Bonjour tout le monde

J'espère que vous allez tous bien et que vous passez de belles fêtes.

Une petite pensée pour ceux qui passent les fêtes seuls, je vous envoie tout mon amour !

Ce chapitre est mon petit cadeau de Noël pour vous, j'espère qu'il vous plaira =)

Je vous embrasse tous très fort


- Vas-y, qu'est ce que tu aimerais faire à cet « espèce d'imbécile qui se croit meilleur que tous les autres » ?

Si le sol avait pu s'ouvrir à ce moment pour l'aspirer dans l'enfer, Clarke aurait pu s'estimer heureuse. Cette voix, qu'elle reconnut instantanément ne semblait pas particulièrement fâchée, plus amusée de la tournure des événements.

En se tournant calmement vers la voix qui venait de parler, Clarke envoya un SOS silencieux à Raven, pour qu'elle la sorte de ce pétrin, mais cette dernière ne comprenant pas ce qui se passait, lui répondit juste par un haussement de sourcils.

- Bellamy… Répondit Clarke en baissant la voix. Je ne pensais pas te voir ici.

- Je travaille là, répondit le jeune homme, concentré à essuyer un verre, accoudé au bar. Mais j'attends ta réponse.

Réellement surprise, Clarke haussa à son tour les sourcils. Elle n'aurait jamais imaginé un instant qu'un danseur de renommée comme lui puisse travailler dans un bar.

- Ici ? Mais… Pourquoi ?

Après tout, ce n'était pas comme s'il manquait d'argent, au vu des titres qu'il avait reçus, surtout s'il participait aussi à des galas. Mais le jeune homme, après avoir reposé le verre qu'il avait essuyé méticuleusement, la pointa d'un doigt accusateur, qu'il agrémenta d'un grand sourire.

- ça ne te regarde pas. Et je veux que tu répondes.

- ça ne te regarde pas non plus, répliqua Clarke en soutenant son regard, bien qu'elle sache qu'elle devait sûrement avoir l'air d'une gamine.

Raven, ne comprenant rien à ce qui se passait, poussa de la pointe de sa chaussure sa voisine et lui fit de gros yeux.

- Donc, oui, se reprit la jeune femme en se redressant. Raven, je te présente mon nouveau « partenaire », Bellamy. Bellamy, voici ma meilleure amie, Raven.

Il lança un « enchanté » noyé sous le brouhaha constant de la salle. La jeune femme aux cheveux de la même couleur que son nom lui fit un sourire en battant des cils.

- Clarke, minauda-t-elle. Tu ne m'avais pas dit que ton partenaire était aussi sexy. Je suis jalouse.

- Je ne vois vraiment pas de quoi, répliqua Clarke, sa réponse heureusement inaudible pour le barman, qui appelé de l'autre côté de la salle, les quitta sans leur adresser le moindre regard.

Se levant précipitamment, Clarke attrapa le bras de Raven, qu'elle tira presque jusqu'à la sortie, sans même se retourner, laissant leur verre à moitié vide.

- Hey, s'écria Raven, alors qu'elles franchissaient l'entrée pour se retrouver dehors. Je sais que tu as gaffé, mais ce n'est pas une raison pour que j'abandonne mon verre. Je l'ai payé !

- Je t'offrirai le prochain. Je ne veux juste pas le voir encore.

- Pourquoi ? Demanda Raven, sincèrement curieuse.

Mais c'était une bonne question, dont Clarke n'avait pas de réponse. Tout ce qu'elle savait, c'est que quelque chose dans cet homme la rendait franchement irritable, qu'elle avait des envies de meurtres rien qu'en l'entendant parler, mais surtout qu'il la troublait bien plus qu'elle ne voulait l'avouer, sans qu'elle puisse en comprendre les raisons. Il était à la fois si mystérieux, comme s'il cachait tant de chose derrière cette façade désagréable, mais qu'au fond se trouvait une faille, prête à exploser.

Elles se séparèrent devant chez Clarke et Raven remonta dans sa voiture en faisant un signe de la main à son amie avant de démarrer pour disparaître dans un nuage de fumée. Clarke resta un instant dehors, sous la lune qui l'illuminait d'une douce lueur. Il faisait chaud dehors, réchauffant sa peau. Au loin, une chouette poussa un cri, étouffé par la forêt qui se trouvait non loin de l'appartement où vivait Clarke.

C'était une petite bâtisse, avec trois appartement, le rez-de-chaussé était occupé par une veille dame qui vivait seule depuis la mort de son mari, trois ans plus tôt. Sauf ses chats, elle restait la plupart du temps seule avec elle-même, même s'il lui arrivait de monter voire sa danseuse de voisine pour partager un café agrémenté de quelques sucreries. Il lui arrivait aussi de venir voir les galas de Clarke, juste pour le plaisir de la voir danser.

Au premier vivait un jeune couple qui avait accueilli un enfant l'année dernière. Le petit garçon, très vivant et joyeux pour son âge, courrait de temps en temps dehors, en général suivi par l'un de ses parents. Les voisins restaient en général calme et ne dérangeaient absolument pas Clarke, qui vivait sous les toits.

Cela avait été un vrai coup de chance d'avoir trouvé cet appartement, lorsqu'elle avait quitté la campagne dans laquelle elle vivait avec sa mère pour se rapprocher de la ville, simplifiant ainsi sa vie quant à son travail. À l'époque, n'ayant que peu d'argent, trouver cette maison aussi bon marché avait été comme un signe du destin pour lui démontrer qu'elle avait pris la bonne décision en quittant le cocon familial.

L'entrée donnait directement sur le salon, suffisamment spacieux pour accueillir un canapé trois places beige, un fauteuil recouvert de coussins, une télévision écran plat posée sur un meuble de fortune qu'elle avait trouvé dans une décharge, une petite chaîne hi fi ainsi qu'une grande bibliothèque où s'entassaient quantité de livres en désordre. À sa gauche se trouvait la cuisine, assez petite mais confortable tout de même. Les tons gris et chocolat donnait un air de vieux faussement bien imité. Un petit agrandissement servait de salle à manger, avec quantité de fenêtres, permettant à cet espace salon/cuisine d'être très lumineux.

De l'autre côté, après un petit couloir, on pouvait apercevoir trois portes. La première était la chambre de Clarke, sûrement la pièce la moins décorée et meublée, peut-être à cause du fait qu'elle n'y passait que très peu de temps, seulement pour dormir. À gauche de la chambre, une salle de bain/douche, tout ce qu'il y avait de normal, mais agrémentée d'une coiffeuse surmontée d'un énorme miroir où brillait une multitude de lumière.

La dernière chambre était l'endroit sacré de Clarke, son bureau. La base du mobilier était on ne peut plus simple, un simple bureau en bois où était posé un ordinateur portable, une chaise et une autre bibliothèque. Mais au coin à gauche, directement après la porte était posé un étendoir où pendaient toutes les tenues de danse préférées de Clarke, grand fouillis de paillettes et de strass. Au dessus, un petit meuble contenant toutes les coupes les plus importantes jamais reçues de sa carrière, ainsi que des albums photos retraçant sa vie dans le monde de la danse. Le reste de la pièce était décoré de dizaines de photos accrochées au mur. La plupart avait été prise en compagnie de Finn ou de Raven. Mais deux d'entre elles montraient un homme, ressemblant étrangement à Clarke, qui plus jeune posait à ses côtés. La dernière représentait la famille unie que Clarke avait été quelques années auparavant, avec sa mère et son père.

Assise à son bureau, Clarke attrapa le petit cadre où cette photo se trouvait et la serra contre son cœur. Cela la calmait toujours quand elle était prise de doute, de savoir son père tout contre elle, quand ce n'était plus possible de le faire en vrai.

Fatiguée, elle quitta la pièce précipitamment et ferma la porte sur cette pièce emplie de souvenir pour se glisser dans ses draps.

Un jour, Finn lui avait proposé de déménager, lorsque sa carrière avait vraiment décollé et qu'elle avait suffisamment d'argent pour pouvoir se prendre un appartement plus grand. Mais en regardant sa maison, l'endroit où elle vivait depuis ses 18 ans, Clarke avait su que jamais elle n'aurait le courage de s'en aller. Elle avait vécu trop de chose ici pour pouvoir les laisser derrière elle, laisser 5 ans de sa vie au fond de carton…

- Un jour, tu n'auras pas d'autres choix que de partir, avait répondit Finn lorsqu'elle lui avait expliqué ses sentiments.

Ils s'en avaient plus jamais discuté ,Clarke comprenant que jamais il ne pourrait comprendre tout cela, lui qui n'était pas rattaché aux objets, qui n'en voyait pas la valeur sentimentale. Pourtant, il n'insista pas et se contenta de l'aider à trouver des meubles en meilleur état que ceux qu'elle avait trouvé en s'installant ici, alors qu'elle n'avait pas d'argent.

Le réveil qui sonna réveilla Clarke en sursaut. En se redressant, sa touffe de cheveux blonds montée sur sa tête, celle-ci se trouva complètement déboussolée, comme si elle ne se trouvait pas chez elle, pas dans son lit. Il lui fallut une minute pour comprendre ce qui n'allait pas. Ce n'était pas son réveil qui sonnait mais bien son téléphone, strident, un appel entrant. Pas encore réveillée, Clarke tâtonna sur sa table de nuit pour le trouver et répondre à l'appel. N'ayant pas regardé quel était la personne qui l'appelait, Clarke ne savait pas à quoi s'attendre. Pourtant, elle reconnut immédiatement la voix qui murmura son prénom.

- Finn, grogna-t-elle. Tu as vu quelle heure il est ?

Mais un silence se fit au bout du fil, seul le bruit d'une respiration saccadée se faisait entendre. Le cœur battant, la jeune fille comprit immédiatement ce qui se passait, ce n'était pas la première fois que ce genre de chose arrivait.

- Finn, murmura-t-elle d'une voix douce. Tu as encore fait un cauchemar ? Tu veux que je vienne chez toi ?

Depuis environ 5 ans, il lui arrivait fréquemment d'être réveillé par des appels de Finn, mais depuis de nombreux mois, il avait cessé de faire des cauchemars. Cet appel frappa donc en plein cœur Clarke, qui s'inquiéta immédiatement pour son ami. Depuis Ce jour, une certaine connexion s'était établie entre eux, et Clarke était la seule à pouvoir le calmer pendant ses crises.

- Non, répondit faiblement la voix de Finn. Je… je vais bien, je ne sais pas ce qui s'est passé. C'est juste que j'avais besoin d'entendre ta voix.

- Finn, si tu as besoin que je vienne, je peux être là dans 20 minutes. Tu es sûr que tu ne veux pas que je te rejoigne ?

C'était toujours la même comédie, Finn ne voulant pas qu'elle vienne mais qui craquait chaque fois, sachant qu'elle était la seule à pouvoir le calmer. Et cette fois-ci n'échappa pas à la règle. En moins de 5 minutes, Clarke se retrouva dans sa voiture, qui démarrait pour prendre le chemin tant connu.

Il lui fallut exactement 17 minutes pour arriver au domicile de Finn, un grand appartement au rez-de-chaussée, avec un jardin, par où elle passa pour aller chercher la clé qu'il gardait cachée sous un pot de fleurs. Elle déverrouilla la porte fenêtre et entra dans le salon de Finn. Elle savait déjà qu'il devait être dans la chambre, elle ne perdit donc pas de temps et traversa le grand appartement pour entrer dans la dernière chambre, tout au fond.

Celle-ci était grande, mais surtout en grand désordre. Des tas de vêtements traînaient par terre, un bureau avec un ordinateur, quelques canettes de soda vide étaient aussi éparpillées.

Finn était assis sur son lit, la tête entre les mains, ses cheveux tombant devant lui. Il était simplement vêtu d'un simple bas de training qui laissait à découvrir son torse large, doté d'une musculature bien développée.

En évitant les détritus qui jonchaient le sol, Clarke alla s'asseoir à côté du jeune homme qui ne bougea absolument pas et passa sa main sur son dos, pour tenter de le réconforter. Puis, sans crier gare, Finn se redressa et enlaça fortement la jeune femme, l'agrippant de toutes ses forces, la tête sur son ventre. Il se retrouva presque couché, les jambes balançant dans le vide, son visage posé sur les genoux de Clarke, ses bras enlaçant son ventre de plus en plus fort. Mais il ne lui faisait pas mal, alors Clarke commença à lui caresser les cheveux en murmurant tendrement à son oreille. Elle savait qu'il ne pleurait pas, pourtant son torse se soulevait rapidement contre elle.

Ils restèrent dans cette position une bonne dizaine de minutes, le silence seulement brisé par les murmures de Clarke, qui s'intensifiaient. Finalement, Finn se redressa pour faire face à la jeune femme, qui lui caressa la joue, sans oser prononcer le moindre mot. Son visage était pâle et il ne souriait pas, seulement occupé à la dévorer des yeux. Clarke aurait voulu poser ses lèvres sur les siennes, sentir sa chaleur sur son corps, qu'il la serre encore plus fortement, juste le sentir contre elle un peu plus longtemps. Mais elle ne fit rien de tout cela, préférant le laisser choisir seul de la direction que prendrait cette nuit, après tout, il ne lui appartenait plus, même si elle restait encore plus importante que cette autre fille qui l'avait remplacée.

Elle s'était souvent demandé si les épreuves qu'ils avaient vécu ensemble avait permis à Finn de lire dans ses pensées, ou à défaut de la comprendre mieux que personne, car comme si souvent, il répondit presque immédiatement à son désir. Il posa la main sur sa nuque et l'approcha doucement de lui pour pouvoir l'embrasser. Ce baiser était doux cette fois-ci. Il s'agissait seulement de deux personnes qui avaient tout vécu ensemble qui se réconfortaient l'un l'autre. Deux personnes qui avaient été brisées qui tentaient de se reconstruire.

Finalement, Clarke se trouva couchée sur son lit, Finn accroupit sur elle, qui lui embrassait le cou pendant qu'elle gémissait. L'espace d'un instant, elle s'imagina spectatrice, regardant ces deux personnes, qui n'étaient censées n'être qu'amie, cet homme qui avait selon toute vraisemblance une nouvelle compagne dans sa vie et cette femme qui était si désespérément seule se mélanger pour n'en former qu'un. Et cela la dégoûta.

Elle se réveilla au petit matin, un rayon de soleil réchauffant son bras qui dépassait de la couverture. Finn dormait toujours, ronflant légèrement à ses côtés, enlaçant son torse fermement. Elle avait mal partout, et surtout elle sentait des bleus qui apparaissaient sur sa peau, preuves irréfutables que Finn était incapable de se concentrer dans ce genre de moment. Elle savait que c'était mal mais n'avait jamais eu à cœur de lui faire la remarque. Après tout, son corps était habitué à bien pire, qu'importait un bleu ou deux de plus ?

Elle réussi à se dégager du corps de Finn pour aller jusqu'à dans la salle de bain. Pour la première fois, au réveil, elle se sentait sale. Elle savait que ce qu'ils avaient fait était mal, Finn avait quelqu'un d'autre dans sa vie, mais elle n'arrivait pas à se défaire de lui. Il était pire que de la drogue, la détruisant à petit feu. Mais si elle ne prenait pas sa dose habituelle, elle n'était sûre de pouvoir y survire, elle dépendant entièrement de lui !

Sous la douche, Clarke tenta désespérément d'enlever le dégoût qui lui collait à la peau, mais sans complètement y parvenir. Peut-être qu'il était trop incrusté à sa peau ?

Elle quitta l'appartement sans dire un mot.

Retournant rapidement par chez elle pour prendre ses affaires, Clarke vit dans son miroir qu'elle avait une tête à faire peur, avec de longs cernes noirs qui brillaient sous ses yeux, et ses cheveux qui tomberaient tristement autour de sa tête. Elle tenta de s'arranger le mieux possible en se maquillant et en tirant ses cheveux en arrière, mais devait accepter que n'importe qui remarquait qu'elle avait passé une mauvaise nuit.

Elle arriva tôt au studio, de sorte qu'il n'y avait encore personne.

Finn et elle avait acheté cet endroit ensemble. À la base, il s'agissait d'un petit studio mais ils l'avaient réaménagé en studio de danse, avec un miroir qui prenait l'entier du mur, où était posée une barre. De l'autre côté, une stéréo et un canapé, ainsi qu'une toute petite cuisine où ils avaient laissé un peu de nourriture. À côté de la porte, ils avaient aménagé une petite cabine d'essayage à l'aide de deux paravents.

Clarke commença seule l'échauffement, et mis de la musique. Au bout d'un moment, perdue dans ses pensées, elle se mit à improviser une chorégraphie, les yeux fermés, sans avoir besoin d'avoir à regarder où elle allait, sa connaissance des lieux étant parfaite. Elle se laissait seulement aller par le musique, laissait son corps parler à sa place. Il s'agissait de la seule façon qu'elle avait trouvée pour se libérer de tous ses sentiments négatifs, qui sortaient avec force de son corps à mesure qu'elle évoluait sur le tempo.

Lorsque la dernière note de musique démarra, elle se retrouva face au miroir, la main posée sur sa poitrine, essoufflée, mais étrangement vidée de toutes ces émotions qui la dévoraient. C'était la première fois depuis tellement longtemps que la danse lui faisait à nouveau cet effet libérateur

Un applaudissement la fit sortir de sa transe et elle se retourna pour se trouver face à Bellamy, qui était adossé au mur, derrière elle. Elle ne savait pas depuis combien de temps il était là puisqu'elle ne l'avait pas entendu entrer. D'un coup, le rouge lui monta aux joues alors que la soirée lui revenait en mémoire. Elle avait réussi à ne plus y penser, les événements de la nuit l'ayant complètement accaparée.

- Salut, dit-elle timidement, sans trop savoir comment réagir.

Il marmonna un salut rapide et posa ses affaires par terre pour commencer à s'échauffer. Clarke en conclut qu'il devait encore lui en vouloir mais elle ne savait pas comment s'excuser. D'un côté, elle ne voulait pas se rabaisser face à lui, surtout qu'elle n'avait dit que ce qu'elle pensait, mais de l'autre, le savoir énervée contre elle la mettait mal-à-l'aise. Elle décida de se taire pour le moment.

- J'ai pensé qu'on pouvait commencer la rumba aujourd'hui.

Bellamy se contenta de hocher la tête et Clarke réprima un grognement. Comment allait-elle danser quelque chose qui était censé représenter la séduction avec un homme comme lui ?

Tous les deux étant des danseurs expérimentés, ils ne leur fallut pas beaucoup de temps pour monter la première partie de leur danse. Délibérément ou non, ils ne mirent aucun pas qui aurait dû les rapprocher plus que nécessaire. Mais quelque chose bloquait : Le porté qu'ils étaient censé faire. Clarke ne lui faisait pas assez confiance pour complètement se laisser aller et du côté de Bellamy, il ne faisait rien pour lui faire sentir qu'il la rattraperait si elle tombait. Tous les deux gênés, Clarke imagina sans mal de quoi avait l'air leur chorégraphie. Que dirait Kane lorsqu'il viendrait ?

Mais il ne vint pas. Clarke reçut un message de sa part, disant qu'ils ne devaient pas compter sur lui aujourd'hui.

- Kane ne sera pas là, informa-t-elle Bellamy, en verrouillant son portable. Urgence familiale, m'a-t-il dit.

- On se débrouilla sans lui, répondit simplement Bellamy, ce qui frustra Clarke. On refait le jive un coup ? Enchaîna-t-il en se plaçant.

Ils le firent une fois, qui prouva encore une fois à quel point Bellamy était bon, puisqu'il ne commit aucune faute. Tous les deux étaient en rythme, complètement synchronisé, comme s'ils avaient toujours dansé ensemble. Ils n'avaient instauré aucun porté, ce qu'il leur facilita la tâche à tous les deux.

Mais une fois leur dernier pas fait, Clarke s'effondra sur le canapé et réclama une pause. La presque nuit blanche qu'elle avait passée l'avait épuisée.

- Dure nuit ? demanda Bellamy, comme s'il lisait dans ses pensées.

- Un peu, oui, finit-elle par acquiescer.

Elle rêvait ou ils avaient une discussion presque normale ? Il fallait bien une première fois à tout.

- Je vois ça, dit-il en baissant la tête. Joli suçon, d'ailleurs.

Abasourdie, Clarke se leva précipitamment pour inspecter son cou. Mais non, il n'avait pas menti, une énorme marque bleue s'étalait sur la moitié de son cou.

- Merde ! Merde ! Merde, s'écria-t-elle en frottant dessus, même si elle savait bien que cela ne servirait à rien.

Bellamy, affalé sur le canapé, à la place qu'occupait Clarke une seconde auparavant, semblait très amusé par la scène qui se jouait devant lui.

- Tu sais, railla-t-il. Ce n'est pas grave que tout le monde puisse savoir que tu as une vie sexuelle complètement « dingue » (Clarke le vit mimer les guillemets dans le miroir ».

En se retournant, Clarke aurait eu envie de lui balancer un truc sur la tête mais elle n'avait rien dans les mains, alors elle se contenta de lui jeter un regard noir avant de sortir du studio, attrapant ses affaires au passage. Elle eut juste le temps d'entendre Bellamy lui crier quelque chose qui ressemblait à un « attend ! » mais elle ne se retourna pas et continua sa route jusqu'à sa voiture, qu'elle mit en marche pour pouvoir démarrer.

Elle savait qu'elle réagissait comme une gamine, qu'ils devaient encore s'entraîner, qu'ils n'avaient plus beaucoup de temps devant eux, mais c'était plus fort qu'elle. La remarques de Bellamy n'avait été qu'une petite revanche sur ce qu'elle avait dit au bar, mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir blessée et mise à nue du fait qu'il sache ce qu'elle avait fait de sa nuit. Elle était injuste bien-sûr, il ne pouvait pas savoir que ses mots la blesseraient, mais repenser à la nuit dernière lui crevait le cœur. Des larmes coulant le long de ses joues (Mais pourquoi pleurait-elle ! Idiote!) elle appuya le pied sur l'accélérateur…

Pour tout de suite freiner car Bellamy venait de se mettre devant elle, en plein dans sa trajectoire, avec une lueur de défis dans les yeux, comme pour dire : « vas-y. Écrase-moi si tu oses ! »

C'était tentant, mais Clarke ne voulait pas passer le reste de sa vie en prison, alors elle appuya de toutes ses forces sur la pédale du frein. Elle sortit ensuite la tête par la fenêtre, la peur ayant chassé ses larmes :

- T'es complètement dingue ou quoi ? J'ai failli te tuer ! Pousse-toi de là, je veux passer.

Mais ce dernier ne réagit pas et croisa ses mains sur son torse, le regard sombre, les jambes légèrement écartées.

- Non, je ne te laisserai pas passer. On a encore du travail et j'ai promis à Kane qu'on ferait une bonne performance vendredi. Il nous reste trois jours encore, alors pas question qu'on perde une seule journée pour tes enfantillages.

- Mes enfantillages ? T'es sérieux là ? C'est de ta faute et…

Clarke commençait à regretter de ne pas l'avoir écrasé. Mais elle se tut une seconde pour prendre une grande respiration. Elle devait se calmer, et au fond d'elle, elle savait qu'il avait raison.

- OK, reprit-elle en fermant les yeux. Je vais me parquer et on recommence l'entraînement.

- Je t'attends dans la salle. Si tu essaies de t'enfuir, je te jure que je viens te chercher pour te ramener ici par la peau des fesses. Alors tu raboules tout de suite !

Apparemment, il ne rigolait pas.

Quand elle revint dans la salle, Clarke le trouva assis par terre, les jambes écartées, en lui souriant gentiment, ce qui la surpris légèrement.

- Écoute, dit-il gentiment. On a commencé du mauvais pied toi et moi. Je te propose qu'on reparte du début, on oublie tout. Le fait que tu me trouves apparemment complètement narcissique, antipathique et tout le tralala, et moi j'efface de mon esprit les images débridées à ton sujet quand je vois ton suçon. Marché conclu ?

En levant les yeux au ciel, Clarke s'assit face à lui, sur les genoux, pour lui serrer la main. Elle ne pouvait s'empêcher de rire en l'entendant parler ainsi, alors que lui même ne réussissait pas non plus à garder son sérieux. Et après tout, étant obligée de se le coltiner encore un moment, pourquoi ne pas apprendre à l'apprécier ?

- Marché conclu, dit-elle. On oublie.

- Mais ça ne change pas le fait que ta vie sexuelle doit être très intéressante, dit-il malicieusement.

Elle ria en lui envoyant sa bouteille d'eau sur la tête, qu'il esquiva simplement.

- Hey, tu avais promis ! S'écria-t-elle, faussement fâchée.

Il rigola et lui lança un sourire, le premier peut-être vraiment sincère entre les deux.

- Bon, comme on a quand même bien avancé avant, on pourrait peut-être prendre une pause. De toute façon, il est presque midi, on devrait manger quelque chose. Des chips, ça te dit ?

- N'est-on pas censé être des danseurs de haut niveau qui ne mangeons que des choses saines? demanda-t-elle, attrapant malgré tout le paquet qu'il avait sorti de son sac et qu'il lui tentait.

Bellamy haussa les épaules en engouffrant une poignée entières de chips.

- Chai pas. Mais j'ai faim, alors je mange.

- Comment tu connais Kane ? Demanda Clarke en avalant une chips.

Bellamy la regarda une seconde avant de reporter son attention sur le paquet. Il ne semblait pas pressé de répondre.

- Ça fait longtemps. C'est un ami de la famille, je le connais depuis presque toujours. Il m'a appelé quand ton partenaire s'est cassé la figure, pensant que je pouvais le remplacer. Comme je n'avais rien de prévu, j'ai accepté pour lui rendre service.

On pouvait sentir à sa voix qu'il ne racontait pas tout mais qu'il ne fallait pas lui en demander plus. Clarke n'insista pas et se tut.

- A moi de te poser une question, reprit Bellamy en la regardant. Depuis quand danses-tu ?

- J'avais 6 ans quand j'ai commencé, donc depuis 17 ans. Et toi ?

- J'en avais 5. Mais, si je sais toujours compter, je danse depuis un peu plus longtemps. Ça fera 20 ans.

Il faisait plus vieux que son âge, tout en restant plus jeune. Quelque chose dans son regard disait qu'il avait vécu des choses dures à supporter, mais Clarke savait d'expérience que cela ne servait à rien de parler de ce genre de choses. S'il voulait raconter, il se confierait. Et déciderait quand.

- Et avec ton partenaire, continua-t-il. Ça fait combien de temps ?

- En fait, on a commencé en même temps, mais on ne faisait pas du couple, en tout cas pas tout de suite. Au début, je me suis plus spécialisée dans le ballet. Et un jour, à 12 ans, Finn, mon partenaire, m'a proposé de danser avec lui un tango. Je ne me suis jamais arrêtée depuis là. On a rapidement monté pour en arriver là aujourd'hui. Tu n'as pas de partenaire ?

Elle était curieuse de le découvrir. Sa façon de danser montrait quand même qu'il avait l'habitude de danser accompagné, pourtant, s'il faisait du couple, danser avec une autre femme pendant un laps de temps indéterminé n'aurait pas été possible.

- Si. Mais elle a décidé de s'arrêter un moment, pour pouvoir aller voyager. Elle avait pas mal de problèmes de dos, alors on a pensé qu'une pause lui ferait du bien. Mais honnêtement, je ne sais pas si elle décidera de recommencer un jour.

On pouvait entendre une note de tristesse dans sa voix, ce que Clarke pouvait entièrement comprendre, au vu de sa situation. Elle ne savait pas si Finn pourrait un jour danser comme avant, s'ils retrouveraient leur place dans le monde de la danse.

Sans réfléchir, elle posa une main sur la sienne. Bellamy redressa sa tête et lui lança un sourire. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Clarke se sentait bien en sa présence.


Voilà ! Un chapitre bien plus long qui j'espère vous aura plu.

Je sais que le rapprochement entre Clarke et Bellamy est très rapide mais ne vous inquiétez pas, tout ne sera pas simple entre eux XD

Quant à Finn, vous découvrirez un jour toute son histoire, avec celle de Clarke mais je vais encore laisser un peu le supsens planer quelque temps =) Je sais aussi que beaucoup de monde n'aime pas le couple Finn/Clarke, mais il va encore devoir rester un certain temps. Mais ne vous inquiétez pas, je suis à 100% Bellarke ! Il faut juste que tout se mette en place.

Sur ce, je vous souhaite encore une fois de magnifiques fêtes de fin d'année, de belles vacances pour ceux qui en ont et à tout bientôt j'espère

Bisous