Bonjour à tous,
Oui, je sais que j'avais dit que je serais plus présente et qu'au final, il m'a fallu deux semaines pour ressortir un chapitre, mais j'ai eu des horaires de fou au travail et je n'avais tout simplement pas le temps. Mais pour me faire pardonner, voici un chapitre un peu plus long, qui vous plaira j'espère. On se retrouve à la fin, j'ai plusieurs choses à vous dire.
Des bisous
Il lui avait fallu une bonne minute pour pouvoir seulement commencer à réfléchir. Les informations tournaient dans sa tête. Le journaliste avait dit Bellamy Blake. Mais jamais un journaliste un tant soit peux intelligent n'aurait dit le nom de sa source. Alors, était-ce une erreur, ou simplement un choix ? Mais qui aurait pu faire cela ?
- Tout va bien ? Demanda Bellamy en s'approchant d'elle, les sourcils froncés.
Mais que gagnait-il à faire une chose pareille ? L'argent ? C'était bien-sûr la réponse la plus simple, il devait se faire une jolie somme. Et elle savait qu'il devait aider sa sœur financièrement, c'était donc possible. Peut-être aussi était-il simplement un malade qui aimait faire du mal aux autres ?
- Clarke ? Ohé, il y a quelqu'un ? Mais qu'est ce que tu as ?
- Je.. Je…
Elle ne savait plus quoi dire. Lui dire la vérité ? Mais il allait forcément essayer de la convaincre que ce n'était pas lui, hors elle avait vraiment besoin de réfléchir au calme, sans lui. Alors, même si cela lui creva le cœur, elle lui offrit un sourire qu'elle espérait vrai et lui dit :
- Excuse-moi, j'ai une urgence à régler avec Kane, je dois y aller maintenant. Mais on s'écrit ?
Incapable de pouvoir le regarder en face, elle partir chercher sa propre veste dans le placard, l'enfila et ouvrit sa porte, intimant à Bellamy de s'en aller, ce qu'il comprit rapidement, le faisant en baissant la tête. Arrivé à sa hauteur, il la regarda une dernière fois et se pencha, certainement dans l'espoir de lui poser un baiser sur les lèvres mais il dû voir son mouvement de recul, car il se contenta de poser un baiser sur son front, laissant une douce chaleur qui la laissa de glace. Puis il quitta l'appartement, s'enfonçant dans la nuit. Clarke le regarda partir, laissant enfin son cœur repartir sainement, pour sortir son téléphone et appuyer sur le numéro de Kane.
Bellamy, au volant de sa voiture, réfléchissait longuement. Il ne savait pas quoi penser. Ce soir, il était passé par tous les sentiments. Au début, la peur de la réaction de Clarke, si elle allait le croire quant à cette histoire de fuite. Puis la joie en sentant sa peau contre celle si fraîche de la jeune femme. Il avait perdu le contrôle, enivré par son odeur, par ses mains qui passaient dans ses cheveux… Et le téléphone qui avait sonné, gâchant ce moment parfait. La colère l'avait envahi. Puis le doute en voyant le regard de Clarke tandis qu'elle parlait au téléphone. Elle avait tourné son regard vers lui et l'avait regardé d'une manière qui lui avait donné la chair de poule, tant il était intense. Et lorsqu'elle lui avait demandé de partir, il avait senti que quelque chose n'allait pas, quelque chose avait changé entre eux sans qu'il comprenne pourquoi. Non vraiment, il ne comprenait plus rien. Mais il savait une chose, il ne voulait pas la perdre !
- Mais il l'a dit !
Les cris n'avaient cessé dans la maison de Kane, le petit appartement où il vivait, où Clarke faisait les 100 pas depuis une dizaines de minutes, gesticulant de rage. Elle avait expliqué à Kane que le journaliste avait dit que c'était Bellamy qui l'avait fait. Mais Kane refusait bien évidemment de la croire, lui disant qu'il le connaissait depuis tellement d'années qu'il savait qu'il était incapable de faire une chose pareille.
- Clarke, il y a peut-être une autre explication.
- Ah oui, et laquelle ?
Kane soupira en se prenant les mains dans la tête. Il était tout autant perdu qu'elle mais tentait désespérément de trouver une autre explication.
- Je n'en sais rien mais..
- Kane, peux-tu me jurer que tu n'as jamais touché un mot de cette histoire à Bellamy ? Le coupa Clarke.
L'entraîneur secoua la tête mais cessa lorsqu'un souvenir lui revint en tête. Un soir, quelques années après l'incident, alors qu'il avait avait trop bu, Bellamy était venu le voir et ils avaient discuté ensemble un bon moment.
- Je.. Il est possible que j'ai parlé et dit qu'il s'était passé quelque chose de grave à certains de mes élèves. Mais je n'ai jamais dit exactement ce qui s'était passé, ni à qui !
- Mais Kane ! Tu n'as pas non plus élèves ! Il n'est pas compliqué de trouver de qui il s'agissait ! Et de trouver des informations dessus ! Mais où avais-tu la tête !
Elle se retourna pour s'appuyer contre le mur. Ce que venait de lui avouer Kane prouvait simplement qu'il était possible qu'il ait fait ça. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle lui avait fait confiance !
Le bruit de la sonnette la fit sursauter. Elle se retourna vers Kane en levant un sourcil. Celui-ci haussa les épaules et se leva pour aller ouvrir la porte. Clarke, en reconnaissant la personne qui venait de franchir le seuil de l'appartement, se redressa. Finn venait d'entrer, suivi de Kane, qui verrouilla la porte derrière lui. Finn rejoignit la jeune femme sur le canapé et embrassa sa joue, peut-être une seconde de trop pour que cela soit seulement une preuve d'amitié.
- J'ai appelé ta mère pour savoir si on pouvait organiser un rendez-vous, elle m'a dit que tu étais là, alors je me suis dit que je n'allais pas déranger. Il faut qu'on décide quoi faire, finit-il pour Kane, qui les observait, un peu plus loin.
- Ce n'est pas une mauvaise idée. Je pense que la meilleure solution est d'organiser une conférence de presse avec un journaliste de notre choix pour en informer les médias. Comme ça, on pourra contrôler les événements et pas le contraire.
Les deux danseurs se lancèrent un regard entendu et hochèrent la tête. De toute façon, que pouvaient-ils faire ? Ne rien dire et laisser la rumeur enfler pour ternir leur image ? Non, un scandale, ce n'était pas ce qu'ils cherchaient.
- D'accord, alors on fait ça. Tu t'occupes de tout ? Demanda Finn en se levant. Kane hocha la tête. Tu viens ? Continua-t-il pour Clarke. Il faut que je te parle.
Celle-ci se leva et le suivit, après avoir remercier Kane et lui dire au revoir. Dans le couloir, elle se dépêcha de rejoindre Finn qui attendait déjà l'ascenseur. Il avait les mains dans les poches et adoptait une posture décontractée. La durée de la descente de l'ascenseur sembla durer des heures car aucun des deux n'échangea le moindre mot, regardant obstinément devant soi. Une fois sortis, Finn s'arrêta devant Clarke pour la regarder.
- Tu sais, j'ai réfléchi. On est déjà au cœur d'un scandale, il vaut peut-être mieux éviter d'en créer un autre, tu ne crois pas ?
Clarke fronça les sourcils, ne voyant pas où il voulait en venir.
- Je suppose, dit-elle hésitante. De quoi veux-tu parler exactement ?
- On devrait peut-être éviter de dire maintenant qu'on ne dansera plus ensemble. Mais, continua-t-il alors que Clarke s'apprêtait à répondre, on le fera. Simplement, on attend que toute cette histoire se tasse. Clarke, si on en parle maintenant, tu sais très bien que ça va tout empirer !
Soupirant, Clarke se trouva obligée d'accepter les paroles de Finn, car il avait totalement raison. Un scandale de plus allait définitivement les couler.
- Très bien, finit-elle par répondre. Mais une fois que c'est terminé, on arrête.
Finn tenta un faible sourire. Mais Clarke ne lui répondit pas. Au fond d'elle, le doute persistait. Et s'il était à l'origine du problème ? Même si cela paraissait tiré par les cheveux, elle devait avouer qu'il en avait la possibilité. Mieux valait rester sur ses gardes. Le téléphone du jeune homme sonna, et il répondit en soupirant.
- Allô ? Salut,oui je rentre maintenant à la maison, à tout à l'heure.
- C'est ta copine ? Demanda Clarke, qui ressentit presque malgré elle un pincement au cœur.
C'était fou à quel point les vieilles habitudes avaient la peau dure. Elle restait jalouse de cette femme alors qu'elle voulait que Finn quitte sa vie. Où était la logique là-dedans ?
- Oui, dit-il finalement. Tu sais, on devrait peut-être discuter de cette situation aussi. Je sais bien que tu souffres. Mais on ne peut pas continuer comme ça.
- Finn, le coupa-t-elle en levant la main. On ne s'est jamais rien promis toi et moi. Alors, tu as tout-à-fait le droit de voir d'autres femmes, et moi d'autres hommes. Point final.
Il leva la tête, une flamme dansant au fond de ses yeux.
- D'autres hommes ? Tu parles de Bellamy je suppose ? Clarke ! Il nous a peut-être dénoncé, c'est lui qui nous a causé tous ces problèmes et toi tu lui sautes dans les bras ? Mais à quoi tu penses ?
Il s'était rapproché d'elle à chaque mot qui sortait de sa bouche, les yeux toujours allumé d'une lueur qui ne plaisait pas à la jeune femme. Finalement, il se retrouva devant elle, la bloquant contre le mur, mais lui laissant néanmoins un espace devant elle, sûrement pour ne pas lui faire peur. Clarke essayait de contrôler son cœur qui s'affolait dans sa poitrine. Elle le connaissait suffisamment bien maintenant pour savoir qu'il lui arrivait de perdre les pédales.
- Finn, commença-t-elle doucement, mais fermement. Je ne parlais pas forcément de lui. Mais dans tous les cas, c'est moi qui décide. Je ne t'ai jamais empêché d'avoir d'autres femmes, ne m'empêche pas de vivre ma vie. On sait très bien que tous les deux, lorsqu'on est ensemble, on s'autodétruit. Il faut qu'on arrête avant que ce ne soit irréparable,
- On s'autodétruit ? Mais Clarke, sans toi, je ne suis rien ! Je préfère mille fois me détruire à petit feu, au moins je sais que je suis encore vivant. Mais sans toi, il n'y a rien, c'est le vide !
Les mots, prononcés si fort qu'il semblait les avoir crié, sortaient de son cœur, comme s cela faisait mal de les dire. Mais Clarke aussi était furieuse, furieuse de la tournure dont prenait les événements, furieuse de ne plus rien contrôler, furieuse contre lui.
- Alors pourquoi on n'a jamais essayé ? Vraiment ?
Ces mots là, elle avait l'impression de les avoir gardé longtemps enfui aussi en elle. C'était une question qu'elle s'était toujours posée, pourquoi n'avaient-ils pas essayé de sortir ensemble, réellement, d'être une vrai couple, s'ils s'aimaient autant qu'ils le disaient ?
Finn la regardait, cette fois ces yeux étaient blessés, il ne répondait plus, comme s'il ne savait que dire. Clarke savait qu'ils y avaient déjà pensé tous les deux mais n'avaient jamais sauté ce pas, qui peut-être aurait pu les rendre heureux. Mais voilà, au fond d'eux, ils savaient qu'ils ne voulaient pas de ce genre de relation entre eux, ils ne voulaient pas terminer leur vie ensemble, ils n'étaient pas fait l'un pour l'autre. Simplement, les épreuves qu'ils avaient vécu ensemble les avaient rapproché d'une façon incompréhensible. Ils avaient été un roc pour l'autre, qui l'empêchait de couler mais aussi d'avancer.
- Finn, dit-elle doucement. Il faut qu'on avance et qu'on arrête de se faire du mal. Et la seule solution, c'est d'arrêter de se voir. Tu sais que j'ai raison.
Mais sans répondre, il tourna les talons et quitta l'immeuble. Clarke se laissa aller contre le mur et ferma les yeux. Cette spirale allait-elle s'arrêter un jour ?
La porte s'ouvrit sur une jeune femme brune, qui parut étonnée en voyant qui se tenait sur le pas de sa porte.
- Clarke ? S'étonna Raven en s'effaçant pour la laisser entrer chez elle. Mais, on devait se voir ?
- Non, mais j'avais besoin de te voir un moment. Je ne te dérange pas, j'espère ?
La jeune femme fit non de la tête en refermant la porte d'entrée. Elle lui offrit un verre d'eau et elles s'installèrent sur le canapé, une assiette de cookies posée sur la table basse, devant elles. Clarke lui raconta les dernières nouvelles, sa dispute avec Finn, les baisers avec Bellamy. Si elles ne s'étaient pas revues depuis vendredi, depuis donc que toute cette histoire avait commencée, Clarke avait appelé sa meilleure amie pour lui raconter ce qui s'était passé. Mais rien ne valait le contact physique que pouvait lui apporter Raven.
- Cette histoire est vraiment bizarre. Mais tu sais, dit Raven en parlant lentement, comme si elle pesait ses mots, je ne crois pas que Bellamy ait fait quelque chose. Tu l'as dit toi-même, il n' aucune raison de le faire. Et il a l'air de tenir à toi, donc pourquoi tout gâcher ? Quant à Finn, clairement, c'est la seule personne qui pourrait avoir quelque chose à gagner.
- Oui, je sais, répondit Clarke en soupirant. Mais, c'est juste que c'est insensé tout ça. Il se fait du mal à lui-même et à moi aussi. On met notre carrière en jeu !
La jeune femme se rapprocha de son amie pour la prendre dans ses bras et la réconforter, ce dont Clarke lui fut reconnaissante. Il était peut-être tard, Raven avait sûrement mieux à faire mais cela ne la dérangeait pas de prendre soin de son amie. Pour toujours, Clarke lui serait reconnaissante pour tout ce qu'elle faisait pour elle.
- Bon, et toi ? Dit-elle en se redressant et en offrant un sourire à la jeune brune. Avec Wick alors ? Tu as du nouveau ?
Le visage de Raven s'éclaira d'un coup, tandis qu'elle se mit à rougir. Elle tortillait ses longs cheveux à travers ses doigts, les enroulant tout autour, comme un serpent autour d'une branche d'arbres.
- On se voit demain, on va boire un café. Tu ne peux pas imaginer à quel point je suis heureuse. J'espère qu'on va pouvoir passer à l'étape supérieure, je veux qu'on soit plus que des amis.
- Je suis certaine que tout va bien se passer, il t'adore, ça se voit, répondit Clarke en souriant doucement. J'espère que tu pourras me le présenter en tant que petit ami la prochaine fois qu'on se verra.
Raven éclata de rire mais continua de rougir.
- Je l'espère aussi. Mais ne t'inquiète pas, je t'appellerai tout de suite après, pour te raconter tout les détails.
Les paupières lourdes, Clarke tenta de réprimer un bâillement, sans y parvenir toutefois. Il était passé 11 heures, et la jeune femme ne souhaitait plus qu'une seule chose, se mettre dans son lit. Raven remarqua que son amie dormait debout et sourit discrètement.
- Bon, dit cette dernière. Je crois que nous avons toutes les deux bien besoin d'une bonne nuit de sommeil. Rentre chez toi, va dormir.
Clarke hocha la tête et se leva du canapé, époussetant ses habits. Elles dirigèrent vers la porte, que Raven ouvrit, laissant la jeune femme sortir de l'appartement pour se retrouver dans l'immeuble.
- Raven, murmura celle-ci. Merci de m'avoir écoutée, j'en avais besoin.
- Tu sais très bien que je serais toujours là pour toi, quoi qu'il se passe.
Elles s'étreignirent un instant avant que Clarke ne disparaisse dans la nuit.
Ce fut le bruit des oiseaux qui réveillèrent Clarke le lendemain matin, alors que les lumières du soleil filtraient à travers de ses rideaux. Elle s'assit sur son lit, peu sûre de savoir quoi faire. En fait, elle n'avait envie de rien, seulement de rester sous la couette et ne pas bouger jusqu'à ce qu'un tsunami l'emporte. Ou de façon moins théâtrale, elle voulait se mettre devant sa série en mangeant un énorme pot de glace Ben&Jerry's au cookies. Mais au lieu de ça, soupirant et grommelant, elle se leva pour aller se doucher, et se préparer à partir au studio pour aller s'entraîner un moment. Après tout, la danse l'aider en général à se sentir mieux. Et si elle voulait rester en forme, autant continuer à s'entraîner, même si cela impliquait de le faire seule.
Elle arriva à 10h30 et posa son sac sur le canapé. Elle mit la radio pour laisser la musique envahir la pièce. Vêtue d'un simple short gris et d'un t-shirt blanc, elle enfila des gaines de la même couleur que son bas puis commença à s'échauffer tout le corps, se concentrant uniquement sur les mouvements qu'elle effectuaient, sur la tension qui pesait sur ses muscles, sur sa peau nue qui frémissait quand elle touchait le sol. Les yeux fermés, elle ne pensait à rien, écoutant simplement la musique, se laissant bercer par les notes qui semblaient entrer dans son propre corps, qui rythmaient ses gestes.
Puis, elle entraîna quelques pas qu'elle avait inclus dans une chorégraphie censée servir pour les championnats mondiaux auquel elle ne pourrait participer à cause de la blessure de Finn, mais qui lui semblaient quand même important. Elle refaisait des bouts de la chorégraphie seule, comme si elle n'avait pas besoin d'un homme dans sa vie, d'un partenaire dans la danse. Et c'était vrai non ? Elle était une femme indépendante qui n'avait pas besoin de quelqu'un pour pouvoir vivre. Et elle allait le prouver maintenant, se dit-elle en relevant la tête, apercevant son reflet dans la vitre du miroir. Stop ! Plus jamais quelqu'un ne lui dicterait sa façon de faire comme Finn le faisait, comme, plus exactement, elle avait laissé faire. Désormais, elle ferait ce qui lui fera du bien, uniquement, sans se soucier toujours du regard des autres, de sa mère, de Kane, des journalistes. Oui, cette histoire ne la tuera pas, jamais elle ne se laissera faire, et tant pis si elle allait devoir se défendre seule contre tous, elle se débrouillerait pour survivre malgré tout.
Et lé, devant cette glace, seule dans ce studio de danse, Clarke décida de devenir forte, d'être leader de sa propre vie sans plus jamais se laisser faire. Jamais !
13 heures allait sonner, quand Clarke s'arrêta enfin pour aller chercher son téléphone dans son sac. Trois appels manqués de Kane et 4 messages, lui intimant plutôt fermement de le rappeler dès qu'elle verrait ses messages. Et un dernier lui promettant une mort lente et douloureuse si elle ne répondait pas dans les 10 minutes. Il lui restait exactement une minute avant de devoir se faire assassiner par un Marcus Kane apparemment de très mauvaise humeur. Elle se dépêcha donc de composer son numéro.
- Tu daignes enfin me rappeler, répondit une voix froide après une seule et unique sonnerie. Ça fait plus d'une heure que j'essaie de t'appeler. J'espère que tu as une bonne excuse, du genre je me suis fait enlever par des extraterrestre ou un truc du genre, parce que sinon, tu vas clairement en baver.
- Bonjour quand même, répondit l'intéressée en rassemblant ses affaires. J'étais au studio pour m'entraîner. Qu'as-tu de si important à m'annoncer pour me menacer de mort ?
Prenant ses clés de voiture, elle verrouilla la porte du studio derrière elle pour aller jusqu'à sa voiture.
- J'ai réussi à avoir une interview avec Julia Andrews pour ce soir avec Finn, qui sera diffuser en direct. Je voulais vous voir tous les deux pour en discuter un moment. Mais Finn à quelque chose à 14h et ne pourra donc pas venir. C'est pour ça que je voulais vous voir avant. Mais il est un peu tard maintenant.
En entendant le nom de Julia Andrews, Clarke grogna. Cette femme était un serpent dans le monde des médias. Elle adorait les ragots et ne se gênait pas pour dilapider tout ce qu'elle trouvait à se mettre sous la dent, et tant pis si les personnes concernées devaient en payer les frais. Mais il était vrai que son émission était très appréciée. Il serait donc sût que l'interview serait totalement vu et revu par des millions de personnes.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? E direct en plus ? Grommela Clarke en installant le kit main libre dans sa voiture et démarrer. Ça risquerait de tout aggraver, au lieu de nous aider à tout arranger.
- Franchement, en soupirant, je doute que les choses puissent être pires. Sur les réseaux sociaux, une pétition tourne pour que Finn soit emprisonné pour avoir tué quelqu'un. Les choses vont rapidement dégénérer si on ne leur donne pas toutes les explications.
Fronçant les sourcils en entendant ces paroles, Clarke sentit son cœur s'accélérer. Oui, ils perdaient clairement le contrôle, hors c'était exactement ce qu'elle voulait éviter.
- OK, dit-elle finalement. Tu passeras me chercher ce soir ? À quelle heure ?
- Je viens à 17h, l'émission commence à 18h30, on passera chercher Finn avant, comme ça j'aurais le temps de vous briefer avant le début.
Elle raccrocha avec une boule au ventre. Comment allait-elle faire pour gérer ça ?
La sonnerie retentit dans l'appartement, alors que Clarke courrait pour prendre sa veste dans sa chambre, ses chaussures à la main. Elle enfila ses escarpins noirs rapidement, trébuchant presque pour ouvrir la porte, et se trouver nez à nez avec un Marcus qui la regarda, un sourcil froncé, un très léger sourire se dessinant sur ses lèvres avant de redevenir impassible.
- Tes chaussures ne sont pas les mêmes, dit-il finalement, sans bouger.
Baissant les yeux à ses pieds, Clarke vit qu'il avait raison. À son pied gauche, un escarpin verni à bout rond, au pied droit, un escarpin mat, à bout légèrement pointu. Jurant, elle retira le pied gauche pour prendre la jumelle de son pied droit. Puis elle suivit Marcus jusqu'à sa voiture, où elle s'assit à côté de lui.
- Je te préviens, Finn et moi on est en froid, alors ça risque de pas le faire.
- Je sais, dit-il, tentant de rester impassible, mais Clarke remarqua la légère contracture de sa mâchoire. Il me l'a déjà dit. Mais je compte pour vous pour vous comporter en adulte et tenter de gérer cette situation au mieux. N'oubliez pas que votre carrière est en jeu !
Clarke grommela dans sa barbe et se contenta de regarder par la fenêtre.
Le temps d'arriver au studio, Kane eut le temps de le faire trois fois le même discours sur l'importance de cette interview, qu'il fallait absolument qu'ils réussissent à passer pour un couple de danseurs qui étaient en parfaite harmonie. Les deux jeunes gens le regardaient en levant un sourcil, mais sans rien dire, et surtout sans s'échanger le moindre regard. Oui, tout ça allait être compliqué…
ils arrivèrent au studio, et entrèrent à l'intérieur, où une multitude de personne tourbillonnait tel des abeilles dans une ruche, papillonnant pour que tout soit prêt pour que l'émission commence. Clarke aperçut une jeune femme rousse qui criait après tout le monde, un calepin à la main. C'était sans conteste Julia Andrews, le dragon du monde people. Kane alla vers elle pour la saluer. Mais avant que Clarke n'ait pu le suivre, une femme l'attrapa par le bras en braillant qu'elle devait aller se préparer pour l'émission. Du coin de l'œil, elle vit que Finn aussi était amené par un groupe de femme.
Apprêtée et coiffée, Clarke fut traînée jusqu'à un canapé rouille, où Finn était déjà assis. Il lui lança un petit sourire du genre « Ouais je sais pas ce qu'on fait là » avant de se rappeler qu'ils ne se parlaient pas et regarder droit devant lui. Elle s'assit à ses côtés en faisant attention à sa robe noire, à ne pas la froisser.
Julia Arriva sur des escarpins de 15 centimètres et s'assit sur le canapé en face d'eux, de façon à ce que le publique puisse la voir de côté tout en regardant les deux invités.
- Bien, on est à l'antenne dans 1 minutes. On va commencer par quelques simples questions, et on parlera de l'histoire de l'agression en fin d'émission. Soyez naturels et gardez le sourire.
Un homme arriva et mima le chiffre 10 avec ses doigts avant de rapidement disparaître du champs. Julia se recoiffa et bomba le torse pour se mettre en valeur. Puis quelqu'un cria « ça tourne ! » dans la salle et tout se mit en marche rapidement. Julia émit un grand sourire et le publique commença à applaudir.
- Bonjour, bonjour et bienvenue chez « Julia et les potins ». Aujourd'hui, nous avons deux invités de marque, Clarke Griffin et Finn Collins, danseurs mondiaux. Bienvenue.
Elle leur envoya un sourire éblouissant, mais que Clarke connaissait comme faux. Cette femme était une vraie punaise. ! Les deux jeunes gens répondirent par un signe tête accompagné d'un sourire, regardant le public.
- Bien, alors, je suis très heureuse de vous recevoir. Il est vrai qu'il est rare de vous avoir en interview, vous êtes plutôt discret.
La journaliste se pencha en avant, les jambes croisées, comme s'ils allaient lui dire un secret.
- C'est vrai, dit Finn en le laissant aller contre la banquette dans une position décontractée. On préfère garder notre vie privée... hé bien privée. C'est important pour nous, de ne pas être scruté à chaque coin de rue. Bien-sûr, ce n'est pas la même chose qu'une star internationale, mais il arrive parfois aux paparazzis d'être très intrusif.
Julia hocha la tête et regarda son calepin, remettant ses lunettes sur son nez.
- Alors, puisque vous êtes là, on va pouvoir vous poser toutes ces questions qu'on attend tellement de demander. Alors, vous êtes prêt ? Bien, continua-t-elle quand ses invités hochèrent la tête. On va commencer par Clarke. Quand avez-vous commencé la danse ?
- J'ai commencé à 6 ans, en faisant du ballet. En réalité, jusqu'à 12 ans, je n'ai fait que ça, de la danse classique. Et un jour, à une fête, j'ai essayé un tango avec Finn. J'ai tellement aimé que j'ai carrément supplié ma mère de me laisser prendre des cours de danse latine. Alors avec Finn, on a commencé ensemble. Les concours se sont enchaînés, avec des bons résultats, et on n'a jamais arrêté.
Le public écoutait avec attention, de même que Julia, qui demanda ensuite l'avis de Finn.
- Hé bien, mon histoire est un peu près la même. J'ai commencé le break dance à 6 ans. Mais un jour, à la télévision, j'ai vu une émission de danse, et le tango qu'ils ont fait, je ne sais pas, ça m'a retourné l'estomac. J'ai eu envie d'essayer. Et de ne jamais arrêter.
Le public lança une rave d'applaudissement. Clarke se sentir perturbée en entendant Finn parler de cette façon, avec autant de passion dans la voix. Cela faisait longtemps qu'il semblait avoir perdu la flamme qui l'avait animé quand ils avaient commencé à danser ensemble.
- Et qu'est ce que vous aimez le plus quand vous dansez ensemble ? Demanda Julia en se penchant vers Clarke pour qu'elle réponde à sa question.
Prise de court, la jeune fille ne sut que répondre et se retrouva devant tout le monde qui avait les yeux braqués sur elle, à bégayer. Elle entendit Finn soupirer et se redresser.
- Avec Clarke, ça fait depuis toujours qu'on danse ensemble, alors on se connaît par cœur. On n'a même plus besoin de se parler pour se synchroniser. Et on a toujours eu une certaine connexion aussi, et ça, ce n'est pas explicable. Seulement, quand on danse ensemble, c'est comme si le monde n'existait plus, il n'y a plus que nous.
Clarke le regardait pendant qu'il parlait. À ce moment précis, le garçon qu'elle voyait en face d'elle parlait avec son cœur, il ne réfléchissait simplement pas à ce sortait de sa bouche. Cet homme-là, c'était l'homme dont elle était tombée amoureuse il y avait déjà tellement d'années, celui qui lui plaisait, et surtout celui qui aurait pu être capable de l'aimer sans la détruire, sans se détruire, sans qu'ils souffrent ensemble. Julia quant à elle, l'écoutait comme s'il était le président qui faisait un discours.
- Et vous vous voyez où dans 10 ans ? Demanda cette dernière, après avoir repris ses esprits.
Cette fois, Clarke se pencha en avant pour qu'elle puisse répondre, pour rendre l'ascenseur à Finn, qui avait été tellement gentil avec elle avant.
- Toujours à danser ensemble, bien-sûr.
Finn la regarda en fronçant les sourcils. S'ils avaient décidé de cacher le fait qu'ils arrêtaient de danser ensemble, elle n'était pas obligée de mentir autant. Mais cette fois-ci, Clarke ne mentait pas, ou du moins pas complètement. Si elle ne voulait plus être sa partenaire pour le moment, rien ne les obligeait à ne pas s'associer à nouveau dans quelque temps, quand tout se serait tassé. Tout simplement, parce qu'elle n'arrivait pas à imaginer vivre sans lui, et s'imaginer dans 10 sans lui, ce n'était simplement pas possible..
Hochant la tête, Julia se tut une minute en écoutant dans son oreillette, puis son visage s'éclaira.
- Hé bien mes amis, s'écria-t-elle en se tournant vers le publique. Vous allez être heureux, car c'est l'heure des 3 questions du téléspectateur. Vous êtes prêt ? Demanda-t-elle en faisant un clin d'œil.
Le publique se mit à applaudir en criant, alors que Finn et Clarke se regardait en souriant, espérant ne pas avoir trop de questions gênantes.
- Alors, première question, continua Julia en regardant l'écran géant à sa droite. La première question nous vient de Amy Amilton, qui habite sur Paris. « Comment réagisse vos partenaires dans la vrai vie quand vous dansez ensemble, vu votre alchimie ? » ah, une question très intéressante qu'on se pose souvent quand on voit des danseurs ensembles. Alors, Clarke ? Finn ?
Mal-à-l'aise, Clarke se tortilla sur le canapé. Comme première question gênante, ils avaient fait fort.
- C'est vrai que parfois, c'est difficile, dit Finn en parlant lentement, pour trouver les bons mots. Mais la plupart du temps, il suffit d'expliquer que nous ne faisons que danser ensemble, que ce n'est rien d'autre que la danse. Il faut juste séparer vie privée et partenaire, finit-il en riant pour détendre l'atmosphère.
- C'est vrai. Personnellement je n'ai jamais eu de gros problème de jalousie de mes petits-amis, mais il doit comprendre que Finn fait partie de ma vie, et que je n'arrêterai pas de danser avec lui.
Bon, c'était un petit mensonge. Premièrement parce qu'elle n'avait jamais eu vraiment de petit-ami sérieux, et donc qu'aucun n'allait pouvoir lui faire des crises de jalousie. Et ensuite, la personne la plus sérieuse avec qui elle avait été, pendant exactement trois mois, avait été vraiment très dur avec elle, et lui avait demandé de cesser de fréquenter Finn. Elle l'avait quitté immédiatement. De toute manière, elle n'avait eu aucun sentiment pour lui, il était là uniquement pour lui faire oublier Finn. Mais elle n'avait jamais vraiment réessayer de se trouver quelqu'un.
- Et vous vous présentez mutuellement vos petits-amis et petites-amies ?
Alerte ! Alerte ! La pire question de l'univers.
- Pas tant que ce n'est pas extrêmement sérieux, dit Clarke, en tentant d'éviter cette question.
- Pareil, je préfère attendre un peu. Comme je l'ai dit, je préfère séparer vie privée et danse.
Le publique lança une rave d'applaudissement avant de se calmer quand Julia recommença à parler.
- Alors, on va continuer avec la deuxième question, qui est posée par Jennifer Krase : « Qu'est ce qui est le plus difficile quand on fait de la danse au niveau mondial ? »
- L'entraînement intensif, je dirais, dit Clarke en riant doucement. On peut s'entraîner pendant des heures et des heures, et c'est vraiment fatiguant. Mais c'est le jeu.
Finn acquiesça en fermant les yeux, comme s'il revivait lui aussi toutes les heures qu'ils avaient passé à s'entraîner.
- Et combien de temps pouvez-vous passer à vous entraîner ? Demanda la journaliste.
Les deux danseurs se regardèrent en riant. Ça, c'était une question à laquelle ils pouvaient répondre.
- Oulà, ça dépend, au maximum 4 heures par jour toute la semaine, mais en général 2 heures sauf le dimanche, qu'on garde en général pour avoir une journée de congé.
- Oui, on peut dire que ça fait beaucoup, ria Julia, accompagnée par le publique. Bon, on va terminer ces questions, avec la dernière, qui a été posée par Mia Lecer : « On s'est tous déjà posé cette question, alors y'a-t-il des sentiments entre vous ? »
Il eut un blanc dans la salle, et Clarke sentit son cœur s'arrêter. Le publique allait-il sentir le malaise que cette question soulevait ?
- Ah, fit Julia en leur faisant un clin d'œil. Voilà une autre question qu'on s'est tous posé un jour. Nous sommes tous ouïe.
Clarke tenta un sourire qui devait sortir complètement faux. Finn prit une grande inspiration à ses côtés et se redressa, comme s'il allait faire une grande déclaration. Clarke se retourna pour le regarder et ce qu'elle vit dans ses yeux lui fit peur, comme s'il allait faire une énorme bêtise.
- Je vais vous dire la vérité, dit-il finalement d'une voix grave.
Clarke lui donna un coup de coude qu'elle espérait discret. Il lui lança un regard froid.
- C'est la vérité, j'aime Clarke de tout mon cœur !
La bombe était lâchée.
Alors, j'espère que vous avez aimé ce chapitre. J'ai préféré couper l'interview en deux, pour ne pas faire un chapitre trop long et avoir le temps de peaufiner la deuxième moitié. J'espère que vous avez aimé ce concept. Personnellement, c'est quelque chose que j'adore lire, alors j'espère que j'ai réussi à l'écrire.
Sinon, désolée, peu de Bellarke dans ce chapitre, mais je devais absolument aborder d'autres point. Il y en aura peut-être plus dans le prochain chapitre, en tout cas, je vais essayer d'en rajouter quelqu'un.
Un grand merci pour vos dernières reviews, ça m'a fait extrêmement plaisir de les lire.
Sinon, je me suis inscrite sur wattpad, où j'ai commencé à publier ma propre histoire. Si vous avez un peu de temps, je vous laisse passer voir, ça me ferait plaisir d'avoir vos avis. Mon pseudo, c'est momotigre et mon histoire s'appelle Imagination. J'ai aussi posté danse avec moi.
Voilà, je crois que je vous ai tout dit. Encore une fois merci pour vos messages, ça me fait très plaisir. Je vous dit à tout bientôt et je vous embrasse.
