vanille, je m'appelle Vincent, alors...

- Mais...je peux pas !le coupai-je. Vous êtes...tu es... mon prof quoi !

- Au point ou on en est, soupira Mr Valentine en levant les yeux au ciel.

Il n'avait pas tout à fait tort. Nous n'étions plus vraiment comme un prof et une élève, mais je ne savais pas si j'allais survivre à cela. Je n'avais pas prévu de lever si tôt la marque respectueuse du vouvoiement. Et cela me fit rougir, comme je devais m'y attendre. Alerte, surchauffe.

- Bon, et bien d'accord, finis-je par abdiquer.

Vincent m'adressa un sourire, et s'apprêtait à dire quelque chose, mais un violent bruit de porte qui claque le coupa net dans son élan. Je tournai la tête vers l'entrée, intriguée. Cambrioleur ? Gêneur ? Non, juste une Vanille en pyjama. Mais qu'est ce qu'elle fichait là ? La tornade rousse m'adressa un sourire enchanté, et jeta un regard affamé vers notre table. Elle se précipita vers Vincent, qui l'accueillit en soupirant.

- Dis, t'aurais pas du café ?lui demanda-t-elle en inspectant le plan de travail. J'ai oublié d'en racheter hier.

Et sans même attendre de réponde, elle se précipita vers la cafetière encore chaude. Sa tasse à la main, elle s'en servit, sous mon regard amusé. Vanille s'était appropriée les lieux, visiblement. Et ce, depuis un petit moment, d'après moi. Je jetai un regard furtif à Vincent. Ce dernier regardait la rouquine d'un air las. Beurrant sa biscotte, il n'avait pas l'air agacé. Juste fatigué. Et tout simplement habitué.

Au bout de quelques minutes, Vanille se détacha du plan de travail et s'approcha de nous, et vola sa biscotte au brun. Elle en croqua un morceau, et lui sourit de toutes ses dents.

- Merchi Vince, s'exclama-t-elle en repartant comme elle était venue, la biscotte fraîchement beurrée entre les dents.

Et nous entendîmes la porte claquer pour la seconde fois. En face de moi, Vincent poussa un long soupir en attrapant une autre biscotte. Il n'avait pas l'air motivé pour la beurrer.

- Elle est un peu envahissante, me dit-il en remuant son café. Mais on s'y fait au bout d'un moment.

- Bah, elle t'a un peu adopté, je dirais, lui répondis-je en regardant la porte.

- A tel point qu'elle en oublie son gel douche à la rose dans ma douche, soupira le brun.

Je le regardai, surprise.

- L'autre jour, elle a eu un problème d'eau chaude, m'expliqua-t-il. Et Vanille ne peut pas concevoir de se laver à l'eau froide. Alors pour une énième raison, elle a trouvé le moyen de squatter chez moi. Et elle n'est jamais venue récupérer son savon. Elle l'a oublié, je crois.

Je lâchai un rire. Cette rouquine était une véritable furie. Cela ne devait pas être facile pour un homme aussi posé de vivre à quelques mètres d'elle. Je compatis un instant à la douleur de mon prof de maths, sans pour autant pouvoir retenir mon sourire grandissant.

- Va falloir que je lui face partager le loyer un jour, marmonna ce dernier en se levant.

Ah oui, à ce point là. Moi qui avait redouté qu'ils vivent ensembles, c'était tout comme. Pourtant, je ne sentais pas de quelconque menace du côté de la rousse. Elle avait plus l'air de voir Vincent comme son frère ou même son père. Pas comme son compagnon. Pas comme moi je me plaisais à le voir.