Naya: Tout le monde veut s'approprier Cloud d e toute façon (moi la première ^^). Mais bon, c'est en effet du suicide de provoquer Tifa ! Elle te défonce x). T'inquiète pas, j'aime beaucoup tes reviews moi :). Et...et...et et et ... WHERE IS CLOUD ? CLOUD IS IN THE KITCHEN ! Oui, on l'a tous eu x)

Thelis480: Merci bien :)

Milou: C'est vrai que le nombre d'emmerdes est à peu près aussi élevé x). Bon, tu as bien compris le sens de ma phrase, la faute n'était pas volontaire ! Pour Cid...ben je vais répondre la même chose que pour Cloud...CID IS IN THE KITCHEN.

Ps: J'en avais déjà entendu parler, mais j'irais pas essayer !

Mia: Merci :) (ps: Je suis plus rouge x))

MagicOnyx: Oh mon dieu, j'admire ton courage ! Merci beaucoup !

Eclipse1995: Ca, c'est sûr qu'il va falloir qu'ils se bougent avec Vinnie. Et ne t'inquiète pas, Cecil est là, il y reste !

Ps: Moi je suis restée accrochée à ma vieille version x)

Bon, voilà le fameux chapitre 47, bonus dans la tête de Vinnie chéri ! Alors, ce n'est pas la suite de l'histoire, mais plus un résumé de ce qu'il s'est passé entre eux depuis trois ans, dans la tête du congélo. Voilà, si ça vous a plus, faites le savoir, et j'en ferais un autre pour...la 150ème review ?


Chapitre 47 :

Il y avait d'abord eu cette gamine d'à peine quatorze ans, plus maladroite que la moyenne, avec ses sourires immenses et ses deux pieds gauches. Elle avait débarqué en courant à moitié, essoufflée, avant de s'affaler sur une chaise du troisième rang. Elle avait beaucoup ri, ce premier jour de sa première année. Elle ne devait pas s'être posée la question de savoir si son professeur le tolérerait. A côté d'un rouquin, elle avait commencé à parler. Et ce, sous mes yeux. Je n'avais fait que la réprimander. Pourtant, le regard qu'elle me lança après cela me laissa un instant surpris. Elle souriait. De manière figée. Elle ne réagissait plus vraiment, en fait. Cette petite gamine de quatorze ans.

- Je m'appelle Yuffie ! Yuffie Kisaragi !avait-elle hurlé quand je lui avais demandé.

Une telle verve dans un si petit corps. Dès ce premier jour, j'avais su que je n'en avais pas fini d'avoir des problèmes avec elle. Pourtant, sur le coup, cela ne m'avait pas dérangé plus que ça.

Le second jour, elle avait trébuché et s'était étalée de tout son long dans l'entre bâillement de la porte. Et cette chute fut la première d'une longue série, toutes plus violentes et imprévues les unes que les autres. Et le pire restait qu'elle en riait. Moi qui riais si peu, je ne le comprenais pas. Elle souriait, riait, criait sa joie tout le temps, qu'on le veuille ou non. Une véritable tornade.

Au bout de quelques mois, elle était devenue gênante. C'était une chose que je ne m'expliquais pas, mais j'évitais autant que possible ses grands yeux noirs. Sa présence me pesait. Depuis les quelques petites années que j'enseignais ici, jamais une élève ne m'avait laissé une impression amère et désagréable. Je ne voulais pas la voir. Je ne le voulais plus. Je ne l'aimais vraiment pas. Ses manières de faire étaient trop brusques.

Alors je n'avais fait que la réprimander plus encore, m'attirant les foudres et les regards mauvais de son ami plus roux que roux. Je ne m'étais jamais formalisé de cela. Après tout, j'étais dur avec elle pour des raisons que moi seul connaissais. Il était normal que ce rouquin m'en veuille. Alors je ne lui disais rien, à lui. Mais à elle, peut être trop.

Jamais elle n'avait été douée en maths. Dès le premier cours, je l'avais compris. Et dès le premier devoir, j'en avais eu la preuve. 2/20, la pire note que j'avais mise dans cette classe. Mais elle n'en avait pas été triste pour autant. Elle avait juste soupiré. Puis avait souri. Encore et toujours. Comme si sourire pouvait tout résoudre, à ses yeux. Une pensée bien naïve.

J'ai toujours pensé qu'elle ne travaillait pas. A mes yeux, elle ne pouvait avoir que des défauts, cette gamine criarde et hyperactive. Jusqu'à ce que je la croise sur un banc, près de l'accueil, son cahier de maths entre les mains. Un stylo entre les dents, et un air de réfléchir presque caricatural. Elle travaillait bel et bien. Mais elle ne semblait pas comprendre un traître mot de ce que je pouvais dire durant les cours. Comme si elle avait toujours eu dix trains de retard sur les leçons, elle restait bloquée à la première quand nous étions à la cinquième. Tant et si bien qu'elle n'en assimilait que trop peu. Son manque de concentration en classe me laissait perplexe, je l'avoue. Elle avait cessé de parler, et se contentait de regarder le tableau. Mais jamais, au grand jamais, elle ne comprenait ce que j'y notais. Et jamais elle ne prenait la peine de le copier pleinement.

Une chose était sûre, cette gamine n'était pas comme tout le monde. Sinon, jamais je n'y aurais fait autant attention. Il était bien rare que j'accorde de l'importance à quelqu'un. Surtout que des élèves, j'en avais bien trop pour me le permettre. Mais elle, je n'avais eu aucun mal à retenir son nom.

En deuxième année, quelle ne fut pas ma surprise de retrouver ce fameux non sur ma feuille d'appel. Moi qui avais pourtant réclamé une autre classe que des deuxièmes années. Longtemps, je m'étais persuadé que ce n'était que parce que le programme de la seconde année d'enseignement ne me passionnait pas que je refusais d'avoir une de ces classes. Mais au fond, je ne pouvais nier que c'était par peur de la retrouver devant moi. Cette gamine qui n'avait rien d'autre à faire que de me regarder en cours, pendant que je l'ignorais copieusement. Oui, j'avais eu peur de la retrouver. Car je n'aimais pas la haine hâtive que je lui avais tout de suite porté. A moins que ce ne soit que de la peur. La peur d'autre chose.

Jamais je n'avais trouvé cette pile électrique identique aux autres filles de l'école. Pas même semblable à son amie brune. Certes belle, certes brune, mais pourtant bien différente. Je ne voyais pas la même chose dans ses yeux noirs à elle. Je ne leur trouvais pas la même beauté. Cette brune là ne s'était jamais formalisée plus que ça des regards mauvais et des répliques sèches que j'adressais à la gamine. Une vrai gamine si petite qu'elle ne m'arrivait pas aux épaules. Et pourtant si étrange.

Cette deuxième année avait mal commencé pour nous deux. Tout simplement parce que rien ne changeait. Sauf peut être du rouquin, qui ne s'offusquait plus de mon attitude envers son amie. Notre manège n'en devenait que plus pénible. Surtout que son regard me pesait de plus en plus. Son rire, aussi. Surtout son rire. Il me rappelait un peu celui de Vanille. La belle et tendre Vanille, si explosive elle aussi. Mais jamais elle ne m'avait donné envie de la haïr.

La vérité était là. Je l'avais compris juste avant l'hiver de cette deuxième année. Je ne la haïssais pas, cette gamine. J'avais juste envie de la haïr. Comment aurais-je pu vraiment la détester, en la voyant ainsi chuter à n'importe quelle heure de la journée, un sourire désolé sur les lèvres ? En la voyant toujours rire en inventant les pires bêtises du monde, torturer les autres élèves, et faire faire une attaque à chaque membre de la direction si tranquille quand elle se ruait en criant dans les couloirs. A croire qu'elle n'avait jamais eu le sens du mot discrétion.

La première fois qu'elle m'avait laissé une impression de douceur était au milieu de l'hiver de cette même année. Un hiver des plus froid, soit dit en passant. Tellement froid qu'elle s'était posée sur les marches de l'internat, une énorme écharpe couvrant presque la totalité de son visage, surmontée d'un bonnet à pompon, des gants si gros qu'on ne distinguait plus la forme de ses mains, et un gilet de laine. Les yeux à moitié clos, un chocolat chaud entre les doigts, elle regardait la neige tombée à l'extérieur. Pas comme n'importe qui l'aurait fait. Car elle était la seule que j'avais vu faire ça. Dehors, beaucoup d'élèves, de premières et deuxièmes années surtout, s'amusaient avec des boules de poudreuse.

C'est sans aucun doute la première fois que je lui adressais la parole sans animosité. Je lui avais simplement demandé pourquoi elle n'était pas dehors, comme tout le monde.

- Parce que je vais tomber en mettant le pied sur une plaque de verglas, m'avait-elle lâché le plus naturellement du monde.

Avant d'accompagner ses mots d'un grand sourire amical. Et pas complètement délirant, pour une fois. Même si ce qu'elle m'avait répondu lui était bien fidèle. Il ne devait pas y avoir tant de verglas que ça, dans la cour. Mais elle avait conscience de son impressionnante maladresse s'apparentant à une certaine malchance. Suffisamment pour ne pas se risquer à l'extérieur.

Depuis ce jour, j'avais eu du mal à la haïr. Jusqu'à ne plus du tout y parvenir, en fin d'année. Elle me troublait, de toujours être la même. De ne jamais s'offusquer de rien, de renvoyer bouler quiconque la dérangerait, ami ou ennemi. Elle n'avait pas la langue dans sa poche, et trouvait toujours les mots les plus inattendus pour répondre à la plus simple des questions. Elle avait ce don. Celui de faire sourire en répondant à côté de ce que l'on attendait.

Mais cette fois ci encore, j'avais voulu une autre classe que la troisième année. Parce que je me sentais coupable de nourrir une telle curiosité pour une élève bien trop jeune. Mais rien n'y avait fait. Nous n'avions pas le choix des élèves. Alors, sans doute étais-je moi aussi particulièrement mal chanceux pour tomber trois années de suite sur elle. Sur cette gamine qui me laissait trop surpris pour réagir.

Nous avions juste dix ans d'écart, elle et moi. D'une certaine manière, c'était énorme. Mais d'une autre, c'était si peu. Quand on nous voyait, on pouvait affirmer de nous que nous étions de parfaits opposés. De tels opposés que je devenais de plus en plus dévoré de curiosité pour cette gamine. Et si ça n'avait été que ça. Quand je lui en avais vaguement parlé, Vanille avait sous entendu trop de chose. Pourtant, je ne l'aimais pas. C'était une chose dont j'étais sûr. Parce qu'elle était si petite que je n'en avais pas le droit.

Cette troisième année commença de manière bien mouvementée. Pourtant, il m'avait semblé que rien de ce que pourrait faire ce trio infernale ne me surprendrait. Elle, le rouquin, et la brune. Mais je l'avais retrouvé elle, endormie contre mon propre bureau. D'une manière si douce que j'avais du mal à croire qu'elle sauterait partout une fois réveillée. Quand je l'ai secoué pour qu'elle émerge, je jurerais l'avoir vu rougir dès lors que ses yeux ont croisé les miens. Bien que je ne puisse me résoudre à être de nouveau plus glacial que d'ordinaire, cela m'avait gêné. Sans doute trop.

Et quand elle m'était tombée dessus, jamais je n'avais pu oublier le touché de ses mains crispées contre mon dos. Son visage d'un rouge vif presque collé au mien, son corps si proche qu'il en devenait pesant. Son corps de femme. Il ne m'avait pas fallut longtemps pour me dégager.

Quand j'avais dû la soigner juste après, elle m'avait paru bien penaude et vulnérable. Presque mignonne. Comme si une gamine comme elle pouvait l'être. Non, jamais cela ne m'était venu à l'esprit. Parce que je n'avais pas le droit de la trouver mignonne. Et ensuite, parce que ce serait un crime de dire d'elle qu'elle était mignonne. Yuffie n'était pas mignonne. Alors si elle l'avait été, cela n'aurait plus été Yuffie.

Yuffie avec qui j'avais eu le malheur de danser lors de la soirée d'intégration. Elle avait l'air d'une vrai femme dans sa large robe, perchée comme une équilibriste sur des talons trop hauts pour elle. A cet instant, elle avait comme cessé d'être Yuffie la gamine. Certes, elle en restait une. Mais à mes yeux, ce n'était plus la même gamine. C'était la fille avec qui j'avais aimé danser. Avec qui je l'avais souhaité. Son regard apeuré lorsque je lui avais demandé valait le détour. Mais c'était avant tout la fille que j'avais commencé à trop apprécier. A ne plus apprécier comme l'élève qu'elle était et devrait toujours être.

Jamais plus je n'avais pu la sentir comme mon élève. Même s'il l'aurait fallu. Je ne parvenais plus vraiment à ignorer ses grands yeux bruns noyés de cheveux noirs. Cheveux si beaux dans cette neige blanche dans laquelle je l'avais un jour retrouvé. Un jour d'hiver si froid qu'il faisait mal. J'étais seulement sorti pour m'aérer les idées, tant je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Et je l'avais vu, elle, allongée dans cette poudreuse glaciale, les jambes nues recroquevillées, son visage aux yeux clos, trempée. Ma raison aurait souhaité que la ramène à l'école. Mais cela signifiait avant tout la dénoncer. Et par conséquent, ne plus la revoir. Chose pour laquelle je me serais sans doute maudit. Moi qui avait tant chercher à la faire disparaître de ma vue, cette gamine, j'en étais réduit à ne plus pouvoir m'en passer.

Elle était bien trop belle, dans cette neige. Bien trop elle. Sans réfléchir, je l'avais ramassé, et je l'avais porté jusqu'à chez moi. Là, Vanille avait accouru. Vanille avait ce don de sentir les ennuis avant qu'ils ne deviennent trop graves. Elle m'avait aidé à en prendre soin. Elle n'avait rien dit de réellement gênant. Elle pouvait bien sûr plaisanter, comme tout le monde, mais elle s'arrêtait à cette limite. Jamais elle n'avait fait allusion au fait qu'elle était mon élève. Peut être aurait elle dû.

Je l'avais veillé, cette gamine. Jusqu'à ce qu'elle se réveille complètement perdue. Au début, elle m'aurait presque fait rire de ne pas croire ce que je lui disais. Avec cette manie de ne jurer que par le sarcasme pour répondre. Mais cela m'avait plu. A elle aussi, sans doute, de ne pas mourir glacer. Même si après cela, je ne m'étais pas senti mieux. Parce que faire ça m'avait gêné plus encore. Toujours plus, je me rappelais que c'était dérangeant. Et j'en redevenais froid. C'était comme ça. J'étais comme ça. Mais elle, elle ne s'en offusquait pas. Elle ne s'en offusquait jamais. Pouvait elle être plus sincère ? J'avais du mal à joindre les deux bouts.

Le jour des vacances de Noël, je l'avais vu triste. Pour la première fois, il me semble. Alors j'avais fait une chose qui n'était pas permise. Mais sur le coup, je n'y avais pas réfléchi. Comme toujours. Personne ne saurait, de toute manière. Je l'avais emmené avec moi. Et comme elle en avait été heureuse. Je m'étais rendue compte qu'elle restait toujours la même. Même en dehors de l'école. Même lorsque l'on se disputait pour la cuisine, elle restait la même. Il n'y avait guère que la nuit, lorsque je l'avais tenu serrée contre moi qu'elle respirait avec calme. Et encore, il lui arrivait de remuer. Il me semblait que jamais je n'avais mieux dormi qu'avec elle. Une chose que je n'aurais jamais dû penser. Comme ce jour où je m'étais réellement cru capable de l'embrasser. Jamais je n'aurais dû ne serait-ce qu'y songer. Parce qu'après tout, je ne l'aimais pas. Ou tout du moins, je ne le devais pas.

Après cela, tout avait été plus calme. Plus calme et beaucoup moins tendu. La relation que j'entretenais avec elle n'était plus du tout approprier à ce que nous devions être, c'était tout. Ce n'était plus autant gênant. Je l'avais juste accepter. Cela me faisait peur, souvent. Que quelqu'un le découvre. Qu'on me l'enlève. Cette gamine si surprenante qui avait su me faire flancher. Moi, un homme si froid.

On m'avait annoncé un voyage pour les troisièmes et quatrième année. Quand on m'a dit que je devrais y participer, je ne sais pas vraiment si je l'avais pris comme une bonne nouvelle. C'était toujours difficile à admettre que je veuille être avec elle. Pourtant, je ne regrette pas un seul instant ce séjour, durant lequel le jeu fut de se chercher un maximum. Le tout compliqué par une autre femme. Une vrai, mais pourtant bien moins attirante. Une grande blonde pourtant gentille. Mais je ne pouvais pas l'aimer, elle. C'était sans doute cruel de ma part de me servir d'elle, alors. Mais cela en valait la peine. Du début à la fin, ce que nous avions tous les deux fait en valait la peine. Juste pour nous, pas pour les autres. Mais on ne s'en sentait pas coupable. Nous avions trop d'autres choses à penser.

Alors maintenant, c'était un peu à celui qui craquerait le premier. L'ennui était que nous étions tous les deux entrain de perdre. Oui, tous les deux nous étions entrain de tomber réellement amoureux de l'autre.