Milou: Mais je vais bien et toi ? Oui, tu es un escargot x). En sachant que je vais certainement re posté aujourd'hui, va falloir te dépêcher si tu veux laisser une review ! Enfin, bref, merci beaucoup déjà. Il faut avouer que tomber dans l'incohérence est une de mes frayeurs, et dans le cliché aussi. Alors tu me vois ravie de ne pas y être ! Yuffie est une petite couquine, mais pas au point de se faire un double ! Quoi que ...x). Et j'étais en colère contre l'administration de mon bahut quand j'ai rédigé le chap précédent... Ça s'est senti je crois.
Ps: Les questions existentielles, c'est sous la douche !
Eclipse1995: Merci, et à plus chère fondatrice de la SPR :).
Chapitre 35 :
Je crois que jamais je ne m'étais autant appliqué durant un contrôle de maths. Surprise, ce fameux contrôle. Dès le premier jours, et après mon retour de la vie scolaire. Un peu vache, Mr congélo. Peut être était ce juste pour me faire payer mon mauvais comportement et ma cuisine loupée de ces vacances. Paix aux âmes des élèves n'y étant pour rien. Toujours était il que j'y avais mis tout mon cœur. Dès l'instant où il avait prononcé les mots devoir surprise, je m'étais sentie d'attaque. Plutôt rare dans le cas d'un cours de maths. Enfin, tout est possible. J'avais eu l'impression de suer à grosses gouttes sur ma copie comme le héros d'un film d'action. Et ce sourire de victoire lorsque je lui ai tendu ma copie couverte de ratures, mais certainement meilleur que les autres. Il m'avait regardé avec de grands yeux, sourcils arqués. Jamais je ne lui avais fait un aussi gros sourire. C'était bof, comme manœuvre d'approche, réussir un devoir, mais au moins, sa tête en valait le coup d'oeil. Mon effort surhumain allait peut être se solder par une note avoisinant les 5/20, mais ce serait déjà mieux que mes autres résultats. Quel agréable sentiment de puissance.
Je lâchai un soupir. J'étais maintenant affalée sur ma table, à me languir de la sonnerie comme du dos de mon prof de maths. Mais quel dos. Je ne préférais même pas savoir quelles questions se posaient l'élève qui passait là après moi sur les traces de bave. Cette pauvre table en voyait de toutes les couleurs. J'avais au moins pris la peine de sortir une feuille, et de tenir mon stylo de manière à peu près droite. A côté de moi, Reno ne parvenait pas à contenir ses rires, et gloussait de temps à autre de manière quasiment inaudible. Mieux valait pour lui. Il jetait parfois un regard attendri à Elena, qui suivait le cours avec sérieux, au premier rang, au côté de Tifa. Cette dernière s'ennuyait à mourir. Elle n'était pas vraiment mauvaise en maths, au contraire, elle y parvenait sans faire grand chose. Mais cela ne l'intéressait pas le moins du quand elle n'était pas à côté de moi. Pour la simple et bonne raison qu'à côté de ma petite personne, il y avait toujours un commentaire à faire sur ma tenue ou ma concentration. Un peu plus loin, il y avait Cloud, qui semblait papillonné. Il rêvassait en regardant la fenêtre. Bref, c'était Cloud, quoi. Et puis, tous les autres élèves, dont on se fout plus ou moins.
Je griffonnai mollement le cinquième titre de notre chapitre sur les suites numériques. A savoir, le signe d'une suite et son sens de variation. A vos souhaits. Mr Valentine, dont les longs cheveux fuyaient avec le vent s'engouffrant par la fenêtre entre ouverte, écrivait de manière rapide sur le tableau une de ses fameuses équations qui vous font vous étouffer dès le premier chiffre. Malgré le froid extérieur, il avait choisi de nous geler les neurones en ouvrant légèrement. Mais quelle idée. Peut être que son système d'équation de suites lui chauffait la tête. Moi, elle me donnait juste envie de m'enterrer sous mon bureau.
- Oh, mais le beau système que voilà !grogna Reno en grattant sur sa feuille.
- Je ne te le fais pas dire, maugréai-je. Alors, il est pour qui, cette fois ?
Je priais pour que notre prof chéri appelle Elena le résoudre. Parce que Elena était douée partout. Un petit génie mordu de bouleau. Elle savait tout faire, et ne manquait de se ridiculiser au tableau en maths. Surtout devant une équation. D'ailleurs, je la vis se redresser sur sa chaise, émoustillée par l'exercice. En plus, elle aimait ça. Il allait falloir qu'elle me livre son secret, la blonde.
- Mlle Kisaragi !
Je n'aurais pas dû rêver avec autant d'entrain.
- On m'appelle ?m'exclamai-je du tac au tac.
- Le tableau vous appelle, répliqua sèchement Vincent.
Que quelqu'un me transforme en insecte, ou qu'on me tue. Tassée contre ma table, j'osai un regard en direction de mon prof. Mr congélo, dans toute sa splendeur. Le regard glacial, la voix cassante, le visage imperturbable. Cela me blessa presque. C'était comme si nous n'avions jamais passé ces vacances ensembles. Comme s'il ne me connaissait pas. Certes, il ne pouvait pas être avec moi comme il l'avait été dans le cadre du cours. Mais sa voix dure me pinça néanmoins le cœur. Je me sentais tuée par ses yeux carmins, tournés dans ma direction.
- J'arrive j'arrive, finis-je par lâcher en me levant.
A côté de moi, Reno me lança le même regard désolé que le dernier que l'on accorde à un condamné. C'est donc avec l'impression de monter sur un échafaud que je me rendis au bureau. Charmant.
Lentement, je saisis le marqueur que Vincent me tendait, et me tournai vers le tableau blanc couvert de chiffre. L'horreur. Tableau de Satan. Allez au diable avec vos maths. Me rongeant à moitié les ongles, je regardais le système comme s'il s'agissait de la dix huitième merveille du monde, tentant de me persuader que ce n'était qu'un rêve. Mais le regard frigide de mon prof de maths m'indiqua que non, et que j'avais intérêt à me magner si je ne voulais pas finir par la fenêtre avec un marqueur en pleine tête. C'est donc avec une infini douceur que je retirai le bouchon du stylo, et commençai à gribouiller sur le tableau, en grognant contre les calcules à faire. Je ne comprenais pas la moindre chose que je faisais. Rien du tout. Vincent haussa d'ailleurs un sourcil quand j'achevais ma ligne, composée de formules remixées qu'il nous avait donné. Elles devaient être fausses, elles aussi, étant donné que je les avais adapté au cas présent, et donc pas respecté du tout. Je marmonnai mes divers résonnant tous plus incohérents que les précédents, me plaquant de plus en plus contre le tableau, plus concentrée que jamais.
Lorsque j'eus enfin fini mon système véreux, je crus que la mâchoire de Vincent allait se décrocher. Il me regardait comme si j'étais folle. Toute fière, mon habituelle sourire sur les lèvres, je lui tendis son stylo.
- Parce que je suis un ninja, lançai-je alors qu'il secouait la tête pour reprendre contenance.
Peut être avais-je enfin eu un raisonnement correcte ? Peut être était ce juste ?
- Attends, comment as tu fait pour obtenir un résultat juste avec un raisonnement totalement faux ?s'exclama enfin Mr Valentine, ses yeux carmins toujours rivés vers mon calcule.
Ah ben non, en fait.
- C'est le talent, ça s'explique pas, répliquai-je, toute fière.
- C'est surtout de la chance, rétorqua mon prof en me toisant de son regard glacé et sévère.
Il se tourna ensuite vers la classe.
- Que personne ne recopie cette bouillie de calculs innommable, dit en me faisant signe de regagner ma place.
Je m'exécutai en haussant les épaules. J'avais fait mon travail, j'avais trouvé le bon résultat. Maintenant, s'il n'était pas content du raisonnement que je lui servait, et bien qu'il aille se faire voir. Ça n'allait pas en plus être de ma faute. Et puis quoi encore.
Alors que je regagnais ma place, Reno m'accueillit avec un pousse levé.
- Très joli, Yuffie, me lança-t-il.
- Je sais, je sais, répliquai-je en m'asseyant.
Tifa, Elena, et Cloud semblaient se retenir de rire. Toute notre classe d'ailleurs. Que ce soit de l'air médusé de ce pauvre Vincent, ou du calcul bizarroïde que je lui avais servi. Je lui lançai un regard vainqueur et presque moqueur, alors qu'il tournait la tête dans ma direction. Auquel il répondait par un froncement de sourcils, et un très léger sourire parut dans le coin de ses lèvres. Oui, je suis Yuffie Kisaragi. Oui, je suis nulle en maths. Et oui, je casse les pieds à tout le monde.
ooo
Le reste de l'heure se déroula dans un calme religieux. Ma petite intervention avait vacciné Vincent contre son envie de m'envoyer au tableau. Bon, il continuait de me reprocher mon manque d'attention, mais au moins, je restais sur ma chaise. Pour tout avouer, je craignais un peu la confrontation qui allait s'en suivre, étant donné qu'il allait falloir que je lui rende ses clés. Je maudissais Vanille. Toujours à intervenir au mauvais moment, histoire de bien nous ennuyer. J'allais finir par croire qu'elle le faisait exprès et avait des dons pour prédire l'avenir. Fichue rouquine avec ces idées farfelues.
La cloche retentit quelques minutes après la dernière phrase de notre cours, et tous les élèves se ruèrent vers la sortie. Les maths dès la rentrée. Plus pénible, tu meurs. Mais moi, je m'attardai un peu à ranger mes affaires. Parce que j'aimais bien ce moment où je me retrouvais seule dans la salle avec lui, même si j'en avais peur. Et surtout que pour une fois, j'avais une raison de rester. Je vis Tifa et les autres se poster à la sortie pour m'attendre. Avec eux, je pouvais parler librement à mon prof. Ils étaient au courant. Pas de tout, mais du gros de l'histoire. Même si des fois, j'aurais voulu être vraiment seule, j'étais heureuse qu'ils m'attendent toujours. Cette bande de bras cassés plus chiants et casses coups que n'importe créature de ce monde. Nous, quoi.
Vincent haussa un sourcil en me voyant approcher de son bureau. Fourrant ma main dans ma poche, j'en tirai ses clés. Le brun fut surpris de me voir en possession de sa clé de chambre, et m'interrogea du regard.
- Vanille est passée toute à l'heure, lui expliquai-je. T'as pas de tête, Vinnie, u les avais oublié chez elle, alors elle m'a chargé de te les rendre.
Vincent sembla se raidir en entendant le ton que j'employais, ainsi que le surnom que je lui avais officiellement donné. Lançant un regard inquiet vers la porte où patientait ma troupe, il tourna de nouveau ses yeux carmins vers moi. Il semblait plus soucieux qu'en colère, bien que l'agacement se lisait clairement dans ses pupilles. Tournant moi aussi la tête, je finis par comprendre ce qui le gênait. Ce n'était pas mon ton en lui même ou la familiarité avec laquelle je lui parlais. Il avait conscience des liens amicaux que nous avions créé ses vacances, et n'avait rien contre. Il aurait été stupide de le nier. Mais le fait que j'expose ainsi notre relation devant d'autres élèves le dérangeait. Il ne savait pas que eux savaient.
- Ah non mais ils sont au courants hein !m'exclamai-je ne désignant mes amis. Tant que c'est juste la grande gourde, l'autre roux, et les deux blonds, on peut oublier les vous, les monsieur et les Mlle Kisaragi.
Vincent me toisa un instant.
- Bon, ils sont un peu au courant, murmurai-je de manière à ce que seul lui entende. Pas de tout.
Ma dernière phrase le détendit considérablement. Même s'il restait légèrement gêné que je l'ais avoué à ma bande, il ne semblait plus aussi tendu. Peut être aussi parce que j'avais omis quelques détails. Je ne leur avais jamais avoué que nous avions dormi à plusieurs reprises dans le même lit. C'était des choses que je gardais pour nous.
- Bon, et bien dans ces cas là, je remercierais Vanille, me dit il en tendant la main vers ses clés.
- Et moi, j'ai pas le droit à un merci ?chouinai-je en l'empêchant de les attraper.
- Non, rétorqua Vincent, légèrement amusé. Fallait pas te payer ma tête toute à l'heure.
Rigolant, je lui tirai la langue. Oui, Vincent était froid. Renfermé, impénétrable, sec. Mais ça, c'était avec les autres. Certes, il restait peu bavard, mais son attitude changeait lorsque nous étions seuls. Car oui, les autres ne comptaient plus. Ils ne nous inquiétaient pas. Alors Vincent devenait presque doux. Amusé et amusant. Souriant, même, parfois. Cela me provoquait une sensation de chaleur au creux des joues, me faisant rougir jusqu'à la pointe des cheveux. Et un sourire plus sincère que tous les autres.
- Bon, tu me les donnes, sinon je viens dormir au pied de ton lit, me menaça le brun en tendant la main vers moi.
- Bah, tu tiendras compagnie à Cerise, répliquai-je.
- T'es pénibles, soupira Vincent.
- Et je le vis bien, rigolai-je.
Finalement, je décidai de le laisser me prendre ses clés. Peut être juste parce que j'avais cours après. Et que Vincent restait Vincent. L'ennuyer était plus que risqué, j'en avais fait l'expérience.
