Milou: J'avais une représentation de théâtre au bahut hier soir x). T'inquiète pour le retard, je vais pas t'arracher la tête. Et oui, Vince n'assume pas. En même temps, c'est Vince. Et puis, ce serait trop simple, quoi. Faut un peu de piment ! Et vous inquiétez pas pour le besou ;).
Ps: - Et toi ?
- Je suis Da. Ju Da.
- Vous voyez cette colline ? Allez donc voir là bas si j'y suis !
MonaYsa: Merci merci merci ! Contente que ça te plaise ! A la prochaine :).
Eclipse1995: Oui, je sais, le pyjama dans la neige, c'est pas le top x). En tout cas, merci encore et à la prochaine !
Chapitre tout court, tout pas terrible, qui sert juste à transiter et à virer un peu Vincent du devant de la scène...Puissiez vous apprécier cette chose rédigée à 1h30 du mat' x).
Chapitre 33 :
L'atmosphère s'était un peu détendu durant les derniers jours de vacance, bien qu'il reste encore assez froid depuis ce que j'appellerais l'accident. Certes, nous nous entendions bien, mais cela s'arrêtait là. Il y avait même un brin de froideur entre nous. Largement plus envahissante que celle naturellement présente dans le caractère de Vincent. Elle était désagréable, celle ci. Même la douce et pétillante Vanille et sa présence rafraîchissante ne nous avez pas dérider. Nous n'avions plus échangé que des banalités, dormant chacun dans notre lit. Les débordements comme nous nous étions permis n'étaient plus d'actualité. Ce qui me rendait plus que morne. Parce que cela me rendait triste. Oui, nous avions faillit nous embrasser. Oui, cela était un geste totalement déplacé et non adapté de la part d'un proche et de son élève. Non, nous n'avions pas le droit. Oui, nous méritions le bagne, la peine de mort, des exos de maths, la tête coupée, même. Mais il ne fallait pas non plus exagérer. Alors je me sentais mal. Vis à vis de lui comme vis à vis de moi. J'avais mal de cette proximité qui nous éloignait. Qui m'éloignait de l'homme que j'aimais. Et qui était très certainement entrain de ressentir la même chose.
Alors ce n'est en aucun cas en chemise et totalement rougissante comme une pauvre petite collégienne que j'attendais notre arrivée au lycée, assise sur le siège passager de sa voiture. Non, c'était le regard perdu par la fenêtre, sur la neige entrain de fondre, la joue calée dans ma paume de main. Je n'arrivais même pas à sourire franchement. Moi qui sautillais toujours de retrouver ma bande, là, je n'étais pas vraiment réjouie. Je priais juste pour que tout s'arrange. Bien que notre retour à l'école n'allait faire que nous bousculer encore plus. J'en avais conscience. Parce que nous n'étions plus vraiment ce prof et cette élève que nous étions censés être.
Vincent, les mains crispées sur le volant, regardait la route. Il n'avait pas cet air agressif et dénué de chaleur qu'il arborait en classe. Mais ses traits respiraient néanmoins la froideur. Une froideur qui faisait encore plus mal. Parce qu'elle n'était en rien ce que j'avais connu durant ces vacances. J'avais adoré le Vincent que je considérais maintenant comme un ami. Et même tellement plus. Je nous savais trop proche, mais je voulais plus. Et c'était tout. Je ne parvenais pas à lutter contre cela. C'était terriblement égoïste de ma part de vouloir continuer à agir comme si de rien était. Mais j'avais trop aimé ce que nous avions vécu pour faire comme si de rien était. Même lui semblait comme tirailler malgré ce visage dur qu'il tentait de maintenir. Je pouvais concevoir qu'il se sente coupable. Mais cela me faisait trop mal pour que je l'accepte pleinement. Il y avait à peine quelques jours, j'aurais juré que l'on avait jamais été aussi proche, et maintenant, c'était tout le contraire. Je me perdais toute seule. On allait aller loin avec ça.
Alors que je le mordais presque les doigts de toutes ces petites complications potentiellement problématiques, nous gagnâmes le parking de notre résidence secondaire. Toujours aussi accueillante, bien que je ne sois pas aussi enjouée de la revoir. J'étais trop bien, dans ce petit appart, avec une rouquine aussi surexcitée que moi et un grand méchant ténébreux comme peluche humaine. Je vis la voiture de cette fameuse peluche s'arrêter sur une des places les plus proches de l'entrée, sans que son conducteur de dise quoi que ce soit. Il restait muet comme une carpe depuis le début du trajet. J'ouvris la portière avec un calme que je ne me connaissais pas, et enfonçai mes pieds dans le peu de neige qu'il restait encore au sol. Elle était autant terne que mon humeur. Tâchée d'une boue grise peu accueillante, pourrie de sable et de trace de pneu. Un vrai plaisir.
Il était réellement tôt, et la plupart des élèves n'étaient pas encore là, si bien que le parking me parut bien vide. J'en vins même à me demander si nous ne nous étions pas trompés de jour. Mais je ne pouvais donner tort à mon cher prof de maths sur ce point. Nous afficher en public n'était pas une chose très recommandable, alors arriver un peu plus tôt n'était pas un effort inutile. Même si en mon fort intérieur, je râlais après ma nuit écourtée plus que de coutume. Je sentais que je n'allais pas tenir la journée, moi.
- Au fait, Vanille m'a dit qu'il faudrait que tu revienne la voir.
La voix de Vincent me fit tourner la tête, alors que je sortais ma valise du coffre.
- Elle t'aime beaucoup, visiblement, reprit-il en regardant le bâtiment.
Je souris à la penser de la rousse. Celle que j'avais haït pendant un temps, pensant bêtement qu'elle sortait avec l'homme de ma vie. Réaction exagérée de collégienne pré pubère en dépression affective violente. Bref, j'avais été ridicule. Parce que Vanille était en vérité quelqu'un de tout simplement génial. Une petite perle, cette fille. Tout aussi chiante que moi.
- Alors je passerais la voir, assurai-je en souriant de toutes mes dents.
Tout deux savions ce que cela signifiait. Nous n'en avions pas fini de nous voir. Parce que Vanille était sa voisine. Au fond de moi, je ne pouvais qu'interpréter cela comme un signe du destin, un don du ciel. Appelez cela comme vous le souhaitez. Même si j'étais particulièrement mal à l'aise à l'idée de remettre une seule fois les pieds dans cet immeuble après tout ce qu'il s'y était passé. J'en avais tout de même très envie. Vive les sentiments contradictoires.
Vincent esquissa un semblant de sourire avant de se diriger vers la porte d'un pas vif. Il semblait vouloir marquer une distance certaine entre nous deux le plus tôt possible. Mais malgré son évidente envie de s'éloigner de moi, il se retourna, et réfléchit un instant.
- On se voit en devoir de maths, demain, me lança-t-il finalement, légèrement amusé.
- Ouais, je serais la fille affalée sur sa copie, répliquai-je en souriant.
Mon prof ne prit même pas la peine de répondre ou même de rire. Il leva simplement les yeux au ciel avant de cette fois ci disparaître derrière la porte du hall. Me plantant là avec ma valise. Mr congélateur, le retour.
ooo
- Yuffiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie !
Tifa se jeta littéralement sur moi lorsqu'elle m'aperçut dans le couloir de notre premier cours. Je la réceptionnai avec entrain, un large sourire aux lèvres. Derrière elle suivait un Reno tout souriant, visiblement ravi de me retrouver. Tout comme je l'étais. Ils m'avaient manqué. Je pouvais pensé ce que je voulais, cela me faisait un bien fou de les revoir. Cette bande de diables enragés.
Le rouquin m'asséna un violent coup dans l'épaule, avant de me serrer dans une étreinte affectueuse la seconde suivante. Nous ressemblions à un amas difforme, ainsi entassé, Tifa, Reno et moi, sous l'oeil amusé d'Elena. Cette dernière me claqua une bise sur la joue lorsque je fus enfin accessible, ce qui me fit bien rire. La petite blonde souriait, comme toujours. Aucune alerte post dépression dramatique ayant pour cause vacances peu réjouissantes à l'horizon. Plutôt bon signe. Je ne me sentais pas de taille à faire face à un problème monumentale. Pas ce matin. J'avais déjà des nœuds au cerveau avec nos changements expresses d'emploi du temps, alors les ennuis, très peu, merci. Je sentis une violente bourrade me secouer le dos. Un Cloud souriant surgit face à moi alors que je râlais après cette agression soudaine. Le jeune homme ne semblait pas plus mal en point que les autres, et j'émis un rire à son salut des plus brusque. Il ne semblait plus autant gêné de la présence de Tifa, ce qui me rassura un instant. Les vacances avaient dû rafraîchir leur relation tortueuse avec ce break imposé et plus que bien venu. Tout le monde bavassait joyeusement d'un peu tout et rien. Déjà. Dans notre bande, il n'était jamais bien compliqué de lancer une conversation. Alors chacun commençait déjà à déblatérer sur ses vacances absolument géniales. Moi, je les écoutais, les faisant baver un peu plus, eux qui mourraient d'envie de connaître l'issue des miennes.
Finalement, c'est la voix cassante de Mlle Quistis qui nous sortit de nos discussions très animées. Madame avait décidé de s'approprier la matinée pour sa matière ô combien passionnante. Mais quoi de mieux que de reprendre par de la philo ? Non mais je vous jure, où va le monde. A ma droite, je sentais déjà l'excitation à peine croyable de Cloud et Elena. Je ne savais pas si leur adoration de cette matière avait un mien avec leur couleur de cheveux identique à celle de la prof, mais il allait un jour falloir qu'ils m'expliquent comment ils faisaient. Pour moi, cela restait un mystère total. Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? Je veux dormir.
Je partis m'installer comme toujours à côté de Tifa, qui arborait une véritable mine de condamnée. On aurait pu nous envoyer au bagne que cela n'aurait pas été pire. Je sortis ma trousse sans grand entrain, avec une tête de vainqueur à peu près aussi belle que celle de la brune. Mon dieu que j'étais inspirée. Cela ne m'empêcha pas de sourire de toutes mes dents lorsque la prof fit l'appel, ce qui me valut un regard noir. Pas grave j'étais habituée.
- Bon alors, ça s'est fini comment ?
Tifa m'avait posé cette question sur un ton on ne peut plus naturel, pas intéressé le moins du monde par ce que la prof écrivait. Elle avait repris une de ses grandes habitudes de philo, à savoir se maintenir en équilibre sur deux pieds de sa chaise.
- Ben...commençai-je en ouvrant grand les yeux. C'est...étrange.
A ma grande surprise, Tifa ne sourit pas, et n'éclata pas de rire. Elle resta on ne peut plus sérieuse.
- C'est normal, me chuchota-t-elle. C'est toujours bizarre au début.
Je fronçai les sourcils.
- Comment ça ?lui demandai-je.
La jeune fille prit une profonde inspiration, et se laissa retomber de manière à retrouver une position à peu près équilibrée.
- Et bien, on ne se rend pas forcément compte de tout, reprit-elle, le regard perdu contre la fenêtre. D'abord, tu aimes quelqu'un en le regardant de loin. Mais quand tu deviens proche de cette personne, alors ça devient bizarre. Et c'est justement ce qui prouve que tu l'aimes vraiment. Parce que tu ne restes pas indifférente au rapprochement.
Je hochai doucement la tête. Certes, certes. Je n'avais pas cessée une seule seconde durant ces vacances d'être sensible. J'avais rougi, de moins en moins, peut être, et de manière moins spontanée. Mais à mes yeux, de manière plus compréhensive. J'avais senti véritablement quelque chose de plus fort qu'une simple attirance physique. Une sensation de flottement quand il me parlait. Quand on se chamaillait. Ou quand on dormait côte à côté. Cette étrange impression de fourmis au creux du ventre. Et ces battements de cœur rendus fous. J'avais cette impression pas vraiment désagréable de l'aimer encore plus. Plus profondément, tout du moins. De manière moins stupide, plus réfléchit. En fait, maintenant, je pouvais affirmer que je l'aimais.
- Je suis d'accord, avouai-je finalement, pensive.
- Et donc ?insista Tifa.
J'avais en quelque sorte deviné la réponse qu'elle attendait. Et elle était plus que réfléchit, cette question qu'elle m'avait posée. Bien plus que j'aurais pu le penser.
- Je l'aime, soufflai-je en baissant les yeux vers ma feuille.
Un sourire énorme fendit les lèvres de ma voisine. Tifa pouvait certes rester sérieuse, mais jamais très longtemps. Cependant, c'était un véritable sourire. Tellement plus sincère que moqueur. Elle avait l'air elle aussi de comprendre que c'était vrai. Que cela ne s'arrêtait plus à la vue, au physique, ou aux cours de maths.
