Milou: Mais chat va et toi ? Breuf breuf, si tout ça est intéressant, alors tout va bien ! Et puis, on verra bien qui sortira grand vainqueur.
Ps: Ceci est une devise de maso x)
Orellia: Meuh faut pas s'en faire, l'est solide la gamine !
Eclipse1995: La voilà ta suite ! Pire qu'un gosse celle là...Moi aussi, j'vais me plaindre pour les délais d'attente, alors fais gaffe !
Chapitre 44 :
Touillant paresseusement mon verre de grenadine, je portais un regard endormi sur la plage. Assise à la terrasse d'un café, j'avais une vue imprenable sur la mer et le couché de soleil. Gondolé par l'eau, les rayons se faisaient moins chauds. Depuis une semaine, je n'avais pas vraiment eu le temps de me poser, seule. Alors, pour une fois, je regardais les passants se hâter sans réfléchir. D'un geste mou, je levais la main pour faire part au serveur de ma prochaine commande. Un deuxième verre. Parce que je trouvais cette tranquillité reposante des plus agréable. Simplement couverte au dessus de mon maillot de bain, mes lunettes de piscine toujours sur le front, et les yeux balayés de cheveux, je laissais le vent me hérisser la peau de frissons légers.
Un jeune homme en chemise blanche, un plateau déjà en main, s'approcha de ma table, tout sourire. Il était là depuis le début, et semblait apprécier ma compagnie. Moi qui ne faisais rien d'autre que rêvasser depuis une heure, je ne devais pas être très dure à vivre.
- Je vous sers autre chose Mademoiselle ?me demanda-t-il en s'arrêtant à ma hauteur.
Tournant la tête, je lui accordai un sourire doux, avant de tendre mon verre.
- Un autre verre de grenadine s'il vous plaît, demandai-je.
Sans plus attendre, il s'acquitta de ma commande et la communiqua au reste du service. Passant une main sur mon front, je sentis ma peau chauffée. Rien n'avait pu empêcher ce maudit soleil de la cramer. Même des tartines entières de crème solaire n'avaient su me protéger. Par endroit, j'étais aussi rouge que les yeux de Vincent.
Vincent. Ce dernier n'avait plus ré attaqué depuis la dernière fois. Moi non plus, d'ailleurs. Sans doute attendait-il que je réagisse, mais je ne voyais pour l'instant aucune idée assez alléchante fleurir dans ma petite tête. Je devais néanmoins reconnaître que ce calme était bénéfique pour mes nerfs. Et peut être pour les siens aussi. Tout comme pour ceux de Mlle Ashe, qui n'avait pas dû comprendre son rôle dans cette histoire de fou. La pauvre. Même si je n'aimais pas les regards insistants qu'elle portait à mon prof de maths, je me devais de la plaindre. Elle était un peu notre jouet.
Ma commande me tomba sous le nez, manqua de me faire sursauter. Reprenant mes esprits, j'entrepris de la touiller avec la même énergie que la première. C'est à dire, très peu. Avalant une gorgée, je calai ma tête entre mes mains. Elena et Reno étaient rentrés, fatigués de leur journée. Cloud, Tifa et Cecil devaient être entrain de s'engueuler dans un coin. Ou plutôt, Cloud et Tifa devaient se mordre les dents, et Cecil devait subir, comme toujours, en tentant d'arrondir les angles. Leur petit trio amoureux devenait de moins en moins vivable.
- Yuffie ?
Quand on parle du loup.
- Cloud, marmonnai-je en levant les yeux vert le blond.
Je ne l'avais pas vu arriver, trop absorbée par ma contemplation de la plage, à laquelle je m'adonnais depuis une heure. Debout devant moi, le jeune homme souriait. Finalement, il n'était pas entrain de se chamailler avec Tifa. Ou alors, il en revenait. Malgré son teint de blond, il ne portait aucune marque de coups de soleil. Dieu que je l'enviais.
- On va faire un tour ?me demanda le jeune homme.
Haussant les sourcils, je hochai la tête. Après tout, pourquoi pas, cela me sortirait de ma léthargie. D'un geste impérial, je claquai mes mains contre la table pour me lever. Au passage, je laissai de quoi payer ma note, avant d'emboîter le pas au blond. Je manquai d'éclater de rire lorsque la moitié des paires d'yeux féminines du café dévorèrent le dos de mon ami. Lui qui avait tant de succès, pourquoi avait-il fallu qu'il craque sur quelqu'un de déjà en couple.
Sans prêter plus attention aux jalouses qui me fusillaient le dos, je suivais Cloud jusque sur la plage. A cette heure ci, il y avait nettement moins de monde. Quelques élèves de notre école étaient encore prélassés sur leurs serviettes, d'autres dans l'eau. Mr Cid avait déserté les lieux, et je vis notre professeur de combat partir, sa serviette sur l'épaule. Mlle Rydia restait hors de vue, elle. Le vent roulait sur les vagues, intensifiant leur violence. L'écume léchait le sable humide, y déposant coquillages et petits cailloux. D'un bond agile, je grimpai sur le muret séparant la plage de la route. Les bras levés, je penchais d'un côté sur l'autre selon l'humeur de mon équilibre peu fiable.
A mes côtés, Cloud semblait détendu. Comme toujours, il restait silencieux, sans que cela soit pesant. Il souriait doucement, fermant les yeux pour apprécier la douceur du soir. Jusqu'à ce que la vue d'une personne le raidisse. Je le vis s'arrêter d'un coup sec, plantant son regard au loin. Plissant les yeux, je finis par apercevoir une large tignasse brune. Tifa, accompagnée de Cecil, touts deux assis sur le début de la digue, se tenant tendrement la main.
Fronçant les sourcils, je sautai à pieds joins sur le sable.
- Cloud, est ce que...
Je fus coupée nette par autre chose. A quelques pas du premier couple, celui qui ne me dérangeait pas, siégeait une jolie blonde, le sourire plus qu'élargi, rigolant en face d'un grand brun. Mon grand brun, quoi. Les poings sur les hanches, il regardait dans ma direction d'un air détaché. Sans doute un peu trop détaché pour le frigide Mr congélo. Serrant poings et dents, je sentis mon dos se glacer. Je ne savais pas ce qui faisait autant plaisir à cette chère Ashe, mais je n'avais qu'une seule envie, lui démolir sa jolie bouille d'ange. Comme ça, elle arrêterait de sourire comme une idiote.
Le rouge au joue, je ne faisais plus un pas. Cloud restait lui aussi parfaitement immobile. Nous devions avoir l'air fin, statufiés de la sorte. Mais, situation oblige. Tandis que le blond était occupé à régler mentalement son compte au pauvre Cecil, je me chargeais de Mlle Ashe. Et, tout bien réfléchi, peut être aussi de Mr Valentine. Ce cher et tendre Vincent esquissant un charmant sourire en me voyant rager de la sorte devant son petit numéro.
- Cloud, finis-je par articuler.
Ce dernier tourna lentement la tête vers moi. Mon cerveau rouillé venait de briller d'intelligence. En effet, une idée fleurissait au creux de ma tête. Il allait voir, Vincent. Ils allaient voir, tous. J'allais les calmer, moi.
- Je faire un truc qui va sans doute pas te plaire, repris-je.
Et, sans même attendre de réponse, je saisis brusquement la mâchoire de mon ami, avant de l'embrasser brutalement. Fermant les yeux, je manquai de rire en sentant clairement la surprise du pauvre Cloud, littéralement soufflé. Me rapprochant plus encore de lui, je glissai une main contre sa nuque. Je sentis le jeune homme trembler de ce geste si peu attendu. Mon dieu, que j'étais diabolique.
Rouvrant enfin les paupières, je pus constater que lui n'avait pas bougé d'un cils. Finalement, il me repoussa d'un coup de main, avant de s'écarter comme si j'étais folle.
- Mais enfin, qu'est ce que tu fous, là ?cracha-t-il en fronçant les sourcils.
- Je nous rends service à tous les deux, répliquai-je en souriant de toutes mes jolies dents.
Tournant légèrement le regard dans la direction de Vincent, je pus admirer l'effet de ma petite mise en scène. Il ne semblait plus du tout détaché. Au contraire son visage redevenu froid, et paré d'une expression des plus surprise à mourir de rire, il me faisait fondre. Finalement, ma réplique à son petit jeu avait peut être été de taille. Mlle Ashe, elle, n'avait pas l'air de comprendre. Cependant, son sourire s'était glacé en voyant le pauvre Vincent se raidir. Mon geste l'avait douché.
Reportant mon attention sur le second couple, je fus un peu moins heureuse de constater l'efficacité de ma méthode. Une Tifa furibonde, comme giflée se tenait à présent debout. Je crus même voir sa bouche ouverte sous le coup de la surprise. Sauve qui peut.
- Mais t'es folle !s'exclama Cloud en voyant lui aussi la brune perdre sa douceur.
- La carte jalousie, tu connais ?répliquai-je, nerveuse.
Je n'avais eu que cela à jouer, de toute façon. Plus pour moi que pour eux, je devais le reconnaître. Après tout, Vincent se servait de ça depuis le début, alors pourquoi ne pas suivre son exemple ? Visiblement, c'était une chose qui lui plaisait moyennement.
Une pression contre mon épaule me sortie de mes jubilations. Cloud, sourcils froncés, me fit signe de me regarder vers la digue. Haussant les épaules, je m'exécutai, pour me retrouver paniquée à la seconde suivante. Tifa n'était plus à côté de Cecil. Ce dernier peinait pour la rattraper. La belle brune marchant à grand pas dans notre direction, plus mécontente que jamais.
Cherchant un moyen de m'enterrer, je finis par abandonner. De toute façon, j'allais devoir l'affronter pour ce que j'avais fait. J'y étais allée bien trop fort pour qu'elle puisse se contenir. Même en présence de son compagnon actuel.
- Yuffie !
Le cri enragé me fit relever les yeux. Chose qui ne me servit pas à grand chose, si ce n'est accueillir la gifle magistrale que je bouffai en plein visage. La jeune brune, la main encore en suspend, y était allé tellement fort que je crus ma joue arrachée. Y portant ma main, je me sentis bredouiller.
- Espèce de garce, reprit Tifa, venimeuse.
Derrière elle, Cecil préférait ne pas s'en mêler. En retrait, il sembla néanmoins compatir. Peut être comprenait-il. Une chose était sûre, elle, elle ne comprenait pas. Aveuglée de colère, elle sembla même sur le point de m'en coller une deuxième. Rien qu'à cette pensée, ma joue me brûla d'avantage encore.
- Pourquoi t'as fais ça ?cria Tifa en reportant son regard sur Cloud, puis de nouveau sur moi. Vous foutez quoi ?
- C'est pas censé de déranger, normalement, rétorquai-je.
Remuer le couteau dans la plaie était la seule chose que je trouvais à faire. De toute façon, je n'avais aucun argument sous la main pour échapper à la violence des représailles d'une femme amoureuse. Je ne me voyais pas non plus lui expliquer mon stratagème, vu qu'elle était directement concernée par le leurre. Cependant, je trouvais surprenant qu'elle parvienne si peu à murer ce qu'elle ressentait. Elle qui savait montrer un amour faut ou arrondir les angles, elle paraissait tellement trahie. Et trahie par moi, à ses yeux. Une chose qui me peinait.
- Tifa, tenta Cloud en relevant timidement la tête.
- La ferme !hurla la jeune fille en le menaçant de sa main. Vous … Yuffie, tu es mon amie, tu devais... tu aurais dû... Et toi, Cloud, tu es...
Elle ne finit pas sa phrase, sentant autant que nous les voyions quelques larmes perler dans le coin de ses yeux.
- Bande d'enfoirés, marmonna-t-elle en les essuyant.
Prudemment, je fis un pas vers Cecil. Il était temps pour moi de les laisser seuls. Je n'avais aucune envie de manger une seconde fois la main de la brune. Ma joue me piquant de plus en plus, j'en devinais la rougeur. J'étais d'ailleurs soufflée de son geste. Jamais je ne l'aurais vraiment pensé capable de me gifler. A croire qu'elle m'en voulait réellement pour une si petite chose. Pas si petite que ça.
- Cloud, tu...bredouilla de nouveau Tifa, pâlissant à vu d'oeil. Je te déteste. Je...
Je ne souhaitai pas entendre la suite. D'un autre petit pas, je fus à la hauteur du pauvre Cecil, qui une fois de plus, subissait les engueulades. D'un geste discret, je lui indiquai la digue. Ni lui, ni moi n'avions quelque chose à faire auprès des deux furies.
ooo
- J'espère que tu ne m'en voudras pas trop, chuchotai-je à l'intention du quatrième année.
La honte de ce que j'avais provoqué me prenait un peu plus à chaque pas. J'avais brisé son couple. Certes, cela serait arrivé. Mais je n'étais pas particulièrement fière de l'avoir moi même provoqué.
- Pourquoi ?s'étonna le jeune homme.
Shootant dans un coquillage, je levais vers lui des yeux peinés.
- D'avoir accéléré les choses, marmonnai-je.
Cecil haussa les épaules, puis porta son regard sur la mère. Nous marchions touts deux sur le monticule de pierres bloquant les vagues. Le soleil rougeoyait de plus en plus, laissant place aux premières étoiles. Le vent se faisait plus frai, mais pas moins agréable. Et moi, je sautillais de pierre en pierre, en tachant de ne pas trop penser. D'instinct, je posai ma main contre ma joue. La douleur s'était calmée. Malgré tout, j'en ressentais toujours la chaleur. La force qu'y avait Tifa m'impressionnait réellement. Autant qu'elle me blessait. Alors que moi même, je l'avais blessé. Trahi.
- Ce n'est pas plus mal, sourit Cecil en m'ébouriffant les cheveux. Je crois que personne n'aurait tenu la fin du séjour dans ces conditions, de toute façon.
Je ne pus m'empêcher de sourire. Cecil restait toujours fidèle à lui même. Posé, et tellement plus doux que mes autres amis. Il restait la personne la plus compréhensive qu'il m'ait été donné de rencontrer. C'en était admiratif. Qu'il ne s'offusque pas de ce genre de chose me laissait perplexe. Mais pas déçue.
Nous arrivâmes au bout de la digue en quelques minutes. Là, l'écume se réfugiait telle un serpent entre les pierres, moussant à leur contacte. D'ici, nous avions une vue imprenable sur le soleil, avec qui je pouvais aisément rivaliser pour ce qui est de la rougeur.
- Je me sens quand même un peu coupable, finis-je par soupirer. D'une certaine manière, je me suis servie de vous.
- Mais pas en mal, me répondit gentiment Cecil. Alors ça ne me fâche pas. Je crois que ta cause valait bien plus que mon couple bancal. Toi, tu aimes vraiment.
Je tournai la tête vers lui, et, d'un geste puéril, lui tirai doucement les cheveux. Chez moi, c'était une marque d'affection. Il l'accueillit comme telle, et en rigola la minute suivante. Cecil était une de ces personnes avec qui on ne peut que se sentir bien. Moi même, je me sentais affreusement calme en sa présence.
Lentement, je le vis pencher la tête sur le côté. Il regarda un instant ce qui devait être la mer sans que je ne puisse la voir, puis se mit à sourire plus encore.
- En fait, dans la vie, il n'y a qu'une seule chose de réellement importante, lâcha-t-il en posant une main contre mon épaule.
Fronçant les sourcils de manière interrogative, je penchai légèrement la tête sur le côté.
- Savoir rebondir, rigola-t-il en me tournant vers ce côté de mer qu'il venait de regarder.
Et sur ce, il me balança littéralement dans l'eau. D'un seul geste. Technique imparable.
Je me sentis valser. Mon horizon se renversa, jusqu'à ce que j'aperçoive la seule chose au monde qui puisse me donner envie de me noyer. Un regard carmin. Mais qu'est ce qu'il foutait là, lui, maintenant ? Les yeux écarquillés, il sembla hausser les sourcils. Et oui, c'est pas tous les jours que Yuffie Kisaragi tombe du ciel.
