Eclipse1995: Merci, cela me fait plaisir que tu ais autant apprécié :) !
Orellia: Ne t'inquiète pas, tu vas réentendre parler de la situation de Vanille dans le chapitre d'un autre personnage ;).
Comme demandé, le chapitre dans la tête de Reno ! Et pour le prochain sous les cheveux de qui, cette fois ci ?
Chapitre 66 : Un roux plus roux que roux
- Alors, qu'es tu prêt à faire par amour pour moi ?
La question d'Elena me fit d'abord exploser de rire sans que je ne puisse me retenir un seul instant. Tous deux étendus dans le grand lit de ma chambre, sa tête reposant doucement sur mon épaule, nous ne parvenions pas réellement à trouver le sommeil. En plein milieu de la nuit, cela ne nous ressemblait pourtant pas. Les cheveux de la blonde me chatouillaient le cou, alors que je faisais mon possible pour ne pas remuer. Dehors, la lune était largement apparu, et tentait presque à décliner. A croire que nous ne nous endormirions pas avant le petit matin. Il me fallut néanmoins un certain temps pour répondre à Elena, qui avait trouvé une certaine inspiration pour m'ennuyer en simplement admirant mon plafond. Intéressant comme concept.
- Faire du ski en tongue, finis-je par soupirer, un sourire aux lèvres.
La jeune fille à côté de moi esquissa un semblant de rire, avant d'enrouler plusieurs de mes cheveux entre ses doigts. Visiblement, je ne l'avais pas convaincu. Elena agissait de la sorte à chaque fois qu'elle attendait quelque chose de ma part. Et je commençais à sérieusement bien la connaître. Pourtant, le ski en tongue avait le mérite d'être une belle preuve d'amour. Je ne connaissais rien de plus douloureux. Je l'avais expérimenté une année, avec Yuffie, alors que nous étions partis en vacance d'hiver tous les trois, avec Tifa. Notre première année dans cette école, il me semble. Yuffie avait trouvé le moyen de me lancer sur le défi le plus stupide qui soi, à savoir, le ski en tongue. J'en avais souffert durant plusieurs jours, tant je m'étais gelé les orteils. De toute façon, ce genre de conneries complètement barrées, il n'y avait qu'avec Yuffie que je pouvais les faire. Il n'était même plus nécessaire que je précise qui en était l'auteur. A partir du moment où cela sortait réellement de l'ordinaire, comme se raser avec une pince d'écrevisse, ou battre des blancs en neige avec un coton tige, c'était signé Yuffie. Ou moi. Au choix.
- Vivre à poil dans le grand Nord pour élever des manchots, soufflai-je dans l'espoir d'être plus convaincant.
Non, ça, je ne l'avais pas expérimenté. Je n'étais pas tarré à ce point. Pourtant, je devinais les yeux écarquillés d'Elena, vu le temps qu'elle mit à rire de ma proposition des plus abracadabrante.
- Tu n'aurais pas un peu plus plausible ?chuchota finalement la blonde en passant une main sur ma joue.
Je levai les yeux au ciel avant de me creser les méninges. Réfléchir pour ses beaux yeux était déjà une magnifique preuve d'amour venant de moi. Vu le nombre de fois où Tifa m'avait traité d'idiot. J'étais prêt à parier que ni Cloud, ni Vincent, n'étaient prêts à lutter contre leur nature la plus profonde pour leur bien aimée. Alors qu'Elena ne se plaigne, car je me forçais à être intelligent uniquement pour elle. Car, soyons franc, si je le devenais aux yeux de tous, plus rien ne serait aussi amusant. Un moi constamment intelligent, c'est un peu comme un Cecil en tutu rose, ou un Vincent déguisé en licorne.
- Dîner avec ta mère, abdiquai-je finalement en serrant un peu plus ma chère et tendre contre moi.
Je sentis Elena se tendre un instant, avant de la sentir trembler. Trembler du rire qu'elle tentait tant bien que mal de contenir.
- Elle n'est pas si horrible que ça, ma mère !ronchonna-t-elle uniquement pour la forme.
- Non, c'est sûr, concédai-je en haussant les épaules.
La blonde se détendit légèrement, je me permis un sourire démesuré.
- Elle est pire, ajoutai-je alors en éclatant de rire.
Un glapissement outré de la part d'Elena me parvint, suivi d'un petit coup contre mon épaule. J'adorais la charrier comme ça. Cela marchait toujours. Surtout quand je commençais à parler de sa mère. Non, elle n'était pas méchante. Bien au contraire, d'ailleurs, elle et Elena se ressemblaient beaucoup. Mais c'était trop tentant. Et une fois de plus, je ne pus retenir mes rires, alors que la blonde croisait ses bras contre sa poitrine en ronchonnant. Pour finir par me balancer son oreiller à la figure, doublant mon amusement.
- Je te taquine, Eli, finis-je par lâcher, évitant de justesse une troisième attaque. Et ça marche tellement bien que je ne peux pas m'en empêcher.
Elena fronça les sourcils, avant de lever les yeux au ciel en marmonnant je ne sais trop quoi. Je savais qu'un jour ou l'autre elle se vengerait de mes conneries. Et ce jour là, il vaudrait mieux pour moi que je sois préparé à tout. Même à faire du ski en tongue.
ooo
Souvent, il m'arrivait de songer aux personnes dont j'étais entouré en permanence. Un groupe qui n'avait cessé de croître durant cette troisième année, nous faisant passé du trio infernal au véritable bataillon. Et avant toute chose, quand je visualisais mes amis, je voyais une petite brune souriante, les mains croisées dans le dos, sur le devant de la scène. Je voyais Yuffie avant toute chose. Jamais je ne pourrais oublier la manière dont j'avais fait sa connaissance. Une gamine avec un tel cran, soit parfaitement inconsciente, ou alors un minimum courageuse. Je devais bien avouer qu'elle était une des personnes que j'aimais le plus. Elle était un membre à par entière de ma famille, une petite sœur sur qui je me jurais de veiller, bien qu'elle ne se gêne pas pour inverser les rôles quand cela la chantait. Moi, je la veillais de manière bien plus discrète. Alors, j'avais toujours un œil posé sur elle. Même sans le vouloir. C'est sans doute cela qui m'empêcha d'apprécier Vincent lors des deux premières années d'école, durant lesquels Yuffie le reluquait à s'en rendre dingue. Il m'était insupportable de la voir si attirée, car elle l'était, c'était irrévocable, par un homme si glacial et si peu aimable. Jamais il ne lui accordait le moindre sourire, alors qu'elle s'échinait à toujours sembler joyeuse. Je n'avais pas le souvenir d'un seul cours de maths où elle avait cesser de l'admirer. Car peut être ne le remarquait elle pas, mais d'un certain côté, elle admirait cet homme. Et je devais reconnaître qu'il y avait de quoi. Rien que dans sa stature, il était impressionnant. Mais pendant longtemps, je me retenais avec peine de lui cracher ses quatre vérités. Ma raison me retenait, mais intérieurement, je n'en pensais pas moins. Parce qu'il lui faisait du mal, à cette petite Yuffie. Et cela me peinait. Mais pire encore, j'avais l'impression d'être volé. Que cet homme me dérobait le plus précieux de mes biens. Sans même s'en rendre compte, il me prenait ma Yuffie. Il se l'accaparait. Et il n'en avait rien à faire. Jamais. Alors, si en cette troisième année, j'ai souhaité aider Yuffie, c'était avant tout pour lui. Pour qu'il ouvre enfin les yeux. Même si je ne l'affectionnait pas, je sentais qu'il en avait besoin. Il avait autant besoin de Yuffie qu'il avait besoin de notre aide. Et ça, je le devinais au fur et à mesure que les heures de cours s'écoulaient. Car malgré tout ce qu'il pouvait ignorer d'elle, et à quel point il pouvait l'ignorer, il y avait l'acharnement qu'il mettait la haïr. Il s'échinait à être désagréable. Et plus encore avec qu'elle qu'avec les autres. A mes yeux, ce n'était rien de plus que de la peur.
Et quand il s'est rendu compte de ces évidences, quand il a réalisé à quel point il pouvait l'aimer, et à quel point il en avait besoin, j'ai commencé à l'apprécier. Car il ne me la volait plus pour rien. Il me la volait pour la rendre heureuse.
ooo
Elena avait bien finit par s'endormir, mais moi, en revanche, je restais parfaitement éveillé. Sa respiration régulière m'apaisait, autant que ses cheveux en bataille le long de mon épaule. La plus grande qualité d'Elena était sans aucun doute ce pouvoir calmant qu'elle avait sur les gens. En elle, j'avais découvert une fille autant sereine que droite et mature. En un mot, elle était impressionnante. Et à mes yeux, certainement pas parfaite, mais pas moins admirable. Et plus que tout, je l'aimais.
La première fois que je l'avais vu, dans un bar de bord de mer, à une heure bien tardive, j'avais eu l'impression de faire face à un agent secret sous couverture. Son verre à la main, accoudée au comptoir, elle scrutait la salle avec un sérieux implacable, laissant pourtant un léger sourire faire sa place dans le creux de ses lèvres. Seule, elle ne gloussait pas en admirant tel ou tel garçon du coin de la pièce comme les autres filles. Elle n'exhibait pas non plus non bikini au grand jour, préférant de loin sa chemise et son short en jean. Pas de talons exubérant, ni de maquillage. Elle m'avait avant toute chose parut intrigante. Car je n'avais pas l'habitude de ce genre de fille. Comme Yuffie se plaisait à le dire, j'avais un goût prononcé pour les camions volés, le doux surnom qu'elle donnait à la communauté de pétasse que j'ameutais par ma seule présence. Et celle ci n'avait absolument pas la même allure. Alors cela m'avait poussé à simplement m'asseoir à côté d'elle, et lui proposer un second verre. Chose qu'elle avait accepté sans sourire d'avantage. Et pourtant, j'étais par la suite parvenu à une conversation véritablement endiablée avec elle. Et particulièrement amusante.
- Vous êtes seul ?a-t-elle finit par me demander.
- Non, je suis avec vous.
Ce fut la seule chose que je parvins à lui dire sans sourire d'un air moqueur et peu sérieux.
ooo
Une seconde personne que j'appréciais énormément, c'était Tifa. Certes, je la connaissais depuis bien moins longtemps que Yuffie, mais je l'aimais réellement. Elle était mature, forte, maternelle, amusante, bien que particulièrement entêtée. Je m'étais bien engueulé avec elle une fois ou deux, mais nous parvenions toujours à nous en sortir sans casse. Il fallait avouer que Tifa pouvait également être agaçante à sa manière, autant qu'elle pouvait être touchante. Elle ne semblait se rendre compte de rien, et restait tellement fermée sur le plan émotionnel que je mourais d'envie de lui hurler de se lâcher un peu. Comme lorsqu'elle a choisi de draguer Cecil alors qu'elle a toujours été amoureuse de Cloud. A mes yeux, ce fut l'action la plus stupide de sa vie. Peut être voulait être le rendre jaloux, mais elle avait plutôt bien raté son coup, étant donné qu'elle s'était elle même égaré dans ses combines. Pourtant, elle n'était pas mauvaise stratège, au contraire. Mais décidément, pour les histoires de cœur, elle était assez nulle.
Mais je l'aurais presque embrassé quand elle nous a ramené Cloud. Car je craignais bien le jour où Tifa nous présenterais quelqu'un, pour la simple et bonne raison qu'elle attirait tout le monde. J'avais peur qu'elle ne nous présente un enfoiré, et au lieu de ça, je me suis retrouvé face au garçon le plus sympathique qu'il m'était été donné de voir. Autant que Cecil, à mes yeux. Cloud m'avait fait très bonne impression dès le premier abord, et m'a ensuite prouvé à plusieurs reprises à quel point j'avais eu raison de lui faire confiance. Il était autant capable de rire que de rassurer, de raisonner avec sérieux ou avec légèreté, et ça, c'était une qualité devenue bien rare. Un peu comme Cecil, il avait cette bonté d'âme qui ne pouvait que le rendre agréable. Deux piliers si paisibles que je me demandais bien comment nous ferions s'ils venaient à disparaître.
Pour ce qui est du plus jeune membre masculin, je n'avais qu'une seule chose à dire. Djidane avait parfaitement sa place parmi nous, pour la simple et bonne raison qu'il était au moins autant barré que moi et Yuffie. Il allait réellement falloir que je songe à le brancher sur du ski en tongue. Assurément, ça le ferait marrer. Organiser serait même possible avec lui dans les parages. Encore faudrait il que Vanille le lâche, par contre. Car depuis que la rouquine lui avait mis le grappin dessus, il n'avait plus qu'une liberté réduite.
Je ne pus retenir un rire en songeant à tout cela. La personne qui, en revanche me laissait plus que perplexe, c'était notre fou d'infirmier. Je pense que je me serais pendu si l'on m'avait un jour dit que je partirais en vacance avec. Parce que qu'il me faisait vraiment froid dans le dos. Cet homme savait tout, tout le temps, partout, sur tout le monde. Sans qu'il n'y est aucune explication plausible pour un tel savoir.
En fait, j'avais toujours pensé qu'on ne trouverais pas plus fous comme bande que la notre. Mais finalement, on a finit par trouver. Car Vincent, Ashe, Vanille et Hojo valaient bien le détour. Et maintenant qu'ils s'étaient greffés à nous, mieux valait prendre garde avant de nous attaquer. La réplique pourrait être terrible.
