Mia: J'ai même pas envie d'imaginer Rochoir tout court x)
Milou: une review courte ? Qui êtes vous et qu'avez vous fait à Milou x). Bref, oui, voilà le départ. Et pour répondre à ta question, je suis en vacance (même si j'ai le bac dans trois jours x)). Je suis ravie en tout cas que mes appréciations aient autant plus !
Ps: J'irais voir ce fameux livre. Et pour les ennemis, tout est une question de point de vue. Et navré pour ton accès de folie.
Eclipse1995: Je suis ravie de t'avoir fait rire x). Moi aussi, j'imaginais bien la scène du maillot de bain. En tout cas, j'espère bien que chez toi aussi ça va avancer !
Chapitre 39 :
Nous partions. Enfin, c'était le grand jour. Non, nous ne partions pas sauver le monde ou une autre fantaisie dans ce genre, mais nous partions quand même. C'était déjà ça. Et à Costa Del Sol, qui plus est. La plus célèbre station balnéaire. Le rêve, pour résumer. Et avec Vincent. Le paradis. Ni plus ni moins.
En parlant de Vincent. Je ne lui avais pas parler, et encore moins passé le savon qu'il méritait. En deux semaines, je n'avais pas pu. Tout d'abord parce qu'il avait été extrêmement occupé à cause des préparatifs de ce voyage. Et que, ensuite, se changer en véritable écrevisse cuite à chaque mots qu'il m'adressait me faisait perdre toute crédibilité. Allez engueuler quelqu'un quand cette personne vous fait littéralement fondre. C'est pas facile tous les jours comme ménage. Donc, bon, on allait mettre ce manque de courage de ma part sur le dos du manque de temps. Mais je me jurais de lui parler de cette fichue appréciation.
Je secouai la tête. Actuellement, j'avais d'autres chats à fouetter que le grand méchant ténébreux. A commencer par ma valise, que j'étais tout simplement incapable de soulever ne serait ce que pour la mettre dans la soute du bus. Et ne parlons même pas de la porter jusqu'au bateau. Ma seule consolation était que je n'étais pas la seule dans cette situation. Nous n'avions eu le droit d'emmener qu'une valise pour deux semaines, et Tifa, dont le quitte de survie ultra minime dépassait l'entendement, avait remplie la sienne jusqu'à ce qu'elle doive s'asseoir dessus pour la fermer. Et elle avait en plus trouver le moyen d'en mettre dans MA valise. Ce qui expliquait en partie son poids monstre. Parce que la moitié des affaires dedans n'étaient pas les miennes.
C'est donc en grognant et pestant après mon amie, que j'attendais le départ, et qu'une âme bienveillante vienne m'aider, assise sur mon enclume. Derrière le bus, là où il n'y avait personne. Comme ça, je pouvais bouder loin de tout le monde. Hors de question que j'affronte en plus du reste Jyhl et Lenne. Même si la blonde m'était un peu moins désagréable qu'en début d'année, il ne fallait pas pousser mémé dans les orties. Et puis, voir Elena se faire porter sa valise déjà bien plus légère que la mienne par notre super rouquin, voir Cloud bouder Tifa parce qu'elle restait pendue à Cecil, et voir le quatrième année n'y rien comprendre, non merci, et voir les autres filles lui lancer des regards noirs de jalousie, encore moins. Bref, qu'on me laisse bouder.
- Yuffie, le pare brise du bus n'est pas un site de rencontre.
La voix grave et bien trop connue de mon petit cerveau me fit relever les yeux. Tiens, bonjour Vincent. J'eus à peine le temps de sourire que le grand brun me fourra un postit dans les mains. Ah, oui, ce papier là. Le papier sur lequel j'avais griffonner mon besoin d'aide et ma quête d'un charmant porteur prêt à aider mes pauvres petits bras. Et que j'avais par la même occasion coller sur le pare brise du dit bus. Dans ma poche, il n'allait pas m'être d'une grande utilité.
- Oui, mais au moins quelqu'un a répondu à mon annonce, finis-je par répliquer, indiquant du doigt la valise calée sous mes fesses.
Vincent soupira et se pinça l'arrête du nez. Regard blasé.
- T'en as encore beaucoup des idées farfelues comme ça ?me demanda le brun.
- Crois moi, t'as même pas envie de savoir, plaisantai-je en me levant.
Mon sourire naturel collé aux lèvres, je relevai avec peine mon enclume, avant de saisir le bras de mon prof de maths. Ce dernier n'eut pas le temps de broncher que déjà, j'avais posé sa main sur la poignée de ma valise.
- Vu que t'es là, tu vas pouvoir m'aider, lui expliquai-je en souriant de toutes mes dents.
- Et en quel honneur je te pris ?
Sa question accompagné d'un sourire en coin très mauvais pour mon mental fit monter d'un trait la température de mes joues. Je sentais ma peau brûler jusqu'à la naissance de mon nez. J'ose, j'ose pas, j'ose, j'ose pas, j'ose, … Mais merde à la fin, je suis Yuffie Kisaragi ! Alors j'ose.
- On va dire que ça m'accorde une petite vengeance sur ton appréciation des plus ignobles, contrai-je en m'approchant légèrement, les bras croisés sur la poitrine.
Notre situation actuelle devait être comique. Heureusement pour nous que personne ne nous voyait, sinon, notre petite amitié fondée sur le secret tombait à l'eau. Moi, mine boudeuse et rieuse, les bras croisés, buste en avant, regard levé vers son visage bien trop haut. Lui, air blasé, ses yeux carmins penchés vers moi, une main dans la poche, l'autre sur la poignée de ma valise.
- Tu exagère, je n'ai fait que subtilement révéler la vérité de tes conneries, rétorqua enfin Mr congelo d'une voix parfaitement calme.
Bon, il n'avait pas tord. Mais tout de même, il aurait pu se retenir.
- Ouais, ben, t'aurais pu faire un effort, grognai-je en lui tirant la langue.
Doucement, Vincent m'ébouriffa les cheveux. Cette habitude qu'il avait pris de tripoter ainsi ma tignasse noire me donnait l'étrange impression d'être une gamine. C'était frustrant, mais pas si gênant que ça.
Lentement, je posai mon regard sur mon enclume. Bon, j'allais finalement devoir la traîner avec la seule force de mes touts petits bras. Pauvre de moi. Posant une main sur sa poignée, je la sentis se dérober sous mes doigts. Fronçant les sourcils, je vis Vincent s'éloigner avec.
- Je te jure que la prochaine fois tu te débrouilles, petite peste, soupira le brun en m'adressant un semblant de sourire.
ooo
Le regard d'abord tourné vers la fenêtre, je ne tardais pas à me retourner sur mon siège pour voir ce qu'il se passait derrière moi. Dans le bus régnait un sacré bordel. Le bordel classique que faisaient régner des étudiants partis en classe de mer, pour résumer. Dont la plupart des conneries étaient lancées par moi ou Reno, et tempérées par Tifa. Nous avions quand même réussi à mettre en place les jeux les plus idiots inventés pour des enfants, mais qui font principalement rire les jeunes de notre âge. Et le tout, dans un bus. Maintenant, allez imaginer la tête de nos profs. C'était bien drôle, ça aussi. Mlle Ashe se massait les tempes, rigolant de temps à autre malgré son mal de crâne. Vincent lisait, son air naturellement froid accroché au visage. Mr Cid se marrait avec nous. Et les autres accompagnateurs tentaient comme ils le pouvaient de modérer nos accès de folie. Mr Angeal d'un air désespéré, Mlle Rydia en rigolant à moitié. En clair, nous mettions l'ambiance. Avant d'arriver au bateau, il le fallait bien. Car une fois en mer, j'allais perdre jusqu'à ma capacité à parler. Foutu mal des transports.
Accordant un dernier regard à Reno, à la rangée d'à côté, assis avec Tifa, je me laissa retomber sur mon siège. Cecil installé à côté de moi m'adressa un sourire, avant de se replonger dans sa lecture. Non, nous n'étions pas comme les autres ados, ou le stéréotype trop mignon du couple de jeunes dans les transports en commun. Nous, on se séparait, juste pour profiter au maximum de tout le monde. Elena était avec Cloud, et bavardait gaiement. Entre blonds, ils avaient l'air de se comprendre. Tifa et Reno se marraient dans leur coin, et moi, j'étais condamnée à subir les mauvais regards de filles. A côté de Cecil, s'était du suicide. Ce mec avait une telle cotte de popularité que s'en était à peine croyable. Je me demandais comment Tifa survivait à la convoitise de son morceau.
Le dit morceau finit d'ailleurs par relever la tête de son livre, et tourna son regard vers moi.
- Je me demande quand même pourquoi tu as laissé Tifa avec Reno, finis-je par lâcher. C'est vrai, vous auriez pu être ensembles.
Le jeune homme soupira, et détourna le regard vers sa petite amie. Cette dernière s'était retournée, et martyrisait les cheveux de ce pauvre Cloud, qui grognait tant bien que mal pour se retenir de rire. Sa tignasse blonde le perdrait.
- Tu sais, je ne crois pas être la personne qu'elle aime le plus, finit par me répondre Cecil en souriant légèrement.
Je fronçai les sourcils. Il nous faisait quoi là ?
- Je crois juste qu'elle a besoin de moi pour mieux être avec lui, reprit le quatrième année, toujours sur le même ton.
Je devais avouer que son raisonnement n'était pas faut. Sa relation avec Tifa était beaucoup moins fusionnelle que celle que formerait la brune et Cloud. Ils se tournaient autour, et à mes yeux c'était une chose bien claire.
- Alors pourquoi continuer ?m'étonnai-je à voix basse.
- Parce que je lui laisse le temps dont elle a besoin, m'expliqua calmement Cecil. Je n'ai pas envie que cette histoire créé des tensions entre nous, et puis, je veux la garder comme elle est. Je ne veux pas lui en vouloir. Si nous pouvons être amis, au bout du conte, c'est plus que bien.
Perplexe, je ne pus détourner mon regard du quatrième année pendant plusieurs minutes. Sa décision était sage, même si elle n'était pas forcément la plus appréciable pour lui. Regarder Tifa de cette manière n'était pas une mauvaise chose, bien qu'elle puisse lui faire plus de mal qu'il ne l'avoue.
ooo
- Je crois que je vais mourir.
Mon murmure ressemblait plus à un gémissement de chat mourant qu'autre chose.
- C'est la quinzième fois en deux heures que tu nous dis ça, un peu de courage !
Je relevai doucement la tête vers Tifa, qui me couvait d'un air maternelle. Mais une nouvelle secousse et tournée de vague me fit aussitôt grimacer. Depuis le début de notre traversée, je menaçais de vider le contenu de mon estomac sur le pont du bateau. Un mal de crâne à s'en frapper la tête contre un mur, une envie de vomir absolument démente, autant dire que je n'étais pas bien du tout. Accrochée à la barrière arrière de l'embarcation, j'avais l'impression désagréable de tomber dans un gouffre tant la tête me tournait. Heureusement pour moi que les profs se trouvaient à l'avant. Sinon, je pouvais dire adieu à toute tentative de séduction.
- Allez, regarde un peu plus haut, je vois le continent !s'écria soudainement Elena en me tapotant l'épaule.
Tel un zombie, je relevai les yeux le plus lentement possible. Au loin, en effet, une forme de terre s'étalait. Je dus me retenir de hurler de joie. Enfin, la terre. J'allais l'embrasser à notre arrivée.
Gentiment, Tifa me passa une main sur le dos. Les sourcils froncés, elle me regardait comme une mère. Tifa avait ce côté trop soucieux qui refaisait surface dès que l'un d'entre nous se sentait mal. Elena, elle, se contentait de me rassurer en me parlant. Les trois garçons étant restés à l'avant, nous étions actuellement entre fille. Ou dans mon cas, ce qu'il en restait.
Plusieurs minutes interminables s'écoulèrent avant qu'enfin, une voix dans l'interphone nous avertisse de l'arrivée. Chacun se dirigea vers le pont, de plus en plus excité. Moi, à moitié en rampant, soutenue par mes deux amies. Je devais être encore plus pâle que d'habitude. En priant pour reprendre quelques couleurs, je laissais mes amies me guider vers la sortie. Un vent violent me fouetta le visage lorsque nous atteignîmes enfin la terre ferme, et je me laissa glisser au sol comme une véritable serpillière, sous les regards désespérés des deux filles. Heureusement qu'elles avaient mis un peu de distance entre moi et le reste du monde, une fois encore. Je sentis peu à peu mon mal de crâne se dissiper, alors que je regardais les autres élèves ramasser leur valise. Bon, quand il faut y aller.
Me levant avec une grâce terrible, je me dirigeai mollement vers la soute. Mon enclume posée sur le devant et poussée sur le côté me fit grimacer. Mes pauvres petits bras allaient encore souffrir. Et en public, pas question de compter sur l'aide de Vincent. De toute façon, il m'aurait envoyé promener. Faut pas pousser mémé dans les orties non plus.
- Mais qu'est ce que c'est lourd, soupirai-je en tirant mon bagage comme je le pouvais.
- A ce point ?s'étonna Elena en refilant le sien à Reno.
- La faute à qui hein, on se demande, grognai-je en toisant Tifa d'un œil mauvais.
Cette dernière m'adressa un sourire à faire fondre, puis empoigna le bras de Cecil pour suivre le mouvement de notre groupe.
Traînant comme une véritable larve derrière le cortège, je me retrouvais bientôt dix mètres plus loin. Soufflant, je m'essuyai le front. Les yeux rivés vers les dalles de pierre chauffée par le soleil, je ne remarquai qu'au bout de quelques minutes l'ombre près de moi.
- Mlle Kisaragi, vous seriez priée de ne pas traîner.
Rien de plus normal pour un prof d'attendre les élèves retardataires. Tout ça me rappelait la primaire, tiens. Ou l'époque où j'étais toujours à la traîne et que j'avais un prof attitré pour m'assister dix mètres derrière le reste du groupe.
Sauf que, bien entendu, il avait fallut que ce soit ce prof là. Voix grave, beau comme un dieu, et j'en passe.
- Ah tiens, salut Vinnie, soufflai-je en lui adressant un sourire fatigué.
- Allez, active toi l'escargot, soupira Vincent en s'éloignant.
Le regard naturellement froid, il me toisa quelques instants par dessus son épaule, avant d'esquisser un léger sourire. Un sourire à faire fondre.
Lâchant un véritable gémissement rauque, épuisé et des plus laids, j'empoignai de nouveau ma valise, fermement. Costa Del Sol, nous voilà.
