Milou: Le numéro du chapitre et la date coordonnés, c'était totalement involontaire ! J'avais même pas remarqué. Suis trop une bosse. Bref. Et le coup du canapé trempé, non, bien sûr que non, Vincent n'avait en rien préparé cet acte de sabotage ! C'est un gentleman ! Et oui, je suis maudite avec la cuisine. Le savoir culinaire est mon critère de choix le plus important pour ce qui est du compagnon x).

Ps: Je suis entièrement d'accord. Même si la chute doit faire bien mal sur le coup.

Eclipse1995: Et bien, on peut dire que nous avons toutes les deux fait découvrir à l'autre une fic dans un style qu'elle n'aime pourtant pas x). Sans rire, je suis trop heureuse que ma fic te plaise. Un gros merci, bisou baveux et tout ce que tu veux :)

Mia: Oulah, je vais me cacher...Si déjà la tu voulais me tuer, ben pour ce chapitre je vais plus avoir de tête x).

En tout cas voici un chapitre niais comme pas possible x).


Chapitre 32 :

J'ouvris péniblement les yeux. La joue calée contre ce que j'identifiais comme étant un oreiller, je sentais le tissu m'agresser la peau à chaque mouvement. Un bras autour de ma taille me maintenait fermement dans la même position, les doigts de son possesseur crispés sur mon affreux t-shirt. Mâchonnant mes cheveux, comme toujours, je mis quelques secondes à émerger, la rétine éblouie par le soleil. Il fallait que je pense à lui dire de changer ses rideaux. Ils n'étaient pas fait pour les lève tard comme moi, étant donné qu'ils laissaient le champ libre aux rayons matinaux. Mon bras replié contre mon colocataire, je finis par me rendre compte que ma joue n'était pas mollement installée sur mon coussin, mais bien sur lui. Cependant, je n'étais pas encore en état de rougir. Il était bien trop tôt à mon goût. Bien que j'ignore totalement l'heure qu'il était. Je remuai très légèrement, de peur de réveiller ma charmante peluche humaine, et me collai encore un peu plus à lui. Humant sa si agréable odeur, je me laissai aller contre son épaule, les yeux mi clos. Petite vicieuse que j'étais, j'en profitais pendant qu'il dormait encore. Jamais je n'aurais pu oser une telle proximité, sinon. Oui, moi, Yuffie, il y avait une chose que je ne pouvais pas oser. Dur à croire, je vous l'accorde. Mais pourtant vrai.

Je sentais ses cheveux en bataille étalés autant sur son épaule que sur la mienne, débordants sur mon visage niché non loin de son coup. Nous avions une moitié de lit inoccupée et par conséquent complètement inutile. Il était curieux de se dire que cela n'était même pas volontaire. Mais au fond, peu importait. J'étais diablement bien, respirant paisiblement dans ses bras, bercée par sa respiration légère. La lumière envahissant la pièce, je tournai mon visage vers la fenêtre. La quiétude de mon réveil, notre proximité, nos bras entremêlés. Tout portait à croire que nous n'étions plus seulement un prof et une élève. Tout portait à croire que nous étions ce couple que j'avais tant recherché. Les yeux perdus derrière ces rideaux inutiles, je ne savais plus vraiment quoi penser. Une épaisse couche de blanc sur le rebord de la fenêtre attira mon regard perdu. De la neige. Immaculée et égarée derrière les carreaux. Je sentis mon cœur accélérer, et mes yeux s'agrandirent de façon considérable. Mon visage se fendit d'un sourire enfantin. Cette poudreuse que j'avais attendue si longtemps. Elle avait dû tomber dans la nuit, inondant la ville de blanc. Je crus sincèrement que pour une fois, rien ne pouvait venir ruiner mon réveil pour le moment parfait. Dans la chaleur des bras de Vincent, à regarder l'extérieur que je devinais maintenant recouvert de neige. Je voulais sauter du lit et me rouler dedans.

Un sourire de gamine s'étira sur mes lèvres déjà largement fendues, alors que je commençai à m'agiter sérieusement entre les draps. N'y tenant plus, je poussai la couette jusqu'à mes pieds, et bondis à genoux. Rendant ses bras à Vincent, je le piétinai copieusement pour l'enjamber. Ce dernier sembla réveiller par ma ma brusque envie de liberté, car je le vis ouvrir les yeux au moment même où je me redressai. Me voyant ainsi au bord du lit, un sourire puéril aux lèvres, il se redressa, sourcils froncés, provoquant ma chute immédiate. Je me retrouvai joue contre la moquette, les bras en avant, dans une position des plus inconfortables. Ne m'arrêtant pas à ce premier échec, je me relevai aussitôt, sous le regard ahuri de Vincent, qui se frottait encore le visage, mal réveillé.

- Mais que...bredouilla-t-il en me voyant ouvrir la porte.

- IL NEIGE !criai-je en me ruant dans le couloir.

Telle une furie, je déboulai dans le salon, déjà hors d'haleine. Sautant par dessus le canapé enfin sec, je manquai de retomber de l'autre côté, avant de me précipiter vers la porte d'entrée, toujours en pyjama. J'entendis plusieurs pas dans le couloir, suivit de protestations fort peu convaincantes tentées de me faire revenir sur ma décision de sortir. Haussant les épaules, j'ouvris la porte d'un seul coup, et sans une hésitation, me retrouvai sur le palier. La fenêtre de celui ci offrant une large vue sur l'extérieur confirma ce que j'avais prédit. Les toits étaient entièrement blancs, leurs tuiles recouvertes d'une épaisse couche de poudreuse. Plusieurs flocons furibonds tombaient encore dans le vent violent, recouvrant les rares voitures du parking encore visibles. Je sentis mes poings se serrer d'excitation, et je me tournai vers l'escalier. Sans même faire attention à la porte qui s'ouvrait de nouveau, et à une voix grave m'appelant, je saisis la rambarde à deux mains, et me posai dessus. Solidement accrochée, j'adressai un clin d'oeil à Vincent qui tentait de me rattraper, avant de me laisser glisser en riant. Comme une enfant, je sentais de rire s'accentuer dans les violents virages de l'escalier, sans faire une seule fois attention à la voix qui me criait de revenir. Au diable le risque de tomber. Cette manière de descendre était bien plus amusante. Le vent froid provoqué par mon élan me fit frissonner. A l'arrivée, ma réception fut à peu près réussie, et je vacillai quelques instants avant de tourner la tête vers la grande porte vitrée. Le soleil était largement levé, mais le parking était parfaitement désert. Désert et entièrement recouvert de blanc. Je sautillai un instant sur place, les poings serrés, avant de me ruer vers la sortie. Appuyant nerveusement sur le bouton d'ouverture de la porte, je frissonnai violemment lorsqu'un vent glacial s'engouffra dans le hall de l'immeuble. Uniquement vêtue de mon pyjama affreux, je me sentis congeler sur place. Ne me laissant pas démonter pour autant, je passai la porte en souriant de plus en plus. Si c'était possible. Lorsque mes pieds nus rentrèrent en contact avec la neige glacée, je lâchai un glapissement timide. Avant de me jeter dedans. Littéralement. Je me laissai tomber dans la poudreuse à quelques mètres de là. Les flocons tombant abondamment me fouettaient les joues, se perdant sur mes cheveux noirs. Roulant sur le côté, j'envoyai voler cette neige partout autour de moi, riant puérilement, seule. Cette simple chose me rendait heureuse. Parce qu'un nouvel an sous la neige devient tout de suite tellement plus beau.

- Yuffie, reviens là !

La voix grave de Vincent me fit tourner la tête. Un jean rapidement enfilé, il se tenait sur le pas de la porte, emmitouflé dans un gilet. Je lui lançai un sourire radieux, alors qu'il levait les yeux au ciel.

- Pas question, répondis-je en envoyant voler plusieurs flocons.

Remuant bras et jambes, je me prenais pour un essuie glace.

- Tu vas attraper la mort, soupira Vincent.

- Et alors ?répliquai-je en relevant la tête.

J'étais couverte de poudreuse, contrastant avec le noir de mes cheveux. Je sentais le froid tremper intégralement mon pauvre pyjama, et me glacer les os. Mais je m'en fichais. J'étais bien.

- Tu es complètement folle, râla Vincent, ne sachant pas quoi faire.

- Tu n'avais toujours pas remarqué ?m'écriai-je depuis mon tapis de neige.

J'eus encore envie de rire. Oui, j'étais folle. Tellement plus que la moyenne. A me rouler dans la neige le matin du nouvel an, en pyjama et devant l'homme de ma vie, on ne pouvait dire que cela de moi. Mais c'était moi, et je n'y pouvais rien.

Une idée germa dans le fond de mon esprit, alors que je regardais Vincent faire des aller retour sur la largeur de la porte. Sans le quitter un instant des yeux, je saisis allègrement plusieurs poignées de neige, les tassant au creux de mes mains en une charmante boule de givre. D'un air plus qu'innocent, je brandis mon projectile et lui lançai d'un seul coup.

- Ça, c'est pour les suites numériques !criai-je alors qu'il la réceptionnait dans l'épaule.

Plus que surpris, son visage me fit éclater de rire. Il sembla vouloir bredouiller quelque chose, se massant l'épaule, mais n'y parvint pas. Je l'avais pris de court, visiblement. Je me vengeais de ses cours de maths. Cours de Satan.

Alors que je préparais déjà de quoi combler ma seconde attaque, le brun inclina la tête sur le côté, interrogateur.

- Mais enfin, le devoir n'est même pas encore...commença-t-il.

- Et ça, c'est pour les dérivés !le coupai-je, lui envoyant mon second projectile.

Maintenant debout au milieu du parking, je le regardais s'essuyer le visage, couvert de poudreuse. Il fronça un instant les sourcils, mais son air surpris laissa rapidement place à un sourire indéchiffrable.

- Je ne te savais pas si rancunière, lâcha-t-il en faisant un pas dans ma direction.

Oubliant apparemment le froid et la neige, il fit un second pas, me faisant légèrement reculer. Je le vis se baisser, et ramasser une poignée de neige. Je ne vis plus rien d'autre, vu que je la ramassai en plein visage quelques secondes plus tard. M'essuyant nerveusement, je commençai un nouvel amas de neige, ne me laissant pas démonter. Ce qui devait être à la base un simple règlement de compte sur un cours plus que désagréable se transforma en une véritable guerre. Trempée des cheveux à la pointe des pieds, je me tortillais comme je le pouvais pour éviter les attaques incessantes de mon adversaire. Lâchant un moment ma défense, je lui envoyai une énorme boule de neige, qui lui blanchit instantanément la chevelure. Vincent s'essuya, claquant quelque peu des dents, et relâcha le projectile qu'il tenait dans les mains. Je ne compris son geste que lorsqu'il se jeta sur moi.

- Tu vas voir espèce de saloperie, grogna-t-il.

J'émis un glapissement alors que nous basculions tous les deux dans la poudreuse. Je me sentis lourdement tomber en arrière, un poids contre moi. M'écrasant contre le sol, ma chute étouffée par la neige, je me retrouvais allongée, Vincent au dessus de moi, en équilibre sur ses deux mains. Riant à ne plus pouvoir m'arrêter, je tremblais de toute part. Je n'en pouvais plus. Même si je me sentais rougir de cette nouvelle situation gênante, je ne pouvais arrêter mes éclats de rire. Frigorifiée, gelée, givrée, trempée, je riais. Je souriais. Et au dessus de moi, Vincent semblait presque autant amusé.

Je ne m'arrêtai de rire qu'au bout de quelques minutes, épuisée. Pour laisser place à de violentes secousses au fond de ma poitrine. Vincent me toisai de son profond regard carmin, faisant grimper illico ma température corporelle. Problème de glaciation extrême réglé. Nos deux visages incroyablement proches me firent pâlir plus que rougir. Je n'avais pas réaliser. Je n'avais pas vu, alors que je riais. Penchés l'un sur l'autre, nous nous dévisagions, seuls au milieu de ce parking enneigé. Le matin du nouvel an. Alors qu'un sourire plus que gêné s'étirait sur mes lèvres, dévoilant la totalité de mes jolies dents, je cherchais tant bien que mal à me calmer. Sa main glissa contre ma joue avec une douceur plus qu'agréable, n'arrangeant pas les choses. Je sentais ses longs cheveux noirs me taquiner les joues, avec plus de douceur que les flocons s'écroulant sur nos deux corps. Nous sentant de plus en plus proche, je me retenait tant bien que mal de fermer les yeux. Il me sembla un instant que nos lèvres se frôlèrent, me clouant littéralement au sol, les battements de mon cœur devenus lourds.

Je le vis s'écarter soudainement, passant un bras sous ma taille. Il me releva brusquement, bien moins délicat que précédemment, et baissa les yeux en me voyant de nouveau sur pieds. Le cœur battant, la bouche entre ouverte, le visage rougissant, je ne savais pas où me mettre. Je voulais m'enterrer. Bien que la sensation de flottement que j'avais ressenti pendant un instant ne soit pas si désagréable. Son regard carmin et froid l'était lui beaucoup plus.