Milou: Désolé du retard, le devoir de l'internat m'appelle... Enfin bref, ravie que ça te plaise. Et oui, ça commence à faire long, et oui, moi aussi je rêve de dormir dans les bras de Vinnie... Omg. Enfin, c'est vrai que je mets la mer en avant, mais bon, ça laisse un avant goût de Costa Del Sol :). Et si ils ne vont faire que dormir ? L'avenir te le dira x). Et j'ai en effet pensé à consulter pour mes problèmes culinaires, mais si comme moi on en est au point de confondre moules à gâteaux et moules à glaçons, y'a plus grand chose à faire.
Ps: J'y penserais à la prochaine robe.
Chapitre 31 :
Veille de nouvel an. Toujours pas de neige ou de repas exceptionnel en perspective. Vanille exilée chez ses parents. Nous seuls à notre étage. Génial.
Assise sur une chaise, je restai plantée devant la fenêtre à guetter les nuages. Je voulais qu'il neige. Je voulais me noyer dans la poudreuse. Maintenant, les rues gelées n'étaient plus que sales de toute cette eau fondue et encrassée. A mes yeux, tout cela n'était pas vraiment un nouvel. Je voulais me rouler, me vautrer dans les flocons. Ma tasse fumante de café entre les mains, je ne bougeais pas. Je regardais tantôt mon breuvage brunâtre, tantôt la vitre morne. Quand je ne parlais pas, le logement était étrangement silencieux. Vincent n'étant pas un grand bavard, il n'engageait pas les conversations. Même si pour une fois, j'aurais souhaité qu'il le face. Je ne me sentais pas vraiment au meilleur de ma forme. Milieu d'après midi, troisième tasse de café, pyjama et cheveux trempés d'une douche récente. Mais l'eau chaude ne m'avait pas autant détendu que d'habitude. Je ne souhaitais pas sourire. Quelque chose me manquait. Me blessait. Et je savais de quoi il s'agissait. Je passais peut être des vacances comme jamais je n'en avais vécu, toujours plus parfaites de jours en jours. Mais je n'étais pas avec mes parents. Et je n'avais aucunes nouvelles d'eux. Ils avaient bien essayé d'appeler, une fois, mais depuis, ils n'avaient plus tenté. Ils n'avaient même pas pu répondre à mon appel. Cela me rendait triste. Ils me manquaient. Ma mère, aimante et possessive, surtout. Ses bras ayant manqué de m'écraser à mon départ me manquaient. Alors faute de pouvoir les sentir, je voulais au moins l'entendre elle. Savoir ce qu'il se passait, comment elle allait.
Voyant Vincent concentré sur ce que j'identifiais comme être un saladier, je sortis mon portable de ma poche. Regardant d'abord l'appareil, je composai un numéro avant de le coller à mon oreille. Plusieurs bips sonores me firent soupirer. J'allais raccrocher, mais une voix tranquille et posée s'annonça.
- Allô maman ?m'écriai-je en bondissant presque sur ma chaise.
- Bonjour Yuffie !s'exclama-t-elle en retour.
Rien que sa voix m'avait rendu le sourire. Me trémoussant, j'étais partagée entre l'idée d'aller m'enfermer dans ma chambre pour parler, et rester ici à suivre mon instinct de flemmarde. Tournant la tête, je vis que Vincent ne semblait absolument pas intéressé par ce que je faisais, et je choisis donc de m'enfoncer confortablement sur mon siège.
- Comment vas-tu ma chérie ?me demanda ma mère, que je devinais souriante.
- Très bien, et toi ?
A vrai dire, j'allais mieux depuis que je l'entendais. Mère indigne. Elle aurait quand même pu m'appeler. Cependant, je choisis de ne pas lui faire part de mon mécontentement. Provoquer une dispute n'aurait rien arrangé, surtout qu'avec nos deux caractères assez forts, elle ne se serait pas arrêtée tout de suite. Soupirant devant le flot de paroles de ma mère, juste à cause de la question que je lui avais retourné, j'écartai légèrement le téléphone de mon oreille. Elle avait la sale habitude de parler fort. Très fort. Trop pour mes pauvres tympans.
- Bon alors, que fais tu au lycée ? Tu n'es pas trop seule au moins ?finit par me demander ma mère.
Je ne savais pas vraiment quoi lui répondre. Pour le coup, je ne m'attendais pas spécialement à cette question, même si il pouvait paraître évident qu'elle me demanderait ce que je faisais pour les fêtes. Que je suis bête.
- En fait, je ne suis pas au lycée, commençai-je, moitié inquiète de sa réaction.
- Ah bon ?s'étonna ma chère maman. Tu es chez Reno ? Chez Tifa ?
Je fronçai les sourcils, et tournai la tête vers la cuisine. Je n'avais pas vraiment envie de lui parler de Vincent, et celui ci commençait visiblement à s'intéresser à mon petit monde chaise/fenêtre. Me jaugeant de son regard carmin, il m'adressa un léger sourire. Je sentis le rougissement me piquer les joues.
- Non, tu ne le connais pas, repris-je, nerveuse.
Grave erreur.
- C'est un garçon ?manqua de hurler ma mère.
- Oui maman, mais t'inquiète pas, vraiment, tout va...
Mal. Enfin, là tout de suite maintenant. Vincent me regardait, amusé, et j'avais juste envie de disparaître. Ou de m'exiler dans la salle de bain. Mais je n'avais pas envie non plus de sortir d'un coup, alors que j'avais commencé à parler avec lui à côté. Cela aurait fait un peu suspect. Et rougir devait le paraître tout autant. Enfin, ça, je ne m'en inquiétais pas trop. Il devait commencer à s'habituer à mes montées de température en flèche.
- Bon, je vais te ...commençai-je en serrant le poing.
- Mais dis moi, est ce qu'il est gentil ?me coupa immédiatement ma mère. Est ce que tu te protèges au moins ?
- Au revoir maman !m'exclamai-je en raccrochant d'un seul coup.
Là, je devais être pivoine. Non maman, nous n'en sommes pas encore là. Et rien que d'y penser me fit rougir un peu plus. Tenant mon téléphone serré contre ma main, je prenais le temps de souffler un peu. Ma mère était comme ça. Je l'adorais, mais je ne pouvais pas rester très longtemps à lui parler. Elle me mettait tout de suite mal à l'aise. Comme si j'avais besoin d'aide pour ça. J'étais déjà championne toute catégorie dans ce domaine. Et haut la main. Pas de problème à ce niveau là.
Je tournai la tête vers la cuisine pour la troisième fois. Vincent semblait intrigué et amusé par la manière dont j'avais mis fin à la conversation. Et encore, il n'avait aucune idée du pourquoi. Rien que sa tête en entendant une telle chose était drôle à imaginer.
- Les relations mère fille ont l'air un peu explosives, me lança-t-il finalement, voyant que je ne disais plus rien.
Rangeant ma chaise, je le rejoins à la cuisine et m'installai avec ma tasse sur un tabouret. Rigolant à moitié, je plantai mes yeux dans les siens.
- On va dire que j'ai préférer arrêter la conversation quand elle a voulu savoir si je couchais avec mon colocataire, osai-je.
Il fronça les sourcils. Son expression de visage changea radicalement, alors qu'il attrapait nerveusement une cuillère. Comme je l'avais prédis, cela ne le mettait pas très à l'aise. Chacun son tour, chéri. Il me sembla même le voir rougir une demi seconde. Ma plaisanterie n'avait pas l'air de lui faire très plaisir. Tant pis.
Au bout d'un moment, muré dans le silence, je saisis ma tasse et la déposai dans l'évier, avant de me lever pour rejoindre mon antre. Il fallait que je pense à m'habiller et me coiffer un peu. Même si je n'avais pas pour projet de remettre une robe, j'allais au moins passer la nouvelle année de manière présentable. Dans un jean parfaitement descend et confortable. Encore mieux que des talons et un court morceau de jupette. Je sautillai jusqu'à la chambre, me cassant la figure sur ma valise au passage, pour finalement me jeter sur mes vêtements. Me coiffant et enfilant mon t shirt d'un seul geste, je fus prête en quelques instants. Un temps tellement infime que certaines personnes doutaient de ma véritable nature. Mais bon, être une fille n'exigeait pas obligatoirement un enfermement prolongé dans une salle de bain. Sinon, je serais déjà pendue et enterrée. Enfin, passons. Toute vêtue, toute coiffée, toute pas maquillée, toute moi, je quittai de nouveau la chambre, souriante. Certes, ce dialogue avec ma mère m'avait gêné sur la fin, mais il m'avait revigoré. Je ne savais pas vraiment pourquoi, cela me faisait un bien fou. Comme un plein d'aspirine après un bain d'alcool. Vincent, lui, en revanche, se serait peut être passé de sa dernière remarque remaniée à ma sauce. Mais j'avais eu besoin de lui dire. C'était puérile, mais je m'en fichais. Je voulais juste voir quelle tête il ferait. Et je n'étais pas déçue du résultat. Ce mélange de gêne pure et dure avec son air froid retrouvé sur le moment m'avait presque fait rire devant lui. J'avais dû me retenir pour ne pas le vexer. C'est que monsieur était visiblement un grand coincé sur ces choses là.
ooo
- Yuffie, dans ton immense bonté, viendrais tu m'aider ?
Je relevai les yeux, l'air las. Un livre pas vraiment intéressant entre les mains, je regardai Vincent depuis le canapé sur lequel j'étais allongée. C'était ma foie confortable de le voir ainsi, les mains sur les hanches, à me demander de l'aide pour le repas de ce soir. Je ne savais pas si il savait quel risque il prenait en me demandant cela. Sur le plan nourriture, j'étais bien mieux à ne rien faire là qu'à m'énerver contre une casserole. D'ailleurs, je haussai les sourcils, moyennement convaincue. Le visage du brun me fit tout simplement sourire. Son regard se voulait dur, mais quoiqu'il veuille, il m'arrachait toujours un sourire. Et quelques fourmis dans l'estomac que je ne saurais identifier. Un torchon dans une main, l'autre sur sa ceinture, il secoua la tête. Ma réponse se lisait dans mon regard. Es tu sérieux ? Apparemment oui. Ce qui m'amenait à la conclusion suivante : monsieur était suicidaire. Il avait pourtant fait l'expérience de mon savoir faire culinaire durant une semaine, alors à moins qu'il ne soit maso sur ce plan, je ne voyais pas ce qui le poussait à me réclamer de l'aide.
- Tu es sûr que tout va bien ?lui demandai-je finalement, froissant les pages du livre entre deux doigts.
Vincent me toisa, et leva les yeux au ciel. Cet homme voulait mourir. Il n'avait tout simplement aucun instinct de survis, et projetait l'empoisonnement à la ficelle ou autre accident pour ce soir. Plan peu réjouissant.
- Et si je répondais non à ta proposition ?lui demandai-je, souriant de toutes mes jolies dents.
Vincent leva une main en signe de réflexion, et me sourit de manière diabolique. Je n'aimais pas vraiment ce regard qu'il me lançait même si, comme toujours, il lui allait à merveille. Tout lui allait, de toute façon. Je le vis se décaler de mon canapé, et retourner vers la cuisine. Étrange. Il n'était pourtant pas du genre à abandonner aussi vite et aussi facilement. Je ne savais pas si je devais m'inquiéter ou non. Soupirant, je replongeai les yeux sur ma lecture inintéressante. C'était toujours mieux que d'aller rater quelque chose en cuisine, à mes yeux. Au moins, avec un livre entre les mains, je n'étais pas dangereuse. Enfin, pour moi.
Au bout de quelques minutes, le temps qu'il me fallut pour relire la première phrase du chapitre une bonne quinzaine de fois, tant l'intérêt que j'y portais était minime, j'entendis des pas se diriger vers moi. Sceptique, je me décrochai une seconde fois de ma super lecture, pour de nouveau lever les yeux. Vincent se tenait là, une main serrée autour d'un pichet rempli d'eau. Écarquillant les yeux, je lui lançai un regard d'incompréhension totale.
- J'avais déjà préparer ma contre offensive, m'expliqua-t-il.
Sur ce, et avant que je n'ai pu faire le moindre geste, il me versa l'intégralité de son pichet sur le visage. Le jet d'eau glacée me fit crier, et je me redressai vivement alors que mes cheveux soudain humides se plaquaient contre mes joues. Quelques gouttes roulaient dans mon dos, provoquant un frisson le long de mon corps. J'avais essuyé la plus violente attaque aquatique de toute ma vie. Et le canapé aussi, apparemment. Il était aussi trempé que moi. Perdue, je regardai le pichet, puis Vincent, puis le canapé. Je ne sus même pas quoi dire. La seule chose que je savais, c'est que je ne m'y attendais pas. J'aurais dû m'inquiéter.
Nous restâmes un moment à nous dévisager, lui, l'air satisfait, bras croisés sur la poitrine, moi, bras en suspend, gouttant de partout. Et le canapé, victime inutile de ce massacre. Chose qui me fit réaliser un léger problème.
- Bravo Vincent, soupirai-je en regardant la pendule.
Le brun me regarda, sourcils froncés. Il ne semblait pas comprendre ce que moi j'avais compris.
- En nous prenant d'assaut, moi et ton canapé, à exactement 18h30, tu viens de te priver de ton lit, lui expliquai-je en désignant la marre imbibant le pauvre meuble. Alors soit tu deviens amphibie du haut du dos, soit tu dors par terre.
La surprise de mon agresseur fut presque totale. Sa contre offensive ne devait pas avoir prévue cet éventuel dérapage. Il me regardait toujours, mais ne semblait pas vraiment réaliser. Doucement il s'approcha du canapé détrempé, et le tata comme pour s'assurer qu'il était bien mouillé. Et il l'était, je le garantis. Pour être assise dessus et avoir essuyé la moitié des dégâts, j'en savais quelque chose. Je vous jure, Vincent et ses idées spontanées. En fait, il valait mieux qu'il réfléchisse, lui. Parce que bonjour les ennuis quand il agissait sur un coup de tête. Moi, encore, ça passait. On était habitué. Mais alors lui, pas le moins du monde. Et on se regardait. Dans le blanc des yeux. Je ne pus m'empêcher de rougir sur l'insistance de ses yeux carmins. Il était particulièrement adorable avec cet air blasé de gamin coupable et irréfléchi. Cela ne lui ressemblait pas, mais rien que pour la bouille qu'il affichait, j'aurais souhaité qu'il exécute ce genre d'action stupide plus régulièrement.
- En effet, finit-il par lâcher.
En effet. En effet en effet en effet. Et je commençais à avoir un peu froid, trempée comme je l'étais. Me levant, j'attrapai le torchon qu'il avait dans les mains, et entrepris de me sécher rapidement les bras et le visage. Pour finir par mes cheveux dégoulinants que je venais de sécher. Génial. Et j'avais horreur de sécher mes cheveux. Le torchon à moitié sur le crâne, je stoppai toute activité. Une idée me traversa l'esprit.
- Au pire, commençai-je en posant mon poing serré contre ma hanche, je prend pas une place monstre. Entre mon bordel et moi, ton lit doit encore être en mesure de t'accueillir.
Vincent me regarda, légèrement surpris. Cependant, il n'objecta pas. Je ne croyais pas vraiment que je lui avais proposé moi même une telle chose. Pourquoi nous ne pouvions jamais dormir ensembles sans prétextes ou situations bidons ? Surtout, je sentais le rouge me brûler littéralement au fur et à mesure que son silence gagnait en longueur. Il fallait qu'il répondre, ou j'allais fondre.
- Au pire, marmonna-t-il en baissant la tête.
Au pire. Bien que l'idée en soit ne soit pas désagréable.
ooo
Sécher, habiller de mon pyjama magnifique, le ventre remplit d'un repas fort acceptable, et les yeux fermés par la fatigue, je me jetai sur le lit, en oubliant presque mon colocataire temporairement installé dans mes quartiers. Ce dernier râla alors que je manquai de l'expulser hors des draps, et je lui souris de toutes mes dents en signe d'excuse, comme je savais si bien le faire. La soirée ne s'était pas mal déroulée, en fin de compte. Le repas avait été bon. En même temps, je n'y avais touché, chose que Vincent n'avait pas manqué de me faire remarquer. Sauf que moi, au moins, je n'avais pas détrempé mon canapé. Enfin bon. Chacun ses prouesses.
Il était exactement minuit. Nous n'étions pas de ces gens à veiller jusqu'à je ne sais quelle heure juste pour pouvoir hurler à la nouvelle année avec les présentateurs télé. Non, nous nous étions juste tenus éveillés assez longtemps pour se le dire en se couchant. Même si je savais que je n'étais pas prête de dormir. La présence de Vincent me déstabilisait. Ce n'était pas la première fois, mais c'était juste la première fois où nous nous en rendions pleinement compte. Alors je me collai un peu plus au bord du matelas, juste pour être sûre de ne pas l'ébouillanter en l'effleurant.
- Alors Yuffie, cette nouvelle année ?
Sa voix grave me fit sursauter, et je me fis encore plus petite, mon bout de couette serré contre ma poitrine.
- Ce n'est qu'une date, marmonnai-je. Et puis, j'aurais préféré qu'il neige.
- Il fallait me le dire avant si tu voulais quelque chose de plus froid, plaisanta-t-il en se tournant. J'aurais ajouté quelques glaçons.
Puérile, je lui tirai la langue, bien que je doute que cela se voit dans l'obscurité. Nous ne distinguions pas vraiment nos visages, juste des formes floues. Ce qui me poussait encore plus vers le vide, temps j'avais peur d'effleurer le sien. Fermant, les yeux, en équilibre au bord du lit, je les rouvris soudainement en sentant des doigts m'effleurer la joue. Pour ensuite me figer lorsque ce fut des lèvres qui touchèrent mon front, suivit d'un bonne nuit proche du murmure. Je dû me faire violence pour ne pas mourir d'une attaque. Tremblante, je sentis un bras me tirer un peu plus vers le milieu du lit, nettement plus confortable. Bredouillant quelques mots inaudibles, je fus stopper dans mon élan désespéré de dire quoi que ce soit par un doigt sur mes lèvres. Et quelques minutes plus tard, une respiration régulière me fit comprendre qu'il dormait. Un détail me troubla néanmoins. Il n'avait pas retiré son bras de ma taille.
