MagicOnyx: Merci beaucoup :) !

Milou: Je te remercie énormément de t'inquiéter, cela me touche :). Mais ne t'en fais pas, je vais bien. Je suis juste débordée par mon boulot d'art appliqué. Je n'en peux plus, alors quand des fois, je ne fais que ça du week end, les fanfics ne suivent pas ^^'. En tout cas, cela me fait plaisir que cela te plaise malgré ces quelques retards !

Eclipse1995: Je te remercie encore :D

Et voilà, l'avant dernier chapitre de cette aventure. Oui, vous avez bien lu. Pourquoi ? Parce qu'il faut bien que tout ai une fin, et qu'après avoir réglé les intrigues, je ne vois pas l'intérêt de continuer. Je vous ai quand même tenu en haleine 63 chapitres ! Je préviens d'ailleurs que le chapitre suivant va peut être être beaucoup plus long. Un peu comme un épilogue. APrès, je vous ai promis un coin des mondanités, que je ferais, mais l'intrigue va s'arrêter là. Voili voilou !


Chapitre 63 :

Me passant une main sur le front, je redescendais tranquillement vers ma chambre, le cœur plus léger. Je n'avais pas jugé ma présence indispensable, aussi j'avais faussé compagnie aux trois personnes que j'avais réuni en si peu de temps. Je m'étais sentie plutôt de trop.

Je ne doutais pas un seul instant que Vanille savait depuis le début que Ashe était de nouveau à Midgard. Jamais elle ne m'en aurait parlé si cela n'avait pas été le cas. Pourtant, et pour une raison qui me paraissait assez floue, elle avait choisi de rester éloignée d'elle. Seule la blonde avait toujours tout ignoré de sa présence. Peut être Vanille avait elle craint ces retrouvailles. Peut être souhait-elle qu'elles viennent de quelqu'un d'autre qu'elle. Sur ce point, je la comprenais. Elle avait peut être voulu que Vincent les amène à se revoir, comme il les avait amené à se séparer. C'était un raisonnement qui se tenait.

Et moi, entre tout ça. Moi, je ne me sentais pas particulièrement abattue. Après tout, tout n'était pas si mal. Cela allait même plutôt bien. L'homme que j'aimais avait des défauts surmontables, la femme que je croyais être la plus détestable de cette école n'était finalement pas moins gentille que Vanille. Et cette dernière avait comme retrouvé la prunelle de ses yeux. Alors, je me sentais simplement ailleurs. Je me sentais flottée au milieu des problèmes maintenant résolus. Problèmes pour lesquels je m'étais tant battus, et qui, finalement, n'avaient jamais réellement été les miens. Cela remontait à trop loin pour qu'ils le soient.

Poussant la porte à double battant de mon étage, je lâchai un soupir. Je me sentais bien fatiguée, tout d'un coup. Comme trop étirée.

- Bonjour Yuffie.

Je manquai de crier en faisant volte face. Une main crispée contre la poitrine, le teint soudain blême, je regardais comme s'il était une créature de l'ombre, notre infirmier, parfaitement calme. Son carnet à la main, il me dévisageait en haussant les sourcils.

- Bonjour, finis-je par souffler en retrouvant la parole. Vous tombez bien.

Il était le dernier élément de la chaîne que j'avais ressoudé. Pendant un instant, je l'avais oublié. J'avais été tellement heureuse de voir Vincent avec les deux filles, que j'avais oublié sa paire de lunette. Mais, lui aussi faisait parti de cette bande disloquée. Même si, pour des raisons que j'ignorais, il semblait plus éloigné d'eux.

- Ne t'en fais pas, j'irais les voir après, me répondit-il en souriant de manière presque inquiétante.

Sa réponse ne fit qu'un tour dans le fond de mon crâne. Je me figeais l'instant d'après. Je savais parfaitement de qui il parlait. Il parlait d'eux. Mais comment diable était il au courant, je ne le savais pas. Cela m'effrayait d'autant plus. Cet homme semblait toujours tout savoir de ce qu'il se passait ici.

- Mais comment...

- Ma chère Yuffie, sache que je suis un peu les yeux et les oreilles de cette école, me coupa-t-il en s'asseyant sur une marche de l'escalier.

Cela ne me rassura pas. Pourtant, je choisis de fermer les portes de mon étage afin de me laisser tomber à ses côtés.

- Je peux vous poser une ou deux questions ?lui demandai-je alors.

Il fit un geste large de la main pour m'inviter à poursuivre. Gonflant la poitrine, je me jetai à l'eau.

- Pourquoi Vincent et vous êtes si distants ?

Hojo me regarda presque tristement, avant de remonter les manches de sa blouse.

- Saches une chose, soupira-t-il en réajustant ses lunettes. Ils sont tous les trois privés d'un parent, des deux pour Ashe. Aucun d'eux n'a de père. Et je leur ai en quelque sorte servi d'image paternelle dès qu'ils sont arrivés là. Je crois d'ailleurs que je les considérerais toujours comme mes propres enfants. Pour ce qui est de Vincent, je l'ai connu un peu avant. Et s'il m'en veut, c'est tout simplement parce qu'il me tient responsable de la mort de mon épouse, qu'il voyait comme une seconde mère. Enfant, il n'a jamais pu accepter une telle chose, et comme il est resté bien buté, il la refuse toujours.

Vincent avait connu Hojo. Il avait connu sa famille, et l'avait vu mourir. Vincent semblait en vouloir à tellement de gens que j'avais du mal à suivre. Comme si toutes les personnes l'entourant étaient responsables de sa solitude actuelle. Comme si je n'étais là que pour recoller les morceaux de cette étrange famille rafistolée.

- Je vois, articulai-je.

Je laissai retomber mes mains sur mes genoux. C'était une histoire de fou dans laquelle je m'étais laissée entraîné. Mais après tout, peut être que cela irait mieux entre Vincent et Hojo, maintenant. Beaucoup de chose semblaient changer.

- Je crois qu'il faut que j'arrête de me mêler des affaires des autres, des choses qui ne me regardent pas, marmonnai-je en souriant nerveusement.

- Yuffie, je vais te dire une chose, répliqua l'infirmier en se tournant vers moi.

La lueur carnassière dans le fond de ses yeux me fit pâlir. Cet homme était réellement effrayant, quoi qu'il puisse faire.

- Si Vanille t'en as autant parlé, c'est justement pour que cela finisse par te regarder, m'expliqua-t-il en se levant.

Je haussai un sourcil. Il était également au courant de ça. Il était vraiment au courant de tout. S'il connaissait la couleur de mes sous vêtements, ou ce que je chantais si mal sous la douche, j'allais me pendre.

- Je te l'ai dit Yuffie, rien entre les murs de cette ville ne m'échappe.

Et il me planta là, gagnant en quelques pas l'escalier vers les étages supérieurs de l'internat. Sincèrement, je ne savais plus ou donner de la tête. J'allais tomber dingue.

ooo

- Ah ben te voilà enfin, toi !

Les poings sur les hanches, assise sur son lit, Tifa fronçait les sourcils. Fermant la porte derrière moi, je me laissai tomber sur mon lit sans rien répondre. J'étais épuisée, en vérité. Ce mercredi m'avait éreinté. Peut être même que je n'allais pas descendre manger. Je n'en avais aucune envie. Roulant sur le côté, je manquai de tomber sur le tapis.

Au milieu de la pièce, Reno et Elena me regardaient curieusement. Cecil et Cloud se chamaillaient gentiment, alors que Djidane jouait avec Cerise dans un coin de la pièce. Il devait être bien tard pour qu'ils soient tous réunis. Jetant un coup d'oeil à la fenêtre, je fus surprise de voir le soleil si bas derrière les nuages. Repliant mes genoux contre ma poitrine, j'enfonçai ma tête dans mon oreiller.

- Bon, alors, t'étais où ?

Je serrai les poings, partagée entre l'envie de rire et de balancer pour coussin à la figure du rouquin. Il était décidément impossible d'avoir un minimum de calme dans cette chambre. Relevant bien malgré moi les yeux, je tombai face à six paires d'yeux inquisitrices et moyennement rassurantes. Je n'allais pas couper aux explications. Rapidement, je dévisageai Djidane. Lui n'était pas censé être ici. Il n'était au courant de rien, et ce que j'allais raconter lui semblerait bizarre. Me mordillant la lèvre, je ne parvenais pas à réfléchir pleinement.

- Oh et puis zut tiens !grognai-je.

Le petit blond allait s'en remettre. Lentement, je racontais tout ce que j'avais appris de Vanille à mes amis. Jamais je ne les avais vu aussi attentifs. Puis, ce que j'avais appris par moi même. Je vis Djidane entre ouvrir la bouche plusieurs fois, avant de la refermer, certainement sous le choc. Je ne leur épargnais rien, leur narrant tout ce que j'avais pu faire pour la génération du dessus. Jusqu'à ce qu'Hojo m'avait appris quelques minutes plus tôt. Lorsque j'eus fini, la pression qui semblait reposer sur mes épaules s'évapora, alors que mes compagnons de toujours se dévisageaient entre eux.

- Je crois que demain, je vais pas travailler, je vais prendre ma journée, plaisantai-je alors, comme pour les ramener sur terre.

Tifa hocha la tête avant de me rejoindre sur mon lit.

- Je crois qu'aucun de nous n'aurait été capable de faire tout ce que tu as fait, m'assura-t-elle en me claquant une bise sur chaque joue.

En même temps, j'étais la seule à m'envoyer en l'air avec mon prof de maths.

- Tu m'épates.

Ce fut la seule chose que pu dire Djidane, toujours cloué au tapis, les bras croisés contre son torse. Chose à laquelle je répondis par un sourire. Je ne pouvais pas vraiment répondre autre chose, de toute façon.

- C'est une histoire finie, et on ne va pas s'en plaindre, je crois, conclut Cecil en me souriant plus que d'ordinaire.

Je pouvais donner raison au quatrième année. Cela n'allait pas me manquer de courir dans cet établissement à la recherche de telle ou telle personne pas assez grande pour régler ses histoires toute seule.

- La vie risque d'être super plan plan maintenant !s'exclama Reno en m'attrapant pour me serrer contre lui.

- Plan plan ?s'étonna Elena. Parce que travailler, s'envoyer en l'air contre un bureau, ou se faire malmener par son entourage, t'appelle ça être plan plan ?

Ces vérités si peu élégantes sorties de la bouche de la si gentille Elena sonnaient presque faux. Hélas pour moi, elles ne l'étaient pas. Mon dos n'avait pas fini de souffrir, mes méninges et mon bulletin non plus. Surtout qu'en plus de me faire sauvagement attaquer par eux, je me faisais terrasser par une rousse sauvage. Vanille me menait autant la vie dure qu'eux six. Et au fond, je n'allais pas m'en plaindre.

- Et maintenant, qu'est ce qu'on va faire ?demanda cependant Cloud.

Je ne pus me retenir de lui envoyer un regard plein de tendresse.

- Maintenant ?répétai-je. Et bien, on va vivre au rythme de cet endroit, comme n'importe quels autres étudiants !

Mes amis me dévisagèrent tous d'un œil ébahit durant un court instant. Il était un peu difficile de reconnaître que nous allions sans aucun doute vivre de manière posée dès à présent. Mais c'était bien le cas. Jamais nous n'avions connu un seul instant de tranquillité cette année. Alors maintenant que tout semblait dissiper, c'était un peu comme si nous n'avions plus qu'à ranger nos parapluies. Il n'y aurait plus rien de tout cela. Mais je ne pouvais que me répéter pour la énième fois que cela n'était que mieux. Et puis, que pourrait il bien nous arriver de pire ? Jyhl n'était plus autant peste que les deux années précédentes. Elle semblait avoir mûri, comme un peu tout le monde ici. Seifer se faisait aussi petit que n'importe qui. Il n'y avait aucun examens en approche, l'année coulait en beauté, sans problème majeur du côté des résultats. La famille, l'environnement, les profs, tout allait bien. Rien n'allait plus se produire. J'en avais l'intuition. Et malgré mon karma, celle ci promettait d'être juste.

Un coup puissant contre notre porte de chambre me fit lever les yeux. Regardant d'abord mes amis, je finis par me lever pour aller ouvrir. Un mercredi soir, c'était plutôt étonnant d'avoir de la visite. A peine eus-je tourner la poignée et entre ouvert que je me figeai sur place. Devant moi, rayonnante, Ashe souriait d'une manière tellement sincère que j'en fus réellement surprise.

- Vous n'êtes pas encore descendus manger, je me trompe ?me demanda-t-elle, radieuse.

Je ne m'expliquais pas cette étrange sensation de chaleur au fond de ma poitrine. Je trouvais cela terriblement agréable de la voir me sourire comme cela. Je me rendais peut être compte de l'affection assez prodigieuse que je portais à cette femme que je connaissais si peu à travers tout ce que nous avions vécu.

- Euh...non, en effet...

Je ne finis pas ma phrase en apercevant l'ombre d'un cheveux roux pointer derrière la jeune femme blonde. Vanille me fit un large geste de la main, alors que déjà, mon regard se fixait sur les grands yeux carmins qui me jaugeaient derrière elle. Mon visage se fendit d'un sourire si peu contrôlé que je dus me retenir pour ne pas rire. Bousculant légèrement Ashe, je me ruai sur Vincent. Avant de l'encercler de mes petits bras, laissant les siens grands ouvertes m'envelopper. Derrière lui, l'infirmier dérangé de notre lycée m'adressa un clin d'oeil qui eut raison de mes dernières miettes de raisons, et j'éclatai de rire sous l'oeil amusé de toute l'assemblée.

- On va manger ?relança alors Vanille, visiblement affamée.

Cette dernière semblait se foutre éperdument du règlement qui interdisait à toute personne extérieur à l'établissement d'y manger sans autorisation spéciale. Et ça lui ressemblait tellement que ce n'était même pas dérangeant.

- Avec grand plaisir !répondit Reno en se levant, entraînant Elena à sa suite.

Ashe lâcha un rire presque soulagé et sortit dans le couloir. Cécil, Tifa et Cloud se regardèrent un instant, les sourcils arqués, avant de finalement nous emboîter le pas. Seul Djidane sembla rester à l'écart, les mains jointes, la tête baissé.

- Toi, tu viens aussi, lui dit gentiment Vanille en gloussant.

- Mais...mais madame, je ne vous connais pas !s'exclama le petit blond en se débattant alors que la rouquine le poussait à l'extérieur.

J'en ris plus encore. Me laissant entraîner vers le réfectoire par notre atypique, il fallait le souligner, troupe, je ne pus que sourire de toutes mes dents en entendant Djidane se faire malmener par une Vanille dopée à je ne sais quelle substance peu recommandable. Le pauvre soulignait qu'il ne fallait jamais se laisser entraîner par des inconnus. Lui qui n'avait que souhaiter se joindre un peu à nous, il s'était laissé prendre au piège. S'il avait su ce qui l'attendait, peut être aurait il renoncé ? Après tout, personne ne choisissait de son plein gré d'être entraîné dans une pareille pagaille. Mais, étrangement, une fois dedans, personne ne souhaitait plus en ressortir.