Orellia: Merci pour ta review, comme d'habitude, elle m'a bien fait rire ;)

Eclipse1995: Attends donc que je m'explique un peu avant de me lancer des tomates ! Non mais !

MagicOnyx: Merci beaucoup :D

Bon, voilà un long chapitre, qui aurait même dû l'être plus, mais qui est coupé. Beaucoup d'explications, qui surviennent assez tardivement, mais je les voulais ici et comme ça depuis le début en fait. Ca parle beaucoup, mais vous aurez le ressenti de Yuffie la prochaine fois. Et aussi, ça va bouger grâce à tout ça. Bref, à vos reviews !


Chap 61 :

Lentement, je remontai les bords de ma couette sur mes cuisses. Les mercredis après midis n'étaient pas mon fort depuis quelques temps. La tête calée contre le mur, à moitié avachie sur mon lit, je fixai le plafond avec une telle passion que s'en était presque hilarant. Mais je ne trouvais même pas la force de soupirer. J'avais actuellement autant de force qu'un mollusque hors de son eau. En fait, je ne me sentais pas de taille à affronter le monde extérieur. Et pour changer de d'habitude, j'étais seule. Alors méditer sur ma condition était la meilleur chose à faire avec un unique plafond à regarder pour s'occuper. J'aurais pu aller me noyer sous la douche comme je savais si bien le faire, mais curieusement, depuis que j'avais eu le plaisir d'en prendre une avec Vincent, je trouvais celle de l'internat un peu fade. Rien de plus normal. Et puis, le temps me semblait bien long depuis ce week end. J'en avais plus qu'assez d'attendre le moment où je pourrais m'étaler entre ses draps si frais. Plus jamais sur la moquette, en revanche, je m'en faisais la promesse. Mes brûlures n'étaient pas des plus agréables. Et cela avait dû le perturber, étant donné qu'il avait trouvé le moyen de serrer mes bras avec une telle force que j'en avais encore des marques. Et puis, je devais admettre également que Vanille me manquait un petit peu. En fin de compte, j'aimais bien la voir débarquer de bon matin dans l'appartement de Vincent afin de se trouver de quoi manger. Même si certain pouvait la prétendre invivable, je trouvais sa présence particulièrement réconfortante. Elle apportait ce petit quelque chose en plus qui faisait que je me sentais définitivement bien dans cet immeuble.

La porte de notre chambre s'ouvrit brutalement, me laissant tourner la tête à une vitesse modérée. Je ne voulais pas me bloquer le coup, cela m'aurait privé d'activité physique pour au moins une semaine. Je tombai nez à nez avec le sourire rassurant d'Elena, qui se laissa tomber sur le lit de Tifa, juste en face du mien. Haussant un sourcil, je lui lançai un regard interrogateur. Il était bien rare qu'elle soit là vers 14h un mercredi après midi. Habituellement, elle se baladait avec Reno, ou trouvait le moyen d'aller s'entraîner.

- T'es pas avec Reno ?lui demandai-je alors.

- Non, il avait un truc à faire avec Cloud et l'autre casse pied de Djidane pour je ne sais quel cours, lâcha Eli en secouant la tête. Enfin bon, tu vois le genre.

Je ne pus retenir un sourire. Elena ne parvenait pas à cacher son agacement sur le coup, et je le comprenais au vu de la violence gratuite qu'elle infligeait à ses pauvres chaussures en les retirant.

- Et Tifa alors ?m'étonnai-je.

Je n'eus pas le temps de poser la question pour Cecil qu'Elena levait les yeux au ciel.

- Elle avait une affaire à régler avec Cecil, marmonna-t-elle.

- Le partage des meubles, plaisantai-je.

- Ouais, ben en attendant, ça va encore les faire s'engueuler inutilement, nos deux grands jaloux, grogna la blonde en roulant des yeux.

J'éclatai un instant de rire, avant de ramener mes genoux contre ma poitrine. Les mains posées contre ses cuisses, Elena semblait parée pour passer l'après midi entière comme ça. Elle qui avait pour habitude de bouger, cela allait la changer. La calme Elena, plus active que moi durant ses temps libres.

La regardant depuis plusieurs minutes, je finis par me mordre la lèvre. Il y avait une question que je mourrais d'envie de lui soumettre. Quelque chose qui m'avait tourmenter, mais auquel je n'avais pas su trouver de réponses seule.

- Dis moi Elena, finis-je par me lancer. Je peux te demander quelque chose ?

- Bien sûr, souris la blonde en changeant de lit pour venir s'asseoir à côté de moi.

Ce rapprochement gonfla ma confiance. C'était une des raisons pour lesquelles il était agréable de se confier à Elena. J'adorais me confier à elle. Et malgré le fait que ce ne soit pas une chose que je fasse souvent, je n'éprouvais aucune difficultés à le faire. Elle était compréhensive et posée, et ne passais jamais outre une réponse, même si elle s'avérait blessante. Au contraire, elle savait exprimer la franchise avec une telle douceur qu'elle ne passait pas aussi mal.

- Quand je suis revenue, lundi, vous m'avez tous engueulez, ce que je comprend, avouai-je. Mais, pourquoi m'avoir presque reproché ce qu'il s'est passé, alors que vous l'avez en parti provoqué ?

Elena parut un instant soucieuse, mais finit par soupirer.

- En fait, il ne faut pas que tu vois ça comme … je ne sais pas, tenta-t-elle maladroitement. On n'a pas fait ça dans le but que ça ne marche pas. Je crois juste que tu nous a tous pris de court, et qu'on ne savait pas comment réagir sur le coup. Parce que ce n'est pas une histoire sans conséquences, et que l'on pensait avoir plus de temps pour réfléchir. On a été un peu bête de ne pas se poser les bonnes questions au bon moment. Mais rassures toi, on est extrêmement content que tu sois heureuse avec cet homme. Même si je n'hésiterai pas au même titre que les autres à lui en coller une s'il s'avérait être un enfoiré.

La dernière phrase d'Elena me gonfla le cœur. Malgré leur manœuvre parfaitement maladroite et mal calculée, je me rendais sincèrement compte de l'importance que j'avais pour eux. Aussi je ne pus retenir un rire nerveux avant de me jeter dans les bras de la blonde, qui m'accueillit en passant une main contre mon dos. Certes, je m'étais posée ces questions. Mais l'anxiété n'y était pas vraiment. Je leur faisais tellement confiance que je ne m'étais jamais inquiétée d'une telle chose. Je les savais incapables d'une seule méchanceté. Bien qu'ils ne soient pas toujours doux, ils n'étaient pas cruels.

- Voilà qui remet un peu d'ordre dans ma petite tête, rigolai-je en relâchant Elena.

- Il était temps, me charia cette dernière en se levant.

Elle partit farfouiller je ne sais quoi dans son armoire avant de se faire coller par Cerise. J'allais la rejoindre, lorsqu'un vrombissement dans la poche de mon pantalon me fit sursauter comme jamais. Saisissant mon téléphone au bout de plusieurs tentatives infructueuses, je décrochai sans même regarder le numéro.

- Salut toi !me cria une voix que je reconnus aussitôt.

Parce qu'il n'y en avait qu'une pour crier presque autant que moi. Et aussi bien.

- Coucou Vanille, soupirai-je.

- Dis, j'aimerais beaucoup qu'on passe l'après midi ensemble, attaqua-t-elle sans même me laisser en placer une. Est ce que tu es libre ?

Je secouai un instant la tête, surprise de la vivacité de sa voix.

- Euh oui, mais...

- Je suis devant le lycée, je t'attend sur le parking.

Et elle me raccrocha au nez sans même que je n'ai pu lui dire quoi que ce soit d'autre. Mon regard se posa alors sur le téléphone, puis sur ma couette, et de nouveau sur mon téléphone. Il y a certaines personnes que je ne pourrais vraiment jamais comprendre complètement. C'est dans ce genre de moment que je comprend comment je peux être. Vanille m'épate, tout simplement. Jetant un regard dépité à Elena, je sentis le sien se faire presque autoritaire lorsqu'elle me vit rechigner à sortir de mon lit. A croire que je n'avais réellement pas le choix.

ooo

Une tasse de thé entre les mains, je regardai calmement la rouquine servir la sienne avant de me rejoindre dans le canapé. C'était la première fois que je voyais l'intérieur de son appartement sans y passer en coup de vent, et je le trouvais en parfait harmonie avec la personne qui l'habitait. Chaleureux, doux, et joyeux. Des couleurs ni trop criardes, ni trop froides, des rideaux aux motifs très bien dosés, un dosage des meubles suffisant. Cela ne devait pas être atroce de vivre dans un pareil cocon.

Je sentis la mousse du canapé moelleux s'affaisser lorsque la jeune femme se laissa choir dedans. Finalement, je soufflai sur mon thé avant de tourner la tête vers elle. Souriante, comme toujours, elle me regardait avec tant de douceur que j'avais du mal à croire que j'avais en face de moi la Vanille pétillante dont j'avais l'habitude. Cependant, je ne pouvais m'empêcher de me poser mille et une questions sur la raison de son invitation si soudaine. Elle m'avait à peine laissé le temps d'enfiler une paire de chaussettes. Et cela me rendait bien plus inquiète que la question que j'avais posé à Elena à peine une heure auparavant. C'était différent. Peut être trop différent pour que je me sente sincèrement à l'aise.

- Tu dois te demander pourquoi je t'ai fait venir comme ça.

La voix de Vanille me laissa sourire. Comme toujours, elle voyait juste.

- En fait, cela concerne Vincent, m'avoua alors la rouquine, une barre soucieuse sur le front. Maintenant que vous êtes vraiment ensemble, j'estime que ce sont des choses que tu as le droit de savoir. Que tu dois savoir.

Un frisson me parcourut l'échine, alors que ma bouche se faisait de plus en plus sèche. La discussion avait à peine commencé que je n'aimais pas la tournure qu'elle prenait.

- Rassures toi, je ne couche pas avec lui, et il n'est pas adepte de pratiques douteuses, rigola Vanille en me sentant tendue.

Je ne pus m'empêcher de hausser un sourcil devant son humour particulièrement décalé. Elle espérait vraiment me rassurer comme ça ? En fait, je ne comprenais toujours pas.

- Tu es sa première véritable relation depuis...

La rouquine réfléchit un instant, avant de secouer la tête.

- Depuis de trop longues années, soupira-t-elle.

Lentement, je portai la tasse fumante à mes lèvres, avant de grimacer en me brûlant. Vanille m'imita, puis reposa son breuvage sur la table du salon. Elle se tordit les doigts, ne sachant très certainement pas par où commencer.

- Vincent ne t'a jamais tout dit à propos de...de son monde, se lança alors mon vis à vis en effectuant un grand geste avec ses bras. Par exemple, il ne m'a jamais présenté comme je suis. Il n'a présenté que la partie de moi actuelle. Pas celle d'avant.

- Comment ça ?craquai-je enfin.

Je voulais savoir. Je voulais savoir ce qu'il s'était passé dans ce fameux « avant ». Les sourcils froncés, je sentis mes ongles rentrés dans mes paumes. Mon imagination débordait d'idées de plus en plus noires. De ce que j'en savais, Vanille et lui ne se connaissaient que depuis six ans. Ils étaient amis depuis six ans. Alors, de quoi parlait-t-elle ?

- Vincent et moi nous connaissons depuis bien plus longtemps que ce qu'il prétend actuellement, murmura la jeune femme en plantant son regard émeraude dans le mien. Comme il connaissait Ashe.

Je sentis mes yeux sortir de leurs orbites.

- Nous étions tous scolarisés dans l'école que tu fréquentes, m'avoua Vanille en retrouvant son sourire.

- Mais alors, pourquoi...

- Laisse moi parler, me coupa gentiment mais franchement la rousse en levant la main. Vincent, Ashe, et moi, étions scolarisés dans cet école, pour recevoir la même formation. Nous nous sommes rencontrés à mon entrée à l'école, et ce jusqu'à ce que j'entre en 3ème année à 15 ans. Vincent entamait alors sa dernière année à 19 ans seulement, et Ashe sa cinquième année à 17 ans. Comme tu peux le voir, nous étions les plus jeunes de nos classes. En fait, je me demande encore aujourd'hui comment est ce qu'on a pu se lier d'amitié comme ça. Toujours est il que nous avons formé très rapidement une bande d'amis inséparables. Nous, et une quatrième personne. Sans doute la dernière à laquelle tu puisses penser. Il s'agissait de Hojo, votre actuel infirmier. Un fou furieux de scientifique à peine embauché comme infirmier à notre époque. Chacun avait sa place dans notre groupe assez étrange. Ashe était la mature et protectrice jeune femme, tellement mûre pour son âge. On la soupçonnait tous d'avoir grandit trop vite pour une raison dont elle n'avait jamais voulu nous parler. Vincent était le mystérieux et froid jeune homme à qui il était bien dur de tirer deux mots. Moi, j'étais la rieuse et indomptable furie, un peu comme toi aujourd'hui. Et Hojo. Et bien Hojo était devenu notre figure paternelle. Car, en vérité, aucun de nous n'en avait. Et grâce à cela, nous sommes restés soudés toutes ces année durant.

J'étais soufflée. Alors que Vanille reprenait son souffle, je ne trouvais même pas le courage de réfléchir ou méditer sur ce que je venais d'entendre. En vérité, je ne réalisais pas vraiment. Je ne voulais pas réaliser. Je voulais juste la suite.

- Nous entretenions tous de bonnes relations, malgré le fait que l'on ne parlait pas beaucoup, reprit alors la rouquine en rattrapant sa tasse de thé. Et Hojo et Vincent ne s'entendait pas très bien. Encore une fois, c'est mauvaise entente n'a jamais été expliquée. Et puis, est arrivée la dernière année de Vincent. Et notre dernière année d'entente mutuelle. Ce qu'il s'est passé a été véritablement dur. Surtout pour Vincent, je pense. C'est lui qui l'a le moins bien accepté. C'est peut être aussi pour cela qu'il a rayé ce passé de sa vie. En fait, Ashe s'est fiancée. Très jeune, comme tu peux le voir. Mais, ce n'était pas le problème. Ashe a toujours été très seule, et a dû être adulte bien vite. Orpheline, sans frère ni sœur, sans famille autre que nous. Et lui. Ce jeune homme dénommé Rasler, qu'elle nous a présenté avec un tel enthousiasme. Jamais je ne pourrais oublier son nom. Cela nous réjouissais tellement de la voir si heureuse. Leur amour était tellement sincère. Je crois qu'à cette époque, je n'avais jamais vu Vincent aussi heureux. Car, je ne te cacherais pas que lui et Ashe étaient devenus très proches. Si proches qu'on aurait pu les croire frère et sœur. C'en était fusionnel. Alors la voir comme ça le comblait de bonheur.

Un instant, je me plus à imaginer Vincent comblé d'un tel bonheur. Même par Ashe.

- Et ?osai-je, la voix légèrement rauque.

- Et, il est mort, souffla Vanille avec un soupir à fendre l'âme. Rasler est mort. Ashe connaissait enfin le bonheur, tout ce qu'elle méritait, et il a fallut qu'un enfoiré tire sur l'homme qu'elle aimait pour quelques bouts de papier dans son porte feuilles. Il est mort. Sur le coup. Jamais Ashe n'avait mérité une telle chose. C'est après ça, que tout est devenu compliqué. Parce que plus jamais elle ne nous a parlé. Elle était dévastée. Figée. Elle a alors commencé par ne plus venir en cours. Avant de totalement disparaître de nos vies. Elle ne nous a rien laissé. Elle a simplement voulu se faire oublier. Et peut être s'oublier elle même, qui sait ? Alors, avec ce drame, on a perdu un de nos piliers. Et quelques mois seulement après, c'est Vincent qui a décidé de partir. Il a juste pris le temps de finir son année. Mais pas de me dire au revoir. Aussi, je ne lui ai jamais couru après. Ni à Ashe. Je les ai laissé se faire une vie loin de tout ce qui pouvait les ramener à cette tragédie. Car si Ashe en avait besoin, Vincent aussi. Ils étaient tellement liés, que ce qui affectait l'un, affectait l'autre. Malgré tout ce que j'ai pu tenté, jamais je ne les ai rendu heureux, durant les jours suivant la mort de Rasler. Jamais plus je ne les ai vu sourire. Alors quand ils sont partis, j'ai pleuré. J'ai tellement pleuré que je me sens incapable de pleurer à nouveau. Je me suis enfin rendue compte de la cruauté du monde. Même Hojo a semblé se défaire de moi. Et j'ai passé les restant de ma scolarité seule. Vraiment seule. Sans jamais cessé de penser à eux. De me demander où ils pouvaient bien être. J'en suis même venue à me demander s'ils étaient encore en vie. Moi, je n'ai jamais quitté la ville. Malgré ce drame, je n'ai jamais pu m'y résoudre. Et puis, à la fin de mes études, je ne sais pas quel heureux hasard, j'ai eu le plaisir de reconnaître une tête connue, en visitant un appartement. Celle de Vincent. Je l'ai reconnu immédiatement. Mais lui...ne m'a même pas accordé un seul regard. Et quand j'ai emménagé, il a agit avec moi comme avec une étrangère. Il m'avait réellement rayé de sa vie. Il a fallut que je le redécouvre. Il avait tout rayé de sa vie passée. C'est pour ça qu'il n'y a aucune photos chez lui. Parce qu'il ne s'autorise pas à regarder en arrière. Il en a peur. Tout cela lui a fait trop mal. Tu comprends maintenant pourquoi il me présente comme son amie uniquement depuis six ans. Tu comprends aussi pourquoi Ashe en est tombée amoureuse. Quand elle l'a revu, il y a trois ans, quand elle est revenue à Midgard, après s'être trop tourmentée. Elle s'en raccrochée à lui comme à la seule forme d'amour qu'elle pouvait encore éprouver. Un espoir de fou. Et à cause de toi, Vincent lui fait autant de mal et ravive la douleur qu'elle a put éprouvé à la perte de son fiancé. Il joue avec sa plus grande faiblesse sans même le savoir.

Je crus tombée raide morte contre la moquette, si le regard on ne peut plus sérieux de Vanille ne m'avait pas retenu. Trop de choses de bousculaient à l'intérieur de ma pauvre tête devenue douloureuse. Certaines choses se confondaient, d'autres s'effaçaient au profit de nouvelles. Et d'autres encore ne parvenaient pas à faire leur place. Vincent, Ashe, Vanille, Hojo. Vincent, Ashe. Vanille. Tous se connaissaient. Et tous avaient finalement de ne plus se voir. De vivre dans l'oubli des autres. De se faire passer pour des étrangers. Maintenant, ils devaient se croiser sans même prendre la peine de s'ignorer. Se redécouvrir. Faire une croix sur ce qu'ils avaient pu être. Pourquoi ?

- Et bien si je m'attendais à ça, soufflai-je alors en jetant un coup d'oeil ahuri à la pauvre Vanille.

Cette dernière semblait affectée des souvenirs qu'elle avait dû raviver pour me compter tout cela. Elle en semblait violemment affectée, même. Cette histoire de fou avait dû la toucher aussi cruellement que les deux autres. En vérité, je comprenais mieux cette alchimie certaine qu'il y avait entre Vanille et Vincent, Vincent et Ashe. Cela me paraissait presque évident. Il y avait ce quelque chose dans le regard de la blonde. Et ces photos manquantes dans l'appartement de Vincent. Sans doute avait il dû les bannir après avoir retiré toutes celles de ses amis. De ses si précieux amis.

- Vincent est quelqu'un de très compliqué, lâcha Vanille en esquissant un faible sourire. Ils nous a banni de sa vie, comprends bien cela. Avant de nous ré accepter comme de nouvelles personnes. Comme si nous n'avions jamais été ses amis. Peut être que nous lui avons fait trop de mal.

Et moi, je continuais à en faire. Certaines choses restaient encore inexpliquées, pour moi, et le seraient sans doute toujours. Certains secrets devaient leur rester, à eux qui avaient choisi de s'oublier.

- Mais...qu'est ce qui vous empêche tant de redevenir comme avant ?ne pus m'empêcher de demander.

- Toi, principalement, m'avoua Vanille, désolée. Parce que tu fais barrage entre cette relation que cherche Ashe. Elle essaye de recréer ce qu'elle a connu, mais elle s'y prend mal. Ce n'est pas avec Vincent qu'elle y arrivera. Mais tant que toutes les deux, vous ne vous serez pas réconciliées, les choses ne changeront pas. Parce qu'entre toi et la Ashe qui a refait surface, Vincent a fait son choix. Malgré tout ce qu'il y a pu avoir, c'est toi qui l'emporte.

Un moment, je me sentis blessée pour Ashe. Je l'avais peut être trop prise pour une blonde jalouse et idiote.

- C'est cruel, soupira Vanille. Mais je pense que si Vincent t'as choisi toi, c'est justement parce que tu le fais rire comme Ashe pouvait le faire rire autrefois. Avant que tout arrive.