Milou: Ah...désolée que ce soit long, mais j'avais besoin de me poser un décor, des persos, une ambiance, une histoire, enfin tout ça ! Et pour la baffe, ça m'est venu d'un coup. Honnêtement, ce n'était pas prévu du tout xD

Guest: Merci beaucoup :D

Orellia: Merci beaucoup ! Et je suis d'accord avec toi. je ne pouvais pas arrêter ça à un simple baiser, parce que ce genre de relation va bien au delà de ça.

Eclipse1995: Vincent est et reste le plus adulte de l'histoire, mais ça le rend vraiment pénible x). Enfin, pour cette histoire de lingerie, tu vas savoir la semaine prochaine. Et cette semaine, un peu quand même !

MagicOnyx: Merci merci merci :D

Mes chers lecteurs, dites vous que j'ai failli ne rien poser du tout ce week end. Je suis tout simplement crevée. J'ai trop fait la fête la semaine prochaine, chapitre bonus dans la tête de Cecil !

En parlant de bonus, j'ai eu une idée. Est ce que ça vous plairait qu'à la fin, je face un chapitre sur ce que pense les autres persos de l'histoire ?


Chapitre 57 :

Lentement, je resserrai mes doigts engourdis contre les draps gris et froissés. Repliant une jambe, je laissai la fraîcheur du matin me faire frissonner. Souriante, je frottai calmement mon épaule de ma seconde main. Cherchant à m'étirer mollement, mon geste fut retenu par un bras puissant plaqué contre ma taille et m'enserrant entièrement. J'avais le visage enfoui dans une masse de cheveux noirs aussi emmêlés que devaient l'être les miens. Respirant à pleins poumons l'odeur qui s'en dégageait, je me redressai sur un coude. J'avais les paupières lourdes et les jambes douloureuses. Presque courbaturées. Cherchant à les bouger, j'ouvris assez brusquement les yeux en en trouvant deux autres en travers des miennes. Baissant de nouveau le regard, je manquai de rire, une main plaquée contre les lèvres. Je n'avais peut être pas encore très bien réalisé. Pourtant, je n'en menais pas large sur mon petit bout d'oreiller, enroulée dans des bras, une couette à moitié retournée sur mon buste cambré dans une position assez inconfortable.

Me redressant plus encore, j'étouffai un bâillement. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'avais plus envie de dormir. Il fallait simplement que je marche. Que je m'aère l'esprit. Enjambant plutôt habilement l'homme endormi à ma droite, j'atterris sans beaucoup de grâce à côté du grand lit. Portant une main à mon front, je plissai les yeux. La lumière était bien forte. Nous n'avions même pas pris la peine de fermer les rideaux. M'étirant le dos comme je le pouvais, je jetai un regard un peu plus bas. Lui dormait toujours. Il ne semblait pas avoir remarqué ma soudaine absence. Pourtant, il semblait tenir à ma présence entre ses bras. J'y avais fini à chaque nuit passée avec lui. Avec lui. C'était une chose que je ne réalisais pas encore. Comme beaucoup d'autres, elle était arrivée bien trop soudainement. Je ne comprenais pas. Pas vraiment. Est ce que je le voulais, de toute façon ? Certainement pas.

Secouant la tête, je fis un pas vers la porte. Baissant le regard afin de trouver mes vêtements, je rougis violemment en apercevant mon soutien gorge abandonné au pied du lit. Un peu plus loin, mon pantalon. Il n'y avait rien d'installer proprement sur la chaise. Tout était sans dessus dessous dans cette chambre. La moitié de mes affaires devaient trôner sous le lit. Triturant un instant mes doigts, je finis par poser mon regard sur le lit. Sur le bord, une chemise noire peu froissée me faisait de l'oeil. Haussant les épaules, je m'en emparai avant de l'enfiler. Elle m'arrivait jusqu'à mi cuisse, et je dus grandement retourner les manches afin de voir mes mains. La boutonnant rapidement, je finis par quitter la pièce.

Je traversai bien vite le couloir pour me diriger vers la cuisine. Là, je m'approchai des placards afin de prendre un bol et un sachet de thé. Il me fallut un certain temps pour dénicher celui que je voulais, mais j'y parvins sans casse. Pour une fois que je ne me cognais pas. Alors que l'eau chauffait doucement dans la bouilloire, je tournai la tête vers le bar. Avant de lâcher un rire. La vision de mon corps si peu vêtu étaler sur cette table basse dans une pose des plus aguicheuses me traversa l'esprit. Comme la tête de Vincent aurait pu être drôle.

Je secouai la tête. J'avais vraiment des idées étranges quand je n'étais pas réveillée. Mon thé verre allait me faire un bien fou. Je décidai d'ailleurs de me le servir. Déposant le sachet dans mon bol d'eau bouillante, je saisis une cuillère afin de touiller mon mélange. Soufflant dessus à plusieurs reprises, je m'accordai des allés retours inutiles dans la pièce. Et seulement là, je m'autorisai à réfléchir un minimum sur ce qu'il s'était passé. Est ce que je regrettais ? Absolument pas. Seulement je n'avais pas vraiment réfléchi. Certes, cela aurait des conséquences sur notre vie à l'école. Rien ne serait plus pareil, c'était certain. Mais, est ce que cela n'en valait il pas la peine ? A mes yeux, si. Tout en aurait valu la peine. J'étais bien. Mieux que bien, même. Notre légère prise de tête de la veille m'avait quelque peu désorientée. Et elle lui avait d'une certaine manière remis les pensées droites. Je me souvenais parfaitement de la gifle que j'avais été capable de lui coller. Il l'avait cherché. Plus que n'importe qui, il la méritait. S'il avait peur d'une telle relation, il n'avait qu'à y penser avant. Il n'avait qu'à me chasser dès le début. Il était actuellement autant responsable que moi. Pouvait on affirmer que l'on était ensembles, maintenant ? Oui, je pense. De toute façon, il était clair qu'on ne pourrait plus jamais se voir comme un prof et une élève. Il était aussi largement évident que mes résultats en maths allaient être encore plus bas afin d'éloigner tout soupçons. Je le connaissais maintenant assez pour savoir qu'il en était capable.

Perdue dans mes pensées, je manquai de crier lorsque la porte d'entrée claqua. Tournant la tête en direction du seuil, je ne fus pas vraiment étonnée d'y découvrir une rouquine en short. Je m'autorisais même à sourire face à cette intrusion. Ne m'ayant visiblement toujours pas remarqué, Vanille s'avança sans aucune gêne vers la cuisine. Cherchant sans doute le propriétaire des lieux, elle se figea en me voyant enfin. Moi, mon bol fumant entre les mains, uniquement vêtue d'une très large chemise noire, les cheveux en bataille.

- Bonjour Vanille, murmurai-je en souriant.

Cette dernière écarquilla les yeux, ahurie.

- Ah...bonjour, répondit-il en reprenant contenance.

Elle se mordit la lèvre avant de secouer la tête.

- En fait, je passais juste voir s'il n'y avait un peu de pâtes dans les placards, m'expliqua enfin la jeune femme, retrouvant un sourire à peu près naturel. Mais je ne m'attendais pas vraiment à trouver quelqu'un d'autre avec Vince.

J'en aurais presque ri. La pauvre Vanille était prise de court. Elle qui s'invitait toujours et prenait le placard de Vincent pour son garde mangé, elle ne pensait vraiment pas qu'elle pourrait me trouver au milieu de cette cuisine. Heureusement que mon idée étrange avec la table haute de la cuisine n'était plus d'actualité, sinon la pauvre rousse en serait tombée par terre.

- Il y en a dans le placard, finis-je par répondre en désignant un des meubles du regard.

Sans me quitter des yeux, la jeune femme attrapa dans le placard ce qu'elle cherchait. Elle manqua de faire tomber le paquet à deux reprises, avant de parvenir à le serrer correctement entre ses doigts presque tremblants.

- Je suis désolée, je pensais vraiment que Vincent serait seul, se répéta-t-elle.

Mon sourire s'élargit pour la rassurer. Sans en attendre plus, Vanille tourna les talons de manière assez rapide afin de regagner la porte d'entrée. Elle ne devait franchement pas s'y attendre pour agir de cette manière. La Vanille que rien ne déstabilisait. Elle en était toute retournée.

Je me retrouvais de nouveau seule lorsque la porte claqua pour la seconde fois. Je finis par me demander quand Vincent allait se réveiller. Sirotant mon thé en y réfléchissant, je finis par entendre quelques pas dans le couloir. Tournant mécaniquement la tête, je rougis faiblement. Les cheveux sans doute aussi emmêlé que moi, torse nu, Vincent se dirigea vers la cuisine. Il passa à côté de moi sans même m'oser un regard, alors que je me tournais au fur et à mesure de sa progression. Dans un autre contexte, cela m'aurait sans aucun doute vexé, mais là, j'eus à peine le temps de hausser les sourcils que j'explosai de rire. Tremblante, je posai mon bol encore à moitié plein sur la table, de peur de le renverser. Vincent se tourna enfin vers moi, sourcils froncés en me voyant rigoler de la sorte.

- Qu'est ce qui te fait rire ?me demanda-t-il.

Non, il osait me demander une telle chose ? Il me snobait royalement dès le matin, et il me demandait pourquoi je riais ? Sérieusement ?

- Vincent, tu es sérieux ?finis-je par soupirer, souriante. Ton but est de me vexer ? Autant te dire que tu manies l'optimisme avec bonheur.

Mon vis à vis haussa un sourcil, sceptique.

- Après la nuit qu'on a passer, me vexer ne va pas être une mince affaire, plaisantai-je en m'asseyant sur la table de bar.

Il me fallut sauter sur un tabouret pour y parvenir sans tomber. Mais je n'y étais pas encore étalée. Il ne fallait pas exagérer non plus.

Pourtant, vu la tête que Vincent tira, le faire l'aurait peut être détendu. Il semblait particulièrement soucieux. Et curieusement, cela ne m'étonnait pas. Vincent était de ces gens qui réfléchissent beaucoup. Sans doute trop, à vrai dire. Il se posait trop de questions sur les conséquences de ses actes, sur le pourquoi du comment, et j'en passe. Il ne parvenait pas à faire le vide et à oublier sa raison. Surtout que maintenant, nous en étions à un point de non retour, alors se torturer l'esprit n'allait faire qu'aggraver la situation. Vraiment, cela ne servait à rien. Ce que je pensais était sans doute très inconscient, mais d'une certaine manière, nous l'avions été. Alors à nous d'assumer. Et pas à moi seule.

- Yuffie, lâcha Vincent en posant une main sur sa hanche. On...

Je le fis taire en levant rapidement la main. Je me fichais de la loi, actuellement. Il pouvait bien me sortir que je risquais la potence, cela n'aurait rien fait. Il pouvait bien pisser dans un violon que ça aurait été aussi efficace. Et j'avais ma petite idée pour lui faire comprendre.

Sautant relativement habilement de mon piédestal, je m'approchai du canapé. Cherchant d'un rapide coup d'oeil ce que je voulais dans ses étagères, je fronçai les sourcils. Il était bien curieux qu'il n'ait pas ça. Enfin, j'allais me débrouiller autrement. Relevant la tête, je me dirigeai vers la porte d'entrée. Toujours vêtue de sa chemise, soit dit en passant. Perplexe, Vincent se contenta de me suivre tout en gardant une certaine distance. Sécurité oblige.

Je sortis de l'appartement sans aucune gêne pour passer dans celui d'en face. Comme je m'en doutais, Vanille ne l'avait pas fermer. Elle haussa un sourcil en me voyant débouler dans sa cuisine, souriante. Une cuillère entre les lèvres, elle me suivit du regard avant de se lever.

- Tu cherches quelque chose Yuffie ?me demanda-t-elle en osant un regard vers Vincent, qui patientait sur le seuil.

- Oui, le code pénal, lui dis-je en parcourant ses étagères. Tu n'en aurais pas un exemplaire des fois ?

Vanille ouvrit des yeux grands comme des soucoupes avant de se mettre à réfléchir. Quoi, c'était si étrange de débouler à peine vêtue chez quelqu'un pour réclamer un code pénal ?

- Ah si !s'exclama finalement la rouquine. Ma mère m'en a donné un une fois, allez savoir pourquoi !

Elle partit fouiller dans un placard, grognant à chaque morceau de papier qui tombait par terre. Je n'osais pas un seul instant imaginer le bordel qui devait régner dans sa chambre. Dansant d'un pied sur l'autre, je dus me retenir pour ne pas rire en croisant le regard de Vincent. Vu sa tête, il comprenait de moins en moins ce que j'étais entrain de faire.

- Tiens, me dit Vanille en réapparaissant, un gros livre à la main.

- Tu y tiens beaucoup ?lui chuchotai-je.

- Pas le moins du monde, mais...

Je ne lui laissai pas le temps de finir et la remerciai d'un rapide geste de la main. Sortant der chez elle, je regagnai l'appartement de Vincent, ce dernier sur mes talons. Une fois dans le salon, je me permis de me retourner, l'ouvrage dans la main, en tapant du pied par terre. Fronçant les sourcils, je pris un air volontairement agacé alors que le grand brun me dévisageait.

- La loi, hein ?me hasardai-je.

Je ne lui laissai absolument pas le temps de répondre. Courant jusqu'à la cuisine, je saisis une allumette, avant de m'approcher de la fenêtre. Là, souriant de toute mes dents en passant la tête dans l'air frai du matin, je fis lentement cramer ce pauvre code pénal. Et ce fut au tour de Vincent d'écarquiller les yeux. On aurait dit un poisson.

- Tu vois ce que j'en fais de la loi, finis-je par lâcher. J'en ai rien à foutre.

Je laissai s'envoler les derniers morceaux du gros livre alors que Vincent secouait la tête d'un air désespéré. Et soudainement très amusé. A croire que mon petit numéro l'avait remis d'aplomb.

- Tu es infernale, soupira-t-il enfin.

- Toi aussi, lui assurai-je en rigolant.

ooo

- Sans rire, comment ça va se passer maintenant ?demanda Vincent en remuant son café.

Nous étions assis l'un à côté de l'autre sur le canapé, moi avec mon bol de thé à présent tiède, lui sirotant son café. Cela me faisait du bien de savoir que j'avais comme vaincu ou endormi la partie raisonnable de Vincent. Même si ce genre de questions devaient bien être posée un jour.

- Je sais pas, soupirai-je en posant ma tête sur son épaule. En fait, je ne pense pas que ça change beaucoup de chose. Certes, un peu, mais pas tant que ça. Il faudra juste faire attention.

Passant un bras autour de mes épaules, Vincent sembla réfléchir. Il était vrai que ça ne serait plus comme avant. Que nous ne pourrions pas agir comme n'importe quel couple, qu'on ne pourrait pas se parler de la semaine comme n'importe quel couple. Mais nous nous aimions comme n'importe quel couple.

- Par contre, si tu pouvais me laisser à plus de quatre en maths, ça me ferait plaisir, plaisantai-je.

Vincent éclata de rire à son tour. Durant quelques secondes, le silence se fit. Il me tenait par les épaules, ma tête reposait sur l'une des siennes. En vérité, jamais je n'aurais été mieux avec quelqu'un d'autre. J'en étais absolument sûre.