Milou: Faut pas chercher, c'est Yuffie hein. Et puis, fallait bien que je pourrisse un peu la scène toute niaise que c'était de détails pas romantiques du tout x). Et puis Cid...Ben c'est Cid, il est balaise, c'est tout, cherches pas. Et puis, il es pas vieux, mais avec Vinnie, ça fait pas pareil. Bref.

Ps: Oui, ça m'agace trop. Je ne suis pas une fan absolue de ce pairing, mais dans le jeu, ça aurait été juste magique ^o^

MonaYsa: Non, tu ne te fais pas de films x)

Eclipse1995: Merci encore, et vive les chèvres !


Chapitre 41 :

- Je crois qu'en fait ça commence à marcher votre truc, grommelai-je en me jetant à plat ventre sur ma serviette.

Pleine de sable, évidemment. Sous les yeux étonnés d'Elena, qui bronzait tranquillement, je me laissais aller à râler en poussant de longs soupirs agacés.

- Quel truc ?me demanda-t-elle en haussant les sourcils.

- Vos idées pour que mon cher et tendre me tombe dans les bras, marmonnai-je en tendant le bras pour attraper le tube de crème solaire enfoncé dans le sable.

Trop loin, je me mis à ramper comme une larve pour espérer le saisir. Fort disgracieux, je sais, mais je n'avais aucune envie de me lever. Pas après ce que je venais de subir. J'avais tout simplement envie d'étrangler Mlle Ashe. De l'égorger, d'en faire du cake au crabe ou même du milk-shake. L'imaginer un instant dans un mixeur me fit grandement sourire, tant elle m'avait énervé. J'avais parfaitement conscience que Vincent m'aurait embrassé si elle n'était pas intervenue. Je la soupçonnais presque de vouloir l'en empêcher. Si ça ne s'appelait pas avoir un karma pourri, ça, alors je ne m'appelais plus Yuffie. Rien que ses bras autour de ma taille, et cette horrible sensation de noyade lorsqu'il m'avait envoyé bouler à deux mètres de lui. Et ce foutu tube de crème solaire qui ne voulait pas venir jusqu'à moi. Le pouvoir de la force n'était pas de mon côté, dirait on. J'avais beau tendre le bras, il ne venait pas. Alors je tendis le pied, pour en coincer le coin entre mes orteils. Petite victoire de la journée.

- C'est que t'as réussi à maîtriser la bête, ou c'est elle qui t'a mis à terre ?s'enquit Reno en roulant sur le ventre, le teint bruni par sa journée au soleil. En tout bien tout honneur, bien sûr.

Je me sentis rougir jusqu'à la pointe des cheveux, alors que le rouquin souriait de toutes ses dents. Laissant mon geste de jambe en suspend, je vis la crème solaire tomber de mon pied, alors que je clignais plusieurs fois des paupières. Lâchant un soupir, comme étouffée, je me laissa rouler pour saisir de nouveau ma précieuse crème.

- Reno, j'te jure que si t'arrête pas tout de suite avec tes sous entendus à la noix, je te fous ce tube de crème dans le …

- Avec un tube de cette taille ?!me coupa Elena, les yeux écarquillés. La vache, ça doit faire mal !

Regard blasé. Je ne savais pas si la blonde laissait réellement sa couleur de cheveux lui pourrir les idées en cet instant, ou si le ridicule de la situation l'aidait juste à détendre l'atmosphère pour penser à de telles choses. Comme si j'allais vraiment le faire. Je me savais capable de tout, mais tout de même. J'avais mes limites. Je ne martyrisais pas mon meilleur ami à coup de crème solaire.

Une masse difforme et lourde se laissa allègrement tomber à ma droite, une glace entre les doigts. Sans aucun doute la troisième de la journée. Tifa, son sourire naturellement bienveillant collé aux lèvres. Me voyant galérer comme pas permis, elle saisit le tube de crème de mes mains maladroites, et entreprit de m'en étaler sur mon dos déjà rouge. Et ce, avec une seule main. Alors que moi, avec deux mains et deux pieds en parfait état, je n'avais pas été capable de l'attraper.

- Bon, toujours est il que ça commence à marcher tout ça, lâcha la brune en refermant la crème d'un geste agile.

La remerciant rapidement, je roulai sur le dos. Oui, tout commençait à marcher. Sauf que pour que cela marche encore mieux, j'allais devoir hacher menu Mlle Ashe. Pas de victoire sans sacrifice.

- Mais, qu'est ce qu'il s'est passé pour que tu ais l'air si...dégoûtée ?finit par demander Elena en arrachant des mains de Tifa sa glace à moitié fondue.

La brune poussa un grognement en se voyant arracher son bien, avant de lever les yeux au ciel pendant qu'Elena se faisait un plaisir de la dévorer. Et moi, dans tout ça, je les regardais se disputer. Devais-je réellement leur dire que j'avais faillit me faire embrasser par ce cher Mr congélo ? Et que sa tentative si bien orchestrée avait lamentablement échoué par la faute de l'intervention imprévue d'une certaine professeur de français blonde, qui n'allait pas tarder à finir en purée si je retombais dessus avant la fin du séjour. Ce qui risquait fort d'arriver. En plus, elle m'agaçait, avec sa peau trop belle, ses cheveux trop brillants, son sourire trop radieux, son air si jeune et son bikini qu'elle portait odieusement bien. La garce. Les monstres sont toujours là où on ne les attend pas.

- En fait, finis-je par soupirer en réajustant mes lunettes de soleil, c'est pas bien compliqué. Vincent et moi, enlacés dans l'eau suite à une tentative de noyade de la part de monsieur, le vent dans nos cheveux, les vagues, le soleil, etc. Bref, vous voyez le tableau immonde de niaiserie que c'était. Prêt à m'embrasser jusqu'à ce, sortie de nulle part, une Ashe sauvage apparaisse, et m'envoie valser indirectement loin sous l'eau.

Cette femme détenait le record mondial de l'emmerdement, j'en étais sûre.

Tifa sembla mal à l'aise pour moi, tandis que Reno se retenait de rire, le visage tourné vers moi. Elena, aussi soucieuse que devant la fin du meilleur film d'action produit depuis l'invention du cinéma, laissait le reste de glace de la brune fondre dans son bout de cornet. Et Cecil qui choisissait cet instant précis pour se ramener, son fan club ne le quittant pas des yeux une seule seconde. Vous savez, ce moment où tout le monde vous regarde, bien désagréable, accentuant l'impression d'être une bête bizarre bonne à interner. J'aurais pu danser la macarena à poil sur ma serviette que ça n'aurait pas été mieux.

- Mais me regardez pas comme ça, c'est flippant !m'exclamai-je en reculant légèrement. Qu'est ce que j'ai dit ?

Elena me foudroya du regard. Oh mon dieu. Cette dernière, les yeux plissés, la mine sérieuse, exécuta un demi tour militaire sur sa fesse droite, et se planta devant Tifa.

- Tifa ?s'enquit-elle, plus dure que jamais.

La grande brune toussota, pas étonnée le moins du monde, et prit une grande inspiration.

- Très bien, lâcha-t-elle. Opération congélo. Paragraphe A, chapitre 1, séduire Vincent. Réussi. Paragraphe A, chapitre 2, écarter Ashe.

- Oh non, Tifa, comment t'arrive à rendre un truc aussi excitant aussi rasoir qu'un devoir de physique, bougonna Reno en s'écrasant la joue dans le sable.

La jeune fille lui adressa un regard désolé en se mordant la lèvre. Elle et sa manie de tout rendre très protocolaire. Charmant pour résumer ma situation sentimentale. Toujours est il qu'elle n'avait pas tort. Nous devions éloigner Mlle Ashe de MON morceau.

- C'est quoi ces têtes d'enterrement, j'ai loupé quelque chose ?

Je relevai la tête, et tombais face à un Cloud souriant, encore trempé. Visiblement, il sortait de l'eau.

- Une tuile, résuma simplement Elena.

Le jeune homme fronça les sourcils. En même temps, dit comme ça, ça ne devait pas être facile à saisir. Mais ça laissait parfaitement sous entendre ce qu'il se passait. Après, de là à comprendre que j'allais buter Ashe si personne ne l'écartait, elle et son bikini violet, de Vincent, c'était une autre histoire.

- En gros, va falloir garder la chasse de la demoiselle, plaisanta Cecil en me montrant du doigt.

La chasse, le morceau, le congélo. A un moment de nos vies, allait il être possible que nous nommions ce pauvre Vinnie autrement que par des noms d'objets ou de gibiers ? Apparemment non.

Cloud se laissa tomber dans le coin de la serviette que je n'occupais pas, et prit l'air le plus concentré qu'il pouvait se donner. Il faisait presque peur.

- Bon, vous m'expliquez ?demanda-t-il.

- Ashe est intervenue au mauvais moment, grognai-je. Et elle n'aura plus de tête avant la nuit si elle recommence.

Même si elle ne faisait rien, d'ailleurs. La tentation était largement assez forte pour que je passa à l'acte dès maintenant. Rôti de Ashe pour le dîner !

- En fait, moi je la soupçonnerais presque d'espérer plus de Vincent qu'une simple relation amicale de collègue à collègue.

Tous les regards se tournèrent vers Cecil. Le pauvre devait en avoir tellement l'habitude que ça ne le dérangea pas plus que ça. Et puis, sa remarque était fort possible. Je devais avouer que dans l'enceinte de l'école, il n'était pas rare de croiser Mlle Ashe accrochée gentiment aux semelles de Vincent. Le Vincent que j'aimais un peu trop pour la laisser faire. Un sentiment de chaleur me brûla les joues. Je priais pour qu'elle ne se soit rendue compte de rien concernant moi et ce pauvre professeur de maths. Lui qui n'avait jamais rien demandé au monde, il se retrouvait non plus avec une, mais peut être deux filles sur le dos.

- Alors il va falloir être deux fois plus vigilants, réagit Tifa en croisant les bras contre sa poitrine.

- Oui, autant pour que Ashe n'approche plus Vincent, que pour que Yuffie n'approche plus Ashe !s'exclama Reno. Sinon, plus de français !

Je ne pus m'empêcher de rire, comme l'ensemble de notre groupe. Reno nous faisait rire de tout. Même en plein conseil de guerre.

ooo

Me tournant et me retournant, je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Je percevais la respiration calme d'Elena et Tifa, sans pour autant me laisser bercer comme tous les autres soirs. J'avais chaud et froid à la fois, repoussant sans cesse ma couverture pour finalement la reprendre quelques secondes après. Mes mains étaient moites, mon front glacé. Moi qui d'ordinaire avait le sommeil si lourd, je me retrouvais à froncer les sourcils à trois heures du matin. Le bruit agaçant des insectes grésillait par delà les fenêtres entre ouvertes, me faisant de plus en plus bouillir. Je tremblais de fatigue, mais n'arrivais pas pour autant à garder plus de quelques secondes les yeux fermés, la discussion de l'après midi me retournant le cerveau. D'une certaine manière, cela me faisait peur. Parce que Ashe était belle. Parce qu'elle était adulte. Et parce que moi je n'étais qu'une gamine. Certes, Vincent m'avait montré un intérêt indéniable jusqu'alors, mais je ne pouvais nier la jalousie qui me nouait le ventre. Je ne voulais pas qu'il l'aime elle.

Doucement, je repoussai mes draps jusqu'à mes pieds. Posant ces derniers sur le tapis au bord de mon lit, je me levai lentement. Les cheveux autant en bataille que de coutume, et sans aucun doute une tête de cadavre qui ferait fuir n'importe qui, même coriace. À l'aveugle, je me dirigeai vers la porte, et émis un grognement étouffé lorsque mon nez se la mangea de plein fouet. Je le frottai nerveusement avant de m'engouffrer dans le couloir. Ne pas connaître les lieux me dérangeait. Moi qui n'avais aucun sens de l'orientation, il n'allait pas être aisé de me repérer dans cet hôtel. Heureusement pour moi, nous partagions les mêmes étages qu'à l'internat. Par contre, pour les chambres, c'était une autre histoire. Les profs avaient eu la bonne idée de nous donner le numéro des chambres de chacun, et jamais je n'aurais pu leur être plus reconnaissant qu'à présent. Me dirigeant mécaniquement vers le quatrième étage, je tentais de faire le moins de bruit possible, mes pieds grinçants contre le parquet.

Une fois l'escalier sauvage monté, après une petite chute qui m'avait coûté la vie de mon genou droit, je finis par atteindre la porte que je quêtais. N'allez pas me demander pourquoi. Je dirais simplement que c'était d'instinct que je m'y étais rendue. Même si ça n'avait rien à voir. Éclairant le numéro à l'aide de mon portable, je me surpris à sourire. Oui, Yuffie Kisaragi ose toujours tout.

Avec un calme que je ne me connaissais pas, j'ouvris la porte, et me laissais tomber sur l'unique lit de la pièce, en faisant mon possible pour chuter avec légèreté. Les respirations lentes du corps allongé à mes côtés me laissèrent rêveuses. Comme lors des précédentes vacances. Je me sentis soudainement plus sereine. J'avais au moins besoin de cela pour m'endormir.

Alors que je fermai paisiblement les yeux, sans oser un seul geste, une lumière brutale me fit rouvrir les paupières. Fronçant les sourcils, je pâlis violemment à la vue de sa lampe de chevet allumée.

- Yuffie ?chuchota-t-il, surpris.

Je ne pus rien faire d'autre que sourire stupidement. Allongée au bord du lit, qu'aurais-je pu dire.

- Mais qu'est ce que tu fiches ici ?demanda-t-il sans agressivité.

- J'avais besoin d'une présence pour dormir, chuchotai-je en me glissant sous ses draps. Comme pendant les vacances.

J'eus l'impression étrange d'être une enfant. Ma voix faible et presque peureuse, mes sourires et mon petit corps. L'air glacial et surpris de Vincent s'adoucit lentement, et il finit par soupirer. Se passant une main dans les cheveux, il posa la seconde sur ma taille. Il me tira un peu plus près de lui, et bascula de nouveau interrupteur de la lampe. Son bras enroulé autour de ma taille, je mis plusieurs secondes à respirer de nouveau. Rouge écrevisse, je me détendis quelque peu, sa chaleur rassurante m'envahissant alors qu'il semblait se ré endormir.

- Dis Vincent ?demandai-je d'une petite voix.

Empêcher les gens de pioncer, devoir de chieuse oblige.

- Quoi, grommela-t-il en bougeant légèrement.

J'inspirai profondément. Je voulais lui demander. Il fallait que je le face, de toute façon.

- Est ce que Mlle Ashe et toi vous...êtes ensembles ?osai-je.

Je crus qu'il allait s'étrangler. Je sentis ses doigts se crisper contre ma taille, et je manquai de crier de peur. Je n'étais pas habituée à de telles réactions de sa part, alors je frisais l'arrêt cardiaque. Cet homme allait me tuer.

- Mais enfin, pas du tout, chuchota-t-il.

- Je ne sais pas, ça m'a traversé l'esprit, m'expliquai-je en soupirant. Vous aviez l'air proche et...

Je ne finis pas ma phrase. J'avais une envie monstre de lui avouer ma peur cuisante d'une éventuelle relation entre eux deux. J'avais véritablement peur qu'elle prenne une meilleur place à ses yeux que moi. Ou qu'elle ne prenne tout simplement celle que je guettais.

- Yuffie, soupira Vincent en se tournant vers moi. Arrête de t'occuper des adultes comme elle. Il faudrait qu'elle passe sa vie à m'emmerder, à emmerder mes maths, mes tables, qu'elle pourrisse ma cuisine, me face de la soupe verte, me condamne à un nouvel an aux pâtes, me tombe dessus trois fois par semaine, inonde mon canapé, et vienne squatter mon lit sans aucune gêne pour parvenir à ton niveau. Alors il n'y a aucune chance pour qu'elle te passe devant en matière d'affinité.

Mais me voilà rassurée. Seulement je l'étais un peu moins de savoir qu'il parvenait aussi bien à deviner ce que je pensais. Prions pour qu'il ne devine pas tout, sinon, je pouvais aller m'enterrer.