Guest: Merci beaucoup :)

MonaYsa: Ahah, merci ;)

Milou: Je ne t'en veux pas, pour ta review, don't stress xD. Sinon, oui, j'ai repris les cours, et c'est bien galère, et toi petite Milou ?

Ps: En effet, je suis d'accord.

Orellia: Moi aussi c'est mon père qui me l'a fait découvrir ! Et je me suis dis que homme ou pas, c'était la chanson de la situation. Pour Hojo, je crois que dans toutes mes fics j'arrive à le rendre à peu près supportable xD. Après, c'est un personnage que j'aime bien dans ses manières de savants fous, en fait.

Eclipse1995: Calme, calme ! Ils vont se sauter dessus bien assez rapidement xD

Bon, visiblement, le choix de chanson a plu à tout le monde ! J'en suis ravie ! Je vous rappelle aussi qu'un chap bonus est prévu pour la 150ème review ;). Au passage, la fin de ce chapitre est inspirée d'un film. Saurez vous le reconnaître ?


Chapitre 55 :

Sur scène, je m'étais comme sentie flotter. Sentie libre. Puissante. Comme si, du haut de ma si petite taille, j'avais tenu tout mon public entre mes mains. Alors que je l'avais tenu entre ma voix. Seulement, je n'avais pas pensé que l'atterrissage ferait si mal. Perchée sur mon estrade, je m'étais faite sifflée, huée de toute part. J'avais réussi à faire ce que je devais. Je leur avais offert une belle fête. Et cela aurait pu duré. Mais du haut de mon monde, il faut croire que rien ne dur très longtemps.

J'avais reçu beaucoup d'éloge pour ma voix, la chanson, et mon port de talons plus que convenable. De mes amis, surtout. Tifa s'était montrée particulièrement fière de moi, vu les escarpins qu'elle m'avait prêté. Je n'en étais pas tombée une seule fois. Honte sur moi si j'avais osé. Reno m'avait serré dans ses bras à m'en étouffer, Cecil et Cloud s'était tout simplement jetés sur mon pauvre corps, et avaient visiblement choisi de se mesurer l'un à l'autre pour savoir lequel m'écrasait le plus. Djidane avait sautillé autour de moi pendant tout le reste de la soirée. Mais il n'y a qu'Elena qui sembla comprendre mon malaise. Elle seule s'était tenue à l'écart en souriant timidement. Elle avait sans doute vu la direction que prenait chacun de mes regards.

Ils se dirigeaient tous vers la même personne. Vers la seule personne dont je voulais réellement entendre les félicitations. Vers la seule qui ne s'était pas présentée de la soirée. Et je lui en avais voulu. Je lui avais silencieusement reproché de ne pas être venu me voir. Certes, nous n'aurions rien fait d'autre que nous dévisager. Mais il ne m'aurait pas laissé cet insupportable sentiment d'indifférence à cette chanson que je lui avais en quelque sorte dédié.

Alors j'en ruminai encore ce vendredi après midi, le menton calé dans la paume de ma main. J'avais choisi de finir ma journée au côté d'Elena. Car je savais parfaitement que la calme Elena n'allait rien faire qui pourrait me contrarier. Elle n'était pas aussi turbulente que les autres. Et puis, elle avait prêté attention à mon humeur plutôt maussade. Alors c'était ma façon de la remercier. Passer notre dernière heure de cours, exceptionnellement de français, à côté d'elle.

Lâchant un soupir, je fronçai les sourcils. Ma feuille presque vierge sous les yeux, je regardais sans vraiment le vouloir Mlle Ashe déblatérer au sujet de notion dont je ne me souvenais plus depuis au moins huit ans. Non mais sans rire, qu'est ce qu'on pouvait bien en avoir à faire du nom de ces familles de déterminants ? On sait les utiliser, point ! Elle commençait sérieusement à me donner mal au crâne avec ces conneries. Et dieu sait que je n'étais pas d'humeur à la voir. Surtout pas elle. Même si elle ne me semblait pas particulièrement désagréable lorsqu'elle s'adressait à moi dans un cadre purement professionnel, je la sentais nerveuse. Elle devait l'être à peu près autant que moi. Alors doubler mon agacement causé par Vincent avec un cours de la femme avec laquelle je m'étais disputée au sujet de Vincent était plutôt pénible. Cet homme allait nous faire tomber folles.

Tournant la tête vers la fenêtre, je me laissai aller à sourire légèrement. Le printemps débarquait, avec ses doses de couleurs pastels et de vents doux. Il ne faisait plus si froid, on pouvait oser se découvrir. Les arbres fleurissaient peu à peu, laissant leurs pétales valser au gré de la brise jusque dans nos cheveux. Chaque printemps, Tifa s'amusait à en faire une couronne qu'elle me mettait ensuite sur la tête. Selon elle, le rose crème rendait mon teint particulièrement agréable et adouci. Elle l'avait fait dès la première année. Et je lui faisais confiance pour y penser cette fois ci encore. Nous allions de nouveau pouvoir nous allonger dans le parc de l'école, et rêvasser à tout ce dont des fous comme nous peuvent bien penser. Des moments de paix. Durant lesquels mon esprit allait peut être m'épargner son image. Alors, comme j'avais hâte.

- Yuffie ?

La voix d'Elena me réveilla, et je tournai la tête vers elle. Elle souriait doucement, sa trousse à la main.

- Ça vient de sonner, me dit alors la blonde en se levant.

Surprise, je ramassai ma feuille de cours pour la glisser en vrac dans mon sac. Je n'avais même pas entendu notre bruyante sonnerie, trop perdue dans mes pensées. Soupirant de plus belle, je jetai un coup d'oeil à la porte de sortie, à côté de laquelle se tenait Mlle Ashe. Nous n'avions plus cours, après son heure de français. Heureusement. Je n'avais pas la tête à faire autre chose.

Quittant mon bureau, j'emboîtai le pas à Elena, qui passa la porte de la salle. Nous étions une fois de plus les dernières, et juste avant que je ne sorte, notre blonde de professeur m'adressa un timide sourire. Ouvrant grands les yeux, je ne pus m'empêcher de m'arrêter un instant. Elle ne m'avait plus sourit depuis notre dispute.

- Je n'ai pas encore eu l'occasion de te le dire, mais c'était une belle chanson, me dit elle alors. Et une belle voix.

Son sourire s'élargit lentement, me laissant sans voix. Secouant la tête pour me ressaisir, je passai définitivement la porte sans pour autant la quitter des yeux.

- Merci, finis-je par articuler.

J'en étais soufflée. Gagnant peu à peu le couloir de nos salles de français, je laissai Elena me devancer pour rejoindre les autres. Elle avait bien raison de me laisser seule. J'avais besoin de me poser et de réfléchir un moment.

Le ton de Mlle Ashe ne m'avait pas semblé menaçant. Tout simplement doux et réellement sincère. Peut être avait elle décidé de me pardonner. Elle l'adulte, et moi la gamine sans cervelle et trop têtue pour la croire raisonnable. Après tout, si elle décidait de ne pas m'en vouloir, cela ne pouvait être mieux. Pour tout avouer, notre bonne entente m'avait manqué. Un peu, certes, mais quand même. Je n'avais vraiment pas aimé faire une croix sur nos sourires amicaux et nos rires dignes de deux ados.

Prenant une toute autre direction que celle de mes amis, je me ruai vers l'extérieur. Je manquai de glisser au virage de l'accueil, sous les yeux presque outrés de la vieille peau de la vie scolaire, voûtée derrière son bureau à surveiller les pétales qui tombent. Poussant la porte à double battant avec une puissance que je ne me connaissais pas, je respirai l'air frai du printemps revenu.

Notre cours était bien plus belle sans neige, à mon goût. Je ne risquais plus de glisser dessus, au moins. Souriant de toutes mes dents, je marchai d'un pas rapide vers notre parc. Je n'allais pas attendre mes amis pour m'y étaler. J'avais besoin de tranquillité. Oui, moi Yuffie, j'ai besoin de tranquillité. Étrange, non ?

Laissant tomber mon sac de cours une fois sur place, je m'approchai des grands arbres aux couleurs comme sorties d'aquarelles. Saisissant une branche tombante d'un cerisier aux fleurs roses exquises, je l'approchai de mon visage. L'odeur était enivrante. Souriant de plus belle, j'eus l'impression amusante d'être une véritable gamine dans toute sa splendeur. Sourire pour des fleurs était pire que puéril. Ce qui me fit exploser de rire.

- Ma chère Yuffie, je pense qu'un jour il faudra que tu consultes, soupirai-je pour moi même.

Consulter pour lequel de mes incalculables problèmes ? Mon attirance mordante pour un homme froid et plus vexant que la moyenne, mon hyperactivité contagieuse, mes 20000 décibels de puissance vocale, et j'en passe. Que de problèmes dans un seul tout petit corps.

- Aaaah, ma pauvre Yuffie, soupirai-je de nouveau en secouant la tête.

- Te parler à toi même me semble être un bon motif pour consulter !

Sursautant tellement violemment que je crus tomber en arrière, je crispai ma main contre la branche que je tenais, écrasant les fleurs au passage. Paix à leur âme. Me retournant, le cœur battant, je tombai nez à nez avec ma cause de tout mes tourments. Et principale raison d'une quête urgente d'un psychologue confirmé.

Mains dans les poches, premier bouton de chemise déboutonné, cheveux en bataille, Vincent me regardai de ses yeux carmins presque agacés. Il n'avait pas l'air amusé ou moqueur comme beaucoup d'autres fois. Non. Il me semblait nerveux et en colère. Je redoutai presque ses sourcils durement froncés. Perdu au milieu de ses fleurs inspirant la bonne humeur, cela me sembla déplacé. Que faisait il ici ? Pourquoi tombait il toujours au bon moment ?

- Qu'est ce que tu fais là ?demandai-je en me détendant légèrement.

A quelques pas seulement de moi, il planta son regard de braise dans mes pauvres yeux fuyants. Laissant mes joues chauffer de plus belle. Gênée, je piétinai d'un pied sur l'autre sans savoir quoi faire. Cet homme avait le pouvoir de me clouer sur place.

- Ta chanson était pour le moins...percutante, articula-t-il sans baisser les yeux un seul instant.

Son ton agacé fit monter en moi une vague de colère que je ne parvins pas à refouler. Il m'énervait. Il m'énervait à me reprocher d'avoir chanté. Peut être avais-je simplement dis quelque chose qu'il ne souhaitait pas entendre. Qu'il fuyait. Mais après tout, il l'avait cherché. Depuis le début de l'année, il le cherchait. Alors il n'avait pas le droit de m'en vouloir pour ça.

- Si tu n'es venu là que pour me faire ce genre de reproche, tu peux partir, grognai-je en détournant enfin le regard.

Les muscles de mon corps s'étaient tendus dès l'instant où j'avais choisi de lui répondre de manière si glaciale. Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes. Il en avait parfaitement conscience.

Vincent en sembla d'ailleurs assez surpris.

- Yuffie...tenta-t-il, plus calmement.

- Oses me dire que tu ne l'as pas chercher, crachai-je, coupant cour à son début d'excuse.

Vincent sembla pris au dépourvu. Me fixant d'un air partagé entre la surprise et l'embarras, il choisit de baisser le regard. Pour la première fois, il ne me regardait pas de haut. Peut être ne s'en sentait il plus capable.

Piétinant sur place durant quelques minutes, il laissa un silence assez pesant se faire une place entre nous. Puis, s'approchant à pas lents de mon petit corps presque tremblant, il me jaugea, avant de lever une main dans ma direction. Pour simplement ébouriffer ma chevelure sombre dans laquelle s'étaient égarés quelques pétales rose pâle

- Qu'ils aillent au diable, tous, sembla-t-il murmurer tellement bas que j'eus du mal à l'entendre.

Haussant un sourcil, je ne compris pas réellement le sens de cette phrase. Peut être n'en avait elle pas.

- En fait, reprit il alors plus fort, je pense qu'il faut arrêter de se poser mille et une questions.

Lentement, je le vis se reculer, me laissant surprise avec ma branche pleine de fleurs. Qui êtes vous et qu'avez vous fait à Vincent ? Au frigide et raisonnable Vincent ? Lui qui n'enverrait jamais ses principes se faire foutres d'une seule phrase aussi bidon !

- Quand la vie nous offre quelque chose, c'est un cadeau éphémère, poursuivit Vincent en se laissant aller à sourire légèrement.

Ouvrant de plus en plus les yeux, je ne pus retenir un rire. La situation devenait de plus en plus curieuse. Elle en était presque plus amusante que niaise. Vincent déblatérant un discours digne des plus immondes films romantiques dans un décors fleuri et rose. C'était pire que ridicule. Et pourtant, cela me faisait bien sourire.

- Alors, je crois qu'il faut la prendre comme elle vient, acheva-t-il en me regardant rire.

Il avait le don de me clouer sur place, c'est un fait. Mais il avait également celui de me rendre ma bonne humeur quelque que soit la raison de mon agacement. La plupart du temps, il en était lui même la cause et le remède. Et j'aimais cela. Je ne m'en rendais sans doute que trop rarement compte.

Me prenant au jeu, je sautillai jusqu'à une autre branche d'arbre. L'attrapant, je la secouai au dessus de moi, répandant plus de pétales que le vent lui même. Tendant les mains pour en recueillir quelques uns, je souris de plus belle.

- C'est la leçon des arbres en fleurs, lançai-je alors, ma branche toujours à la main.

Sans vraiment chercher à m'en empêcher, j'éclatai d'un rire franc et puissant. Je ne pouvais pas me retenir, de toute façon. Cela aurait été de la perte de temps que de chercher à le faire. Et je fus agréablement surprise de voir Vincent lâcher lui aussi un rire sincère.

Perdue dans les pétales de fleurs et le ridicule de la situation, je ne compris pas vraiment la pression soudain exercée sur ma taille. M'attrapant la nuque de sa seconde main, Vincent tira doucement sur la naissance de mes cheveux pour que je lève les yeux vers lui. Mes yeux brillants de rire et de joie. Mes yeux qui, quelques instants plus tôt, l'auraient fusillé. Je me sentis peu à peu cesser de respirer, alors que son regard carmin me jaugeait de plus en plus. J'eus l'impression désagréable de brûler tant mon corps montait en température. Un instant, je crus même mes coups de soleil revenus. Sans vraiment savoir pourquoi, je posai une main tremblante sur le bras puissant de mon vis à vis. Mon visage maintenu à trop peu de distance du sien me gênait affreusement. J'en rougis d'avantage encore.

Et lorsque la surprise me coupa le souffle, je n'eus même pas la force de fermer les yeux. Ses lèvres clouées aux miennes, Vincent me regardait toujours autant.