Hé oui !

Hé oui !

Je ne suis pas en retard ! Que c'est bien d'écrire en cours ! -tousse en crachant sa responsabilité zéro- Bon alors, pendant que j'écrivais, je me disais que je ne répondais pas aux reviews alors que j'avais promis de le faire au moins deux fois... et jamais deux sans trois : je ne le fais pas cette fois-ci non plus -headshot- Je le ferai volontiers – et cette fois-ci je le jure... ? - au dernier chapitre, même si bon on est plus à ça près, et que de toutes façons... … … bah on est plus à ça près. J'ai néanmoins beaucoup de plaisir à lire ces reviews, et pour généraliser, je dois dire que je suis toujours heureuse de les lire~ -tu viens d'le dire, 'culé- Bon... alors... allons-y ?

Moyenne lecture !


Arthur papillonna des yeux sans jamais complètement les ouvrir. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres, amené par le chatouillement qu'il sentait sur sa joue. Francis, qui s'ennuyait de ne pas voir son protégé se réveiller, jouait avec la sensibilité de sa peau du bout du nez. Au début, il s'était contenté de lui embrasser la tempe, parce qu'il n'avait pas su résisté au visage d'ange que l'anglais avait dans son sommeil. Cet élan d'affection, il en avait envie depuis hier soir, après s'être définitivement rendu compte que le contact avec Arthur était quelque peu agréable. Et il fut ravi que le geste valait un sourire. Alors qu'il se redressait, lui qui était penché au-dessus, deux bras frêles l'attrapèrent et obligèrent l'artiste à tomber à moitié sur lui. Un rire lui échappa et il lui pria de le laisser au moins préparer le petit-déjeuner. Lorsqu'il se décolla, Arthur souriait, d'une candeur insoupçonnée jusque-là. Une bonne prédiction pour la journée à venir.

Il laissa son protégé émerger de sa torpeur et se débrouilla pour atteindre la cuisine malgré le bordel monstre qui l'en séparait. Il était dorénavant tellement habitué à le traverser qu'il ne voyait plus l'utilité de le ranger. De toutes façons, hormis Arthur et à de rares occasions sa petite sœur, personne ne venait lui rendre visite. Alors qu'il confectionnait tout un plateau, il sentit les deux bras précédents l'enlacer par derrière. Décidément, c'était la journée de l'amour. Aussi, la pression des récents événements, les jours à se demander ce que l'un comme l'autre faisait, ça devait réclamer réparation avec rattrapage affectif à la clé. Car Arthur ne semblait être qu'un sale gosse à dresser pour Francis et Francis un bête pigeon trop gentil malgré ses petites économies pour Arthur.

Or, ce n'était pas le cas.

Arthur avoua sa bonne humeur, expliquant le pourquoi du comment de ces soudains élans. En effet, il collait presque complètement Francis depuis la cuisine, comme un enfant qui se tourmentait à trouver les mots pour lui demander quelque chose. Leur rapprochement d'hier soir avait été, il faut le dire, un sacré déclic. Tout deux trompés par ce qu'ils croyaient être un mur immense, de la différence de leur âge et de leur monde, ils pensaient ne jamais pouvoir s'entendre à ce point. Que juste le respect par rapport à leur relation et les soins que Francis lui donnait était ce qu'ils devaient partager. Mais non, ils s'appréciaient énormément, et pas seulement en tant que tuteur et protégé.

C'était platonique, un amour protecteur. Francis était raisonnable, tout de même. Et malgré les actions passées d'Arthur, il savait qu'il n'allait pas non plus venir le tenter pour faire des choses... plus viles. En tout cas, loin de Francis l'idée d'en abuser. La matinée passa donc dans un calme chaleureux et illuminé par les sourires qu'ils s'échangeaient. C'était affreusement niais et utopique comme tableau, mais après toutes les complications qu'ils avaient rencontré jusque-là, ils avaient bien le droit de déraper un peu dans ce qui s'apparente à de l'ignorance. Ignorer le mal et les contraintes et profiter un peu d'un bonheur pré-fabriqué qui leur faisait du bien à tout les deux.

Après moult discussions sur des sujets lambda, sans queue ni tête, ordinaires ou même carrément bizarres – quand on a plus rien à dire vient les petites questions stupides comme « tu crois que si on attache une tartine beurrée sur le dos d'un chat alors il reste en l'air ? » - Francis décida de revenir sur des choses plus sérieuses. Avalant le fond de son café, il demanda :

- Arthur, je ne t'ai jamais demandé... Tu es en bonne santé ?

L'anglais, qui sortait tout juste d'une petite crise de rire après une vanne ridicule, ne comprit pas tout de suite où il voulait en venir... avant de sentir son expression rayonnante tomber. Comme prit d'un doute, le jeune garçon fixa sa tasse vide, incertain, et à moitié prit dans une réflexion.

- Oui... Enfin, je ne sais pas...

- Il faudrait vérifier... Si tu as pratiqué ça pendant plusieurs mois, il y a, hm... un risque. J'aimerais t'emmener faire un test de dépistage le plus vite possible. Pardon, j'aurais dû y penser avant.

- Mais non, tu n'y peux rien. Moi-même, je n'y avais jamais pensé...

- Tu mettais des préservatifs ?

Tout de suite, ils sentirent que la conversation devenait gênante, mais essentielle.

- Pas tout le temps...

- Pas tout le temps ?

- Il y avait des tordus. Ça leur plaisait de... d'aller au maximum...

Francis remercia le temps pour n'en être qu'à sa matinée, puisque son esprit était encore trop perdu dans une légère torpeur pour imaginer accidentellement des choses dérangeantes. Un silence assez embarrassant passa, puis l'artiste commença à ranger le bazar qui envahissait leur petite table. Il se retint de lui demander plus de détails, comme « et eux, ils n'avaient rien ? » ou même « ils s'en fichaient, de ça ? » car Francis s'était imaginé tellement de choses sur l'ancienne clientèle d'Arthur qu'il la détestait sans même la connaître. Mais d'une règle générale, il n'y avait pas à apprécier les profiteurs d'un jeune prostitué qui ne savait plus où aller. Même si le britannique l'avait une première fois abordé de manière vulgaire et aguicheuse, il s'était fait à l'idée qu'Arthur jouait un jeu contre son gré, exprès pour être sûr d'avoir un lieu où dormir, en plus de repartir avec de l'argent.

Son protégé, dans les lits de crades pareils une nuit entière... Impossible qu'il ait pu y trouver le moindre confort. Même un petit lit enfermé comme le sien devait être une bénédiction pour lui.

Arthur l'aida à débarrasser, se cachant également dans un mutisme pour ne plus avoir à en parler. Pas aujourd'hui. Pas le jour où tout devait n'être que détente et positif. Et puisqu'il en était de toutes façons ainsi, ni l'un ni l'autre ne sortit du studio de la journée, comme promis. Pendant que l'un répondait aux attentes de ses clients, l'autre s'occupa en rangeant le plus gros bordel de la pièce – et de l'histoire, dans tout les sens du terme – en lisant, parfois en jouant au secrétaire pour le peu d'appels reçus, mais surtout en observant son hôte à l'oeuvre... Jusqu'ici, Arthur n'y avait jamais vraiment fait attention, mais regarder en silence le processus accompli par Francis était quelque peu fascinant.

Et Francis, amusé, se perdait dans son oeuvre en même temps qu'il profitait d'être le centre d'attention du britannique; ce qui en fait, depuis quelques temps, était déjà le cas. Bien que débordé par ses commandes en retard, il se sentait plus léger, soutenu par les yeux verts qui refusaient de regarder ailleurs. Maintenant qu'il y pensait, l'impression était déjà un peu familière : Arthur lui portait déjà beaucoup d'attention et c'est le rôle de tuteur qui entravait ces sentiments, à tel point que ces derniers lui étaient encore imperceptibles. Mais maintenant que le mur était tombé, le malaise était définitivement dissipé. Et leur rapprochement devenait soudainement plus explicite, comme deux impatiences qui s'entrechoquaient enfin...


Arthur se sépara enfin de l'artiste lorsque ce dernier signala qu'il était temps pour lui de prendre une douche. Le français dût jouer un instant, plaisantant avec le plus jeune qu'il ne pouvait pas garder ces bras autour de sa taille. Riant innocemment, le concerné lâcha prise, restant ensuite sur le tabouret à côté de la table de travail. Sur ce, Francis lui sourit et disparut dans la salle de bains. Bon, finalement, tout va bien... Et très franchement, c'était pas trop tôt. Même s'il y avait encore les détails sur sa famille, sur son éducation, sur son avenir encore tremblant sur des bases trop maigres... Arthur, au moins, avait définitivement coupé les ponts avec la noirceur de son passé. Du moins, pour la première fois, Francis en avait la conviction. En même temps qu'il se mettait nu pour entrer dans la douche, il songea à cette histoire de dépendance affective.

Elle était réciproque. Même si c'était Francis qui droguait Arthur de cette affection douce et réconfortante, lui aussi avait fini par aimer ce retour d'amour rien que pour lui. Malgré tout, l'anglais était un tendre dans son genre. Il n'était qu'un chat égaré qui n'approchait que lorsqu'on lui tendait de la nourriture avant de repartir; mais maintenant, il considérait le studio comme sa maison, et le propriétaire, comme son maître - sans sous-entendu... Sous le jet d'eau, il avait l'impression de se refaire. De se préparer à une soirée exceptionnelle, parce que cette fois-ci, plus aucun tracas n'allait les mettre à mal. Ils étaient libres. Rien pour faire peser leur esprit. Ses pensées s'éclaircirent en même temps que son corps devenait propre, et au terme, il était pur physiquement et psychologiquement. Vêtu d'un peignoir doux, les cheveux encore un peu humides, Francis sortit de la pièce d'eau... poussant un anglais qui était collé à la porte et qui recula précipitamment.

- Arthur ?

Prit sur le fait, l'interpellé chercha une solution du regard, puis après avoir inspiré, détendit ses épaules avant de le regarder dans les yeux. À cette demande silencieuse et mystérieuse, l'adulte lui sourit.

- Qu'est ce qu'il y a ?

Pour toute réponse, Arthur regarda timidement son torse avant de s'y blottir. Francis le garda contre lui en fermant la porte d'un bras, avant de marcher un peu dans le studio, cherchant à atteindre la cuisine. Mais le plus jeune le retint, l'enlaçant avec force et les pieds traînant sur le sol; signe qu'il refusait de le laisser s'éloigner. Intrigué, l'artiste l'appela encore, mais aucun retour pour sa question en suspens. Il abandonna donc le projet de se mettre aux fourneaux tout de suite et lui fit pleinement face.

- Arthur... ?

- Hmm... S'il te plaît...

Il haussa un sourcil.

- S'il te plaît... J'essaye mais... tu ne vois rien...

De quoi parlait ce jeune homme qui semblait en mal d'une chose que seul Francis pouvait lui procurer ?

- Je fais comme je peux... pour ne pas que tu t'y méprennes... Ce n'est pas pareil... Je veux juste...

Perdu, Francis essayait de déchiffrer les mots et leur rapport à la couleur de ses joues. Arthur décolla son propre torse du sien pour le regarder, essayant de faire passer son message de manière plus explicite.

- J'ai changé Francis, je te le jure... Je ne le veux pas comme les autres fois, je ne veux pas d'argent... Alors s'il te plaît...

Comme il était déjà allé trop loin dans sa demande, il se permit de se coller à nouveau. Mais Arthur avait beau avoir de l'expérience en tant qu'allumeur, il devenait étrangement hésitant, peureux, mais persistant. Il voulait réclamer Francis mais y perdait toute sa confiance. Il était tout son soutien, alors s'il s'y confrontait directement de sa propre initiative, sans guide, cherchant justement à atteindre ce dernier... Francis, lui, se sentait perdu face à cette requête. Lui qui avait fait des pieds et des mains pour le changer d'univers, voilà que lui devenait objet de convoitise ? Il essaya d'y voir un autre message, une autre signification, ou juste la recherche d'une marque d'affection... hélas, il n'en demandait pas qu'une. Arthur s'accrocha à son peignoir et se mit sur la pointe des pieds, tendant son cou au maximum pour venir chercher son visage, qui était dorénavant tout près.

Tiens, depuis leur première rencontre, Arthur avait grandi...

Il était même capable de lui voler ce second baiser, comme la veille, avant de se reposer sur ses talons. Immobile, Francis baissa les yeux, sa moralité lui conseillant de ne pas se perdre dans le regard verdoyant du tentateur. Mais celui-ci cherchait ses orbes bleues, envoûtant petit à petit le reste de son corps. Lui qui était complètement détendu, relaxé, l'esprit tranquille, le voilà doucement occupé par des idées faciles à réaliser. Tout était là, devant lui, en une seule chose qui l'appelait : Arthur. Ce dernier profitait de leur rapprochement depuis hier pour ouvrir lentement une brèche, qui ce soir, s'apprêtait à craquer. Francis le sentait, ce trop plein d'envie et ce désir qui réveillait le sien. Tout ces efforts... pour ça ? « Je ne veux pas d'argent ». Que voulait-il alors ? Francis ? Physiquement ? Et puis qu'est ce qui le retenait de toutes façons ? Arthur avait 18 ans, déjà souillé. Oui, mais justement... Ça revenait à se foutre de tout ce qu'il avait fait pour le remettre dans le droit chemin. Il ne voulait pas risquer de provoquer chez lui une rechute.

Pendant son embrouille intérieure, Francis gardait la tête baissée, involontairement mise à la portée du britannique. Celui-ci se hissa à nouveau pour entourer le cou de ses bras, chuchotant de nombreux « S'il te plaît » honteux. Les lèvres titillées par le souffle chaud de ces supplications, le français ferma les yeux et vint lui accorder son troisième baiser. Aussitôt, Arthur se détendit, puis ferma à son tour les paupières, s'abandonnant au bras forts qui l'enlaçaient avec tendresse. Francis lui a toujours fait plaisir. Il a fait tant de sacrifices, alors un simple baiser qu'il lui réclamait, ce n'était pas grand-chose... Si seulement. Debout dans le studio, les deux se perdirent dans un doux baiser, long, réconfortant, qui vola leur notion du temps. Soudain, Arthur détacha ses lèvres, les mains caressant le peu de peau que montrait le col du peignoir, puis s'amusa à promener les doigts sur sa ceinture nouée. Se remémorant la soumission à laquelle Arthur devait être habitué dans ses ébats, il devina qu'il avait l'intention de le gâter. La précipitation dans ses gestes lorsqu'il ouvrit le vêtement trahissait le manque de tendresse qu'il avait vécu dans ses anciennes expériences. Or, Francis n'était pas son client. Il ne voulait pas coucher, mais lui faire l'amour. Donc, lorsque les lèvres de son protégé glissèrent le long de son torse pour s'arrêter à son bas-ventre, il suivit cette tête angélique du regard, captant à peine l'information des événements. Aguicheur, Arthur cajola cette partie sensible qui ne manqua pas de s'éveiller, comme en témoignait une certaine érection naissante...

Lorsqu'il sentit une bouche réchauffée de baisers se poser sur son gland, Francis lui recula la tête sans brusquer, mimant un « Non » muet sur les lèvres. Il refusait de le laisser pratiquer cette sale habitude à être un objet sexuel. Arthur devait être dégoûté, de gâter sans jamais recevoir la douceur qu'il méritait. Le français le redressa et, emporté par une étrange passion et son instinct à le chouchouter, serra le cadet contre lui et se déplaça avec jusqu'au canapé. Ils tombèrent, Francis surplombant un Arthur allongé et confus; qui se faisait doucement dépouillé de ses vêtements.

- Mais... Francis...

Il se tut et rougit à la sensation de lèvres chaudes sur sa peau, gêné de cette découverte. Chacun des hommes qui lui sont passé dessus n'avait pas cette tendresse, cette passion dans leurs gestes, et encore moins l'envie de faire plaisir à l'autre. Arthur n'avait que pour but de satisfaire son client, sacrifiant son propre confort; ainsi était le quotidien d'un prostitué en quête d'argent pour vivre au jour le jour... Les lèvres descendirent, humides, taquines, faisant frissonner la peau et les parties sensibles de l'anglais. Lui qui pensait devoir surjouer un peu, le voilà en train d'onduler lentement sous les baisers d'amour qui électrisaient son corps. Sa voix, timide, gémissait à quelques occasions, trahissant la surprise d'être touché comme un objet précieux. Ce n'est que lorsqu'il sentit cette bouche sur sa verge qu'Arthur se rendit compte qu'il était déjà complètement nu, devancé alors que Francis portait encore son peignoir, ouvert et tombant de ses épaules. Puis il sentit une douce chaleur glisser régulièrement autour, réveillant pleinement ses sens et bloquant ses muscles. Francis renversait la situation et faisait d'Arthur l'aimé, celui qui avait le droit à tout le plaisir du monde. Couplé avec les sentiments, l'acte n'en était que plus excitant. Il l'appela d'une voix devenue toute petite, en proie à un plaisir qu'il ne connaissait pas encore. Mais il gémit pour insister, suppliant la cajolerie de continuer. C'était trop bon pour s'arrêter, malgré l'insupportable que c'était en même temps. Il s'entendit dire des choses qu'il n'avait jamais dit à ces anciens clients. Telles que « Continue », « Plus vite » ou encore « Francis », qui était le mot le plus érotique de leur crime.

Un crime ? Non, Arthur ne faisait plus rien d'illégal. Il avait tout les droits sur son corps et pouvait décider de lui donner du plaisir s'il le désirait. Proche de la jouissance, il avertit son partenaire en lui tirant maladroitement les cheveux, partenaire qui se redressa avec délicatesse. Avec prudence, l'adulte le surplomba à nouveau, le regard tendre.

Lui-même avait du mal à réaliser son comportement... Était-ce l'excitation ? L'attirance ? … De l'amour ? Dans tout les cas, l'être d'Arthur avait quelque chose qui lui plaisait et qui faisait fléchir sa morale, car même si tout les deux étaient majeurs et consentants, il trouvait toujours un peu glauque de venir soudainement goûter le garçon qu'il aura chéri et protégé de la perversion. C'était juste faire un gros doigt à tout ses efforts passés, mais puisqu'il ne s'agissait pas de prostitution, ça ne faisait de mal à personne ? Sans compter qu'Arthur était le seul à profiter pleinement jusque-là; l'horreur aurait été de faire de lui un esclave sexuel sans lui laisser le temps de souffler. Mais Francis n'était pas aussi con que ces gens-là, il avait un cœur. Et il battait fort pour Arthur. D'ailleurs, lorsqu'il l'enlaça, le corps en surchauffe, il murmura son prénom.

L'anglais eut un léger frisson, et étonnamment, d'appréhension.

Il avait beau avoir couché de droite à gauche, il craignait l'action avec Francis. Mais celui-ci, de sa gentillesse maladive, le rassura en lui murmurant qu'il allait être doux, et que si quelque chose lui déplaisait, il pouvait se contrôler et tout arrêter. Heureux de cet aveu pour son confort – qu'il n'avait encore jamais entendu – le britannique sourit en rougissant et souffla :

- Je suis à toi...

Des mots qui réveillèrent son sens du toucher, et qui très vite, firent perdre le sens des réalités à Francis. La peau contre la sienne, il secoua un bras pour se débarrasser de son peignoir qui tomba rapidement au sol, avant de l'enlacer encore pour l'embrasser fiévreusement. Les corps ondulants, l'un sentait la verge de l'autre contre la sienne. Arthur s'accrochait à ces larges épaules qui faisaient attention à ne pas l'écraser, et Francis caressa les cuisses qui s'ouvraient presque automatiquement au contact de ses mains. La respiration lourde, le jeunot supplia du regard son partenaire de s'y mettre maintenant, peu importe les étapes sautées. Francis aussi, même s'il l'aurait désiré, ne pouvait se résoudre à attendre davantage. L'érotisme d'Arthur avait raison de lui et, au moins une fois, il se laissa méchamment tenté par l'ancienne immoralité qui habitait le britannique.

Puis il lui arracha un soupir une fois le pas franchi.

Le français dû s'armer de patience pour entrer avec lenteur sans lui faire mal. L'autre inspira, par réflexe, mais se détendit rapidement en comprenant que là aussi, c'était différent. Aucune brutalité, et on lui laissait le temps de s'y faire, et en plus on lui murmurait des choses réconfortantes pour ne pas le laisser dans la panique; en même temps, ça aidait aussi le concerné à accepter son « crime ». Immobiles, ils profitèrent de leur étreinte sans se formaliser de ce qu'ils étaient en train de faire, puis débutèrent leurs ébats.

Arthur aidait bien dans les mouvements, puisqu'il suivait à la perfection le rythme des coups de reins de Francis, qui était lent mais passionné. Il s'aventurait toujours un peu plus loin à chaque fois, faisant gémir de manière toujours un peu plus explicite son partenaire. Avec l'expérience de l'un et la prudence de l'autre, ils se mirent totalement en symbiose, perdus dans ce plaisir qu'ils cherchaient. Lorsque Arthur laissa lui échapper les premiers cris, Francis caressa cette verge qu'il n'avait pas fini d'affectionner. L'anglais le supplia, avec de l'érotisme dans la voix, d'aller plus franchement que Francis ne le faisait déjà. Des encouragements pervers furent gémit à son oreille, et l'autre souleva un peu plus le bassin du jeunot pour avoir un meilleure angle; rendant la pénétration beaucoup plus satisfaisante. Pour la première fois, Arthur ressentait un plaisir intense, bien plus fort et confortable que tout les autres brutaux coups de reins qu'il a pu subir. Francis l'entendit appeler sa jouissance, réclamant « récompense ».

Malgré l'ange qu'il était, il avait des envies de démon.

Réceptif, l'artiste le serra davantage et lui marqua le cou d'un suçon bien visible, arrachant un gémissement bruyant de la gorge de celui-ci. Et pour signaler sa fin imminente, il pressa le gland entre ses doigts. Là, l'anglais cria en jetant la tête en arrière : parce qu'il se libérait dans sa main, et parce qu'il sentait Francis faire de même en lui. Ils partagèrent cet orgasme, front contre front, puis se relâchèrent à des rythmes différents; l'un ayant moins de résistance que l'autre. Le plus âgé embrassa le visage adouci de son protégé, celui-ci en transe dans les restes de son plaisir consommé. Le corps fatigué, Arthur s'endormit avant de s'en rendre compte, sous le regard d'un Francis attendri. Ce dernier laissa libre court à son envie de le câliner, le temps de se reposer, puis quitta le canapé où il laissa l'endormi.

Il s'habilla et prépara un dîner convenable pour deux hommes épuisés par le plaisir de la chair, jusqu'au réveil d'Arthur, qui s'étira non sans une petite douleur dans le bas du dos. Et la soirée passa avec une tranquillité apaisante.


Le lendemain matin, Francis était à nouveau lové contre lui, sur le canapé, les couvertures du lit sur eux. Il n'y avait clairement pas de place dans le placard, aussi ont-ils dû se coller pour dormir tranquillement. L'un comme l'autre n'y voyait aucun inconvénient. Leur nuit était un déclic, et depuis, la proximité n'était plus tabou. Cependant, aussi agréable pouvait être leur étreinte, l'artiste dû se résoudre à quitter ce jeune corps et à se lever; non sans lui adresser un regard tendre alors qu'il dormait encore. Finalement, il ne regrettait même pas ses actions. Son seul petit regret, c'était de devoir rejoindre son bureau en ville, puisqu'il ne pouvait plus se permettre de travailler à la maison. Alors, il s'habilla, et en voyant qu'il avait opté pour une grasse matinée involontaire, décida de prendre un petit-déjeuner sur la route.

La journée passa sans encombres. Francis passa une journée calme, et pensa évidemment à passer un coup de fil à Arthur vers midi. Celui-ci était encore endormi, la voix un peu petite, mais ravi de l'entendre. Il n'y avait aucun malaise, il n'y en avait déjà pas au dîner, alors maintenant... Il lui confia qu'il rentrerait le soir, comme d'habitude, puis raccrocha. Entre plusieurs projets en cours, il reprit souvent le combiné pour entendre parler de Jeanne, qui prenait des nouvelles, et même d'Ivan, à qui il refusait le contact avec le plus grand snobisme au monde. Cependant, il écoutait les messages, par curiosité. Comme excuse, Ivan ne trouva aucun argument. Qu'il était tout simplement désolé, et qu'il comprenait que Francis ne veuille plus laisser Arthur le voir. Tout ça juste parce que tu étais frustré, et tu me demandes de te laisser une seconde chance ? Crevure. Tant pis pour Arthur et son stage, il y avait d'autres boîtes de journalisme en ville. Et Arthur pouvait encore se rattraper autrement. Il avait le temps, après tout.

Lorsqu'il quitta le bureau, non sans sourire à ses collègues en leur souhaitant une bonne soirée, Francis sifflota un air qui lui restait dans la tête. Il enfila une veste, la tombée de la nuit rendant toujours Paris froide, puis cligna des yeux en découvrant une silhouette qui l'attendait juste devant la porte du hall principal.

Jeanne.

La jeune femme l'attendait patiemment, sans avoir osé entrer à cause de la fermeture proche. Intrigué, l'artiste la rejoignit. À voir sa posture, les mains frictionnant de temps en temps ses bras, elle devait être là depuis un moment. Il se sentit bête à avoir fait attendre son amie d'enfance, mais l'aborda avec un petit sourire qu'on lui connaissait bien.

- Vous êtes-vous perdue, mademoiselle ?

- Francis... Pardon, j'aurais dû appeler.

- Mais non, mais non... Ne restons pas là et marchons. Tu veux ma veste ?

- Non merci.

La froideur dans sa voix l'étonna. Avait-elle encore quelque chose à dire ? Pourtant elle lui avait assuré qu'elle n'allait pas le presser – et puis on ne décide pas ça en deux jours... - et la voilà encore avec plus de sérieux qu'il n'y était habitué ? Jeanne partit la première, et Francis la suivit. Un long silence étrange s'installa, et il ne put évidemment s'empêcher de lui demander ce qui n'allait pas.

- Tu... je ne sais pas... Il n'y a rien en fait. C'est juste... je trouve qu'Arthur...

Arthur ? Quel était le problème avec Arthur ?

- Il... t'occupe beaucoup trop...

Dans les détails, Jeanne lui expliqua que le jeune anglais monopolisait la vie de Francis, alors qu'il avait déjà beaucoup de travail et peu de temps pour lui. Au passage, elle s'excusa même de lui avoir parlé trop tôt de ses sentiments – mais sa visite à Paris touchant bientôt à sa fin... - mais il n'en fit rien. En vérité, elle n'avait pas tort.

Il est vrai que Francis s'était attaché à Arthur et inversement. Seulement... qu'est ce qui déraillait dans tout ça ? C'était lui, sa jalousie et sa possessivité, qui avaient touché le français, et qui avaient finalement tourné ce dernier vers des idées complètement fausses. Quand bien même Arthur avait des sentiments – nom de Dieu ? - Francis ne devait pas laisser ces derniers l'étouffer. Certes, il était touché; tant par la proximité qu'il partageait maintenant avec lui que par leur complicité... mais c'était allé trop loin. Francis et Arthur devaient s'arrêter là. Jeanne venait juste de le secouer un peu et de lui rendre le sens des réalités.

Il s'était perdu dans son utopique idée d'aider Arthur et maintenant il allait remédier cela.

Jeanne l'accompagna jusqu'à chez lui, où elle le quitta en lui faisant un petit signe de main, puis il regarda son dos disparaître dans la nuit. Entrant dans le bâtiment, il réfléchit aux mots et à la façon dont il allait parler avec son protégé. Avec tendresse ? Avec dureté ? L'un comme l'autre avait fonctionné, mais pouvait-il vraiment réussir à poser une limite sur des choses déjà accomplies ? Hélas, lorsqu'il réfléchissait, Francis avait le réflexe de marcher plus vite, et il entra trop tôt dans le studio, où Arthur l'accueillit avec un sourire tendre.

Irrésistible en plus, rien que ça.

- Bonsoir... !

Et l'idiot l'enlaça. Comme une femme au foyer. Ô naïveté dure à descendre. Silencieux et tout juste réceptif, Francis essaya d'entamer la conversation – alors qu'il rêvait d'en profiter encore un peu, mais il avait fini de se noyer dans ces illusions.

- Arthur...

- Bonne journée ? J'ai fini les deux livres que tu m'as acheté la semaine dernière... Je vais t'en passer un, il est pas trop mal, et il y a une référence excellente, ça te plaira.

- Arthur...

- Au fait, j'ai fais une recherche sur Internet, et j'ai vu que le kiosque près de ton boulot recrutait à mi-temps. Ça pourrait être pratique, non ? Je viendrai avec toi demain, et-

- Arthur, s'il te plaît.

L'anglais s'était perdu dans une humeur qu'il ne lui avait jamais connu... C'était douloureusement perturbant. De devoir l'arrêter comme ça. Innocent et ignorant, l'interpellé le regarda, puis son expression changea. Doute, crainte, incompréhension. Et malheur pour Francis, qui devait se faire violence et avouer que, aussi dérangeant que ça pouvait être, c'était surtout juste. Un silence les combla, et avant que le britannique ne puisse lui demander ce qui se passe, la sentence fit écho dans la pièce.

- Il faut que tu rentres chez toi.

Puis un ange passa, si ce n'était pas un démon. Ou un quelconque foutu Dieu qui était content de ce destin. D'un côté, Arthur, la victime. Qui réclamait un nid douillet et un rêve pour se remettre de cette torture qu'était le passé. Sa douleur de six mois à être l'objet des autres, des vices qu'il ne supportait plus, n'était pas encore atténuée, et pourtant voilà ce qu'on lui apposait. De l'autre, Francis, le bourreau. Contre son gré, mais aussi volontaire. Il rêvait du meilleur pour Arthur, son cher protégé, qui habitait inévitablement une place dans son cœur. Et pourtant, il devait être dur, provoquer la vie et refuser les plaisirs qu'elle lui offrait pour trouver le bon chemin. Et celui-ci n'était certainement pas synonyme d'unir leurs deux vies totalement opposées. Arthur ne pouvait pas rester, il avait déjà une vie. Bien présente, certes terne et un peu enterrée, mais toujours là. Et il devait y retourner, plutôt que de l'abandonner pour la remplacer par une nouvelle. Sous le joug d'une dépendance affective en plus.

- Pourquoi tu me dis ça, Francis... fit-il avec un sourire nerveux. Je ne comprends pas... Tout allait bien pourtant et...

- Oui Arthur, tout allait bien. Allait. Mais si on reste comme ça, ça nous nuira tout les deux. Toi comme moi, nous ne pouvons pas stagner dans cette situation. Moi, je suis à ma place, mais toi, tu dois rentrer. Il y a une maison et une famille qui t'attend. Tu es le mieux placé pour le savoir.

- Pas question, trancha-t-il.

Francis fronça les sourcils en même temps que lui. Cette rébellion, il allait l'écraser.

- Tu n'es plus un enfant Arthur, mais ça ne veut pas dire que tu es maître de ta situation. Ne joue pas avec le feu, et cesse donc de faire des bêtises. J'aime beaucoup notre vie actuelle, vraiment, mais ce n'est pas ça dont nous avons besoin. Surtout toi.

- Je le crois pas... cracha-t-il. Hier soir, tu étais-

- Hier soir, je me suis emporté. Ne mélange pas tout. Si les gens veulent coucher quand ils en ont envie, ils le font.

C'était la réflexion de trop. Le visage d'Arthur se craquela dans une tristesse surprenante, que Francis ne pensait pas provoquer. Touché en plein cœur, il venait peut-être même de le lui briser. Mais à quel point le jeune anglais tenait-il à son tuteur ? En voyant les yeux s'embuer de panique et de tristesse, Francis amorça un geste pour le consoler, mais se retint de justesse. Mal lui en prit, Arthur l'avait remarqué et avait justement tendu la main pour recevoir l'affection. Deuxième erreur. Qui acheva de faire rouler une larme sur la joue britannique. Francis s'y prenait mal, apparemment, puisque plutôt de fermeté, il usait d'un refus d'attention blessant. Et loin de lui l'idée de le raisonner en lui faisant du mal.

- Tu... Tu me mets dehors... ?

- Ne le prend pas comme ça... essaya-t-il sur un ton plus doux. Je ne veux que ton bien, Arthur... Et je prendrais soin de toi comme je le peux, tu le sais. Mais... ici, ce n'est pas ta maison. Tu y es la bienvenue, mais tu ne peux pas y rester indéfiniment... Il faut que tu rentres chez toi.

- Mais je... ne peux pas...

Il regarda le jeune adulte se mordre la lèvre. Qu'est ce qu'il voulait dire par-là ?

- Bien sûr que si tu peux...

- Non, impossible...

- Arthur, c'est chez toi, alors tu-

- Ce n'est plus chez moi !

Là, Arthur laissa exploser sa crise de larmes. Encore une vérité qui allait éclater. Il se massa la nuque et successivement les cheveux, mal à l'aise, et surtout, honteux de devoir avouer ce qu'il cachait depuis le début.

- On ne veut plus de moi, tu comprends... ?! C'est pas moi qui veut plus rentrer chez moi... C'est eux qui ne veulent pas me laisser revenir ! Quand tu m'as trouvé avec mon frère, je... j'essayais de rentrer... ! Je voulais revenir ! Mais il ne le voulait pas ! Papa a honte de moi ! Maman nie mon existence ! Pourtant j'ai rien fais... ! Je voulais juste... j'avais déconné en fuguant, et en trouvant un moyen de gagner de l'argent, mais j'ai compris que c'était n'importe quoi, je voulais arrêter ! Mais ils ont rien voulu entendre e-et... maintenant... même si j'essaye... si je reviens...

Le reste de sa tirade disparut dans les sanglots. Touché en plein dans sa conscience et son instinct protecteur, Francis brisa la distance et vint l'enlacer tendrement, comme il a toujours su le faire. Dans ces bras, Arthur se sentait en sécurité, accueilli et aimé. Chez lui, on le rejetait. On ne pardonnait pas les prostitués, même ceux qui s'étaient sortit du pétrin par eux-mêmes. Quelle honte. Quelle erreur. Quelle chose immonde et repoussante qu'était un de leurs fils. Ainsi étaient les avis de sa famille qu'il voulait encore considérer comme telle. Hélas, les sentiments n'étaient pas partagés. Seul Francis lui avait tendu la main. Et lorsqu'il avait trahi sa confiance une première fois, il pensait que c'était fini. Mais sa bonté était bien plus forte que cela, et il lui accorda sa seconde chance. Était venu ensuite ce dérapage avec Ivan, que la jalousie avait provoqué. Là, il pensait vraiment que c'était la dernière. Mais Francis était trop bon.

Trop gentil.

Trop aimant.

Parfait...

Forcément, cette chance en or incarnée en un seul homme, il ne pouvait s'en détacher. L'artiste était devenu son joyau, et il était heureux de constater que c'était réciproque. Ou pas, au final. Bien sûr, Francis ne voulait que son bien, et il le comprenait. Mais dans ce cas, qu'il ne lui dise pas de rentrer chez lui, ce n'est pas là qu'il sera comblé. Francis le serra plus fort. Il sentit un baiser maladroit se coller à sa joue. Et il soupira en lui murmurant des mots pour le rassurer. Tendres. Doux. Pleins de promesses. Arthur tenta de lui voler ses lèvres, et avec un peu de surprise, il se laissa faire. La barrière était de toute évidence franchie depuis des milliers de kilomètres. La dépendance d'Arthur s'était transformé en passion. Rien n'allait désormais l'arrêter.

Plus rien.


Keuwah, c'est fini ? Mais ce serait trop facile...

Donc voilà, c'était l'avant-dernier chapitre. Beaucoup de trous dans la logique des événements, je m'en excuse. Y'a des choses qu'on verra pas et qui pourtant semblent logiques, mais en fait quand j'ai écris la trame, ben j'étais encore dans une période « fic plate » lewl. Donc du coup bah... c'est une fic gruyère ? -headshot-

Sans avoir d'autres idées pour cette outro, je vous lâche, et espère vous satisfaire sans retard encore la prochaine fois ! Pour le final !

Saluté !