Milou: Eheh, mais qui te dis qu'ils ont autant de vacances que les flemmards que nous sommes ? Bon, en tout cas, mon chapitre inutile ne l'as pas été tant que ça !

Ps: En même temps, les inconnus, quoi. Si tu fais la cuisine, c'est quand tu veux x). Et cette citation mérite une certaine réflexion...

Eclipse1995: Alerte rousse ! Vanille is comming ! Bref, merci merci, et vive Vincent le crétin :3


Chapitre 34 :

- Mais c'est pas vrai...

Dimanche soir. Il était exactement 17h32 sur l'horloge de la vie scolaire, et moi et Elena attendions depuis plus d'une heure que la vieille peau gardienne des tiroirs du château daigne nous accorder la parole. Les cours avaient repris, stylos, combats, profs, internat, tout ça tout ça. Mais avec les cours, les emmerdes classiques qu'apporte la vie harassante des étudiants. Comme se retrouver accouder à un bureau, en face d'une vieille blonde trop maquillée qui prétexte un dossier urgent, ou tout du moins, plus urgent que votre cas. Voilà. Le paradis. Je n'en pouvais plus. Je passais le temps en regardant le temps des plus pourri déverser des pluies diluviennes par la large fenêtre, ou en comptant le nombre d'imperfections dans le bois du bureau. Ou encore à lancer des regards lourds d'impatience à Elena, qui y répondait par un sourire désolé. Le genre de regard signé moi qui voulait aussi bien dire « je vais te trancher les jambes à coup de petite cuillère émoussée pour que tu arrêtes de claquer tes affreux talons de pétasse contre cette foutue chaise », ou « tu me regardes encore une seule fois comme si je te faisais pitié et je te fais manger ton bureau écharde par écharde en prenant bien soin de te casser les dents avant ». Enfin, j'avais l'esprit extrêmement inventif sur ce coup là. Une inspiration qui aurait fait pâlir les plus grands auteurs. Devenir écrivain, poète ou je ne sais quoi du même genre ? Rien de plus simple, venez méditer sur la condition déplorable de cette chère horreur blonde à peine humaine.

Je claquai mes doigts contre le bois, la regardant avec insistance trier ses feuilles le plus lentement possible. Je haïssais cette femme, tout simplement. En plus, je ne savais pas ce qui lui avait pris, mais elle avait fait évoluer son maquillage. Après le bleu dévergondé et punk autour des yeux, elle avait choisi le rose salope sur ses paupières ridées. Plus un fond de teint à moitié orange. Un bonheur pour les yeux. Et elle ne trouvait rien de mieux que bouger ses grosses fesses de manière à faire grincer sa chaise. Et dire que ce que j'avais à lui dire devait me prendre seulement deux minutes. La vie scolaire n'avait pas été capable de retenir mon appel de justification d'absence à l'internat durant ces vacances. Alors je me retrouvais à devoir m'expliquer en direct avec la pauvre Elena, qui avait gentiment accepté de me porter compagnie. Et heureusement, sinon j'aurais déjà égorgé quelqu'un.

- Vous voulez quoi déjà ?grinça finalement la vieille de sa voix naturellement aimable.

Au début, j'avais émis la possibilité qu'il s'agisse juste de mauvaise volonté ou de fainéantise, mais là, j'étais absolument certaine qu'elle se foutait de moi.

- Je viens justifier mon absence de ces vacances, vu que vous ne l'avez pas enregistré, lui répondis-je en souriant autant que possible.

Il fallut que je me face violence pour ne pas me frapper le front contre le bois.

- Et donc, pourquoi vous n'étiez pas là ?grogna la blonde siliconée.

Un léger mouvement me fit entrevoir son décolleté creusé à la hache qui manqua de me faire vomir.

- J'ai été hébergée au dernier moment chez un ami, lui expliquai-je posément.

- Très bien, c'est noté, grinça-t-elle en griffonnant sur son horrible carnet rose. Tu peux partir.

Et je n'allais pas me faire prier. Elena me jeta un regard rassuré, et nous fûmes en dehors du bureau en moi de temps qu'il en faut pour le dire. Plus d'une heure d'attente, pour à peine deux minutes de dialogue avec cette porte de prison. J'adore. Une fois dehors, Elena poussa un énorme soupir de soulagement, à quoi je répondis par une mimique autant agacée que amusée. Des choses terribles nous en avions vécu. Panne d'eau chaude, alarme incendie, rupture de pain, cours de physique, Jyhl Nabaat. Mais des comme celle là, jamais. C'était tout simplement atroce. Je plaignais sincèrement mon amie qui avait eu pitié de moi en m'accompagnant. Comme elle devait le regretter. Tifa avait eu l'intelligence de proposer à son cher et tendre de passer la journée avec elle pour ne pas venir, Reno avait prétexté des révisions avec Cloud, comme si c'était un tant soit peu crédible. Reno qui travaille ! Non mais et pourquoi pas le président Shinra qui joue du djembé ?

- Bon, courage Eli, il nous reste juste le bâtiment de science à traverser, soufflai-je en serrant les poings.

La blonde me lança un regard entendu, et nous nous mîmes en route. Sur le chemin, je manquai de trébucher à plusieurs reprises à cause du bazar des quatrièmes année. En effet, ces derniers étaient en plein projet, et étalaient leurs merveilles un peu partout dans les couloirs. Et il y en avait pour tous les goûts. Un vrai champ de mines pour les maladroits dans mon genre. Au bout d'un moment, nous croisâmes notre professeur principale en plein combat avec une porte. Il poussait, comme à son habitude, plusieurs jurons, entrecoupés par sa cigarette.

- Putain de saloperie de porte de mes deux, grogna-t-il en poussant la poignée.

Il semblait particulièrement agacé par sa clé restée coincée dans la serrure rouillée de notre salle de méca. Eli et moi, plantée à quelques mètres de lui, le regardions s'acharner, partagées entre l'envie de rire et de l'aider. Nous l'aimions bien, Mr Cid, alors le voir ainsi embarrassé par une simple porte était à la fois drôle pour nous et triste pour lui.

- Attendez monsieur, finis-je par dire en m'approchant.

- Qu'est c'que vous foutez la les mioches ?râla-t-il en me regardant.

Je levai les yeux au ciel.

- On pêche à la mouche, répliquai-je en mimant de grands gestes.

Mon prof me regarda, sceptique. Bon, d'accord, ma réponse n'était pas des plus attendue, mais tant pis. Je lui fis un grand sourire, et lui fit signe de s'écarter. Il ne protesta pas vraiment, et une fois qu'il fut à une distance acceptable, je lançai un regard mauvais à notre « adversaire ». Une porte, quoi. Me plaçant devant, je levai la jambe et assénai un violent coup de pied à la serrure, qui émit un cliquetis rouillé. D'un geste triomphant, je poussai la porte à deux doigts, sous le regard ahuri de Mr Cid, et une Elena morte de rire.

- Avec les compliments, du chef !plaisantai-je en m'écartant pour le laisser passer.

- Fais pas trop la maligne toi, grogna Mr Cid en me montrant du doigt.

Je lui souris de toutes mes jolies dents. Défoncer des portes, je veux bien, mais alors faire la maligne, ce n'était pas du tout mon genre !

- Allez, foutez moi le camp, faites vos valises, reprit notre prof de méca en nous désignant le couloir.

Je haussai les sourcils. Mais pourquoi diable voulait il qu'on refasse déjà des valises, alors que l'on rentrait de vacances ? Elena me lança un regard interrogateur, que je transmis à Mr Cid. Ce dernier lâcha un rire, et les poings sur les hanches, nous domina d'un air supérieur.

- Vous ne savez donc pas que votre voyage a été confirmé ?nous dit-il. P'tain, les jeunes de nos jours. Z'êtes sur les plages de fin février à mi mars, bande de veinards. Alors du balais les fouineuses.

Une fois de plus, nous ne nous fîmes pas prier. Mr Cid lâcha encore quelques jurons, mais ils furent bientôt étouffés par la distance que nous mettions entre lui et nous. Elena et moi ne nous adressâmes pas la parole du trajet, mais nous pensions la même chose. C'était réellement merveilleux. Le voyage à Costa Del Sol, vacances de rêves dans la citée balnéaire la plus cotée. Et pas avec n'importe qui. Tout d'abord, avec notre bande. D'ailleurs, il allait falloir trouver un plan pour emmener Cerise. Mais en plus de cela, j'allais y être avec Vincent. L'homme que j'aimais. Et j'ignorais comment faire pour ne pas rougir rien qu'à la penser de lui en maillot de bain.

ooo

Tifa avait passé le reste de la soirée dans la chambre avec Cecil, si bien que nous avions parlé jusqu'à une heure peu raisonnable. Lulu avait accepté notre veille pour cause de retrouvailles. Même si cela faisait déjà une semaine que nous étions ensembles. Si bien que le matin du lundi, je me retrouvais la bouche pâteuse, à moitié réveillée, devant le lavabos, incapable d'étaler du dentifrice sur ma brosse à dent. Les cheveux complètement emmêlés, ma boule de fringues sur le bord de l'évier, je regardais le miroir avec insistance. Pas pour mon reflet, mais juste pour regarder quelque chose. Comme quelqu'un de pas réveillé.

- Yuffie, bouge toi, c'est l'heure !me cria Tifa en me bousculant.

J'émis un grognement rauque digne d'un ours en pleine hibernation. Mon t shirt trop grand à moitié retroussé, je mis un temps infini à réagir. Ce matin, une heure de maths. Plus tous les autres cours. Et exactement un quart d'heure pour me préparer. Je finis par m'habiller avec une lenteur infinie, en bâillant à m'en décrocher la mâchoire.

- Allez, tu peux le faire, m'encouragea Elena en lassant ses bottes.

Une fois chaussée, elle s'approcha de moi et entreprit de me coiffer, voyant que je n'étais clairement pas capable de le faire alors que je bâillais encore plus. J'étais vraiment dans le pâté. Jusqu'à plus de trois heures du matin les garçons nous avait fait rire. Reno et Eli nous avaient raconté leurs mésaventures de vacance, de la couverture trop petite au sapin tombé le matin de Noël. Ils m'avaient ensuite tous assiégée de questions sur mes vacances chez monsieur. Même Cecil. Ce dernier ne m'avait d'ailleurs pas gêné pour parler. J'avais passé sous silence certains détails que je gardais pour moi, mais mes amis étaient au courant du gros de l'histoire. Et le petit ami de Tifa n'était maintenant plus qu'un membre de notre bande, mais aussi un membre à part entière de leur gang ligué contre ma petite vie tranquille. J'appréciais beaucoup sa compagnie autant pour son caractère posé que pour son attitude ni trop discrète, ni pas assez. Il lui arrivait d'être aussi réservé que Cloud, mais il était tout de même relativement sociable, même si il parlait peu.

- Yuffie, le monde t'attends, me lança Tifa depuis la porte.

Sortis de mes réflexions comateuses par la brune, je fis quelques pas lourds vers le couloir, avant d'être poussée par Elena. Les filles me traînèrent autant qu'elles purent en direction du self, même si je n'étais pas vraiment disposée à mettre un pied devant l'autre. Ce n'est qu'une fois devant mon bol de céréales que mon cerveau prit l'immense décision d'émerger. Je pus ainsi me rendre compte de la discussion actuelle, et participer au débat lancé sur l'utilité du banc numéro quarante deux, celui placé devant le terrain d'entraînement, sur lequel il n'y avait jamais personne. Discussion tellement utile un lundi matin. Si utile que nous finîmes par sortir du self en jugeant le sujet trop peu captivant pour avoir une réponse.

Le cours de philo du lundi matin passa encore moins vite que d'habitude. Si bien que faillis me rendormir, la tête enfoncée dans mes bras croisés. Le sujet du jour était à peu près autant intéressant que celui du banc. Mlle Quistis avait une fois de plus fait preuve d'une intelligence terrible dans son choix de débat. Le plafond me sembla des plus merveilleux dans la seconde demi heure. Il me sembla d'ailleurs que les tâches que j'avais compté dessus étaient plus nombreuses. Les répertorier de la plus petite à la plus grande me faisait une nouvelle occupation. Enfin, c'était sans compter ma super prof qui ne m'aimait pas. Mais alors pas du tout.

- Yuffie !cria-t-elle au bout d'un long moment.

Je sursautai légèrement, réveillée par sa voix cassante. Cette femme était terrible sur le plan vocal. Sa langue était un vrai fouet.

- Oui ?m'écriai-je, à nouveau réveillée.

- Tu vas me faire le plaisir d'aller annoncer à la vie scolaire que tu as besoin de sommeil, grinça-t-elle, une main sur la hanche, une autre sur la poignée de la porte.

Génial. Il ne manquait plus que ça. Tifa me lança un regard désolé. Moi qui avait relevé le défis de ne plus me faire virer en philo, c'était loupé. Je n'étais pourtant pas la seule à dormir. Tout le monde, exceptés Elena et Cloud piquait un somme en l'écoutant déblatérer sur je ne sais quelle question existentielle.

Je poussai un soupir en rassemblant mes affaires. Je n'aimais pas vraiment passer le reste d'un cours en vie scolaire. C'est donc avec un grand déplaisir que je passai la porte de ma salle de cours. Vive la rentrée.

ooo

La vieille blonde crut s'étrangler en me voyant arriver pour la seconde en fois en deux jours à son bureau. Surprise, vieille peau !

- Tu veux quoi ?me demanda-t-elle en soupirant.

- Ma prof de philo ne veux plus de moi, expliquai-je en croisant les bras sur ma poitrine. Je m'installe où ?

La vieille blonde me désigna une table dans un coin de la pièce, où je partis m'affaler sans plus de cérémonie.

- Qui s'est ta prof ?m'interrogea-t-elle.

- Mlle Quistis, lâchai-je.

Au regard qu'elle me porta, je crus être une enfermée à laquelle on allait bientôt accrocher un écriteau pour une photo. Visiblement ces deux femmes avaient formé la société protectrice des blondes. Mais où va le monde.

A mon plus grand désespoir, la pendule me révéla qu'il me restait plus de vingt minutes à attendre. Je fixai les aiguilles avec l'espoir de les voir avancer. Je m'ennuyai ferme, et elles ne semblaient pas prête à mettre fin à mes souffrances. Choisissant la vengeance plutôt qu'autre chose, je me mis à claquer ma chaise d'un mouvement de pieds répétitif. Au vu du regard encore plus meurtrier que me lança ma copine de bureau, je ne pus que sourire. Peut être se rendait elle enfin compte du bonheur que ce genre de bruit était capable de procurer.

Un violent bruit de porte qui claque mit fin à notre duel du bruit le plus pénible, et une tornade rousse fit irruption dans la vie scolaire. Je reconnus sans peine le visage souriant de la rouquine qui se postait au bureau, en équilibre sur un pied. Vanille. Je haussai un sourcil lorsqu'elle tourna la tête dans ma direction, me demandant ce qu'elle fichait ici. Elle m'adressa un de ses sourires adorables, et me fit un grand signe de la main.

- Vanille ?m'exclamai-je. Qu'est ce que tu fais là ?

La rouquine oublia complètement le visage pas aimable de la blonde, et leva les yeux au ciel.

- Je suis venue porter ses clés à...

Elle se stoppa au milieu de sa phrase, et son sourire s'élargit de manière plutôt inquiétante. Je la jaugeai, prudente, attendant une réaction.

- Oui ?insistai-je.

- En fait, c'est génial que tu sois là, finit par lâcher la rousse en s'approchant. Vincent à oublié la clé de sa chambre chez moi, alors je suis juste venue la déposée. Mais tu pourrais peut être lui rendre, ça m'éviterait un tête à tête avec cette vieille pie pas aimable.

Je ne pus retenir mon rire. Vieille pie pas aimable. Oui, ça résumait bien la bestiole. Bon, je me sentis un peu plus embarrassée lorsque je pris conscience de sa requête. Chose complètement stupide, étant donné que j'avais passé les vacances avec Vincent, et même dormi avec. Pourtant, devoir lui parler ainsi dans l'école me faisait bizarre. Presque peur. Je tâchai de ne rien en montrer, même si je savais que Vanille ne serait pas dupe. Secouant la tête pour ne pas rougir, je lui souris de toutes mes dents.

- C'est vrai que je suis tout de même plus agréable que cette punaise ridée, répliquai-je en riant.

Vanille m'adressa un sourire complice, et fourra sa main dans sa poche. Elle en sortit un trousseau minuscule, auquel pendouillait une unique clé. Elle me le tendit, et je le saisis doucement. Ne prêtant pas attention à la vieille qui semblait mourir d'agacement derrière nous, je le rangeai au fond de ma poche. J'avais les clés de Vincent au fond de ma poche. Les clés de sa chambre dans laquelle je m'étais déjà retrouvée enfermée. Mais comment diable allais-je lui rendre avant ce soir. Car je me voyais mal lui tendre en début de cours. Et même en fin. En fait, je rougissais rien que d'y penser.