Eclipse1995: Désolée ! Mais il faut une fin à tout ! Merci encore :)

Orellia: Merci beaucoup ! Cela me fait très plaisir que les baffes te plaisent x)

MagicOnyx: Joyeux anniversaire ! Et oui, c'est la fin ...

Bon, the end. Je remercie sincèrement tous ceux qui m'ont suivi jusque là, et espère les retrouver ailleurs peut être. La fin de l'intrigue principale...Mais pas de la fic ! Comme promis, j'ouvre le coin des mondanités, avec une vision globale des choses de la part de chaque personnage. Voilà. J'ai été très heureuse de vous faire partager ça ! Mille poutous, bisous !

Chapitre 64 :

- Yuffie, Cecil est arrivé !

Je ne pus retenir un glapissement excité en courant me coller contre la fenêtre de notre appartement. Dehors, le soleil luisait sur les feuilles rayonnantes de vert et de brun, cuisant les joues des passants et les carrosseries des voitures. Celles de Vincent et Vanille attendaient déjà patiemment, pleines à craquer de bagages pour les vacances. Vacances d'été arrivées avec une telle rapidité que je n'avais pas vu la fin de ma troisième année passer.

Me ruant vers la porte d'entrée de l'appartement de Vincent, je vis se tourner les têtes de Ashe et Vanille alors que je déboulai dans le salon comme une furie. La rouquine lâcha un gloussement, alors que Ashe se contenta de sourire tout simplement. Depuis la salon, j'entendais l'eau coulée dans la salle de bain sur une Tifa affolée par son retard, les grognements de Cloud pour tenter de la calmer. Sur le palier et dans l'appartement que Vanille partageait maintenant avec Ashe, Reno et Elena s'affairaient à descendre les derniers bagages. Et Hojo, Hojo notre infirmier, assis sur une chaise de la cuisine, regardait tout ce petit se bouger dans l'affolement général de ce départ en vacance, un verre d'eau dans la main, se tournant les pousses.

Je poussai la porte avec tellement de force que je crus la décrocher. La rattrapant avant qu'elle ne cogne le mur, j'eus à peine le temps de tourner la tête que Cecil gravissait la dernière série de marche qui le séparaient encore de nous. Sautillant sur place, je lui fis un énorme sourire lorsqu'il parvint à ma hauteur, avant de lui bondir dessus sans autre forme de procès. Manquant de nous faire tous les deux tomber, je m'écartai de l'escalier avant de resserrer ma pris autour de la taille du jeune homme. M'écrasant la joue contre son épaule, je grognai quelques saluts inintelligible.

- Oui, Yuffie, toi aussi tu m'as manqué, plaisanta Cecil en me décollant de lui.

- Allez, viens !criai-je en l'entraînant dans l'appartement.

Puis, me retournant, je fronçai les sourcils.

- T'as perdu le nain en route ou quoi ?m'exclamai-je.

- Non non, il arrive !grogna une voix depuis l'escalier.

Je secouai la tête, avant de voir apparaître celle blonde du dernier manquant. Djidane. Le pauvre n'avait pas grandit durant ces derniers mois. Toujours aussi petit, aussi excité, aussi souriant, aussi pénible. Une moue boudeuse sur le visage, il s'approcha de moi, avant d'écarter les bras et de presque m'étouffer dedans. Maintenant, je pouvais admettre que ce bougre m'avait manqué. Lui qui s'était retrouvé impliqué sans vraiment le vouloir, il me manquait quand il n'était pas là, à fourrer son nez dans tout ce qui ne le regardait pas. Un peu comme moi, en fait.

- Alors, paré ?lui demandai-je en m'écartant.

Djidane me tendit son pouce levé, avant de me bousculer pour rentrer dans l'appart. Je lui emboîtai le pas, émerveillée de voir toute notre bande enfin au complet. Au complet pour les vacances. Notre bande. Soupirant, je lâchai un rire. Une bande de fous. J'avais encore du mal à comprendre comme nous avions pu en arriver là, je devais bien l'avouer. Il avait suffit d'une seule soirée à dîner tous ensemble, après que chacun ce soit retrouvé, pour que nous répétions l'opération toutes les semaines. Il n'avait suffit que de quelques débats endiablés, pour que nous soyons tous plus soudés que jamais. Peut être qu'au début, j'en avais beaucoup voulu à Vincent de ce qu'il avait infligé à Ashe et Vanille. Je lui en avais encore plus tenu rigueur lorsque j'avais vu les deux filles ne plus se quitter, de peur que l'autre s'envole. Pendant plusieurs jours, je l'avais évité. Et puis, quand j'avais vu la tournure que prenaient les choses, je m'étais en quelque sorte dit pourquoi pas. Quand j'avais vu Vanille se pointer de plus en plus souvent à l'école, soit pour cajoler Djidane qui en râlait systématiquement, soit pour bavasser joyeusement avec Elena et Reno, quand j'avais vu Ashe rigoler de tout et de rien avec Cecil, et discuter de sujets et d'autres avec Cloud et Tifa, quand j'avais vu Hojo arpenter les couloirs, toujours égal à lui même, j'avais cessé de lui en vouloir. Car j'avais réalisé que sans lui, tout cela n'aurait sans aucun doute pas été possible. Un mal pour un bien, dira-t-on. Alors, accoudée à la porte, je regardais tout mon petit monde rire de bon cœur. Je regardais Djidane fuir la Vanille enragée qui avait bondi du canapé pour lui courir après, Ashe se foutre tout simplement du petit blond, et Cecil s'installer à côté d'elle.

En ce beau matin de mi juillet, nous avions choisi de tous nous réunir pour profiter de ces longues vacances. Tous ensemble. On aurait pu penser que dans un si grand groupe, la destination aurait été compliqué à choisir. Mais à nous, elle nous est apparue comme évidente. Nous avions tous répondu d'un seul chef. Costa Del Sol. Après tout, je m'étais promis d'y retourner. Nous logions dans le même hôtel que la dernière fois, devant les mêmes plages, les mêmes cafés. Que du bonheur.

- Toujours aussi petit, ce placard à balais, s'exclama Djidane en jetant un rapide coup d'oeil autour de lui.

Il avait fini par accepter Vanille, qui s'accrochait comme une idiote à ses épaules, papillonnant des cils. Le petit blond avait pris pour habitude de surnommer affectueusement le petit appartement de Vincent le placard à balais. Ou Pab pour les intimes.

- Si t'es pas content, le nain, tu prends la porte, grognai-je en me dirigeant vers la salle de bain.

Djidane me tira la langue, boudeur. Il détestait que je le surnomme le nain. Et moi, naturellement, j'en profitais.

Toquant à la porte de la salle de bain, il fallut que j'attende bien dix minutes avant que Tifa n'en sorte. Je ne savais pas pourquoi, mais cela ne m'étonnait pas. Tifa était toujours en retard pour ce qui était des grands départs. Une douche de dernière minute, un sac à re vider ou vérifier. Bref, une excuse bidon pour nous retarder. Et ce, pour je ne sais quelle raison. Derrière elle, Cloud m'adressa un petit sourire désolé qui en disait long. Visiblement, ses interventions n'avaient pas fait grand chose cette fois ci.

- On va partir, faudrait descendre, soupirai-je à la grande brune, qui se recoiffait nerveusement.

Normalement, cela était à moi d'être nerveuse. Après tout, nous allions reprendre le bateau. Et personne ici n'ignorait mon aversion totale pour ces engins du diable. Pourtant, j'étais surexcitée.

ooo

Le voyage jusqu'au port se fit sans trop d'encombre. Enfin, pour moi, pas pour les pauvres oreilles du conducteur. J'étais à côté de Vincent, dans sa voiture, sans cesse retournée pour bavasser avec Ashe et Cecil, à l'arrière, ou à gérer les blagues douteuses de Reno envers le conducteur du véhicule. Quant à Vanille, elle avait naturellement hérité de Djidane, qu'elle avait presque attaché de force sur le siège passager. J'imaginais bien les gémissements qu'elle avait dû subir durant tout le trajet, sans compter les engueulades répétées de Cloud et Tifa sur divers sujets inintéressants. Et afin de ne pas le laisser seul, Elena s'était dévouée pour monter avec Hojo. Sa bonté la perdrait, paix à son âme. Je devais avouer ne pas avoir été très rassurée durant le trajet pour la blonde. Qui pourtant, sortit tout sourire de la voiture de notre taré d'infirmier, au moment d'embarqué dans le bateau.

Partant pour dix jours, il nous avait fallut trimbaler toutes nos bagages, à savoir l'équivalent d'une montagne en plus gros, sur deux étages. Depuis le parking souterrain prévu pour les voyageurs. Sur tout le trajet, je n'avais cessé de râler, à un tel point que Vincent avait voulu m'achever à coup de sac. Chose qu'il ne fit bien évidemment pas. Il laissait cet honneur au bateau. Idée peu réjouissante.

Nous nous installâmes donc sur le pont, les autres réjouis par le si beau temps, moi déjà pelotonnée dans un coin, contre une rambarde. De là où j'étais, je les voyais tous. Mon regard s'accrocha à Vanille. Un foulard sur les cheveux et de grosses lunettes de soleils sur le nez, elle ressemblait à une star de vieux films. Je ne pus m'empêcher de plaindre sincèrement ses jambes bien blanches, qui après quelques heures au soleil, risquaient de ne plus être aussi sublimes.

- Alors, heureuse d'y retourner ?

Je sursautai en voyant Cloud se laisser tomber à côté de moi.

- Tellement heureuse, murmurai-je en sentant le bateau démarrer.

Le blond passa un bras autour de mes épaules, et tenta de me maintenir à peu près droite pour que je ne souffre pas trop. Je lui en étais très reconnaissante, bien que les secousses des vagues ne tardent pas à transformer mon estomac en véritable yoyo. Pourtant, je luttais pour garder le sourire. Comme je l'avais dit, j'étais heureuse. En fait, la dernière fois que je l'avais été autant remontait sans aucun doute au premier repas que nous avions partagé tous ensemble. A la tête qu'avait fait le cuisiner de l'école en nous voyant tous débarquer de si bonne humeur, élève, prof, et clandestine. Et là, je me sentais de nouveau gonflée par le bonheur, autant que ma peau était chauffée par le soleil.

- Je me demande comment va faire Hojo pour les coups de soleil, éluda Cloud alors que le bateau naviguait sur la pleine mer. Il est presque transparent !

Je retins un rire qui m'aurait sans aucun doute tordu les entrailles. Il fallait avouer que ce taré n'était pas gâté par la nature pour les jours de grandes chaleurs. Il allait sans aucun doute virer écrevisse dès la première journée. Quoi que, Vincent avait beau être terriblement blanc, il n'avait pas pris une seule couleur, la dernière fois. A croire que c'était une question de chance. Comme d'habitude, Tifa et Ashe allait me faire baver de jalousie en bronzant comme des gravures de mode. Si Vanille en ressortait joliment basanée aussi, je me jetais à l'eau. Ce n'était clairement pas juste.

- Hey vous deux !

Quand on parle du loup. La rouquine m'adressa un sourire radieux et se laissa tomber à ma droite.

- T'aime pas vraiment les bateaux, je me trompe ?lâcha-t-elle en me voyant pliée en deux.

- Ça se voit tant que ça, grognai-je en tentant de respirer.

La jolie rousse prit un air désolé, et me frotta le dos. J'étais blanche à faire pâlir la mort elle même, alors vraiment, il fallait être idiot pour ne pas se rendre compte que je n'allais pas bien. Pas bien du tout. D'ailleurs, les autres passagers semblaient me fuir comme la peste. Enfin, j'étais habituée.

- J'ai une idée !s'exclama soudainement Vanille en cessant toute activité.

Tous aux abris.

Elle héla rapidement les membres de notre troupe, dans l'espoir que quelques uns daignent venir, puis commença à fouiller dans son sac à main. Vinrent s'asseoir avec nous Reno, Vincent, et Tifa. Cecil semblait jouer les abonnés absents, sans doute parti en quête d'aventure dans ce sombre bateau, Ashe trop occupée à regarder l'horizon, et Elena et Hojo à parler d'un sujet tellement passionnant que l'infirmier se permettait de l'illustrer de grands gestes. A croire que ces deux là n'allaient plus se quitter.

- Je l'ai !soupira Vanille en tirant de son sac un jeu de cartes.

Haussant un sourcil, je lui lançai un regard interrogateur, alors que Vincent secouai la tête, désespéré.

- Une belote ?demanda la rouquine en souriant de toutes ses dents.

Un sourire me fendit le visage. Vanille avait toujours plus d'une idée dans sa poche pour occuper la galerie.

ooo

Nous débarquâmes à Costa Del Sol en fin d'après midi, et à peine avions nous gagné l'hôtel que la guerre fut déclaré pour les chambres. Chambres de quatre. Et personne ne parvenait à tomber d'accord sur qui allait dormir avec qui. Vanille se collait à Djidane en riant, ce dernier la fuyait comme la peste en hurlant qu'il préférait encore dormir sur la plage. Tifa et Cloud se tenaient la main, comme si cela allait changer quelque chose, Elena tentait de faire valoir ses droits, comme si cela allait changer quelque chose. Finalement, nous décidâmes de tirer au sort notre répartition. Moi, Vanille, Ashe et Djidane dans la première chambre. Je fus un peu déçue de ne pas être avec Vincent, mais voir la rouquine harceler le petit blond du matin au soir n'avait pas de prix. Vincent fut contraint de partager ses quartiers avec Tifa, Cloud, et Cecil. Et dieu, que je le plaignais. Ces trois là allaient s'entre tuer avant la fin du séjour. Leur survie ne reposait que sur les épaules de mon pauvre compagnon, qui s'affaissaient déjà sous le poids de ses nouvelles responsabilités. Elena, quant à elle, sautilla de joie en se voyant attribuer la dernière chambre avec son taré de super ami, et son rouquin de super copain. Il y en avait au moins une d'heureuse.

Nous nous rendîmes rapidement compte que de telles dispositions étaient affreusement inutiles lorsque, à peine nos bagages posées dans nos chambres respectives, nous nous retrouvâmes tous dans la même chambre. Cela me rappelait un peu le Pab. Surtout quand Vanille déclara une guerre ouverte en balançant le premier coussin. Cette fille n'avait pas de bon sens. Et elle faisait parti des adultes. Adultes qui ne se gênèrent d'ailleurs pas pour nous taper dessus alors que nous tentions vainement de nous défendre. Je parvins à mettre Reno au tapis, avant qu'Ashe ne me prenne en chasse. Si notre prof de combat avait pu nous voir. J'étais persuadée de lui faire honte.

Cette soirée mouvementée s'acheva tard dans la nuit, sans que personne ne regagne ses quartiers. Je m'étais endormie entre Vincent et Cecil, sur le tapis, un coussin serré entre les bras. Sécurité oblige. Cloud et Tifa avait fini par virer Ashe du lit qu'elle occupait pour s'y installer. La blonde s'était retrouvée à dormir avec Reno et Elena. Djidane avait servi de peluche humaine à Vanille, toute la nuit durant. Et Hojo avait dormi seul sur un lit. Après tout, il était le doyen, cela lui accordait quelques privilèges. Et puis, sans rire, fallait pas pousser non plus. Je préférais de loin dormir par terre qu'avec ce fou.

Le lendemain matin, le réveil fut donc ponctué de plaintes multiples quant à l'encombrement de la chambre, ou encore de ronflements des quelques dormeurs retardataires, qui ne tardèrent pas à hurler en prenant un verre d'eau sur la figure. Naturellement, Vincent avait été le premier réveillé, il m'avait donc été impossible de le réveiller. En revanche, flanquer de la flotte sur les boucles de Vanille fut un divertissement fort agréable avant d'enfiler mon maillot de bain. Maillot que je n'avais pas jugé bon de changer depuis la dernière fois. Tifa en a d'ailleurs profité pour se foutre de moi en disant que je n'avais pas pris un gramme de poitrine, le tout en se pavanant à demi nue dans la salle de bain, son corps de mannequin exposé au grand. Et le pire fut quand Ashe décida de nous rejoindre pour se changer, et par extension, de m'en mettre elle aussi plein la vue. Que ces femmes trop belles aillent au diable.

Et maintenant, ma jalousie mise de côté durant quelques heures, je regardais la mer s'enrouler lentement sur le sable, ramassant nageurs et galets, léchant les digues avec douceur. Allongée sur ma serviette, les mains sous le menton, je souriais comme une bienheureuse. A ma droite, Reno rigolait à gorge déployée, alors qu'Elena s'acharnait à lui étaler un pâté de crème solaire sur le dos. Tifa bronzait, sa peau divine brunissant à vu d'oeil. Ashe lisait un magazine, un véritable rituel chez elle, le tout en remontant de temps à autres sa superbe paire de lunettes de soleil sur l'arrête de son nez. Vincent, assis à côté de moi, ne prenait pas la moindre couleur. Il regardait simplement la plage sans rien dire, respirant visiblement l'air libre de la mer. Vanille gloussait, alors que Djidane expérimentait l'architecture sur sable en tirant inconsciemment la langue au fur et à mesure que sa création prenait forme. Cloud et Cecil se chamaillaient pour une raison encore inconnue, sans que Tifa ne s'en préoccupe. En vérité, Tifa avait cessé de s'y intéresser depuis quelques mois déjà, puisque rien ne semblait pouvoir les calmer. Et le dernier n'est pas le moindre, Hojo, allongé comme un crêpe sur une serviette hideuse.

Relevant légèrement la tête, je grimaçai en sentant le soleil me cuir le dos.

- Djidane !criai-je alors.

Le petit blond releva immédiatement la tête vers moi.

- Dis au néo gothique de m'envoyer sa super crème solaire !réclamai-je en tripotant l'élastique de mes lunettes de piscine.

Djidane me tendit un pousse levé, avant de marmonner quelques mots au dit néo gothique. A savoir, Hojo. Il avait la peau aussi blanche que la mienne, alors tous deux bénéficions d'un régime spécial pour la crème solaire. La plus forte du marché, en somme. Protection soit disant garantie. J'allais bientôt voir ça.

Finalement, je me ramassai un tube de crème sur le nez, avant de grogner. Il aurait au moins pu faire preuve de délicatesse. Enfin bon, Hojo et la délicatesse. Je partais du principe que c'était un peu comme le reste chez lui, légèrement absent. Vincent m'étala la substance anti rougeur alors que je ruminai entre mes dents après notre taré d'infirmier. Cet homme était complètement jeté.

En fin d'après midi, alors que je m'endormais peu à peu sur ma serviette, les autres barbotant joyeusement, je vis Djidane revenir vers moi. Il était visiblement parti en ville sans que je ne m'en rende compte. Pour finalement poser devant moi une baguette de pain. Entière.

- Tu m'expliques ?éludai-je en haussant les sourcils.

- C'est un spécial Djidane, me répondit le petit blond en m'adressant un clin d'oeil.

Curieuse, je découpai un morceau de la baguette, avant de le croquer. Il était presque trop chaud, et rempli de chocolat parfaitement fondu.

- Ou est ce que t'as dégoté un truc pareil, toi ?m'exclamai-je alors en écarquillant les yeux.

- Il m'a juste suffit de réclamer une baguette qui sortait juste du four et de la bourrer d'une tablette de chocolat fraîchement achetée !m'expliqua le petit blond en souriant de toutes ses dents.

Le concept était très simple, et le résultat bien convaincant. Tellement convaincant que j'en avalai un deuxième morceau, ce qui fit rire mon ami qui se servit à son tour. Nous raflâmes la moitié de la baguette en à peine cinq minutes.

- Je crois qu'on va la finir, lançai-je alors en regardant les autres d'un air désolé.

Ils se baignaient toujours avec autant d'entrain, sans prêter un seul instant attention à ce que nous pouvions faire.

- Tant pis pour eux, ils avaient qu'à être là, rigola Djidane en coupant le morceau restant en deux.

J'ouvris de grands yeux avant de dévisager le petit blond. Pour finalement éclater de rire. Après tout, il avait raison. Les absents ont toujours tort.

ooo

Les jours suivants se passèrent comme le premier. Parfois, je me baignais avec tout le monde. Souvent, on se noyait de sang froid. Et puis, je finissais par me poser sur ma serviette, épuisée par mon arbitrage des bagarres de Cecil et Cloud. Et là, Djidane venait me rejoindre pour dévorer sa baguette fourrée au chocolat fondu. Aucun de nos camarades ne semblaient avoir remarqué notre petit manège. A part peut être Hojo. Assurément même. Il savait toujours tout. Mais il ne s'en formalisait pas du tout, et s'amusait presque. C'était fou de le voir comme ça. En revanche, sa crème solaire n'avait pas été terriblement efficace. Enfin, on ne pouvait pas tout avoir.

En ce cinquième jour, j'avais décidé de retourner au café que j'avais tant fréquenté lors du voyage scolaire. Et le serveur que j'avais tellement intéressé était lui aussi présent. Toujours aussi impeccable, son plateau dans les mains, il a écarquillé les yeux en me voyant juste passer devant l'établissement. Visiblement, il ne m'avait pas oublié. Le seul bémol était certainement que je n'étais pas venue seule. En effet, après en avoir longuement parlé, Vanille avait lancé une idée des plus amusante, et méchante. En effet, elle avait lancé le concours du plus grand nombre de râteaux pris en quelques jours. Notre but était donc de toutes passer devant le pauvre Bartz. Il n'allait pas être difficile de le faire flancher, surtout qu'après cinq jours de bronzage intensif, Ashe et Tifa étaient plus que sublimes.

La première à s'installer seule à une table fut Elena. Flottante dans sa robe légère, les mains jointes comme une idiote, elle souriait en le regardant à la dérobée. Parfaite dans son rôle, elle l'attira en moins de cinq minutes à sa table. Il y passa un certain temps, la regardant avec tellement d'envie que nous dûment retenir Reno pour qu'il ne lui casse pas la gueule. Planqués dans la rue à côté du café, nous ne perdions pas une miette de la scène. Finalement, alors que notre pauvre victime se mordait la lèvre, les jours rougies, le rouquin est simplement sorti de la planque pour rejoindre la blonde et l'embrasser tendrement. Sous les yeux médusés du serveur. Cela fut à mourir de rire.

A peine une heure plus tard, en fin de matinée, ce fut au tour de Vanille d'apparaître sous les projecteurs. La rouquine s'était relevée les cheveux en un très rapide chignon lui donnait des airs de rockeuse, avant de revêtir une chemise courte et un short moulant. Assise à la table, il n'avait fallut que cinq minutes pour qu'elle gagne son bandeau d'allumeuse en titre. A grand coup de clins d'oeil bien placé, elle avait fait perdre la tête à notre serveur, à un tel point qu'il en fit tomber son plateau. Et au moment où il lui apporta enfin sa commande, elle l'avala d'un très avant de répondre à un appel téléphonique. En provenance de son époux fictif. Chose qu'elle n'avait pas manqué de crier.

Le début d'après midi fut pour Tifa. Lunettes de soleil immenses, cheveux relevés, rouge à lèvre, bronzage, robe chic et talons hauts. Un vrai mannequin de capitale. Pour l'occasion, on avait même pris le temps de lui vernir les ongles de rouge. A peine avait elle relevé ses lunettes pour lancer un regard glamour au serveur, que ce dernier faisait déjà demi tour pour se diriger vers une autre table. Il semblait presque avoir peur des jolies filles. Pourtant, il dû inévitablement passer voir la belle brune, qui s'adressa à lui en se mordillant la lèvre inférieure de manière affreusement sexy. Moi même j'en avais écarquillé les yeux. Et notre victime avait manqué de perdre sa mâchoire. Jusqu'à ce que Cecil et Cloud brisent ses rêves, l'un l'attrapant amoureusement par la taille, l'autre lui déposant un baiser sur les lèvres. Le plan à trois, arme fatale.

La dernière candidate fut Ashe. Vêtue comme une jeune femme d'affaire, chemise blanche, jupe, et cheveux dans le vent, elle regardait tout le monde avec une certaine hauteur. Pourtant, elle semblait détachée. Son rôle lui collait à la peau. Elle croisait puis décroisait ses jambes, penchait la tête, relevait la main, souriait légèrement en regardant le serveur. Elle était la plus cruelle d'entre nous à vouloir le mettre à l'aise. Pour finalement s'agacer lorsqu'il s'attarda auprès d'elle, tentant de la faire rire en prenant sa commande. Elle l'envoya presque balader d'un coup de main. Et pour couronner le tout, Vanille s'était permis de la rejoindre en se faisant passer pour sa compagne, alors qu'elle avait joué le rôle d'une femme mariée le matin même. Le tout pour lui signifier clairement que nous nous étions copieusement foutus de lui. C'était affreusement méchant, mais je n'avais jamais autant ri qu'en voyant sa tête se décomposer peu à peu. Même Vincent avait souri, après nous avoir dit à quel point c'était salaud de notre part.

ooo

Le soir du septième jour, Vincent et moi nous sommes retrouvés seuls dans la troisième chambre. Enlacés l'un à l'autre, dans le lit le plus éloigné de la porte. Et je me sentais bien. Tellement bien. Comme la première nuit que j'avais passé avec lui. A un tel point que j'aurais voulu que cela ne cesse jamais. J'étais heureuse. Toute l'année durant, je l'avais été. A présent, je n'imaginais pas vraiment d'être sans lui. Je pensais peut être un peu naïvement, mais je le pensais. Il était tellement différent de moi. Aussi froid que j'étais chaleureuse. Aussi calme que j'étais énervée, aussi rationnel que j'étais irrationnelle. Jamais il n'aurait pu me ressembler. Et jamais nous n'aurions pu en arriver là s'il m'avait ressemblé. Nous étions de parfaits opposés.

Maintenant, je vivais avec lui presque tous les week end. Les autres nous rejoignaient au Pab presque tous les samedis. Nous étions ensemble les mercredi soir, et même durant la semaine. Que ce soit dans les salles de cours ou autres, nous ne pouvions pas passer une journée sans nous voir. Peut être aurait il mieux fait de démissionner. Cela nous aurait épargné tous ces risques. Mais, étrangement, ces risques faisaient trop partis de notre relation pour que l'on ose y toucher.

- Yuffie ?

Doucement, je relevai la tête. Vincent regardait le plafond, pensif.

- Oui ?murmurai-je.

- Pourquoi a-t-il fallu que tu sois comme ça ?me demanda-t-il simplement.

Fronçant les sourcils, je réfléchis à sa question quelques instants.

- Je n'en sais rien, demande au créateur, répliquai-je. Et toi alors ?

Le brun ne répondit pas, serrant plus encore mon épaule. Vincent avait parfois des questions curieuses. Ashe et Vanille lui disait souvent. Maintenant qu'elles vivaient toutes les deux en colocations dans l'appart de la rousse, elles avaient plus encore l'occasion de lui dire.

- Penses tu que plus tard, on finira par se marier ?souffla Vincent.

Se projeter à ce point dans l'avenir lui ressemblait bien, pourtant, sorti de sa bouche, je trouvais cela étrange. Se marier. Quand j'aurais vingt ans, et lui trente. Drôle de couple, drôle de situation. Pourquoi pas. Oui, sans doute. Je le voulais bien. Après tout, j'étais heureuse comme ça.

- Oui, ça ne m'étonnerait pas, répondis-je simplement.

Après tout, rien ne nous en empêchait réellement. Plus tard, plus rien ne ferait barrage. Alors c'est comme ça qu'un « vous vous êtes perdus dans les couloirs » se termine en un simple « oui je le veux ».