Milou: Merci merci :). Et oui, tout le monde s'habitue :). Et comment je fais pour ne pas savoir cuisiner ? Ben je me le demande ! C'est pas faute d'avoir essayé, mais c'est un art qui me fuit. Et pour les pâtes, je connais la théorie, mais vu que mon dernier échec a été d'en faire au sucre, (confondre la salière, c'est mal), ben, j'ai arrêté. Et c'est comme ça pour tout. Même la soupe, l'histoire de ficelle c'est du vécu. Mais la mienne était verte, et elle a pelé dedans ! Enfin...
Ps: Les morts ne peuvent pas faire voile vers le mystères
Du ténèbres océan
Yo oh, quand sonne l'heure hissons nos couleurs
Hissez oh, l'âme des pirates, jamais ne mourra !
Mia: Merci :)
Chapitre 30 :
J'étais bien. Mieux, plus exactement, parce que depuis que j'étais là, j'étais toujours bien. Je sentais une chaleur apaisante m'enlacer doucement. Je n'irais pas jusqu'à dire tendrement, ne serait ce que par respect. Même si ce mot ne demandait qu'à qualifier notre étreinte. Le visage perdue dans des cheveux noirs, je ne saurais dire ce de qui, je me contentais de respirer calmement, me droguant un peu plus à chaque seconde de l'odeur enivrante que dégageait l'homme à côté de moi. Mes mains repliées contre ma poitrine, je n'avais pas osé les poser contre lui. J'avais juste laissé ses bras m'enlacer inconsciemment. Les boutons des manches de sa chemise marquaient ma peau, mais je ne faisais rien. Je ne pouvais rien faire. Je dormais sans vraiment dormir. Je rêvais éveillée. Sur le canapé, seulement couverts de nos vêtements, nous reposions dans un silence juste brisé par nos respirations. Même si je m'étais crue morte brûler vive par mes émotions un peu trop fortes et spontanées.
Je ne m'expliquais toujours pas comment nous avions pu nous retrouver dans une pareille situation. Mes jambes repliées contre les siennes, étendues, je ressemblais à une crevette. Ma robe chiffonnée, mes talons négligemment abandonnés au pied de notre lit improvisé. Le tapis légèrement roulé, et nos assiettes toujours sur la table. La lumière du jour perçait maintenant dans l'appartement, mais nous ne pouvions nous lever. Même si j'étais à demi consciente, je ne le voulais pas. Parce que lui dormait. J'aurais peut être dû, et faire comme si de rien était, mais le moindre de mes mouvements contre son corps provoquait une montée en flèche de ma température corporelle déjà largement élevée. Je me faisais du mal en restant là. Mais j'aimais cela. J'aimais le sentir dormir contre moi, même si je savais que cela ne se reproduirait pas. Même si un jour notre relation venait à évoluer, nous ne nous rendormirions jamais comme ça. Spontanément, tombés sur le canapé, et envahis de fatigue. C'était un peu ce qu'il s'était passé. Nous avions dansé toute la soirée, jusqu'à tard dans la nuit. Mais quand mes pieds, même après l'abandon de mes talons, ne pouvaient plus me porter, je m'étais assise. Il s'était assis à mes côtés, et aussi étonnant que cela puisse paraître, nous avons parlé. De tout et de rien. Surtout de rien. Mais avec Vincent Valentine, cela relevait de l'exploit. Et puis plus rien. Nous avions dû nous endormir, écroulés de fatigue comme nous l'étions. Sur ce canapé. Pour nous retrouver le lendemain entrelacés. Le sommeil n'avait pas joué en la faveur de notre relation juste « amicale », vu que le subconscient de Vincent avait jugé bon de me prendre comme peluche humaine. Et j'adorais son subconscient. J'allais le prier et l'honorer nuit et jour.
Par contre la porte, elle, un peu moins. Je l'entendis violemment claquer, ce qui acheva mon réveil. Tournant légèrement le regard, je tombais, rassurée, sur les yeux clos de Vincent. Je n'avais pas envie qu'il se réveille. Imaginez l'état de mes joues. Je n'y survivrais pas. Je levai les yeux vers le plafond. La pièce était baignée de lumière et d'une fraîcheur agréable. Au dessus de moi, un fin rayon de soleil perçait les rideaux à peine fermés, éclairant les grands yeux verts...Comment ça les grands yeux verts ?!
- Salut !me lança la détentrice des fameux grands yeux verts.
Je manquai de hurler. D'ailleurs, je m'entendis crier son nom, alors que je me tortillai nerveusement sans pour autant me lever. Vincent allait se réveiller. J'allais mourir de honte. Cela ne pouvait pas être pire.
- Pas toujours facile la vie de couple !s'exclama la rouquine en se laissant choir dans le fauteuil en face de nous.
Jetant un regard inquiet à mon « coussin », je le vis complètement surpris, ses grands yeux carmins vissés sur Vanille. Ah, ben si, ça pouvait être pire. Je me sentir bouillir. Rougir. Mon thermomètre interne allait éclater. Je devais être pire qu'écrevisse. Écrevisse cuite. Plus encore. Et ce fut encore plus lorsque Vincent reporta son attention sur moi, les bras toujours enroulés autour de mon corps. D'un sourire plus que gêné, je le saluai en agitant la main. Et c'est stupéfaite que je le vis très légèrement rougir. Durant une fraction de seconde. Avant de redevenir pâle comme de coutume. Sans plus attendre, il me lâcha, et je m'écartai brusquement, pour finalement tomber en arrière. La tête dans le tapis. Génial. Les quatre pattes en l'air, la joue écrasée et des peluches de tapis dans les cheveux, j'étais encore plus ridicule. J'entendis d'ailleurs Vanille se foutre de moi avec sa gentillesse habituelle. Toujours par terre, je tournai la tête vers elle.
- Que wah ?m'exclamai-je.
La rousse gloussa, et me tendit une main pour que je me relève. Je ne me fis pas prier, et mes rougissements pas naturels du tout purent être mit sur le compte de ma chut et des efforts énormes fait pour me relever. Enfin, on y croit.
- En fait, il est 13h45, nous expliqua Vanille après s'être rassise. J'ai pensé que vous seriez levés, mais apparemment, vous avez pas que dormis.
Je manquai de m'étouffer. Certes, j'avais l'habitude d'en sortir des remarques bien gênantes comme celle ci. Mais jamais je n'aurais cru que celle que je subirais serait aussi gênante. Prudemment, je reportai mon attention sur Vincent. Ce dernier n'avait pas bougé. Pas bronché. Rien. Il était étonnamment calme. Et je voulais bien qu'il me donne son secret. Moi, j'avais envie de m'enterrer dans un trou. Parce que Vanille avait osé dire ça devant lui.
- En fait, je venais juste vous apporter du gâteau que j'avais fait pour hier, reprit la rouquine en voyant qu'aucun de nous ne parlait. Vous allez avoir le temps de le manger ? Et la force ?
- Vanille !finit par craquer le brun.
Il avait les cheveux complètement sans dessus dessous. Je ne devais pas être beaucoup mieux, mais c'était amusant de le voir au réveil. Ce qui l'était beaucoup moins, c'était que Vanille nous voit au réveil.
- Ben quoi ?s'étonna innocemment la concernée, haussant les sourcils.
- C'est une élève, lui dit doucement Vincent.
Cette simple réponse devait suffire à chasser tout propos déplacés de la goule de Vanille. Mais notre rousse haussa les épaules comme si de rien n'était. Elle ne semblait pas en démordre avec son idée de nuit de folie.
- Et alors ?demanda-t-elle.
- Réfléchie deux minutes avec ce qui te sers de cerveau, lui dis-je enfin. Nos relations sont parfaitement fixées, et elles n'iront pas plus loin. C'est comme ça, je suis comme tout le monde ici, pas plus.
Vanille se tourna vers moi, amusée. Elle ne me croyait pas. Bon, il était sûr que je ne crachais pas contre ce genre de relation, mais je ne voulais pas qu'elle le sache. Et surtout, c'était notre histoire. D'habitude, j'avais toujours été moins gênée. J'évoquais tout d'un air détaché, avec Reno et les autres. Mais là, ce n'était pas une stupide relation d'adolescents. C'était juste Vincent. Et je ne le supportais pas.
- Excuse moi Yuffie, mais après t'être faite hébergée, l'avoir tutoyé, adopté sa chambre, et t'être endormie dans ses bras, j'estime que tu n'es plus comme tout le monde, me répondit sérieusement la rousse en se levant.
Et l'avoir vu par deux fois quasi à poil. Mais ça, ça restait entre moi et moi.
Vincent et moi la regardions d'un drôle d'air, sans pour autant nous regarder nous. J'en aurais été parfaitement incapable, de toute façon. Alors valait mieux pas que j'essaye. Même de la lave, du métal en fusion ou une météorite n'auraient pas égalé ma température. Prix Nobel de la chaleur et championne du monde catégorie chauffage.
- Bon, je vous laisse, amusez vous bien !nous lança enfin Vanille en se dirigeant vers la porte, abandonnant un morceau de gâteau sur la table.
Et elle partit en riant, claquant violemment la porte. Comme elle était arrivée, en somme. Nous laissant complètement...Voilà. Moi assise sur le tapis, à côté de mes escarpins, une main dans mes épis bruns, et lui assis sur le canapé, les yeux tournés vers la fenêtre. Curieusement, c'est moi qui ai réagis en premier. Je me suis levée, j'ai ramassé mes talons, et j'ai attrapé une part du gâteau visiblement fruité que la rousse nous avait « gentiment » apporté.
- Ça sert à rien de rester planter là, tu vas te rendormir, lançai-je à Vincent en me dirigeant vers la salle de bain.
Et avant de rentrer dans la petite pièce, je me retournai une dernière fois, souriant de toutes mes dents.
- Et je ne ferais pas la cuisine aujourd'hui, lui dis-je.
- Trop frustrée ?me lança-t-il, amusé.
- La soupe bleue m'ait resté en travers de la gorge, répliquai-je en fermant la porte.
Sacrée soupe bleue.
ooo
La douche m'avait fait un bien fou. Elle m'avait aidé à dérougir, bien qu'elle soit chaude. Ou peut être était ce l'éloignement d'une heure que je m'était imposé, marinant dans mon bain tiède. Enfin, toujours est il que le soir venu, j'étais presque en pleine forme, et apte à croiser son regard rouge. Je dis bien presque, parce que, de un, je n'avais jamais pu le regarder sans me sentir trembler, et deux, les paroles de Vanille me restaient en travers de la gorge. Elle avait fait fort sur ce coup là. Et je ne savais pas encore si c'était bien où non.
Enfin, passons. C'est l'estomac hurlant comme la bête affamé qu'il était que je fis irruption dans la cuisine, à peu près coiffée et de retour dans un jean confortable. J'avais passé l'après midi assez loin, à pour une fois travailler sur le lit. C'était surtout pour ne pas rechuter dans la rougeur extrême plus que pour mes études. Lorsque j'arrivais donc pour me laisser tomber sur un des tabourets du bar, Vincent me sourit et me glissa une assiette sous le nez. Je le sentais nerveux. Je ne savais pas si je me faisais des idées, mais il n'avait pas l'air pareil depuis ce matin. Enfin, c'était normal, après tout. Personne ne sortait indemne d'une tornade rousse déboulant chez vous, vous réveillant et essayant de vous faire avouer des sentiments amoureux pour votre élève. Moyen.
- Joyeux Noël Yuffie.
La voix du ténébreux me fit relever les yeux. C'est vrai, aujourd'hui, c'était Noël. Je me versai de quoi me régaler, avant de sourire. Pour une fois, nous allions bien manger. Parce que ce n'était pas moi qui cuisinais.
- Joyeux Noël Vincent, lui répondis-je, toute contente.
Je jetai un regard vert la fenêtre. La vieille neige continuai de s'entasser dans les caniveaux, encrassée, laissant à la ville une impression de sale. J'aurais tellement aimé que ces lourds nuages gris daignent nous lâcher quelques flocons.
- J'aurais bien aimé qu'il neige, repris-je en goûtant ce qui trônait dans mon assiette.
- Vois le bon côté des choses, me sourit Vincent. On a enfin quelque chose de comestible.
- Pas faut, rigolai-je.
L'intervention bruyante et gênante de Vanille ne nous empêchait pas de nous taquiner. Même si il restait rare que Vincent rigole, la nourriture était un sujet qui le tenait vraiment à cœur. Surtout pour ce qui est de démolir tout mes espoirs de réussite culinaire. Le démon.
La soirée se finit assez rapidement. Je débarrassai la table en quelques gestes, manquant de flanquer par terre une assiette ou deux. Une fois mon service terminé, je m'apprêtais à retourner me vautrer sur mon lit jusqu'au lendemain, mais une idée fleurie dans mon esprit. Diabolique, je souris de toutes mes dents en regardant Vincent, assis sur son canapé. Ou notre canapé depuis la nuit dernière.
ooo
- Alors après avoir envahit ma chambre, tu as l'intention d'encombrer mon espace vital et dernier lieu de vie ?
Mon idée n'avait pas l'air de le réjouir. En effet, un saladier de popcorn à la main, des couvertures sous le bras, j'avais pris l'immense décision d'assiéger sa télé. J'avais trouvé sur ses étagères un classique du cinéma, un film que j'adorais, et je n'allais pas quitter la pièce sans l'avoir vu. Et vu que le brun dormait ici, il allait être contraint de le voir avec moi.
- Dit celui qui a complètement ignoré le mien pendant la nuit, raillai-je en posant le saladier sur la table basse.
Je vis Vincent lever les yeux au ciel et grogner devant ma moquerie. En effet, le sujet de cette nuit, ou de mon statut de peluche humaine était assez sensible. Mais bon, autant jouer avec la corde sensible si ça pouvait le faire plier. Je ne m'appelais pas Yuffie Kisaragi pour rien.
Finalement, au bout d'une confrontation de regard et de râlements, mon colocataire céda. Pas parce que je lui avais fait les yeux doux. Juste qu'après avoir compris que je ne lâcherais rien, il avait décidé de ne pas se prendre la tête. Et moi, j'étais contente.
J'étalai les couvertures sur mes jambes pour ne pas avoir froid, lui en laissant une. Il prit place à côté de moi, et je crus que j'allais rougir quand il me frôla d'un peu trop près.
La première heure du film se passa de manière normale. Étant émotive devant un écran, je sursautai par moment, et serrai sans vraiment m'en rendre compte un bout de couverture quand j'étais inquiète. Mais sachant la suite triste, je ne restais pas vraiment calme. Parce que je pleurais, devant les films. Je n'avais pour tout avoué pas penser à cela sur le coup. Alors que mes yeux commençaient à briller, je sentis une main rassurante se poser sur mon épaule. Je manquai de crier de surprise, lorsque je me rendis compte que Vincent avait posé son bras derrière ma tête. Et moi, je posai ma tête sur son épaule. Jusqu'à la laisser glisser sur ses genoux. A moitié allongée, son bras toujours sur mes épaules, je regardais l'écran. Enfin, je n'étais plus très intéressée par ce qu'il s'y passait. En relevant les yeux vers lui, je pus me rendre compte que lui non plus.
