Naya: Merci, et désolée pour cet énorme drama x)
Orellia: Je te promet plein de coeur et un happy end ! Et surtout de la soupe avec toutes les intrigues, et une résolution digne des plus grandes séries policières ;)
Milou: Je ne t'en veux pas ! Pour tout avouer, je suis moi aussi débordée. Mes vacances se sont bien passées, la reprise aussi, et toi ? Sinon, je te remercie de trouver mes personnages très recherchés, cela me fait plaisir. C'est en effet quelque chose sur lequel je place un point d'honneur (histoire d'éviter les désastres comme twillight, que je n'aime pas du tout) :D.
Eclipse: Merci :). Tu verras bien bien ce qui fait que Vincent et Hojo ne s'entendent pas, mais tu es en grande partie dans le vrai !
MagicOnyx: Merci beaucoup :D
Bon, mille excuses pour ce gros retard. Mais j'ai été très prise, d'abord pas Paris Manga, et après par mon art appliqué. Je n'ai plus de week end x). Et aussi, par mon livre. Parce que oui, j'ai fini d'écrire un livre. Et celui ci a été retenu par une maison d'édition. Je suis tellement heureuse que je vous l'annonce, vous qui suivez ce que j'écris. Si jamais cela vous intéresse, je me ferais un plaisir de vous en communiquer la date de sortie et le titre !
Bisous !
Chapitre 62 :
J'étais soufflée. Je ne savais plus quoi dire, ni même penser. J'en perdais mes mots. En face de moi, Vanille semblait se mordre la lèvre. Elle n'avait sans doute pas réfléchi aux conséquences d'un tel aveux. Mais moi, je les voyais bien. Je comprenais maintenant le froid constant qu'il pouvait régner entre moi et Ashe, entre elle et Vincent. Je comprenais le chagrin constant sur son visage si jeune. Peut être trop jeune pour avoir enduré autant de chose. Et moi, moi qui lui volais tout ce qu'il lui restait. C'en était injuste.
- Vanille, je...tentai-je, la gorge nouée. Je n'ai pas le droit de lui voler sa place. Je ne peux pas ! Je dois lui rendre, et au diable ce que moi je ressens.
- Certainement pas !
La rouquine avait presque crié. Posant une main sur mon genou, elle essaya tant bien que mal d'adoucir son visage soudainement crispé. Ce que je venais de dire semblait l'avoir giflé. Pourtant, je le pensais tellement fort que cela me faisait mal. Je devais rendre sa place à cette femme.
- Vincent n'a jamais été amoureux d'Ashe, soupira enfin Vanille en détournant un regard triste. Il l'aimait tellement plus que ça. Et je ne crois pas qu'il ait pu tout balayer en si peu de temps. Mais tu ne peux pas donner ta place à cette femme. Cela ferait trop de mal à Vincent. Parce que c'est toi qu'il aime.
J'étais presque agacée par ce prénom. Vincent. Après tout, c'était lui, le fautif, dans cette histoire. Cette idée ne cessait de me revenir. Il avait abandonné cette famille qu'il s'était reconstruit. Il avait abandonné tout le monde. Il avait laissé tomber Vanille alors qu'elle tentait de lui faire surmonter le départ de Ashe. Il n'avait même pas pris la peine de la chercher elle alors qu'elle avait tout quitté par chagrin. Il n'avait rien fait pour ces deux femmes. Et maintenant, il jouait avec Ashe juste pour moi. Et elle ne méritait rien de tout cela. Absolument rien. Car si je l'avais détesté quelques semaines auparavant, ma haine avait fait place à une certaine tristesse.
- Il faut que je me réconcilie avec elle, assénai-je soudainement en me levant.
Reposant ma tasse sur la table, je manquai de la faire tomber de mes doigts tremblants.
- Yuffie !m'appela Vanille alors que je me dirigeai à grands pas vers la porte d'entrée.
Je me retournai, une main sur la poignée, la toisant d'un regard volontairement dur.
- Je ne veux pas être un problème plus longtemps, soupirai-je. Et je veux que Ashe retrouve un semblant de vie. Avec vous, les seuls qu'elle aime.
Et je claquai la porte derrière moi, ignorant les protestations de la rouquine, la devinant à deux doigts de se lancer à ma poursuite.
Je dévalai les escaliers sans me soucier de mon risque assez élevé de chute. J'aurais voulu être déjà à l'école. Je voulais recoller les morceaux. C'était injuste de les voir entre déchirés. Jamais je n'aurais pu imaginer que cette histoire était en fait portée sur une toute autre génération. Jamais je n'aurais pu soupçonner une telle chose. Et pourtant, cela me paraissait de plus en plus évident. Car, Vincent ne parlait jamais de sa famille. Vanille non plus, quand on y réfléchissait. Et Ashe...Ashe était toujours seule. Jamais on ne la croisait avec un homme, ou un parent. Elle était terriblement seule, et ce depuis bien trop longtemps. Et j'en avais mal pour elle. Je voulais l'aider. J'avais moi même du mal à y croire.
Je courais dans la rue à en perdre haleine. Et pour une fois, je savais où j'allais. Je savais quel chemin prendre. Et curieusement, j'arrivais à l'école sans encombre. Sans être tombée une seule fois. Je n'en avais pas intérêt. Dans la cours, je m'accordai un court instant de pause, me pliant en deux, les mains sur les genoux, soufflant comme jamais. Mon front me brûlait, mes poumons s'enflammaient. Pourtant, je repris ma course quelques secondes plus tard, décidée. Je savais où trouver la première personne que j'avais à voir. Car, comme tous les professeurs, Ashe était très certainement dans sa chambre, au quatrième étage de l'internat.
Je ne jetai pas un seul regard à Lulu lorsque je pénétrai dans le hall, sautant immédiatement sur les marches de l'escalier des internes, les grimpant deux à deux. Mon sang semblait prêt à faire éclater mes tempes. Mes idées se mélangeaient tellement que je ne les distinguais même plus. Je ne savais plus quoi penser, et grand bien m'en face. Je n'en avais pour l'instant pas besoin.
Lorsque je poussai enfin les portes battantes du quatrième étage, je crus que mon souffle allait s'envoler. J'avais trop couru. Je n'en pouvais plus.
- Allez Yuffie, t'es connue pour être instopable, marmonnai-je pour m'encourager.
Et je me relevai de plus belle. Haletante, je parcourus rapidement du regard les chambres, avant de tomber face à un réel problème. Je ne savais pas laquelle était celle de Ashe. Soupirant, je me dirigeai vers une porte au hasard, et décidai d'y frapper sans réfléchir. De toute façon, il allait falloir au choix, que je demande, ou que je les essaye toute.
A peine eus-je frapper que la porte s'ouvrit sur un grand homme brun, coiffé d'une queue de cheval, et souriant de manière tellement naturelle que s'en était déstabilisant.
- Bonjour, je peux faire quelque chose pour vous ?me demanda-t-il d'entrée de jeu.
Je clignai plusieurs fois des yeux avant de reprendre contenance.
- Euh, oui, en fait, je cherche la chambre de Mlle Ashe, expliquai-je en souriant comme je le pouvais.
- Juste en face, m'indiqua l'homme en désignant la porte face à la sienne.
Je reculai alors en soupirant.
- Merci, soufflai-je en me tournant vers la porte indiquée.
Et je ne pris pas la peine de le regarder fermer sa porte. Lasse, je levai le poing pour frapper sur la bonne porte, avant de l'abattre mollement. Un oui fort et féminin me parvint, gonflant un peu plus mon assurance. Au moins, j'allais pouvoir entrer sans qu'elle ne voit qui j'étais, ce qui me donnait l'avantage. Déterminée, je poussai la porte, avant de rester quelques instants dans l'entre bâillement. Assise sur son lit, me tournant le dos, ma professeur de français semblait perdue dans ses pensées. Aussi curieux que cela puisse paraître, elle ne tourna pas la tête pour voir qui souhaitait s'entretenir avec elle. Elle semblait comme égarée dans son petit monde. Je me sentais presque coupable de devoir la couper de cet instant de paix. Surtout pour raviver des choses aussi douloureuses.
- Ashe, finis-je par soupirer, les mots à moitié coincé en travers de la gorge. Retournes toi s'il te plaît.
Ma simple parole sembla l'électriser, au point qu'elle tressaillit avant de faire volte face. A peine son regard eut il croisé le mien que ses sourcils se froncèrent de manière attristée. Et ce simple visage me déchira le cœur maintenant que je savais ce qu'il signifiait. J'en aurais presque voulu à Vanille de m'avoir tout dit. Rester ignorante m'aurait au moins permis de n'avoir aucun regret.
- Que veux tu ?murmura la jeune femme en me dévisageant.
Secouant la tête, je sortis de mes pensée moroses afin de lui répondre.
- Il y a certaine chose que j'ignorai, articulai-je alors. Et qui peut être n'auraient jamais dû m'être dites.
Ashe ne pu retenir un haussement de sourcils franchement surpris. Elle se leva enfin de son lit, et vint se placer à ma hauteur, me surplombant d'une demi tête. Gonflant ma confiance fasse à son imposante prestance, je serrai les poings.
- Avant, on s'entendait plutôt bien, repris-je. Et...je crois qu'il y a certaines choses que je dois vous montrer pour que tout redevienne comme avant.
- Comme avant ?releva Ashe, soudainement blême.
Je ne pus retenir un léger sourire. J'avais bien choisi mes mots. Chez Vanille, j'avais bien compris que ce « comme avant », avait une autre signification chez Ashe. Il voulait dire tellement qu'elle se trahissait.
- Avec ou sans Vincent, assénai-je pour la convaincre.
Un instant, elle baissa les yeux, comme prête à tomber. Pour de nouveau me faire face quelques secondes plus tard. Le visage parfaitement neutre, je me décidai à me tourner vers la porte. Je n'allais pas la pousser de force à me suivre. Si elle souhaitait vraiment savoir ce que je sous entendais, elle allait me suivre. Jouer avec sa faiblesse était la meilleur chose à faire pour le moment.
Comme prévu, Ashe m'emboîta le pas sans rien alors que je quittai sa chambre. Sans un mot, la mâchoire serrée, je m'enfonçai un peu plus dans le couloir de l'internat des professeurs. Si j'avais été particulièrement gentille et compréhensive avec Ashe, il y en avait un que je n'allais certainement pas épargné. Vincent leur avait fait trop de mal pour son petit bonheur. A un moment ou à un autre, il fallait qu'il assume au moins cela.
Je me plantai devant la porte de Vincent avant de me tourner vers Ashe. Cette dernière semblait plus tendue. Peut être avait elle compris ce que j'allais faire.
- Depuis le début, j'ai agi comme l'idiote de gamine que je suis, soupirai-je, une main sur la poignée. Mais...je te demande juste de me faire confiance.
- Nous avons toutes les deux agi de la même manière, de toute façon, marmonna Ashe en croisant les bras contre sa poitrine.
Mais elle, elle avait une raison d'agir de la sorte. Bombant le torse, j'ouvris la porte de Vincent sans même prendre la peine de frapper. Comme je l'avais pensé, il était là, assis à son bureau, le nez dans ce qui devait être des copies. Il releva cependant la tête en m'entendant claquer sa porte. Tournant un visage surpris vers moi, il sembla s'adoucir un peu en me voyant. J'étais seule. Je n'avais pas fait rentré Ashe. Je voulais d'abord lui parler à lui, seul à seul. Après tout, une partie de cette histoire ne nous concernait que nous. Malgré mes sourcils durement froncés, il osa se lever et venir se planter devant moi, une ombre de sourire bien maigre sur les lèvres. Ombre que j'effaçai immédiatement en le giflant brusquement.
Un silence de mort s'installa dans la pièce. Vincent, une main sur la joue, me dévisageait du coin de l'oeil. Moi, la main encore tremblante, je bouillais de rage.
- Vanille m'a tout dit, murmurai-je enfin. Alors n'oses pas prétendre ignorer la raison de ma gifle. Je t'en collerais une autre à la moindre tentative.
Un éclair de peur traversa le regard habituellement si froid du grand brun. Et je savais parfaitement que ce n'était pas ma menace de gifle qui l'effrayait à ce point. Ce qui le faisait trembler étaient les révélations que Vanille avait pu me faire.
- Alors je veux qu'elle vienne, maintenant, repris-je. Et je veux que ce soit toi qui lui dise.
Je voulais qu'il lui demande de venir. Je voulais qu'il les réunisse. Je voulais qu'il fasse ce qu'il aurait dû faire depuis le début. A cause de lui, Vanille et Ashe vivaient dans la même ville en l'ignorant. Il aurait pu les réunir mille fois déjà. Mais il a préféré ignorer. Et oublier.
Prudemment, Vincent sortit son téléphone de sa poche sous mon regard sévère. Il n'hésita pas un seul instant à appeler Vanille. En quelques mots brefs, il lui demanda de venir jusqu'à sa chambre. Avant de raccrocher à la manière d'un robot. Sans jamais me quitter des yeux. Je n'avais jamais autant tapé du pied. Nous nous regardions en chien de faïence en attendant la jeune femme. Lentement, je finis par sortir de la chambre du brun. Retrouvant Ashe au même endroit, je lui fis signe d'entrer à son tour, lui emboîtant nerveusement le pas.
Je ne savais pas si je faisais bien de faire une telle chose. Mais j'avais l'intuition que rien n'avait changé entre eux. Ils semblaient être de ces vrais amis qui ne s'oublient jamais. Et je ne pouvais m'empêcher de toujours me redemander ce qui avait bien pu se passer dans la tête de Vincent pour qu'il en oublie cela.
Trois petits coups secs contre la porte me sortir de mes réflexions. Comme giflée, je me précipitai vers la porte pour l'ouvrir en grand. Sur le palier se tenait une Vanille assez perplexe, ses grands yeux verts rivés sur moi.
- Yuffie, qu'est ce que...
Je ne lui laissai pas le temps de terminer sa phrase que je m'écartai pour la laisser passer. Et surtout, pour la laisser voir Ashe. Ashe, debout, juste derrière moi, se pétrifiant un peu plus lorsque je dévoilais Vanille. Cette dernière laissa tomber ses mains de ses poches en voyant la jeune femme, la bouche entre ouverte. Elle tenta de bredouiller quelque chose, mais se ravisa en voyant qu'aucun son ne passait la barrière de ses lèvres.
Derrière Ashe, Vincent me lança un regard tout sauf méchant. Presque reconnaissant, ce qui me laissa sceptique. Pourtant, je ne restais que très peu de temps sur lui, car déjà, une tornade rousse me bousculait pour se frayer un chemin jusqu'au milieu de la pièce. Milieu de la pièce où Ashe se jeta avec violence dans les bras d'une Vanille sanglotante. Les deux femmes se serraient tellement fort qu'elles auraient pu se broyer. Sous la lumière synthétique de l'ampoule, je voyais les larmes abondantes de Ashe couler le long de ses joues. Je voyais le dos de Vanille trembler. Et j'en tremblais presque moi même. Elles ne semblaient faire plus qu'un. Je ne parvenais pas à détourner mon regard d'elles. Jusqu'à ce que Vincent les rejoigne sans un bruit, les saisissant à son tour entre ses bras puissants, comme deux petites filles. Et moi, je restais à les regarder. Maintenant, je comprenais ce qu'avais voulu dire Vanille, lorsqu'elle m'avait avoué que c'était plus fort que de l'amour. Je comprenais ce qu'elle voulait dire.
J'avais toujours eu l'impression d'aimer mes amis avec une force inégalable. Mais je comprenais maintenant que ce n'était rien comparé à ce que je voyais. Malgré tout ce que je pouvais dire ou faire, jamais je n'avais vu trois personnes s'aimer autant. Alors, pour une fois, je me fichais de ce qui allait s'en suivre pour moi et Vincent. Je n'y pensais pas. Parce que voir Vanille et Ashe réunie, voir Vincent les serrer contre lui comme un frère, cela n'avait pas de prix.
